Bozo-les-culottes mur à mur

16 août 2011

Au contraire de plusieurs artistes dont les mérites et les talents ne sont loués qu’après leur décès, Raymond Lévesque aura eu cette chance de se voir reconnu de son vivant. En effet, après qu’une bibliothèque de Longueil ait été désignée en son nom en février 2011, voilà que l’artiste de 83 ans voit son visage immortalisé par l’artiste muraliste Laurent Gascon sur une murale de 160 pieds carrés (48 mètres carrés) dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve.

Artiste multidisciplinaire, Raymond Lévesque a été chanteur, compositeur, animateur radiophonique, monologuiste, poète, auteur et acteur. À la fin des années ‘40, alors qu’il était garçon de table dans des cabarets, il lui arrivait de s’installer au piano entre les spectacles. C’est en 1956, avec la sortie de sa chanson « Quand les hommes vivront d’amour », que la carrière de Raymond Lévesque prend littéralement son envol.

À partir de 1965, ses chansons deviennent de plus en plus nationalistes. Sa chanson « Bozo-les-culottes », composée en 1967, sera utilisée lors des manifestations syndicales et politiques de plus en plus souvent. Les paroles prennent un sens encore plus aigu avec les tragiques événements d’octobre 1970, suite auxquels des centaines de citoyens sont emprisonnés sans mandat pour délit d’opinion.

Chapeau à toi, Bozo-les-culottes, pour avoir contribué à éveiller la conscience nationaliste des Québécois, et, sois sans crainte…même si tu es de la race des pionniers, on ne t’oubliera pas !

« Y flottait dans son pantalon
De là lui venait son surnom
Bozo-les-culottes
Y’avait qu’une cinquième année
Y savait à peine compter
Bozo-les-culottes
Comme il baragouinait l’anglais
Comme gardien de nuit il travaillait
Bozo-les-culottes
Même s’il était un peu dingue
Y’avait compris qu’faut être bilingue
Bozo-les-culottes

Un jour quelqu’un lui avait dit
Qu’on l’exploitait dans son pays
Bozo-les-culottes
Que les Anglais avaient les bonnes places
Et qu’ils lui riaient en pleine face
Bozo-les-culottes
Il a pas cherché à connaître
Le vrai fond de toute cette affaire
Bozo-les-culottes
Si son élite, si son clergé
Depuis toujours l’avaient trompé
Bozo-les-culottes

Y’a volé de la dynamite
Puis dans un quartier plein d’hypocrites
Bozo-les-culottes
Y’a fait sauter un monument
À la mémoire des conquérants
Bozo-les-culottes
Tout le pays s’est réveillé
Et puis la police l’a pogné
Bozo-les-culottes
On l’a vite entré en dedans
On l’a oublié depuis ce temps
Bozo-les-culottes

Mais depuis que tu t’es fâché
Dans le pays ça a ben changé
Bozo-les-culottes
Nos politiciens à gogo
Font les braves, font les farauds
Bozo-les-culottes
Ils réclament enfin nos droits
Et puis les autres ne refusent pas
Bozo-les-culottes
De peur qu’il y en ait d’autres comme toé
Qui aient le goût de recommencer
Bozo-les-culottes

Quand tu sortiras de prison
Personne voudra savoir ton nom
Bozo-les-culottes
Quand on est d’la race des pionniers
On est fait pour être oublié
Bozo-les-culottes »

vigile.net tribune libre 16 août 2011
quebechebdo le 17 août 2011 (version abrégée)

Un fromage québécois sur le podium

16 août 2011

En compétition avec près de 1700 produits, toutes catégories confondues, le fromage Louis d’Or, fabriqué à la Fromagerie du presbytère de Sainte-Élisabeth-de-Warwick, s’est vu décerner la troisième place au concours de l’American Cheese Society qui couronne les meilleurs fromages en Amérique du Nord. Et ce, après qu’il ait obtenu le Grand prix des fromages canadiens en avril et le Caseus d’or des fromages québécois en septembre 2010.

Toutefois, comme le fait remarquer la maître fromager Jean Morin, les fromagers artisans doivent lutter sans cesse contre une foule de règlements « aberrants » que l’Agence canadienne d’inspections des aliments leur imposent, notamment en ce qui a trait aux fromages fabriqués à partir de lait cru biologique, tel le Louis d’Or. À titre d’exemple, M. Morin évoque le fait que l’utilisation de cuves en cuivre soit interdite au Canada alors que les autorités fédérales acceptent l’importation de fromages fabriqués dans de tels récipients! Cherchez l’erreur!

Ce qui n’empêche pas Jean Morin de projeter la fabrication d’un nouveau fromage, inexistant au Canada, qui serait constitué d’un mélange de laits de brebis et de vache en pâte pressée cuite.

Un fromage québécois sur le podium…un prix qui rejaillit sur tous les artisans fromagers du Québec!

quebechebdo 16 août 2011

 

Découvrir et entretenir notre dignité

15 août 2011

Que de fois au cours de notre vie n’avons-nous pas entendu des remarques sur le statut de « colonisé » du peuple québécois !

Selon Wikipedia, « La colonisation est un processus d’expansion territoriale et démographique qui se caractérise par des flux migratoires, l’occupation et l’exploitation d’un espace géographique, la mise en tutelle et la domination politique, culturelle, religieuse et économique »

Qui dit culture dit langue ! Et, s’il y a une situation qui me ramène au plus profond de nos stigmates de « colonisé », c’est bien le côté « gentil et bien élevé » qui nous caractérise lorsque nous nous plions servilement à l’usage de l’anglais au moment où « nos chers voisins » nous visitent au Québec ! Particulièrement lorsque de telles attitudes de basse soumission viennent contrecarrer tous les efforts que j’ai déployés auprès de mes élèves pendant toute ma carrière pour louer les mérites de notre langue qui a réussi à se maintenir bien vivante au Québec depuis des siècles contre vents et marées !

Toutefois, une réflexion de Pierre Bouchard des Escoumins, parue à la page d’accueil de Vigile dernièrement, m’a remonté le moral en atténuant quelque peu cet insidieux relent de colonisé :

« Il faudrait que cesse ce dénigrement continuel des Québécois, cette propagande qui nous rentre dans la tête que nous sommes faibles, petits, et qu’il vaut mieux rester tranquilles. Il nous faut découvrir et entretenir notre dignité. Je ne parle pas de fierté, juste de la dignité, quelque chose comme le respect de soi-même, de son intégrité »

Mais, comment « découvrir et entretenir notre dignité ? » d’abord et avant tout par « le respect de soi-même, de son intégrité », par l’affirmation de notre identité francophone au sein d’un continent anglophone, par l’appropriation de nos leviers politiques, économiques et culturels qui nous permettront de devenir une nation autonome.

À mon sens, le Québec vit actuellement un éveil nationaliste comme il n’en n’a pas vécu depuis des décennies. Un véritable mouvement pour l’indépendance est en train de s’organiser autour de partisans et de sympathisants à la cause de l’accession du Québec à son statut de pays. Il nous appartient de ne pas rater le train de la coalition nationale et d’y monter tous ensemble pour enfin parvenir à la gare du pays du Québec !

vigile.net tribune libre 15 août 2011



Êtes-vous bien en selle, Mme Marois?

15 août 2011

Ce matin, Le Devoir titre « Pauline Marois se dit ébranlée, mais pas menacée ». Le soleil, quant à lui, écrit « Blessée profondément, Pauline Marois admet avoir été ébranlée par le départ de cinq députés ». À cet effet, la chef du PQ avoue n’avoir toujours pas compris la réaction « démesurée » des députés démissionnaires et, du même souffle, avance qu’elle comprendra peut-être plus tard leur choix !

Pauline Marois soutient n’avoir perçu aucun signe de dissension dans son caucus avant l’annonce des démissions des cinq députés. Toutefois, pour protéger son leadership et éviter un éventuel putsch, elle a placé cet « incident de parcours » à l’horaire de la prochaine réunion de son caucus, alléguant que cette rencontre serait déterminante pour son avenir à la tête du PQ, tout en affirmant par ailleurs qu’elle sortirait gagnante de cette période de turbulence qui secoue le PQ depuis plusieurs semaines !

Si je comprends les déclarations de Mme Marois qui qualifie le PQ de « cheval fringant qui parfois donne quelques ruées », elle est toujours bien en selle ! Sa conviction qu’elle doit rester en poste est fondée sur le fait que seul le PQ peut prendre le pouvoir aux prochaines élections et proposer de faire la « souveraineté » du Québec. En conséquence, Mme Marois ne se sent menacée aucunement par la coalition nationale qui s’organise, pas davantage que par la création d’un nouveau parti indépendantiste auquel réfléchit Jean-Martin Aussant.

À mon sens, une attitude aussi désinvolte de la part de Mme Marois devant l’évidence d’un mouvement des forces indépendantistes hors-PQ me laisse présumer qu’elle est « désarçonnée » du cheval fringant qui, cette fois, ne fait pas que « donner quelques ruées » mais « rue dans les brancards » et menace de sauter la clôture et rejoindre la troupe de chevaux qui galopent allègrement vers de plus verts pâturages !

En conséquence, Mme Marois, si vous en avez encore la force mais surtout le courage, je vous incite fortement à remonter en selle et à rejoindre au plus vite les cavaliers de l’indépendance du Québec !

vigile.net tribune libre 15 août 2011

La foi à l’heure des réseaux sociaux

15 août 2011

C’est sous le thème « Enracinés et fondés dans les Christ, affermis dans la foi » que se tiendront à Madrid les 26ième Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) entre le 16 et le 21 août, regroupant, entre autres, plus de 6000 jeunes Canadiens, dont un millier de Québécois.

Signe des temps, les organisateurs de ces journées ont misé sur les réseaux sociaux pour séduire davantage les jeunes. C’est ainsi qu’une chaîne interactive diffusera six heures de programmation par jour, en quatre langues différentes, et alimentera les sites Facebook et You Tube.

Toutefois, comme quoi la foi ne déplace pas toujours les montagnes, outre certains sites qui dénoncent vivement la visite onéreuse de Benoît XVI dans un pays en pleine crise économique, déjà certains commentaires sur You Tube sont à connotation négative, voire même provocatrice!

quebechebdo 15 août 2011

 

 

Où s’en va le Bloc?

14 août 2011

Dans un article que je signais sur cette tribune en date du 12 mai 2011 sous le titre « Une déclaration d’intention prématurée », je déplorais la décision précipitée de Pierre Paquette de poser sa candidature à la succession de Gilles Duceppe le 11 mai, soit trois jours après la cuisante défaite du Bloc lors des élections fédérales du 2 mai. Aujourd’hui, nous apprenons que M. Paquette change de cap et se retire de la course, alléguant qu’il ne sent aucun appétit pour une course à la chefferie du Bloc québécois mais que les gens qu’il a consultés désirent plutôt amorcer une réflexion sur les causes qui ont conduit à la déconfiture du 2 mai.

De son côté, pour le chef intérimaire du Bloc, Louis Plamondon, la décision de Pierre Paquette ne modifie en rien la suite des événements en ce qui a trait à l’échéancier prévu par les instances du parti de tenir une campagne à la direction du Bloc dont les modalités seront décidées lors du conseil général le 17 septembre, date à laquelle sera déclenchée une course à la direction jusqu’au 11 décembre, jour où seront dévoilés les résultats du vote.

Par ailleurs, le député fédéral de Haute-Gaspésie-La Mitis-Matane-Matapédia, Jean-François Fortin, est présentement en tournée de consultation sur ses intentions avouées de se présenter à la succession de Gilles Duceppe. Ancien conseiller municipal et maire de Sainte-Flavie entre 2003 et 2009, le député de 38 ans entend instaurer une démocratie participative en étant à l’écoute des membres, prétextant le fait qu’on est toujours gagnant lorsque l’on reste branché sur la base.

Pour ce qui est de la création au Québec d’un mouvement indépendantiste hors des rangs péquistes, M. Fortin évoque, comme beaucoup d’autres intervenants, le danger de diviser le vote tout en souhaitant que les forces souverainistes travaillent ensemble pour développer une vision commune.

Considérant le rejet global du Bloc de la part de l’électorat québécois le 2 mai, j’incite MM Paquette, Plamondon, Fortin et tous les autres partisans bloquistes, y compris M. Duceppe, à ajouter dans leurs réflexions la possibilité de se joindre au mouvement indépendantiste naissant en se ralliant à la coalition nationale…puisque c’est ici au Québec que le débat doit se faire !

vigile.net tribune libre 14 août 2011



L’allumeur de réverbère

13 août 2011

Tel que mentionné dans un de mes récents articles publié sur la tribune libre de Vigile sous le titre  « Remonter le courant » en date du 7 août 2011, « …j’ai l’impression que les textes des dernières semaines parus sur cette tribune présentent des arguments positifs et constructifs autour de notre combat vers l’indépendance… »

Au chapitre XIV du Petit prince de St-Exupéry, le Petit prince rencontre l’allumeur de  réverbère…

« La cinquième planète était très curieuse. C'était la plus petite de toutes. Il y avait là juste assez de place pour loger un réverbère et un allumeur de réverbères. Le petit prince ne parvenait pas à s'expliquer à quoi pouvaient servir, quelque part dans le ciel, sur une planète sans maison, ni population, un réverbère et un allumeur de réverbères. Cependant il se dit en lui-même:

- Peut-être bien que cet homme est absurde. Cependant il est moins absurde que le roi, que le vaniteux, que le businessman et que le buveur. Au moins son travail a-t-il un sens. Quand il allume son réverbère, c'est comme s'il faisait naître une étoile de plus, ou une fleur. Quand il éteint son réverbère ça endort la fleur ou l'étoile. C'est une occupation très jolie. C'est véritablement utile puisque c'est joli.

Celui-là, se dit le petit prince, tandis qu'il poursuivait plus loin son voyage, celui-là serait méprisé par tous les autres, par le roi, par le vaniteux, par le buveur, par le businessman. Cependant c'est le seul qui ne me paraisse pas ridicule. C'est, peut-être, parce qu'il s'occupe d'autre chose que de soi-même. »

Dans cet extrait, une phrase en particulier retient mon attention : « Au moins son travail a-t-il un sens »…au moins, les efforts réalisés par les sympathisants de l’indépendance pour apporter des éléments positifs dans le débat « ont-ils un sens » puisqu’ils sont « véritablement utiles »!

Quant à ceux qui seraient tentés de « mépriser » sur cette tribune ou ailleurs ces « allumeurs de réverbères », je m’empresse de les inviter à s’occuper « d’autre chose que de soi-même », en d’autres termes, à se rendre utiles en adoptant le rôle d’allumeurs plutôt que celui d’éteignoirs s’ils ne veulent pas « paraître ridicules »!

Ainsi, Vigile deviendra de plus ce pour quoi il a été créé, un site éclairant qui est appelé à nous conduire vers notre indépendance en empruntant le chemin sur lequel le choc de nos idées contribuera à faire jaillir la lumière!

vigile.net tribune libre 13 août 2011    

L’autopsie du pourboire

12 août 2011

En lisant l’article de Jean Pascal Lavoie publié dans Le Soleil du 10 août sous le titre «Un sou, un seul!», j’ai eu l’impression que le pourboire au restaurant subissait une autopsie finement décortiquée au scalpel!

En fait, la question soulevée a trait au degré de satisfaction du service au table dans les restaurants en relation avec le pourboire à verser. Et, pour pallier cette difficulté, Denise Bisson, par l’entremise de son entreprise « Le remarquable », propose, dans ses conférences sur l’étiquette, une manière « bien claire » de signifier son insatisfaction : un seul sou de pourboire!

Mais, car il y a de « gros mais », précise Mme Bisson, il convient de distinguer la qualité des plats de celle du service, alléguant, à juste titre, que le serveur n’est pas responsable des attentes du client vis-à-vis la nourriture qu’il lui apporte de la cuisine du restaurant qu’il a choisi.

Autre « mais » non négligeable, toujours selon Mme Bisson, un serveur embourbé dans une affluence non-prévue ou non-assumée par le restaurateur n’a pas à être pénalisé par un surplus de travail pour lequel il n’a aucune responsabilité.

Finalement, si le service, sans raison apparente, est exécrable, en ce sens que le client poireaute à sa table depuis une vingtaine de minutes sans que le serveur ne soit venu lui présenter un verre d’eau ou lui offrir un apéritif, il devrait alors lui signifier son mécontentement « clairement » en lui laissant un sou de pourboire.

En réalité, il me semble que l’étiquette la plus élémentaire concernant le pourboire dans les restaurants devrait s’articuler autour du « gros bon sens » et qu’une remarque au serveur concernant votre impatience pourrait être entendu plus « clairement » et surtout recevoir un meilleur accueil que le versement d’un mesquin pourboire d’un sou! Qui sait, peut-être que d’autres « mais » sont cachés quelque part à votre insu!

quebechebdo 12 août 2011

Lettre ouverte à Louis Champagne

12 août 2011

Monsieur Champagne,

Mon billet sera concis et clair, je l’espère ! Dans votre dernier article publié sur la tribune libre de Vigile en date du 11 août sous le titre « Lettre ouverte à Luc Archambault », vous déclarez :

« Mais du radicalisme de Bernard Frappier aux circonvolutions de Luc Archambault en passant par les déconstructions du programme du Parti québécois de Pierre Cloutier, on a tout ce qu’il faut pour provoquer le désarroi et la désillusion de ceux et celles qui ont mis tant d’énergies comme militants de l’indépendance du Québec et qui sont démoralisés de constater combien nombreux sont ceux qui travaillent pour les adversaires de l’indépendance du Québec. Les seuls vainqueurs de ces débats seront nos adversaires, vainqueurs non pas en raison de leur valeur morale ou intellectuelle, mais plutôt à cause de nos stériles divisions. »

D’entrée de jeu, je considère tout à fait légitime que le webmestre de ce site, Bernard Frappier, prenne position pour la création d’un nouveau parti indépendantiste…c’est son droit de parole le plus légitime. Quant aux « circonvolutions » de Luc Archambault, je m’objecte carrément au substantif que vous attribuez à ce qui m’apparaît des pistes de réflexions et de solutions articulées autour de notre accession à notre indépendance. Enfin, ce que vous qualifiez de « déconstructions du programme du Parti québécois de Pierre Cloutier », aura eu le double mérite de nous ouvrir les horizons sur les dangereux méandres de la gouvernance souverainiste et surtout, de susciter un échange constructif qui vient de s’amorcer entre Robert Barberis-Gervais et M. Cloutier.

Je ne vois absolument pas, M. Champagne, de « stériles divisions » dans le fait que le débat actuel sur notre démarche vers l’indépendance diverge sur les moyens à prendre pour y parvenir. Au contraire, je crois plutôt que ces échanges favorisent l’évolution de la cause dans le respect des opinions diverses. À mon sens, ce sont plutôt les propos que vous tenez dans votre article qui risquent de créer de « stériles divisions » en accusant ceux qui tentent de favoriser un dialogue constructif par des attaques personnelles à leur endroit.

En conséquence, je vous invite, si vous désirez emboîter le pas dans des pistes de solutions susceptibles de faire avancer le débat, à le faire dès maintenant en proposant des idées constructives au lieu de jouer le rôle d’éteignoir dans le débat positif en cours !

vigile.net tribune libre 12 août 2011

Appel aux démissionnaires

11 août 2011

Dans une entrevue accordée à la Presse canadienne, la députée indépendante de Crémazie, Lisette Lapointe sort de l’ombre pour la première fois depuis sa démission du Parti québécois en juin dernier. Aux dires de Mme Lapointe , un « mouvement de fond » en faveur de la souveraineté se dessine au Québec. Dans sa déclaration, la députée évoque l’idée d’une assemblée constituante qui serait chargée de définir « par le menu, les contours du nouveau pays » et insiste sur le consensus qui se dégage sur l’importance d’unir les organisations indépendantistes et de confier aux citoyens la tâche de définir le pays. « Il faut que ça vienne de la population, de la base, et il faut qu’on sache ce que sera le pays », conclut-elle.

Au contraire de Jean-Martin Aussant, Mme Lapointe ne mentionne pas la création d’un nouveau parti comme piste de solution au rassemblement des forces indépendantistes, mais plutôt un « mouvement » qui ferait contrepoids à la Coalition pour l’avenir du Québec de François Legault en ramenant le débat national tout de suite.

Sur un autre terrain, le député indépendant de Nicolet-Yamaska, Jean-Martin Aussant, jongle avec l’idée de créer un nouveau parti indépendantiste. Quant à Pierre Curzi, il est en processus de consultation auprès de ses électeurs sur leurs perceptions et commentaires quant à l’avenir de l’indépendance au Québec. Enfin, Louise Beaudoin se montre pour l’instant silencieuse quant à l’avenir de sa carrière politique.

Voilà le topo ! Quatre têtes d’affiche, dont trois actives dans le processus de réflexion sur l’avenir du Québec, travaillent isolément, bâillonnant par le fait même toute forme de mise en commun de leurs réflexions qui aurait pourtant comme grand avantage de faire progresser la cause souverainiste !

C’est pourquoi, à mon sens, il est capital et urgent que les quatre mousquetaires se rencontrent pour mettre sur la table le fruit de leur démarche, pour tenter de s’entendre sur les étapes à venir et permettre au débat de s’aligner vers la meilleure stratégie à mettre de l’avant pour l’accession à l’indépendance du Québec.

***

Imaginons le scénario suivant… à la suite de la démission de Pauline Marois, Pierre Curzi réintègre les rangs et est nommé chef du Parti québécois. Parallèlement, Jean-Martin Aussant fonde son nouveau parti indépendantiste et en occupe la direction. Si je vous soumets cette hypothèse, c’est d’abord parce qu’elle est plausible, mais surtout parce qu’elle pose tout le problème du débat en cours entre la mise sur pied d’une coalition nationale des forces indépendantistes et la création d’un nouveau parti indépendantiste.

En effet, dans le scénario proposé, les deux têtes d’affiche actuelles susceptibles de mieux représenter le mouvement indépendantiste au Québec, à mon sens, soit Pierre Curzi et Jean-Martin Aussant, se retrouveraient à la direction de deux partis différents. Dans une telle éventualité, il est évident, qu’advenant la tenue d’élections générales au Québec, le vote indépendantiste serait divisé entre deux partis et par conséquent, dilué quant à la représentation des comtés à l’Assemblée nationale.

Et même si le scénario imaginé ne se réalisait pas avec les deux personnages politiques mentionnés, il faut quand même envisager qu’il demeure possible avec deux autres politiciens qui obtiennent déjà une certaine popularité. À cet effet, je vous rappelle deux questions que je posais à Jean-Martin Aussant dans mon article paru sur cette tribune le 4 août sous le titre « Questions à Jean-Martin Aussant » :

« Comment réagissez-vous à l’assertion selon laquelle la création d’un nouveau parti indépendantiste risque de diviser le vote et, conséquemment, de nuire à la cause ? »

« Pourquoi privilégier la création d’un nouveau parti au lieu de procéder à la mise sur pied d’une coalition nationale ? »

En ce qui a trait aux députés qui sont sortis des rangs péquistes, y compris Pierre Curzi, je posais la question suivante à M. Aussant :

« Où en sont vos discussions avec les députés démissionnaires ? Jugez-vous opportun de leur lancer une invitation à se joindre à vous dans votre processus de réflexion ? »

En ce qui me concerne, il m’apparaît essentiel qu’un dialogue sérieux s’amorce entre messieurs Aussant et Curzi s’ils désirent éviter les écueils d’une véritable et néfaste division du vote indépendantiste. À travailler isolément, ils empêchent la mise en commun de leurs réflexions qui ferait progresser la cause de l’indépendance !

vigile.net tribune libre 11 août 2011