Je me souviens…j’avais 13 ans

11 juillet 2013

« L'échec de notre système d'enseignement est le reflet d'un échec, ou en tout cas, d'une paralysie de la pensée elle-même. Personne n'ose penser, au Canada français. Du moins, personne n'ose penser tout haut. L'absence de tout dialogue sérieux, dans la province, nous stigmatise de la plus inexpiable façon ».

« Les insolences du Frère Untel », Montréal, Les Éditions de l'homme, 1960, p. 55.

J’avais 13 ans quand sont parues « Les insolences du Frère Untel » et j’abordais mes études classiques. Je me souviens de l’engouement suscité par la parution de ce livre et, sans trop savoir ce qu’il contenait, je l’ai emprunté à la bibliothèque du collège…Je l’ai dévoré en deux heures!…

Jean-Paul Desbiens est né le 7 mars 1927 à Métabetchouan, dans la région du Lac Saint-Jean. En 1944, il devient frère mariste sous le nom de frère Pierre-Jérôme. Ensuite, il étudie la philosophie à l'Université Laval, où il obtient son diplôme de baccalauréat en 1958.

En 1960, Jean-Paul Desbiens publie son célèbre livre « Les insolences du Frère Untel » sous le pseudonyme de «Frère Untel». Ce pamphlet, considéré comme un des éléments déclencheurs de la Révolution tranquille, tire son origine d'une lettre d'un enseignant de Chicoutimi, le frère Pierre-Jérôme, Jean-Paul Desbiens de son nom de naissance, à André Laurendeau, directeur du journal Le Devoir, en réaction à un billet sur la qualité du français que celui-ci a fait paraître.

C'est le début d'un échange épistolaire nourri entre les deux hommes qui se conclut avec la publication du livre de Desbiens. Le frère mariste y dénonce le joual, cette « langue désossée », en plus d’y mener une charge à fond contre le Département de l'Instruction publique, ce système « d'injustices sociales » qui privilégie le collège classique, véritable « réserve nationale des vocations sacerdotales ».

Rédigé d’une plume parfois irrévérencieuse et toujours incisive, l’ouvrage dénonce l’indigence culturelle et linguistique et l’attribue en partie aux déficiences d’un système éducatif religieux désuet et répressif.

« Les insolences du Frère Untel » se vendent à plus de 130 000 exemplaires, dont 17 000 au cours des dix premiers jours de vente. Malgré ce succès auprès du public, le livre reçoit cependant un accueil moins favorable chez les membres du clergé qui tentent, en vain, d'empêcher sa parution. À l'évidence, le petit livre à « une piastre » du Frère Untel a l'effet d'une bombe dans le Québec de l'après-Duplessis…

J’ai maintenant 66 ans et j’ai parfois l’impression que le temps s’est arrêté depuis 1960 quand je constate qu’encore aujourd’hui, 53 ans après la « bombe » lancée par le Frère Untel, le Québec en est encore à se battre pour assurer la survie de sa langue…et que la « bombe » n’aura duré que le temps d’un feu d’artifice!

quebechebdo 11 juillet 2013

Merci Mme Roy-Laroche

10 juillet 2013

J’ai regardé mais surtout écouté avec beaucoup d’intérêt l’entrevue qu’a accordée la mairesse de Lac-Mégantic, Colette Roy-Laroche, à Michel Viens lors de l’émission 24 h en 60 min. du 9 juillet sur RDI.

Malgré le choc évident que Mme Roy-Laroche doit surmonter dans cette période de funeste drame que vivent ses concitoyens, j’ai été à même de constater l’aplomb avec lequel elle répondait aux questions de Michel Viens mais surtout l’« affection quasi maternelle » qu’elle éprouvait envers « sa ville » et « ses Méganticois » et la conviction que la solidarité de ses concitoyens sauront démontrer pour se relever et reconstruire la zone sinistrée.

Colette Roy-Laroche, une mairesse exemplaire qui contribue à n’en pas douter à rehausser l’image de la politique municipale actuelle, entachée par toutes sortes de scandales de bas étage. Au nom de tous les Méganticois, sachez, madame, que nous vous sommes très reconnaissants pour votre compassion et votre professionnalisme.

quebechebdo 10 juillet 2013
vigile.net tribune libre 10 juillet 2013
Le Devoir 12 juillet 2013

Commentaire:

"Très vraie votre missive. Mme Roy-Laroche est une femme exceptionnelle avec une belle personnalité et en contrôle de ses émotions. Une femme d'expérience comme on n'en voit pas beaucoup dans ce monde d'aujourd'hui. BRAVO à cette grande dame qui méritera d'être reconnue par nos gouvernements… En attendant, je lui dis MERCI… Les gens de Lac-Mégantic sont choyés… vous comprendrez, moi j'habite ville de Laval… tout est dit. Merci"

Armande Cléroux
quebechebdo 11 juillet 2013

 

Constitution québécoise: un projet cinquantenaire inachevé

10 juillet 2013

Dans son article publié dans Le Devoir du 9 juillet 2013 sous le titre « Une nouvelle constitution québécoise – Pour renouer avec la Révolution tranquille », l’ancien président des États généraux du Canada français en 1967 et ex-ministre des Affaires intergouvernementales, Jacques-Yvan Morin, dresse un tableau détaillé du long chemin tortueux emprunté par l’État québécois de la Révolution tranquille à nos jours.

« Il y a déjà plus d’un demi-siècle qu’a été énoncée l’idée de doter le Québec d’une constitution écrite formelle établissant les institutions de l’État et les objectifs qu’il est appelé à poursuivre. Il a été assujetti jusqu’ici, en tant que colonie britannique et province canadienne, à un ensemble de lois éparses et de conventions constitutionnelles qui lui ont servi de loi fondamentale, mais il a commencé à exprimer ses propres choix en 1975 avec la Charte des droits et libertés et, en 1977, la Charte de la langue française…

Le résultat du référendum de 1980 permet au pouvoir fédéral de déployer la contre-offensive du « rapatriement » de la Constitution canadienne, lequel aboutit en 1982, en dépit de l’opposition opiniâtre du Québec…

Les trente années écoulées depuis cette époque n’ont fait qu’approfondir le fossé qui s’est creusé entre le Canada anglais et le Québec, en dépit d’efforts de conciliation comme les Accords du lac Meech, en 1987, ou de Charlottetown, en 1992, qui n’ont pu rallier l’appui requis à la reconnaissance des Québécois en tant que « société distincte. »

Tels sont les tenants et aboutissants historiques qui décrivent avec précision les péripéties d’un Québec ballotté entre un pouvoir fédéral centralisateur outrancier et son désir d’autonomie et d’émancipation constamment refoulé par des entourloupettes mesquines provenant d’Ottawa.

« Devant pareil cul-de-sac, que peut-on faire pour retrouver l’élan des années 60 et 70? Comment réaffirmer l’identité québécoise, si ce n’est en renouant avec la Révolution tranquille et ses sources ? Il nous faut maintenant préparer dans cet esprit une nouvelle Constitution en faisant appel à la fois à l’expérience parlementaire et à la participation populaire pour mener à bien la démarche entreprise voici un demi-siècle en vue de fixer les objectifs des Québécois et de leur État. »

Au cours de son argumentaire, Jacques-Yvan Morin cite trois références qui me semblent essentielles dans l’élaboration de cette nouvelle constitution québécoise, à savoir le récent ouvrage du professeur Daniel Turp sur la Constitution québécoise, « La bataille de Londres » de l’historien Frédéric Bastien, et la Commission d’étude des questions afférentes à l’accession du Québec à la souveraineté, présidée par MM. Bélanger et Campeau, dont le rapport a été publié en 1992 et remis à jour en 2002.

Enfin, argument non-négligeable, cette nouvelle Constitution devra faire appel non seulement « à l’expérience parlementaire » mais aussi et j’ajouterais surtout « à la participation populaire » sans laquelle le navire-amiral risque de se retrouver sans équipage et de s’échouer encore une fois sur les berges du canal Rideau!

quebechebdo 10 juillet 2013

Ed Burkhardt: le monstre des rails

10 juillet 2013

Flegmatique et souriant, le p.-d.g. Ed Burkhardt de la désormais tristement célèbre Montreal, Maine et Atlantic Railway (MMAR) s’est présenté devant les caméras de Radio-Canada à Chicago, rejetant cavalièrement toute responsabilité concernant la tragédie ferroviaire de Lac-Mégantic, tout en admettant timidement que ses employés ont peut-être fait de «petites erreurs».

Désormais, la MMAR sera davantage vigilante dans l’information qu’elle donnera aux pompiers sur les conséquences causées sur les freins à air au moment d’éteindre le moteur. Et, pour ajouter un peu de glaçage sur le gâteau, la dite compagnie déplacera de Nantes à Sherbrooke [et cela sans même avoir eu la décence d’en parler avec le maire de l’endroit], là où le terrain est plat, l’endroit où se feront les changements d’équipe de conduite des trains. Et voilà, on peut maintenant passer à autre chose!

Aucune allusion aux victimes dévastées par la tragédie humaine causée, entre autres, par des wagons désuets et non sécuritaires dont M. Burkhardt est le premier responsable. Une attitude désinvolte et inhumaine, qui m’amène à lui décerner le titre bien mérité de «monstre des rails»!

quebechebdo 10 juillet 2013
vigile.net tribune libre 10 juillet 2013

Au sujet de la frilosité partisane péquiste

10 juillet 2013

Nombreux sont les commentaires que l’on lit ou entend sur diverses tribunes d’opinions à propos de l’unification des forces souverainistes autour du Parti québécois…Soit ! Toutefois, là où le bât blesse pernicieusement, c’est dans la « frilosité partisane péquiste » lorsque certains intervenants, et j’en suis, osent flatter le « chat » à rebrousse-poil !

À cet effet, je vous propose cet exemple à titre de « ballon d’essai » : certains quotidiens ont publié dernièrement des articles relatifs à la décision du gouvernement Marois d’étudier les empiètements du fédéral dans les compétences du Québec. Voici des extraits de deux d’entre eux :

« Quelques semaines avant le dépôt de son budget et fort possiblement en période pré-électorale, le gouvernement péquiste recevra en janvier prochain un rapport sur les « empiètements » du fédéral. Il faut mettre fin au fédéralisme « dominateur, paternaliste et de dédoublement », a lancé le ministre délégué aux Affaires intergouvernementales, Alexandre Cloutier, lors du lancement du comité qui rédigera le rapport…

Le rapport devrait chiffrer le coût spécifiquement pour les municipalités et la santé… « Nous serons plus à même d’identifier ce qui est urgent et entamer les négociations » La Presse, 18 juin 2013

Le 19 juin 2013, Le Soleil publie un article intitulé « Le PQ veut étudier les « ingérences » fédérales » dans lequel on nous informe que le gouvernement Marois investit 500 000 $ pour répertorier l’ensemble des dédoublements causés par l’empiètement d’Ottawa dans les compétences du Québec. Enfin, une excellente initiative, me dis-je.

Toutefois, la conclusion de l’article en question jette une douche froide sur mes premières réactions lorsque j’apprends que le ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes, Alexandre Cloutier, « jure qu’il n’est pas à la recherche d’une confrontation avec Ottawa pour mousser l’option souverainiste. »

« Entamer les négociations » avec Ottawa !…Des termes irritants…de l’aplaventrisme dénigrant issu de la gouvernance dite « souverainiste », du déjà vu désuet…de l’ancien servi à la moderne…une démarche qui nous conduit inévitablement au cul-de-sac !

Le ministre Cloutier « ne recherche pas la confrontation avec Ottawa »…Mais pourquoi diable ne profite-t-il pas de cette occasion stratégique pour « mousser l’option souverainiste » et faire voir aux Québécois les avantages de la souveraineté au lieu de la balayer servilement sous le tapis ?

Enfin, j’adresse cette question aux fervents défenseurs de la gouvernance souverainiste : croyez-vous sérieusement qu’une approche aussi « timide » de la part du ministre Cloutier saura susciter l’intérêt nécessaire envers le PQ comme « pôle d’attraction » au ralliement des forces souverainistes ?

vigile.net tribune libre 9 juillet 2013 

Les dessous d’un convoi meurtrier

9 juillet 2013

Il y a 8 000 kilomètres de voies ferrées au Québec. Sur les quelque 300 millions de tonnes de marchandises qui sillonnent ces rails, 23 millions de tonnes métriques de pétrole brut et de mazout et 11 millions de tonnes métriques de produits chimiques font partie des convois.

À l’heure actuelle, on ne peut que spéculer sur les causes du déraillement meurtrier de Lac-Mégantic, d’autant plus que la compagnie impliquée, la Montreal Maine & Atlantic, semble pratiquement absente, autant des lieux de la catastrophe que des médias. Dans un premier communiqué plutôt laconique publié pendant les heures suivant la tragédie, la direction de la MMA s’est dite «dévastée» par ce qui s’est produit.

Un deuxième communiqué, publié à 16h15 dimanche, révèle toutefois une information pour le moins intrigante : «Le moteur de la locomotive du train de pétrole a été éteint après le départ du conducteur qui avait piloté le convoi depuis Farnham. Ce fait a pu entraîner la désactivation des freins à air comprimé de la locomotive qui retenaient le train en place.»

Mais alors, qui aurait éteint le moteur de la locomotive? Et pourquoi l’entreprise a-t-elle jugé opportun de publier cette information?

Imaginez un seul instant la kyrielle de journalistes des médias à travers le monde qui se seraient rués sur place si le train avait explosé en plein coeur de New York! Qu’attendent nos réseaux d’informations pour mettre de la pression sur les dirigeants de la MMA…c’est le seul moyen de les faire bouger!

quebechebdo 9 juillet 2013 

Le décor apocalyptique d’une ville en deuil

8 juillet 2013

Nous avons tous été stupéfiés par les images du décor apocalyptique laissé par le déraillement d’un train de la Montreal, Maine and Atlantic Railway Inc. en plein cœur de la municipalité de Lac-Mégantic vers 1 h samedi le 6 juillet.

Des images de désolation d’un « centre-ville cratère » qui laissent très peu d’espoir de retrouver des survivants, un hôpital placé samedi au petit matin en mode alerte orange, prêt à accueillir des hordes de blessés, un transport d’ambulance inopérant depuis le site jusqu’au centre hospitalier, le brasier étant trop ardent pour que les secours puissent y accéder.

Les secours arrivent de partout…Toutefois, le pire des fléaux qui laissera une marque dévastatrice au cœur des survivants de cette tragédie est le deuil amer avec lequel ils devront vivre dans les prochains mois, voire les prochaines années. En ce sens, la priorité devrait, selon moi, s’organiser autour d’une « brigade » de compétences formée pour apporter une aide psychologique adéquate aux survivants de ce cataclysme qui dépasse l’entendement humain.

quebechebdo 8 juillet 2013
cyberpresse.ca 8 juillet 2013 "En réaction au drame du Lac Mégantic"
vigile.net tribune libre 9 juillet 2013

D’où vient cette allergie au leader charismatique?

7 juillet 2013

« Comme je l’évoquais récemment, le drame que vit le Québec actuellement est celui de l’effondrement moral de sa classe dirigeante . Plus on réfléchit à cette problématique, plus on acquiert la conviction que la solution ne réside pas tant dans l’apparition soudaine à l’horizon d’un quelconque chevalier sans peur et sans reproche ou d’une version locale de Jeanne d’Arc, que dans celle d’un projet à la fois audacieux, nécessaire et mobilisateur qui redonnerait aux Québécois un motif de fierté, de confiance et d’espoir, comme l’avait fait au début des années 1960 le projet de nationalisation de l’électricité… »

Extrait de l’article de Richard Le Hir paru sur cette tribune libre sous le titre « Quand le panier de crabes déborde » en date du 3 juillet 2013.

À cet effet, qui d’autre que René Lévesque se serait érigé en « chevalier sans peur et sans reproche » pour avoir l’audace de proposer la nationalisation de l’électricité ? Qui d’autre que René Lévesque, le politicien charismatique, aurait suscité, telle « une version locale de Jeanne d’Arc », une telle mobilisation autour du projet de la souveraineté du Québec ?

Comment se fait-il que les oies migratrices, d’instinct, se disposent en V pour atteindre leur destination, confiant à l’une d’entre elles, le soin de les diriger alors que nous, êtres humains, censément raisonnables, remettions en question la pertinence de l’« oie dirigeante » ?

Et, pour reprendre les termes de Richard Le Hir, pourquoi le « projet à la fois audacieux, nécessaire et mobilisateur qui redonnerait aux Québécois un motif de fierté, de confiance et d’espoir » ne serait-il pas la marche du Québec vers son indépendance ?

D’où vient cette allergie au leader charismatique ? D’où nous vient cette utopie que le mouvement syndical ne serait pas ce qu’il est devenu aujourd’hui sans la détermination sans limite de Michel Chartrand ou que les Noirs américains auraient atteint un tel niveau d’égalité avec les Blancs sans le « rêve » que caressait Martin Luther King ?

De tout temps, des leaders ont exercé leur pouvoir de mobilisation autour de la cause qu’ils défendaient…Pourquoi aujourd’hui en serait-il autrement ? À mon sens, le « projet mobilisateur » dont fait allusion Richard Le Hir, quel qu’il soit, ne saurait atteindre son but sans le moteur incarné par un leader charismatique qui saura le mener à terme avec la complicité des Québécois qu’il aura su mobiliser…sinon, nous nageons en plein scénario de science fiction !

vigile.net tribune libre 6 juillet 2013

Dans mon livre à moi…

7 juillet 2013

Le vétéran hockeyeur québécois de 35 ans Daniel Brière, présentant une fiche de 16 points, soit 6 buts et 10 aides en 34 matchs en 2012-2013, soit une projection de 39 points au cours d’une saison normale de 82 matchs, vient de s’entendre avec le Canadien de Montréal pour un contrat de 8 M$ sur deux ans.

Un contrat scandaleux et démesuré dans un contexte économique où le gouvernement demande aux Québécois de se serrer la ceinture et de faire leur « juste part » dans l’objectif d’atteinte du déficit zéro. Dans « mon livre à moi », selon l’expression consacrée dans le merveilleux monde du sport, Daniel Brière et l’organisation du Canadien de Montréal méritent la note « zéro »!

quebechebdo 6 juillet 2013

Cette perle rare qu’on appelle le « charisme »

5 juillet 2013

Qui d’entre nous n’a jamais éprouvé de la sympathie envers le visage déconfit de René Lévesque et son regard empathique sur la foule de partisans suspendus à ses lèvres lors de son allocution en ce soir du 20 mai 1980 au centre Paul-Sauvé? Qui d’entre nous ne se souvient pas de sa voix chevrotante et de ses paroles réconfortantes : « Si j'ai bien compris, vous êtes en train de me dire : à la prochaine fois. »?

Je me souviens de cet après-midi du 24 juillet 1967, lorsque qu’un certain président français du nom de Charles De Gaulle, vêtu de son traditionnel costume militaire surmonté de son képi, lança de sa voix de stentor du haut du balcon de l’hôtel de ville de Montréal, son légendaire « Vive le Québec…libre! »

Je me souviens de Martin Luther King qui, lors de la marche historique de Washington le 28 août 1963, lança son retentissant « I have a dream! » : « Je rêve qu’un jour sur les collines rousses de Georgie les fils d’anciens esclaves et ceux d’anciens propriétaires d’esclaves pourront s’asseoir ensemble à la table de la fraternité ».

René Lévesque, Charles De Gaulle, Martin Luther King, des personnages hors du commun, des hommes imbus d’une profonde conviction dans les valeurs qui les animaient, des communicateurs qui savaient s’adresser aux gens du peuple et les mobiliser autour d’un projet commun.

J’aurais pu aussi parler de Michel Chartrand ou de Pierre Bourgault et toujours, l’homme derrière les mots refera surface…Je dirais plutôt l’homme avec des mots simples mais percutants ne cessera jamais d’incarner cette « perle rare qu’on appelle le charisme », cette dualité rarissime que bien peu de politiciens et d’hommes publics ont su conjuguer au cours de leur carrière, cet attrait mobilisateur d’un simple regard et de quelques mots qui viennent nous chercher au plus profond de nos tripes…et j’ajouterais, cette qualité inestimable sans laquelle la mobilisation autour de l’accession du Québec à son indépendance demeurera un projet inachevé!

quebechebdo 4 juillet 2013
cyberpresse.ca 8 juillet 2013