Volte face gênante de Carney
Dès les débuts des frappes américano-israéliennes sur l’Iran, le premier ministre du Canada, Mark Carney, s’est prononcé en faveur de cet assaut violant le droit international. Or trois jours plus tard, il fait volte-face et exprime ses « regrets » à l’effet que les efforts internationaux n’aient pas réussi à désarmer l’Iran tout en arguant que « Les États-Unis et Israël ont agi sans saisir les Nations unies ni consulter leurs alliés, y compris le Canada ».
Un épisode qui n’est pas sans nous rappeler le triste scénario des Plaines d’Abraham lorsque Mark Carney est allé jusqu’à comparer la défaite cuisante des Français contre les Anglais au début de la « collaboration » entre la France et l’Angleterre. Mark Carney aura beau invoquer qu’il n’est pas juriste et n’a pas de formation en droit international, l’importance ultra stratégique de son poste de premier ministre exige qu’il possède tout au moins la connaissance des lois régissant le droit international afin de répondre comme il se doit aux auteurs des conflits actuels au Moyen-Orient, notamment à Donald Trump. Encore faudrait-il que Mark Carney s’affranchisse du carcan dans lequel il se retrouve en position de vassal envers le président américain, la fragilité de l’ACEUM bien réelle en arrière-plan.
Le discours du premier ministre canadien à Davos a suscité l’éloge des dirigeants à l’échelle planétaire, portant notamment sur la naissance d’un nouvel ordre mondial faisant appel à la solidarité entre les pays de moyenne importance. Eh bien, M. Carney, en vous pliant docilement à la stratégie des États-Unis d’attaquer militairement l’Iran, vous avez raté une belle occasion de mettre en pratique votre appel à la solidarité envers le droit international, et de vous éviter le triste spectacle d’une volte-face gênante au lendemain de votre déclaration incendiaire en faveur de l’attaque des USA contre l’Iran.
vigile.quebec tribune libre 9 mars 2026 -
Henri Marineau

