La déviance s’impose chez les jeunes

Une récente étude menée par Francis Dupuis-Déri, professeur en sciences politiques à l’UQAM, en partenariat avec la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), fait ressortir une croissance inquiétante de la misogynie, de l’homophobie et de la transphobie dans les écoles primaires et secondaires québécoises. « Ces situations ne sont pas isolées ou marginales », elles sont « plus fréquentes depuis quelques années et de plus en plus décomplexées », affirme l’auteur. Plus d’une centaine d’enseignants, d’élèves et d’intervenants provenant d’environ 200 écoles publiques québécoises réparties dans 8 régions du Québec y ont participé.

L’étude révèle de plus que ce sont majoritairement des garçons qui manifestent les comportements les plus pervers et les plus agressifs. À titre d’exemples, des garçons refusent de travailler ou pratiquer un sport avec des filles, les traitent de « salopes » et de « putes », pratiquent le salut nazi dans les écoles ou lancent à leur enseignante que sa place, « c’est à la cuisine ». Globalement, trois profils de jeunes émanent des témoignages comme étant particulièrement problématiques : ceux qui suivent des influenceurs masculinistes, ceux qui appuient Donald Trump et les garçons qui jouent dans des équipes sportives.

Ce qu’il est convenu d’appeler la « ligne de conduite » dans toute société qui se prévaut de ce concept est littéralement en train de s’effriter en une déviance décomplexée qui tend à devenir la norme. Le respect fait place à l’insulte, les différences, qu’elles soient de tout ordre, sont bafouées telles des tares sociétales à éliminer sans coup férir, les influenceurs deviennent des gourous auprès de jeunes déjà perturbés et fragilisés par l’omniprésence des médias sociaux.

Et l’école dans ce maelstrom contre-productif, comment doit-elle ou, plus adéquatement, comment peut-elle rétablir un climat inclusif dans un milieu où s’imprègnent pernicieusement la discorde et l’insulte à outrance? À mon sens, le défi devra mobiliser tous les intervenants en éducation, y compris les parents et cela, force est de l’admettre, dans un climat où les vents leur sont cruellement défavorables. C’est une question de survie et pour les jeunes prisonniers du mal de vivre en société et pour les victimes qu’ils persécutent et terrifient favorisant de ce fait l’émergence de traumatises graves à moyen terme.

vigile.quebec tribune libre 27 février 2026

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