La défonceuse de portes s’éteint

11 août 2011

Avec le décès d’Hughette Proulx, disparaît celle que l’on qualifiait à juste titre de « défonceuse de portes », sous plusieurs aspects, particulièrement pour son franc parler, notamment au chapitre de la sexualité. En effet, rappelons-nous qu’entre 1974 et 1985, dans son émission « Radio-Sexe » diffusée sur les ondes de CJMS, Mme Proulx a osé aborder sans détours les tabous qui entouraient la sexualité au Québec encore à cette époque. Dans la lignée d’Hughette Proulx, plusieurs émissions du même type ont d’ailleurs pris naissance autant à la radio qu’à la télé.

Mme Proulx a été la première à appeler les choses par leur nom en ce qui a trait à la sexualité qu’elle a ainsi contribué à sortir du tabou entretenu par le clergé qui n’a jamais tardé à lui reprocher à maintes occasions ses « écarts de conduite »!

Le décès d’Hughette Proulx marque la fin d’une époque d’ouverture sur la sexualité au Québec mais nous rappelle aussi le début d’un dialogue ouvert et constructif sur les dessous d’un mythe destructeur qui torturait les consciences des Québécois emprisonnées sous le joug d’une religion omniprésente.

Merci, Mme Proulx, pour avoir eu l’audace et le courage de pousser à fond vos convictions envers les besoins fondamentaux qui animent tout être humain, particulièrement le fait d’assumer sa sexualité à une époque où le simple mot « sexe » écorchait les oreilles !

quebechebdo 11 août 2011
Le Devoir 15 août 2011

 

Un projet ambitieux et méritoire

10 août 2011

Bien que l’intention avouée des membres du conseil municipal de Burlington, dans l’état du Vermont, soit d’attirer davantage de Québécois, en adoptant à l’unanimité, une résolution visant à faire la promotion du français dans les écoles, les restaurants et l’affichage, on doit y reconnaître un certain mérite en ce qui a trait à la promotion du français chez l’oncle Sam même si cette résolution ne comporte que des mesures incitatives.

Le responsable de la motion, le conseiller municipal Paul Decelles, désire reconnaître, par sa proposition, l’héritage historique francophone de la ville tout en soulignant sa reconnaissance envers les nombreux Québécois qui viennent visiter la ville de Burlington à chaque année à travers un accueil plus chaleureux dans leur langue.

À partir du moment où la résolution sera davantage connue, estime M. Decelles, l’effet d’entraînement permettra d’amener progressivement toute la communauté commerciale à accorder une plus grande place au français dans l’espoir que Burlington devienne petit à petit une ville bilingue…un projet ambitieux et méritoire!

quebechebdo 10 août 2011
Le Soleil 15 août 2011 "Ambitieux et méritoire"

Une leçon de clarté et d’ouverture

10 août 2011

J’ai beaucoup apprécié l’analyse de Nic Payne dans sa chronique du 9 août parue sur le site de Vigile, intitulée « Trêve de partisanerie », entre autres, la clarté des arguments que l’auteur utilise pour faire ressortir les effets pervers de la partisanerie à outrance :

« Derrière ces faits, une réalité toute simple : la partisanerie, le culte du Nous contre Eux, des bons souverainistes contre les méchants fédéralistes, tout cela peut avoir un certain sens dans la joute électorale, mais n’est d’aucune utilité, et peut nuire, même, à une bonne compréhension des enjeux politiques…Nous avons appris, depuis de nombreuses années, à canaliser nos efforts dans le travail partisan, à traduire nos espoirs indépendantistes en avidité électorale »

En clair, la partisanerie aura constitué, particulièrement depuis le référendum de 1995, la corde qui aura pendu le PQ dans le placard de la stagnation et de l’oubli de ses racines ! À force de concentrer leurs efforts sur l’obtention ou la conservation du pouvoir « provincial », les péquistes en sont venus à perdre de vue l’accession à l’indépendance !

Toutefois, le grand mérite de l’analyse de M. Payne consiste surtout, à mon sens, à ouvrir une voie à un discours constructif offrant des solutions concrètes pour se sortir de cette impasse partisane. Pour y parvenir, Nic Payne prône l’ouverture aux voix de la relève qui osent avec courage nous offrir de sortir des sentiers battus de la partisanerie sclérosante pour nous proposer d’élever le débat là où il doit se tenir, soit au niveau des moyens à prendre pour accéder à notre indépendance :

« Heureusement, une relève dynamique est en pleine gestation en ce moment. Sachons lui donner de l’oxygène. Ne lui ordonnons pas d’aller éteindre ses ambitions dans l’armoire péquiste…Si les indépendantistes ont, comme tout le monde, le droit de choisir leur voie politique, ils ont aujourd’hui le devoir d’explorer des options hors-PQ. À ce moment-ci, les avantages de courir sous une autre bannière abondent : cela permettrait, entre autres choses, de dépéquiser l’indépendance, c’est-à-dire, de la débarrasser des stigmates de nombreuses années de pouvoir provincial péquiste. »

Sans aller dans le sens d’une proposition concrète quant au canal à privilégier pour faire émerger les forces vives qui envahissent actuellement le climat politique au Québec, M. Payne pave la voie à une écoute attentive des avantages qui pourraient émaner de ce courant d’air frais :

« Les multiples retombées qu’on peut imaginer d’une démarche indépendantiste consistante en dehors du PQ, se résument à ceci : sortir l’indépendance du placard, et donner la chance à de nouvelles voix de se faire entendre, qui ne portent peut-être pas les peurs et l’usure de l’élite souverainiste actuelle. »

Enfin, l’auteur oppose avec justesse l’argumentaire de la division du vote à une « redistribution des forces » qui ne pourrait qu’être bénéfique dans le contexte d’une polarisation paralysante autour d’un PQ engourdi :

« Quant à la fameuse division du vote que redoutent tant certains, elle est en marche depuis longtemps, et est venue d’en haut, des bonzes péquistes. L’heure est déjà à la redistribution des forces et si les indépendantistes ne veulent pas que les choses se réorganisent sans eux, ils ont tout à gagner en prenant la parole, et de l’espace, dès maintenant. »

Il est rafraîchissant d’entendre un discours qui ose soulever la poussière accumulée sous des années de gouvernance provinciale pour enfin voir apparaître le lustre sur la table qui n’attend que de nouvelles voix s’assoient autour d’elle pour prendre la parole et de l’espace !

vigile.net tribune libre 10 août 2011

Une école émerge du séisme

9 août 2011

En janvier 2010, Alexandra Duguay, une employée de l’ONU, est décédée à Port-au-Prince dans le séisme qui a frappé Haïti. Au moment de prendre sa décision de partir pour Haïti, la mère d’Alexandra, Marie-Dominique Bédard, n’était pas très enthousiasmée par le projet de sa fille. Néanmoins, pour pouvoir participer au rêve d’Alexandra, sa mère lui suggéra de s’impliquer dans une œuvre à laquelle elle pourrait participer, tout en demeurant au Québec.

Lors d’une visite à l’île à Vache à l’institution de sœur Flora, Alexandra a été bouleversée devant l’état délabré de la maternelle et les conditions désuètes dans lesquelles les professeurs travaillaient. À partir de ce moment-là, elle s’est donné comme mission de pallier ces écueils malsains à l’intérieur de l’orphelinat de sœur Flora et de permettre aux enfants qui le fréquentent de bénéficier d’un environnement plus propice à leur épanouissement.

Pour ce faire, Alexandra recueille plus de 1000$ par la tenue d’une vente aux enchères dans sa maison en Haïti. Le 31 décembre, elle organise un réveillon pour les enfants de l’orphelinat…dix jours plus tard, elle succombe dans le séisme!

Depuis lors, Marie-Dominique Bédard a décidé de mener à terme le projet de sa fille. C’est ainsi qu’elle a pu recueillir, avec l’aide de ses amis, la somme de 60 000$, laquelle contribuera à combler en partie les dépenses de 155 000$ nécessaires pour la construction de quatre nouvelles classes pour les élèves de maternelle de même que la rénovation des locaux de l’école primaire. Marc-André Franche, le conjoint d’Alexandra, a, pour sa part, conclu une entente avec une fondation locale pour combler la différence.

En se rendant en Haïti au début d’octobre 2011 pour remettre à sœur Flora les clés de «l’école Alexandra», Marie-Dominique Bédard aura donné un sens à la mort de sa fille en faisant émerger une école du séisme en souvenir d’Alexandra Duguay

quebechebdo 9 août 2011

 

 

La résignation face à l’acceptation

8 août 2011

Dans les minutes qui ont suivi le verdict de non-responsabilité criminelle envers Guy Turcotte, le père de ses deux enfants, Isabelle Gaston s’était montrée résignée tout en ajoutant que les adultes, en aucune circonstance, n’avaient le droit de vie ou de mort sur leurs enfants.

Quelques semaines plus tard, avouant que comme citoyenne, elle n’avait pas le choix de se plier au verdict des jurés, elle n’avait pas par ailleurs à l’accepter ni à ne pas le dénoncer. Et, pour ce faire, elle entend contester l’article 16 du code criminel qui porte sur la défense pour troubles mentaux, en particulier le trouble d’adaptation avec anxiété et humeur dépressive, celui dont souffrait Guy Turcotte au moment de la tragédie. Quoiqu’elle admette que son ex-conjoint souffrait d’une grande détresse pour avoir posé un geste aussi sordide, elle invoque par ailleurs qu’il aurait dû mettre en sécurité ses enfants et s’empresser d’aller chercher de l’aide. De plus, elle ajoute qu’en tant qu’urgentologue côtoyant souvent des personnes atteintes de troubles mentaux, elle se montre en désaccord avec le portrait de Guy Turcotte qu’ont dressé les psychiatres devant les jurés.

Quoique le mouvement de solidarité puisse avoir une certaine influence sur le rebondissement de Mme Gaston dans cette affaire très médiatisée, je demeure convaincu que, comme société, nous avons le devoir de pousser les tribunaux à faire toute la lumière dans cette cause qui vient toucher au cœur même de notre système judiciaire, soit une justice équitable pour « toutes » les parties impliquées dans l’acte d’accusation. Que la justice suive donc son cours!

quebechebdo 8 août 2011

L’avortement de l’indépendance

8 août 2011

Pour vous illustrer à quel point ma perception à changé depuis mes premiers articles écrits sur cette tribune faisant mention, entre autres, qu’il fallait remettre à la une le rêve de René Lévesque, je vous propose le fruit de cette réflexion qui émerge de mon cheminement depuis environ sept mois, soit depuis la période où j’ai commencé à écrire sur la tribune libre de Vigile.

Je n’ai pas à reprendre ici l’historique qui a conduit à la création du Parti québécois…cela a été fait à maintes occasions sur cette tribune…pas plus que les grands courants d’affirmations nationales qui l’ont précédé, que ce soit l’Union nationale de Duplessis, l’égalité ou indépendance de Daniel Johnson, père, le maître chez nous de Jean Lesage ou la souveraineté-association de René Lévesque. Et, soit dit en passant, ces courants représentent, sans aucun doute dans mon esprit, des temps forts dans la prise en charge de notre destin politique.

Toutefois, force nous est de constater que les résultats obtenus, après plus d’un demi-siècle, nous ramènent imperturbablement à la case départ, soit celui d’un statut de province embourbé dans un fédéralisme sclérosant. À partir de ce constat, je crois qu’il est légitime de se demander ce qui nous a conduits à un tel cul de sac. À mon sens, la création même du PQ, issue de la coalition du MSA, du RN et, plus tard, malheureusement selon moi, du RIN, a contribué à l’avortement du mouvement indépendantiste.

À partir du moment où sont apparus, dans le décor politique, des spectres, tels que l’étapisme, l’affirmation nationale, le beau risque, les conditions gagnantes et, tout récemment, la gouvernance souverainiste, le cri du cœur de Pierre Bourgault, soit l’indépendance nationale, a été relégué aux oubliettes au profit d’une souveraineté qui devait se mériter à coup de requêtes auprès du fédéral jusqu’à ce qu’un jour…les conditions gagnantes puissent être favorables !

Dès lors, l’indépendance du Québec s’est estompée derrière un écran de fumée opaque et stagnant qui a eu pour effet d’en oublier sa propre existence et sa légitime raison d’être ! Devant ce constat, nous avons le devoir de dissiper cette masse nébuleuse et de faire réapparaître la lumière au bout du tunnel…de remettre à la une le rêve de Pierre Bourgault et de faire de ce Québec un pays indépendant !

Quoiqu’il faille reconnaître l’apport des générations politiques qui ont précédé, j’ai toujours détesté la politique de l’autruche qui refuse de reconnaître ses erreurs. En ce sens, il est plus que temps que les leaders indépendantistes réparent ces écarts de conduite et ramènent le discours politique sur l’indépendance du Québec !

vigile.net tribune libre 7 août 2011

Remonter le courant

8 août 2011

J’éprouve toujours beaucoup de plaisir et d’intérêt à lire les réflexions transcrites en haut de la page d’accueil du site de Vigile. Dernièrement, celle signée par W.C. Fields, a particulièrement attiré mon attention :

« Souviens-toi qu’un poisson mort peut flotter en suivant le courant, mais seul un poisson vivant peut nager en le remontant. »

Je ne sais pas si ce sont les chauds rayons de soleil de l’été qui me donnent des hallucinations, mais j’ai l’impression que les textes des dernières semaines parus sur cette tribune présentent des arguments positifs et constructifs autour de notre combat vers l’indépendance, bref, que les poissons morts sont de moins en mois nombreux à flotter en suivant le courant, alors que les poissons vivants le sont beaucoup plus à nager en le remontant !

En des termes plus concrets, il me semble que les récents articles sont davantage axés sur la recherche de solutions pour rapprocher nos visions qui, bien sûr sont souvent différentes quant aux moyens pour y parvenir, mais qui se rejoignent quant au but recherché.

En ce sens, il m’apparaît que notre cause profite de lacs poissonneux et vigoureux qui permettront à la synergie des idées de remonter le courant et d’éviter les écueils des confrontations stériles qui, trop souvent, contribuent à créer un climat malsain qui incite à se contenter de suivre le courant, compte tenu du choc provoqué par ces heurts destructeurs !

En fait, si j’associe cette pensée de Fields à l’effervescence qui gravite autour des débats qui nous animent sur cette tribune et à la qualité des argumentaires qui s’en dégagent, particulièrement au cours des dernières semaines, je crois que nous vivons un été fertile en idées constructives qui nous permettront de remonter le courant grâce à une plus grande convergence de nos efforts !

En terminant, je vous laisse sur cette pensée de Balzac qui, à mon sens, rejoint bien le contenu du message de W. C. Fields :

« L’homme meurt une première fois le jour où il perd son enthousiasme »…et je ne crois pas que l’auteur m’en voudrait si je substituais « l’homme » par « un peuple » !

vigile.net tribune libre 7 août 2011

 

De l’attentisme à l’acte

5 août 2011

Dans sa série d’articles sur la gouvernance souverainiste parus sur la tribune libre de Vigile, Pierre Cloutier a démontré de façon convaincante l’utopie d’une stratégie sclérosante eu égard à l’accession à l’indépendance du Québec. Rhéal Mathieu, quant à lui, à travers son article publié sur cette même tribune en date du 4 août, sous le titre "Le destin de la nation est en jeu", explique comment, à partir d’extraits d’un article de Félix Pinel, paru en 2007, sous le titre "De la stratégie d’État", la gouvernance souverainiste, "digne" héritière de l’étapisme, contribue à maintenir le Québec sous le joug du fédéralisme canadien.

Et, pour illustrer cette peur viscérale, inhérente à la démarche étapiste, dont je faisais allusion dans deux de mes récents articles sur cette tribune, M. Pinel s’exprime en ces termes :

"Comment démontrer au peuple la nécessité de réaliser l’indépendance alors qu’on s’efforce à bien gouverner au sein d’un système contre lequel on est supposé s’opposer. Deuxièmement, pour vaincre la peur, il faut rationaliser les craintes et apporter des solutions, non pas se défiler et cacher son option. Quand un enfant à peur de faire du vélo, on ne combat pas ses craintes en rangeant l’engin dans le cabanon jusqu’au printemps suivant."

Mais, par-dessus tout, le grand avantage de l’article de M. Pinel réside dans le fait qu’il dépasse le simple constat de la stagnation imprégnée dans l’étapisme et la gouvernance souverainiste, en proposant une piste de solution évolutive qui se définit dans une stratégie d’État qu’il identifie le "Modèle Johnson-De Gaulle" :

"Le Modèle Johnson-De Gaulle illustre quant à lui l’action d’un gouvernement qui emprunte une réelle stratégie d’État. Le gouvernement élu pour réaliser l’indépendance utilise alors tous les moyens que lui confère l’État pour accentuer son pouvoir et développer son effectivité. L’État devient ainsi son propre levier de développement. Il légifère, crée des institutions, mène une lutte politique sans merci avec l’autre État afin de le rendre inopérant sur son territoire national.

C’est par une série d’Actes d’État que le Québec pourra conquérir les pouvoirs qui lui font défaut. Dans cette optique, un gouvernement indépendantiste ne concentre pas son action à gérer une province en attendant les conditions favorables pour gagner un référendum. Il agit. Il agit selon l’intérêt national et celui du peuple. Il pose tous les gestes nécessaires afin que l’État acquière tous les pouvoirs indispensables à la réalisation de sa mission, tous les pouvoirs normalement dévolus à un État indépendant."

En termes clairs, M. Pinel incite les leaders indépendantistes à sortir le vélo du cabanon et à avoir le courage de vaincre leur peur en le maîtrisant, en nous invitant à les suivre sur la route de l’indépendance et en parcourant ensemble la distance qui nous sépare de notre destination !

En fait, une autre question qui pourrait s’ajouter à celles que j’adressais à Jean-Martin Aussant dans mon dernier article sur Vigile: "Êtes-vous prêt à monter sur le vélo, M. Aussant ?"

vigile.net tribune libre 5 août 2011



Questions à Jean-Martin Aussant

4 août 2011

Monsieur Aussant,

Il est maintenant connu que vous êtes actuellement en processus de réflexion quant à la création d’un nouveau parti indépendantiste. Compte tenu du sur place dans lequel le PQ nous a enlisés depuis des décennies, je ne peux vous blâmer d’avoir une telle intention.

Toutefois, à la lumière des informations dont je dispose pour juger des convictions politiques qui vous animent pour appuyer votre démarche, je me dois, en tant que citoyen ordinaire, indépendantiste depuis la création du PQ, de vous poser quelques questions, en vrac, pour m’éclairer sur Jean-Martin Aussant, le politicien indépendantiste :

- Que répondez-vous aux inquiétudes de certaines personnes concernant votre mince expérience en politique ?

- Considérant le climat politique actuel envers la cause indépendantiste, comment comptez-vous rallier les options diverses qui sont sur la table ?

- Comment réagissez-vous à l’assertion selon laquelle la création d’un nouveau parti indépendantiste risque de diviser le vote et, conséquemment, de nuire à la cause ?

- Concernant votre proposition d’impliquer davantage la relève dans le discours indépendantiste, quelle est votre stratégie pour y parvenir ?

- Pourquoi privilégier la création d’un nouveau parti au lieu de procéder à la mise sur pied d’une coalition nationale ?

- Avez-vous la ferme intention de remettre à la une l’indépendance du Québec et, par le fait même, d’en faire votre cheval de bataille ? Si oui, comment ?

- Où en sont vos discussions avec les députés démissionnaires ? Jugez-vous opportun de leur lancer une invitation à se joindre à vous dans votre processus de réflexion ?

- Considérant votre aversion pour le cynisme qui gruge la crédibilité des politiciens, comment comptez-vous y remédier ?

- Croyez-vous en l’importance d’impliquer les vieux routiers de l’indépendance dans votre réflexion ? Si oui, lesquels ? Sinon, pourquoi ?

- Quelles sont, selon vous, les qualités essentielles qu’un leader politique doit posséder ?

- Enfin, si vous aviez à convaincre l’électorat québécois des bienfaits de l’indépendance, quels seraient vos arguments 

Croyez, M. Aussant, en la sincérité qui m’anime dans les questions que je vous adresse tout en espérant que vous daignerez bien y répondre avec la même sincérité !

vigile.net tribune libre 4 août 2011
quebechebdo 5 août 2011



Félix en tournée

3 août 2011

Pour souligner le 100ième anniversaire de la naissance de Félix Leclerc en 2014, sa fille Nathalie, directrice générale de l’Espace Félix-Leclerc, situé à Saint-Pierre-de-l’Île-d’Orléans, est à mettre sur pied une exposition itinérante dont l’objectif est d’abord de faire connaître aux jeunes du Québec son illustre père.

Lorsque Félix s’est éteint il y a 23 ans, Nathalie, alors âgée de 19 ans, craignait que le souvenir de son père ne soit oublié. Même si, avec les années, elle constate avec joie que l’œuvre de son père passe à travers le temps, elle souhaiterait que les écoles du Québec le fassent découvrir davantage aux jeunes…ne serait-ce que de leur faire la lecture de quelques textes de celui qui a été le premier chansonnier québécois à se produire en Europe !

En remettant « Félix en tournée » à l’occasion de cette exposition itinérante, peut-être que Nathalie arrivera à faire entrer enfin son père dans les enceintes des salles de classes de ce pays du Québec que Félix a tant chanté !

À titre d’exemple, je vous offre cette chanson, intitulée « Un soir de février » :

Un soir de février
En mille sept cent soixante
Il gelait à pierre fendre
Au fort Stadaconé
Les colons morfondus
De s’être tant battus
Ont fermé les battants
Des portes d’la rue Saint-Jean

Au diable les Habits rouges,
On finira la guerre demain
Les Anglais sont gelés durs
À l’Île-aux-Oeufs quequ’ part au loin
À soir on prend un verre de rouge,
On s’déclame du Voltaire
La bouche de nos canons
Dit non et a raison

C’était mal calculé
Les Anglais par milliers
Escaladent le cap
Et installent leur trappe
Les Français réveillés
En queue d’chemise dehors
Se sont fait massacrer
Le vent v’nait d’virer d’bord

En mille huit cent soixante
Nous ne sommes plus chez nous ici
Mais quand même, on tient l’coup
À coup d’berceau et d’génie
On nous a pris nos places,
Nos écoles, nos espaces
Le chien ronge son os, mordu,
Mordra le temps venu

Le temps venu est v’nu
Un soir de février
L’affaire était convenue
Pendant la partie d’hockey
Demain grasse matinée
Après demain dimanche
Deux journées de congé
Les Anglais font bombance

Nous étions six millions
À pas suivre la joute
À la télévision
Et personne sur les routes
Sur la pointe des pieds
On a fait comme eux autres
Pris possession des clés
Des ponts, des villes, de tout

Quand y s’sont réveillés
Cernés de tous côtés
En queue d’chemise aussi
Sous leur gros parapluie
Ils se sont inclinés
Coup d’état réussi
Même que l’Premier a dit
Baptiste, r’prends ton pays

L’épilogue de l’histoire,
C’est pas d’avoir perdu Québec
Qui a mis nos amis Anglais
En beau sifflette
Z’ont perdu la partie
La Coupe finale à Montréal
Mais gagné notre esprit
Depuis qu’ils parlent joual

vigile.net tribune libre 3 août 2011
quebechebdo 4 août 2011 (version abrégée)