Le retour du bonhomme Sept Heures

En pleine session parlementaire avant la campagne électorale qui conduira à l’élection d’un nouveau gouvernement le 5 octobre, le débat sur l’engagement du chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon (PSPP), de tenir un référendum sur la souveraineté du Québec dans un premier mandat advenant une victoire du PQ est déjà lancé.

Depuis le dernier référendum de 1995, le contexte géo-politique a changé considérablement ne serait-ce que l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche et, avec lui, l’imposition de tarifs sur les exportations canadiennes. Depuis lors, le président américain démontre ad nauseam un malin plaisir à entretenir une guerre tarifaire créant l’insécurité dans le milieu des affaires. En bref, le spectre de la « trumpeur » est omniprésent.

Par ailleurs, au Québec, les dernières révélations de PSPP sur son intention d’attendre les circonstances les plus favorables pour tenir le référendum sur l’indépendance du Québec ont eu l’heur de ragaillardir les ardeurs des partis d’opposition qui ont vite ressorti l’arsenal de guerre en agitant l’étendard de la peur, remémorant de la sorte le triste souvenir de Jean Charest en 1995 brandissant dans sa main le passeport canadien dont les Québécois devraient faire leur deuil advenant la victoire du camp du « oui ».

« La peur n’est pas bonne conseillère », nous dit l’adage bien connu. En revanche, faut-il savoir la combattre. C’est le défi auquel PSPP et son équipe sont confrontés dès maintenant. Les partisans du camp du « non » ne manquent pas de minutions, la peur étant la plus perverse et, malheureusement, la plus efficace. En revanche, les Québécois ont eu l’occasion de jouer dans ce film-là à deux occasions dans leur histoire récente. De facto, ils devraient faire preuve de lucidité et de clairvoyance face aux messages insidieux des fédéralistes portant sur la peur qu’ils s’évertuent à propager chez les Québécois.

Le bonhomme Sept Heures est revenu hanter le paysage politique québécois telle une fatalité à laquelle on ne peut échapper lorsque pointe à l’horizon le scénario de l’indépendance du Québec. Le couronnement de Charles Milliard à la tête du Parti libéral du Québec combiné à la montée du Parti conservateur d’Éric Duhaime dans les sondages et à l’éventuelle nomination d’un nouveau chef à la tête de la Coalition avenir Québec et, par conséquent d’un nouveau premier ministre, apportent une nouvelle perspective à la scène politique québécoise. Pour l’heure, le PQ devra éviter de tomber dans les pièges liés à la peur du référendum et concentrer ses énergies à présenter aux Québécois l’image d’un « bon gouvernement » imputable de la saine gestion des dépenses de l’État dès le début d’un éventuel premier mandat.

vigile.quebec tribune libre 1er mars 2026

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