Négociations en construction: l’exception est-elle devenue la règle?

5 juillet 2013

Ce qui est qualifié d’exception ne peut l'être que vis-à-vis d’une règle puisque, pour être une exception, un phénomène doit s’inscrire dans un contexte de régularité. Or, un article de Martin Leclerc et Martin Robert, paru dans Le Devoir du 5 juillet 2013, nous apprend que la loi d’ « exception » adoptée le 1er juillet pour mettre un terme à la grève dans le secteur de la construction est la 36e depuis l’instauration, en 1964, du Code du travail actuellement en vigueur au Québec.

Et, de conclure Mm Leclerc et Robert, «s’il faut continuellement sacrifier des droits aussi fondamentaux que celui-là [le droit de grève] pour satisfaire des intérêts économiques à court terme, aussi bien dire que notre société de droits est pratiquement condamnée. Car si l’exceptionnalisme permanent se poursuit, il y aura un jour bien peu de gens pour défendre activement cette idée toute simple, au coeur de chaque grève, selon laquelle c’est l’économie qui devrait être mise au service des travailleurs et des travailleuses, des citoyens et des citoyennes, et non l’inverse.»

C’est Michel Chartrand qui, dans une allocution prononcée en 1969 au congrès du Conseil central des syndicats nationaux de Montréal, déclarait : « … on sait que toute la presse écrite, la presse parlée, la télévision sont systématiquement contre nous. Ce sont des intérêts privés et ils trouvent qu’on va contre les intérêts privés. »…Il semble que plus ça change, plus c’est pareil!

quebechebdo 5 juillet 2013

Pendant que la pluie pleut…

5 juillet 2013

Un jour qu’il pleuvait à boire debout, j’ai sorti de ma poche quelques mots avec lesquels je me suis mis à jongler…

Un coquelet fait le coq devant un coquelicot
Un bourdon bourdonne sur un bourgeon
Un blaireau blaire le nez en l’air
Un âne flâne le vague à l’âme

Sans bruit broute un bouc
Charmeur d’une chèvre chevrotant
Près des quenouilles grouillent des grenouilles
Parées de leurs pattes palmées

Des canes câlinent leurs canardeaux
Des sauterelles sautent à saute-mouton
L’insigne cygne
Chante son chant

Des pics pique-niquent
Des demoiselles battent de l’aile
Des hirondelles volent à tire d’aile
De malins martins-pêcheurs pêchent

Une marmotte dort sur le bord de la mare
Un lapin clapit sous un sapin
Un grillon grésille de bon gré
Une gerboise légère gère son boisé

Un goujon goûte au goût du jonc
Une perchaude se berce sous une perche chaude
Un doré se dore sous une feuille d’or
Une truite en fuite quitte son gîte

quebechebdo 5 juillet 2013

 

Rapport sur le trouble de stress post-traumatique: la pointe de l’iceberg?

4 juillet 2013

Selon un rapport, commandé par les Forces armées et rédigé par du personnel militaire, 8% des militaires canadiens déployés en Afghanistan entre 2001 et 2008 souffrent d’un trouble de stress post-traumatique (TSPT).

Curieusement, une porte-parole du ministère de la Défense a déclaré qu’aucun des auteurs de l’étude n’était disponible pour commenter les résultats… Une attitude pour le moins discrète qui laisse à penser que ces résultats ne représentent peut-être que la pointe de l’iceberg laissée par une guerre sans fin qui tourne en rond sans qu’aucun espoir de règlement ne puisse poindre à l’horizon!

quebechebdo 4 juillet 2013
Le Soleil 8 juillet 2013 "La pointe de l'iceberg"

Pour une vraie démocratie: une assemblée populaire

3 juillet 2013

Le Larousse définit en ces termes la démocratie : « système politique, forme de gouvernement dans lequel la souveraineté émane du peuple ». À mon sens, le problème de l’exercice d’une vraie démocratie se situe dans le fait que le peuple confie ses responsabilités à des élus sans qu’il n’ait de véritable contrôle sur la gestion de ses droits hormis le plébiscite d’une élection aux quatre ans.

J’ai toujours cru qu’un tel contexte ne pouvait répondre aux conditions exigées pour que la « souveraineté émane du peuple »…Notre système politique, à sa base, incarne une utopie à laquelle, dans les circonstances, nous ne pouvons nous soustraire.

Mais comment faire en sorte que « notre société devienne vraiment démocratique »? Là est toute la question…le comment? Au risque de paraître « rêveur » [et ce ne serait pas la première fois!…], je crois qu’une « assemblée populaire », constituée d’un représentant désigné par les électeurs de chacune des 17 régions administratives du Québec, devrait être légalement constituée et mandatée par ses commettants pour veiller à la bonne marche de la gestion de l’État québécois.

En dernière instance, cette assemblée populaire aurait le pouvoir de destituer le gouvernement en place et de convoquer des élections et ce, à tout moment dans l’exercice de son mandat…en bref, une sorte de « chien de garde » visant l’exercice d’une vraie démocratie!

quebechebdo 3 juillet 2013

Entre liberté d’expression et diffamation: à la limite de la ligne rouge

3 juillet 2013

La liberté d’expression incarne une liberté fondamentale dans notre société occidentale. Elle va de pair avec la liberté d’information et plus spécifiquement la liberté des médias écrits ou oraux, liberté qui leur confère le droit de publier ou de dire ce que bon leur semble sous réserve d'en répondre devant les tribunaux en cas de diffamation.

La diffamation désigne le fait de tenir des propos portant atteinte à l'honneur d'une personne physique ou morale. Le délit de diffamation peut être rapproché du droit à la vie privée, lequel est équilibré avec le respect du droit à la liberté d’expression.

Dans ce contexte, je soulève cette question : où se situe la ligne rouge dans le cas de la radio de confrontation, communément appelée « radio-poubelle », qui fait les choux gras d’animateurs fétiches depuis des années dans la capitale nationale?

quebechebdo 3 juillet 2013
vigile.net tribune libre 4 juillet 2013

La radio-poubelle au banc des accusés

2 juillet 2013

RNC Média, propriétaire de CHOI à Québec et à Montréal, s'est adressé à la cour pour faire fermer plusieurs blogues et pages Facebook dénigrant ses stations et réclamer 250 000$ en dommages à Jean-François Jacob qui a riposté en déposant une poursuite de 65 000$ contre les requérants.

À cet effet, un spectacle d’appui à Jean-François Jacob s’est tenu le 29 juin au nom de la Coalition contre la radio-poubelle. «L'idée de cette soirée est d'amasser des fonds pour aider les gens qui sont ou seront poursuivis par CHOI pour avoir dénoncé leurs pratiques, comme Jean-François et comme le blogueur montréalais Éric Beaudry», explique Julien Gaudreau, organisateur de l'événement.

Mais il y a plus, poursuit M. Gaudreau. «Pour nous, c'est aussi un premier pas afin de pouvoir renverser le style de radio qui existe à Québec depuis plusieurs années… Nous n'en avons pas contre la vulgarité et les clowneries de ces radios, ni contre leur caractère médiatique et nous ne voulons pas non plus éradiquer les opinions de droite des ondes publiques. C'est contre le mélange de ces trois genres que nous en avons.»

Enfin un mouvement de contestation qui ose se tenir debout et dénoncer vertement ce qu’on qualifie à juste titre de «radio-poubelle» et qui est en train de créer dans la capitale nationale une image dégradante et irrespectueuse qui mérite que les responsables soient placés au banc des accusés!

quebechebdo 2 juillet 2013
vigile.net tribune libre 4 juillet 2013

L’utopie du bilinguisme et du biculturalisme canadian

1 juillet 2013

Un article de Frédéric Bastien, auteur de « La bataille de Londres. Secrets, dessous et coulisses du rapatriement constitutionnel », publié dans Le Devoir du 29 juin sous le titre « Un bilinguisme politique », remet les pendules à l’heure concernant ce que je qualifierais de « machiavélisme trudeauiste » dans le dossier du bilinguisme et du biculturalisme canadian. En voici des extraits percutants :

« Comme le constatait dans les années 60 la Commission sur le bilinguisme et le biculturalisme, un pays est bilingue non pas parce que ses habitants parlent deux langues, mais plutôt parce que différentes langues sont parlées dans différentes régions du territoire…

Cette conception des choses, qui tenait compte des aspirations et des besoins des Canadiens français, ne plaisait pas au premier ministre Pierre Trudeau. Ce dernier avait fait de son hostilité au nationalisme québécois sa marque de commerce. Sa conception du bilinguisme visait à contrer les revendications du Québec…

Pour Trudeau, la question des langues relevait d’abord d’un choix individuel plutôt que de l’existence de deux nations. Les Canadiens devaient pouvoir vivre dans la langue de leur choix partout où le nombre le justifiait…

Cette vision avait comme avantage de nier tout statut particulier au Québec. Suivant Trudeau, la promotion du français dans la province risquait d’encourager l’indépendance. Il importait donc de mettre en place son modèle de bilinguisme partout au pays et de faire en sorte que toutes les provinces soient égales…

Ce projet a échoué pour des raisons évidentes. D’abord, il n’y a aucune utilité pratique à ce que tout le monde ou presque parle deux langues. L’efficacité et la loi du moindre effort font en sorte qu’il sera toujours plus facile et pratique de fonctionner dans une seule langue…

Devant un tel constat d’échec, comment expliquer que la politique linguistique canadienne ne soit jamais vraiment remise en question depuis sa mise en place ? La réponse tient à son utilité politique. Elle permet de nier le caractère distinct du Québec, ramenant celui-ci au statut d’une province égale aux autres et qui ne saurait avoir plus de pouvoir. Ce succès a été consacré maintes fois, entre autres lors du rapatriement constitutionnel et avec l’échec de l’accord du lac Meech. En cela le bilinguisme a été et continue d’être une très grande réussite. »

Si nous envisageons le point de vue sociologique de la conception trudeauiste du bilinguisme et du biculturalisme canadian, que nous nous attardons sur la conception d’un « parfait mélange » chez l’individu de deux réalités culturelles qui permettrait de conserver l’intégralité de l’une et de l’autre, et que cette identité bilingue est comprise dans une trame sociale et historique plus large, nous aboutissons implacablement à un processus d’assimilation et d’acculturation à la culture majoritaire. En ce sens, le bilinguisme canadian est une utopie…Et cela, Pierre-Elliott Trudeau en était parfaitement conscient!

quebechebdo 1er juillet 2013
vigile.net tribune libre 1er juillet 2013 "Le machiavélisme trudeauiste"

Louis Garneau « Never give up…! »; Biographie; Louis Garneau Inc; 2012

30 juin 2013

Human beings are made in such a way that every event in their lives, happy or sad, is a cornerstone that contributes in some way to the making of the finished building. In this respect, Louis Garneau is no exception to the rule. 

Since the first Garneau arrived in New France in the mid-17th century, through his great-great grandmother, Rose-Anna Vachon, maternal grandmother Alexandrine BlaisLehoux, paternal grandfather Philémon Garneau, and parents Paul Garneau and Jeannine Lehoux, his phenomenal cycling career that took him to the 1984 Los Angeles Olympics, his brilliant art studies, his unconventional meeting with Monique Arsenault, the stunning success of his sports company, and the eagerly-awaited births of his three children, Louis Garneau’s life has unfolded in an uninterrupted series of events that predestined him to become the man who never gives up.

Des moisissures plutôt « gênantes » dans les écoles

30 juin 2013

Au moment où le réseau public d'éducation aurait besoin d'appui soutenu et d'investissements massifs, le gouvernement Marois a décidé de couper dans le programme de péréquation des commissions scolaires, ce qui a occasionné des hausses de taxes partout au Québec.

Par ailleurs, ces hausses de taxes ne sont liées à aucun ajout de services puisqu’elles surviennent pour compenser des coupures du gouvernement en cette première des trois années nécessaires pour abolir le programme de péréquation.

En conséquence, ces hausses de taxes ne procureront pas les revenus nécessaires à l'entretien des écoles, voire même, à la reconstruction de certaines qui ont dû être fermées en raison de la présence de moisissures.

À titre d’exemple, huit écoles au Québec, dont six à Montréal, ont été placardées, infestées par les champignons. Dans Hochelaga-Maisonneuve, trois écoles primaires sont condamnées et des centaines d'enfants déménagés à des kilomètres plus loin.

Alors qu'il faudrait investir dans un parc immobilier vieillissant, le gouvernement a choisi de refiler une facture de plus de 250 millions$ aux commissions scolaires. La conséquence était prévisible, quoi qu'en dise la ministre de l'Éducation, Marie Malavoy, qui côtoie Diane de Courcy, ex-présidente de la Commission scolaire de Montréal, étrangement silencieuse sur la question.

Alors, comment notre réseau de l'éducation a-t-il pu laisser aller les choses au point où on est contraint de fermer des écoles pour cause de moisissures alors que le Vérificateur général du Québec a déjà sonné l'alarme l'an dernier en ce qui concerne la qualité de l'air, après avoir effectué un échantillonnage aléatoire dans des écoles du Québec. C'est un problème de santé publique et, malgré cela, le gouvernement a maintenu des milliers d'enfants et des centaines de travailleurs du réseau dans des bâtiments insalubres.

Pendant ce temps, le ministère de l'Éducation n'a ni la liste exhaustive des écoles envahies par les champignons ni plan d’intervention. Pour pallier cette lacune, le ministère fournira un «guide» sur la qualité de l'air aux commissions scolaires l'automne prochain… Bravo pour l'initiative, on se sent déjà mieux!

Pendant que des commissaires d'école se payaient des congrès, on rognait sur l'entretien des édifices, sans que le ministère ne « siffle la fin de la récréation ». La CAQ propose, depuis sa création, l'abolition du système des commissions scolaires et son remplacement par une structure moins bureaucratique.

Les hausses de taxes scolaires, sans qu'on ait ajouté de services, risquent de remettre ce débat à l'ordre du jour. Est-ce ce que le gouvernement souhaite? Si oui, qu’il l’affirme…Si non, qu’il agisse!

quebechebdo 30 juin 2013

Entre la realpolitik et la politique fiction: Catherine Dorion

29 juin 2013

« Advenant que Catherine Dorion devienne cheffe d’O.N., ce que je souhaiterais volontiers pour le bien supérieur de notre Cause, une tactique inédite pourrait éviter à O.N. d’envoyer inutilement ses candidats à l’abattoir et de perdre tout à fait gratuitement la crédibilité qui lui a été distribuée avec tellement de parcimonie lors de la dernière élection. Cette tactique éviterait aussi au P.Q. de subir une concurrence inutile provenant d’un parti marginal « SI » :

« Si » seule la cheffe d’O.N. était la candidate unique de son parti dans son comté, l’ensemble des aspirants-candidats du parti passant leur tour. « Si », en contrepartie, le P.Q. laissait la voie libre dans le seul comté du chef d’O.N. en n’y présentant pas de candidat….

Il y a quand même un petit hic à ma proposition : une pareille alliance serait un marché de dupes si, sous prétexte de jaser d’indépendance, la nouvelle cheffe d’O.N. reprenait là où le chef précédent avait laissé, et qui passait autant de temps à jaser du P.Q. que d’indépendance. Mais si on y pense sérieusement… il serait peu probable que sur une semblable proposition d’Union sacrée, un pareil bla-bla se reproduise à nouveau en campagne électorale : n’ayant qu’une seule candidate et devant compter alors sur l’appui de l’électorat péquiste du seul comté où le parti O.N. serait présent, tout O.N. et sa cheffe serait enfin incitées à la plus rigoureuse realpolitik, si on est seulement capable d’admettre cette chose pourtant si simple que la realpolitik n’est pas vaccinée contre l’idéalisme¹ … Notre Cause pourrait y gagner enfin une vedette, peut-être même une immense vedette, et, qui sait, le P.Q. sa majorité.

¹ Je ne me fais pas d’illusions quant à cette compréhension de la realpolitik qui, si elle était comprise et pratiquée, éviterait bien du jaspinage à propos de la personne de Pauline Marois. »

« Entre la politique fiction et la realpolitik : Catherine Dorion » Marcel Haché, Tribune libre de Vigile, 21 juin 2013 (extrait)

Avant d’aborder mon argumentaire, il m’apparaît essentiel de définir le terme « realpolitik » puisqu’il est au centre du billet de Marcel Haché. Selon Wikipédia, « realpolitik », de l’allemand (politique réaliste ), signifie « la politique fondée sur le calcul des forces et l’intérêt national »

Jusque là, Marcel Haché et moi nous entendons sur le sens de la « realpolitik ». Toutefois, là où le bât blesse, c’est l’ordre dans lequel nous plaçons les mots « realpolitik » et « politique fiction » devant le nom de Catherine Dorion.

Je m’explique en reprenant cet extrait de M. Haché : « Il y a quand même un petit hic à ma proposition : une pareille alliance serait un marché de dupes si, sous prétexte de jaser d’indépendance, la nouvelle cheffe d’O.N. reprenait là où le chef précédent avait laissé et qui passait autant de temps à jaser du P.Q. que d’indépendance »

À mon sens, il y plus qu’un « petit hic » dans l’argumentaire de Marcel Haché…il y une incongruité fondamentale. En effet, jamais ni Catherine Dorion ni aucun autre chef qui adhèrent aux convictions souverainistes d’ON n’accepteront le type d’ « alliance » proposée par M. Haché pour la simple et bonne raison que la gouvernance dite « souverainiste » du PQ Marois ne répond aucunement à leurs attentes.

En conséquence, la véritable « realpolitik » se retrouve au sein d’Option nationale qui, seul, propose une démarche « fondée sur le calcul des [véritables] forces [souverainistes] et l’intérêt national ». En ce qui a trait à la « politique fiction », elle est incarnée viscéralement dans le cul-de-sac où nous conduit la gouvernance souverainiste.

Enfin, en ce qui concerne le « jaspinage » qui signifie « bavardage » [pratique d’une conversation dans un contexte où les participants sont supposés se concentrer sur une autre activité], auquel font allusion souvent les défenseurs de Pauline Marois, je dirais qu’il s’applique plutôt au PQ Marois dans le contexte où ses partisans « jaspinent » au lieu de se concentrer sur l’indépendance du Québec !

vigile.net tribune libre 29 juin 2013