Le PQ doit passer du dogmatisme au pragmatisme

22 avril 2026

Après avoir caracolé pendant des mois en tête des sondages sur les intentions de vote des Québécois, le Parti québécois (PQ) de Paul St-Pierre Plamondon (PSPP se retrouve nez à nez avec le Parti libéral du Québec (PLQ) de Charles Milliard dans un récent sondage Léger.

Nonobstant le regain d’énergie du PLQ suscité par l’arrivée d’un nouveau chef, je suis d’avis que le regard doit être porté sur les circonstances gravitant autour de la baisse de popularité du PQ. À son arrivée à la tête du PQ, PSPP s’est attiré rapidement la sympathie des Québécois par sa transparence, notamment par son intention de tenir un référendum sur la souveraineté du Québec dans un premier mandat advenant une victoire du PQ au prochain scrutin.

Or avec le temps, PSPP s’est cantonné dans un style revêche fermé sur ses positions ayant trait particulièrement à ses velléités référendaires. Aujourd’hui, la politique tarifaire outrancière de Donald Trump liée au contexte géopolitique explosif au Moyen-Orient obligent les dirigeants à se tourner vers une politique nettement davantage protectionniste dans le but de contrer les effets pervers de l’imprévisibilité de notre voisin du Sud, et les effets collatéraux nocifs du conflit au Moyen Orient, telle l’augmentation substantielle concrète du prix de l’essence à la pompe.

En somme, les Québécois n’ont pas du tout les idées à la protection de la langue française et de la laïcité au Québec ni à un éventuel référendum. Ils veulent entendre parler du coût de la vie, de l’augmentation galopante de leur panier d’épicerie et du manque flagrant de logements abordables. En bref, si le PQ aspire remonter dans les sondages, il devra temporairement ranger le référendum dans le placard, se déplacer sur le terrain et se mettre à l’écoute des Québécois. En un mot, le PQ doit passer du dogmatisme au pragmatisme, en termes clairs, mettre le Québec à l’écart et tourner ses projecteurs sur les priorités des Québécois.

vigile.quebec tribune libre 9 mars 2026

 

L’école dans tous ses états

22 avril 2026

L’école québécoise est malade, elle souffre du mal d’amour. Embourbé dans un déficit titanesque, le gouvernement n’a de cesse de réduire ses dépenses, y compris en éducation, les enseignants qualifiés et le personnel spécialisé manquent de plus en plus à l’appel, le phénomène de la violence chez les jeunes prend des dimensions épidémiques, et la prolifération des élèves à besoins particuliers atteint des proportions sans précédent.

Il est bien loin le temps où l’enseignant bénéficiait d’un statut honorable dans la société, une société qui, aujourd’hui, à perdu ses repères. De lieu du savoir, l’école s’est peu à peu changée en milieu de vie reflétant la complexité d’une société en perpétuelle transformation. Les familles éclatées ont explosé si bien que le personnel scolaire a été appelé à pallier l’abandon des parents eu égard à la transmission des valeurs qui leur incombe. De facto, les enseignants sont débordés, la profession a perdu ses lettres de noblesse et son attractivité.

Impossible d’aborder l’école d’aujourd’hui sans s’attarder au phénomène croissant de la violence fomentée en grande partie par la ruée des jeunes sur les médias sociaux, une violence exacerbée par la montée du masculinisme et, en corollaire, de la misogynie. Rien pour pallier les problèmes croissants d’élèves à besoins particuliers souvent laissés à eux-mêmes faute de personnel spécialisé.

Le vouvoiement et l’interdiction du cellulaire à l’école représentent certes des moyens de favoriser un climat plus propice à l’apprentissage.Toutefois il va falloir que le ministère de l’Éducation donne un solide coup de barre, notamment par un financement tenant compte des complexités de la vie dite « moderne » pour remettre l’école sur la voie de sa vocation première à savoir la communication des connaissances à des apprenants. Et pour y parvenir, la collaboration des parents en amont est fondamentale. Le personnel scolaire ne peut pallier sans coup férir la démission des parents à l’égard de l’éducation de leurs enfants.

Le respect de l’autre et du bien d’autrui doivent faire partie intrinsèque de l’ADN de l’école. L’école d’aujourd’hui a besoin d’amour dans une société où le sens de l’effort a été éclipsé par le mirage de la réussite sans effort. Notre jeunesse, derrière cette façade rébarbative à toute forme d’autorité, nous en sera reconnaissante lorsqu’elle atteindra l’âge adulte.

vigile.quebec tribune libre 9 mars 2026

Volte face gênante de Carney

22 avril 2026

Dès les débuts des frappes américano-israéliennes sur l’Iran, le premier ministre du Canada, Mark Carney, s’est prononcé en faveur de cet assaut violant le droit international. Or trois jours plus tard, il fait volte-face et exprime ses « regrets » à l’effet que les efforts internationaux n’aient pas réussi à désarmer l’Iran tout en arguant que « Les États-Unis et Israël ont agi sans saisir les Nations unies ni consulter leurs alliés, y compris le Canada ».

Un épisode qui n’est pas sans nous rappeler le triste scénario des Plaines d’Abraham lorsque Mark Carney est allé jusqu’à comparer la défaite cuisante des Français contre les Anglais au début de la « collaboration » entre la France et l’Angleterre. Mark Carney aura beau invoquer qu’il n’est pas juriste et n’a pas de formation en droit international, l’importance ultra stratégique de son poste de premier ministre exige qu’il possède tout au moins la connaissance des lois régissant le droit international afin de répondre comme il se doit aux auteurs des conflits actuels au Moyen-Orient, notamment à Donald Trump. Encore faudrait-il que Mark Carney s’affranchisse du carcan dans lequel il se retrouve en position de vassal envers le président américain, la fragilité de l’ACEUM bien réelle en arrière-plan.

Le discours du premier ministre canadien à Davos a suscité l’éloge des dirigeants à l’échelle planétaire, portant notamment sur la naissance d’un nouvel ordre mondial faisant appel à la solidarité entre les pays de moyenne importance. Eh bien, M. Carney, en vous pliant docilement à la stratégie des États-Unis d’attaquer militairement l’Iran, vous avez raté une belle occasion de mettre en pratique votre appel à la solidarité envers le droit international, et de vous éviter le triste spectacle d’une volte-face gênante au lendemain de votre déclaration incendiaire en faveur de l’attaque des USA contre l’Iran.

vigile.quebec tribune libre 9 mars 2026 -

Le masculinisme, antidote au féminisme

22 avril 2026

Le féminisme a fait son entrée dans le spectre sociétal dans la seconde moitié du XIXe siècle et est né dans l’intention première de défendre les droits des femmes tout particulièrement l’égalité entre les femmes et les hommes. Pour sa part, le masculinisme est une idéologie antiféministe née en réaction aux avancées des droits des femmes, prenant racine en Amérique du Nord dans les années 1970-1980.

Dans ce contexte, le masculinisme est un mouvement d’extrême droite valorisant la force physique, le pouvoir de l’argent et la supériorité de l’homme sur la femme. Dans cette foulée, il n’est donc pas surprenant qu’il rejoigne les garçons au détriment des filles dans les écoles, et qu’il donne lieu à des manifestations de violence verbale et de misogynie systémique. En termes clairs, le masculinisme se révèle comme l’antidote au féminisme.

L’école incarne donc un lieu de prédilection pour les masculinistes apprentis qui se plaisent à entretenir un climat toxique de crainte auprès des filles en les affublant de tous les sobriquets, plus malicieux les uns que les autres, certains garçons allant même jusqu’à s’attaquer au personnel féminin de l’école notamment à leurs enseignantes qu’ils traitent irrévérencieusement de « putes ».

La coupe des injures débordent de partout si bien que les directions d’écoles sont dépassées par la situation qui ne cesse de prendre de l’ampleur. Dans certaines écoles, les forces policières interviennent régulièrement dans les conflits qui conduisent à l’utilisation de la violence physique envers les filles.

La société est malade, elle souffre de la vengeance des hommes sur la victoire des femmes eu égard à leurs droits fondamentaux. Le masculiniste impose ses règles de domination à la gent féminine dans tous les recoins de la société. Le mouvement masculiniste semble irréversible. Les influenceurs dans les médias sociaux pilulent de toutes parts. Le point de bascule a atteint un sommet inégalé jusqu’à maintenant. Comment arriver à établir un sain équilibre entre les hommes et les femmes? Une solution m’apparaît incontournable, à savoir éduquer en amont, dès leur tout jeune âge, les garçons au respect des filles et au principe de l’égalité entre les deux sexes et, en corollaire, de la saine convivialité.

vigile.quebec tribune libre 9 mars 2026

 

La lente agonie de la CAQ

22 avril 2026

À observer le nombre de députés ou ministres qui ont quitté le navire pour siéger comme indépendants et ceux qui ont annoncé qu’ils ne se présenteront pas en octobre 2026 sans compter la démission du premier ministre et son retrait de la vie politique à la fin de son mandat, force est de constater que l’avenir de la Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault a considérablement de plomb dans l’aile et qu’elle risque de rater son atterrissage lors du scrutin du 5 octobre prochain.

De surcroît, la liste des départs présents et à venir contient des « poids lourds » au sein de la CAQ, notamment Pierre Fitzgibbon, Geneviève Guilbault, Sonia Lebel, Jonatan Julien, Andrée Laforest, Sonia Lebel, Christian Dubé et Lionel Carmant. Enfin, dans l’hypothèse où Bernard Drainville ne serait pas élu comme chef de la CAQ, il est fort à parier qu’il tirera sa révérence de la vie politique.

Selon un récent sondage Pallas Data du 10 janvier 2026, la CAQ se situe au quatrième rang des intentions de vote derrière le Parti conservateur du Québec d’Éric Duhaime et cela, malgré la course à la chefferie pour la succession de François Legault qui, en temps normal, devrait susciter un relent d’énergie chez les partisans de la CAQ.

Si la tendance se maintient, Christine Fréchette devrait remporter la course à la chefferie de la CAQ le 12 avril. Nul doute que cette nomination arrivera à créer un élément de nouveauté au sein de la CAQ et, par ricochet, une hausse de popularité dans les sondages. En revanche, elle héritera de dossiers « chauds » encore en activité dans le peu de temps avant le déclenchement de la campagne électorale. Un défi titanesque auquel sera confrontée l’ex-ministre de l'Économie, de l'Innovation et de l’Énergie et députée de Sanguinet. Pour l’heure, les astres semblent s’aligner sur la lente agonie de la CAQ d’ici le choix des Québécois le 5 octobre.

vigile.quebec tribune libre 8 mars 2026

Sécurité économique 71%, souveraineté du Québec 29%

22 avril 2026

Selon un récent sondage Léger-Le Journal-TVA, les libéraux et les péquistes sont maintenant nez à nez avec 30 % et 31 % des intentions de vote. En revanche, en décembre dernier, les troupes de Paul St-Pierre Plamondon (PSPP) trônaient pourtant seules au sommet avec une avance de 18 % sur les libéraux.

Mais que s’est-il donc passé pour que l’avance du Parti québécois (PQ) fonde comme neige au soleil dans un laps de temps aussi court? À mon sens, la réponse tient en quelques mots : l’instabilité économique générée par le climat géo-politique fragilisé par le conflit au Moyen-Orient. Un contexte incitant les Québécois à se réfugier au « bercail » par mesure de sécurité. En conséquence, un « oui » à l’indépendance du Québec à l’occasion d’un référendum récolterait aujourd’hui un maigre 29%, son plus bas niveau depuis 1995.

Les tenants de l’accession du Québec à un statut de pays indépendant doivent-ils s’inquiéter pour autant d’un tel scénario? À mon avis, non. J’y perçois deux raisons : primo, Donald Trump quittera la Maison-Blanche en novembre 2028, et secundo, dans l’hypothèse où le PQ remporte l’élection du 5 octobre, il disposera de quatre ans pour tenir son référendum. En termes clairs, il coulera beaucoup d’eau sous les ponts au cours des quatre prochaines années. D’ici là, je suis prêt à parier que, d’une part, le climat géo-politique mondial s’apaisera et que, d’autre part, l’option souverainiste reprendra de facto du poil de la bête.

Entre temps, de toute évidence, PSPP devra s’appliquer à sécuriser les Québécois sur le « bon » gouvernement qu’ils s’attendent de lui dans le contexte géo-politique instable dans lequel ils se trouvent pris en otages. De continuer à marteler les bienfaits de la souveraineté dans un tel contexte tient de la méconnaissance de la nature humaine qui a en horreur l’instabilité et, à raison.

vigile.quebec tribune libre 8 mars 2026

L’école sous l’emprise de la violence

22 avril 2026

Depuis quelques années, le phénomène de la violence à l’école ne cesse de s’accroître, empruntant des voies diversifiées et parfois même inattendues. L’école d’aujourd’hui récolte les méfaits d’une société qui a perdu ses repères aux mains de la prolifération exponentielle des médias sociaux, véritables fléaux semant la violence sous toutes ses formes particulièrement chez les jeunes.

Selon la plupart des études réalisées sur le sujet, les garçons sont les plus visés par l’explosion de violence à l’école, le masculinisme machiste récoltant de nombreux adeptes qui développent à outrance une misogynie galopante. À titre d’exemples, des enseignantes se font dire de retourner à la maison pour s’occuper de leurs enfants et de leur mari. L’extrême droite du mouvement MAGA de nos voisins du Sud initiée par Donald Trump a rapidement étendu ses tentacules de l’autre côté de la frontière jusque dans nos écoles.

De toute évidence, le contexte géo-politique fragile, voire explosif à l’occasion, influe sur les comportements des jeunes d’aujourd’hui, la violence se répercutant jusque dans les écoles et, par ricochet, chez les élèves. Le personnel scolaire, principalement les enseignants, sont confrontés à des situations conflictuelles pour lesquelles ils n’ont pas été formés d’une part et le personnel spécialisé pour intervenir adéquatement manque à l’appel d’autre part.

De leur côté, les parents sont pris en otages entre l’influence souvent négative des médias sociaux sur leurs jeunes et la responsabilité qui leur incombe de doser leur utilisation, une situation qui tourne souvent à la confrontation entre eux.

Dans les faits, la société d’aujourd’hui dite « civilisée » a littéralement perdu ses ancrages au profit d’un monde de violence duquel elle n’arrive plus à se défaire, et l’école n’y échappe pas. Un retour aux valeurs traditionnelles tels le respect et la persévérance s’impose. L’ensemble des intervenants en éducation, y compris les parents, se doivent de retisser les liens avec la jeunesse d’aujourd’hui. Et, pour y arriver, il faut consacrer du temps à cette tâche essentielle à la réconciliation avec les jeunes. L’école ne s’en portera que mieux dans un climat où la communication des connaissances, la raison d’être de l’école, se réappropriera ses lettres de noblesse.

vigile.quebec tribune libre 8 mars 2026

Appui de Carney à l’attaque en Iran

22 avril 2026

En prenant position en faveur de l’attaque d‘Israël contre l’Iran, le premier ministre du Canada, Mark Carney, se positionne indirectement en faveur de Benyamin Netanyahou, condamné de génocide à Gaza par une commission mandatée par l'ONU en 2025. Une situation paradoxale suscitée par Mark Carney appuyant le même Netanyahou en position de défenseur de la paix mondiale devant la menace de sécurité internationale de la part de l’Iran en lien avec son projet de bombe atomique. De ce fait, nonobstant les dangers réels émergeant de l’Iran, Mark Carney se positionne clairement entre l’arbre et l’écorce en jouant ses cartes sur deux tableaux contradictoires. Enfin derrière cet appui à Israël se terre, à mon avis, l’intention inavouée du premier ministre de ne pas contrarier son voisin commercial en la personne de Donald Trump avec qui le climat est plutôt tendu dans les négociation pour le renouvellement de l’ACEUM.

vigile.quebec tribune libre 1er mars 2026

 

Le retour du bonhomme Sept Heures

22 avril 2026

En pleine session parlementaire avant la campagne électorale qui conduira à l’élection d’un nouveau gouvernement le 5 octobre, le débat sur l’engagement du chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon (PSPP), de tenir un référendum sur la souveraineté du Québec dans un premier mandat advenant une victoire du PQ est déjà lancé.

Depuis le dernier référendum de 1995, le contexte géo-politique a changé considérablement ne serait-ce que l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche et, avec lui, l’imposition de tarifs sur les exportations canadiennes. Depuis lors, le président américain démontre ad nauseam un malin plaisir à entretenir une guerre tarifaire créant l’insécurité dans le milieu des affaires. En bref, le spectre de la « trumpeur » est omniprésent.

Par ailleurs, au Québec, les dernières révélations de PSPP sur son intention d’attendre les circonstances les plus favorables pour tenir le référendum sur l’indépendance du Québec ont eu l’heur de ragaillardir les ardeurs des partis d’opposition qui ont vite ressorti l’arsenal de guerre en agitant l’étendard de la peur, remémorant de la sorte le triste souvenir de Jean Charest en 1995 brandissant dans sa main le passeport canadien dont les Québécois devraient faire leur deuil advenant la victoire du camp du « oui ».

« La peur n’est pas bonne conseillère », nous dit l’adage bien connu. En revanche, faut-il savoir la combattre. C’est le défi auquel PSPP et son équipe sont confrontés dès maintenant. Les partisans du camp du « non » ne manquent pas de minutions, la peur étant la plus perverse et, malheureusement, la plus efficace. En revanche, les Québécois ont eu l’occasion de jouer dans ce film-là à deux occasions dans leur histoire récente. De facto, ils devraient faire preuve de lucidité et de clairvoyance face aux messages insidieux des fédéralistes portant sur la peur qu’ils s’évertuent à propager chez les Québécois.

Le bonhomme Sept Heures est revenu hanter le paysage politique québécois telle une fatalité à laquelle on ne peut échapper lorsque pointe à l’horizon le scénario de l’indépendance du Québec. Le couronnement de Charles Milliard à la tête du Parti libéral du Québec combiné à la montée du Parti conservateur d’Éric Duhaime dans les sondages et à l’éventuelle nomination d’un nouveau chef à la tête de la Coalition avenir Québec et, par conséquent d’un nouveau premier ministre, apportent une nouvelle perspective à la scène politique québécoise. Pour l’heure, le PQ devra éviter de tomber dans les pièges liés à la peur du référendum et concentrer ses énergies à présenter aux Québécois l’image d’un « bon gouvernement » imputable de la saine gestion des dépenses de l’État dès le début d’un éventuel premier mandat.

vigile.quebec tribune libre 1er mars 2026

La déviance s’impose chez les jeunes

22 avril 2026

Une récente étude menée par Francis Dupuis-Déri, professeur en sciences politiques à l’UQAM, en partenariat avec la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), fait ressortir une croissance inquiétante de la misogynie, de l’homophobie et de la transphobie dans les écoles primaires et secondaires québécoises. « Ces situations ne sont pas isolées ou marginales », elles sont « plus fréquentes depuis quelques années et de plus en plus décomplexées », affirme l’auteur. Plus d’une centaine d’enseignants, d’élèves et d’intervenants provenant d’environ 200 écoles publiques québécoises réparties dans 8 régions du Québec y ont participé.

L’étude révèle de plus que ce sont majoritairement des garçons qui manifestent les comportements les plus pervers et les plus agressifs. À titre d’exemples, des garçons refusent de travailler ou pratiquer un sport avec des filles, les traitent de « salopes » et de « putes », pratiquent le salut nazi dans les écoles ou lancent à leur enseignante que sa place, « c’est à la cuisine ». Globalement, trois profils de jeunes émanent des témoignages comme étant particulièrement problématiques : ceux qui suivent des influenceurs masculinistes, ceux qui appuient Donald Trump et les garçons qui jouent dans des équipes sportives.

Ce qu’il est convenu d’appeler la « ligne de conduite » dans toute société qui se prévaut de ce concept est littéralement en train de s’effriter en une déviance décomplexée qui tend à devenir la norme. Le respect fait place à l’insulte, les différences, qu’elles soient de tout ordre, sont bafouées telles des tares sociétales à éliminer sans coup férir, les influenceurs deviennent des gourous auprès de jeunes déjà perturbés et fragilisés par l’omniprésence des médias sociaux.

Et l’école dans ce maelstrom contre-productif, comment doit-elle ou, plus adéquatement, comment peut-elle rétablir un climat inclusif dans un milieu où s’imprègnent pernicieusement la discorde et l’insulte à outrance? À mon sens, le défi devra mobiliser tous les intervenants en éducation, y compris les parents et cela, force est de l’admettre, dans un climat où les vents leur sont cruellement défavorables. C’est une question de survie et pour les jeunes prisonniers du mal de vivre en société et pour les victimes qu’ils persécutent et terrifient favorisant de ce fait l’émergence de traumatises graves à moyen terme.

vigile.quebec tribune libre 27 février 2026