Entre sympathie et dérision

23 juillet 2013

Je ne peux qu’éprouver un sentiment de sympathie envers la naissance du fils du prince William et de Kate, duchesse de Cambridge, un couple royal aux allures de gens « ordinaires »…Toutefois, là où le bât blesse, c’est dans l’engouement provoqué au Québec par la médiatique entourant l’apparat de la monarchie britannique.

En effet, en quoi, le fait que le rejeton de Kate et William soit le troisième dans l’ordre de succession au trône [ce qui se produira autour de 70 ans!…] , peut-il avoir quelque intérêt au Québec alors que la monarchie britannique fait partie depuis belle lurette des squelettes dans le placard?

Une attitude dérisoire et paradoxale qui soulève un problème d’image médiatisée dans laquelle les Québécois ont souvent tendance à se laisser « embarquer » au détriment de l’essence du message qui, dans le cas présent, devrait se concentrer sur la joie d’un couple sympathique suscitée par la naissance d’un fils.

quebechebdo 23 juillet 2013

Un flop monumental…au coût de 113 millions $

22 juillet 2013

Le coup de sonde de la maison Harris-Décima, réalisé pour le compte du ministère des Finances fédéral et mené auprès de 2003 Canadiens en avril 2013, révèle que les publicités visant à faire la promotion du plan d’action économique du gouvernement Harper sont un flop monumental puisque seulement trois personnes se sont rendues sur le site Web plandaction.gc.ca lancé en 2009 alors que l’une des principales retombées attendues de ces publicités était d’inciter les téléspectateurs à visiter ce site promotionnel.

De plus, 6% seulement de ceux qui disent se rappeler les publicités, qui ont commencé à prendre l’antenne en février 2013, ont affirmé y avoir réagi de manière quelconque après les avoir visionnées. Il s’agit du pire résultat de productivité pour un sondage dans ce dossier.

Et parmi ceux qui ont indiqué avoir entrepris une mesure quelconque, 9 ont dit l’avoir fait pour se plaindre ou « exprimer leur mécontentement » face à ces publicités d’une trentaine de secondes, dépeintes par leurs détracteurs comme de la propagande conservatrice à peine voilée.

Par ailleurs, le sondage, obligatoire en vertu des réglementations canadiennes, souligne qu’aucun Canadien n’a composé le numéro sans frais montré à l’écran, un autre objectif majeur de la campagne publicitaire.

D’autres sondages laissent croire que les Canadiens sont de plus en plus agacés et indisposés par la publicité du plan d’action, que ce soit à la télévision, à la radio, dans les journaux ou sur Internet, sans compter les nombreuses affiches installées à travers tout le pays.

Le gouvernement a dépensé, ces quatre dernières années, environ 113 millions $ pour faire la promotion de son plan d’action économique. Et qui plus est, Ottawa a fait savoir en mai que de nouvelles publicités seraient à venir au courant de l’année 2013 et pourraient se poursuivre jusqu’en 2016.

Et, pendant ce temps-là, les sinistrés de la catastrophe de Lac-Mégantic, causée par le laxisme de ce gouvernement conservateur vis-à-vis une déréglementation des mesures de sécurité imposées aux compagnies ferroviaires, attendent toujours une aide financière pour les aider à se sortir de cette tragédie insupportable.

vigile.net tribune libre 22 juillet 2013 

David Veilleux parvient aux Champs Élysées

22 juillet 2013

Le cycliste de 25 ans de Cap-Rouge, en banlieue de Québec, David Veilleux, est devenu le premier Québécois à réussir le Tour de France en parvenant aux Champs Élysées en 123e position à trois heures, 24 minutes et 18 secondes du vainqueur de la 100ième Grande Boucle, le Britannique Chris Froome, après un parcours de 3 404 km qui comprenait 21 étapes réparties entre le 29 juin et le 21 juillet.

« Pour les gens qui diraient qu’il n’a pas fini dans les premiers, il faut comprendre qu’il avait un rôle d’équipier, il avait à supporter son leader Voeckler, et Rolland, et il fallait qu’il se rende à Paris sans tomber, dans les délais et avec un bon classement…C’est quelque chose de vraiment extraordinaire », a déclaré l’ancien cycliste et homme d’affaires, Louis Garneau, qui a assisté à l’arrivée de David Veilleux à Paris.

Chapeau au carougeois David Veilleux dont le courage et la détermination se répercutent sur tous les pionniers du mouvement cycliste québécois!

quebechebdo 22 juillet 2013

Pourquoi faut-il attendre la catastrophe?

21 juillet 2013

Dans la foulée de la tragédie de Lac-Mégantic, les deux géants du transport ferroviaire, le Canadien National et le Canadien Pacifique, s’attaquent à une révision en profondeur de leurs règles d’exploitation et de sécurité internes, face à la crainte d’un coup de barre de Transports Canada.

Entre autres mesures de sécurité renforcées, le CN et le CP veilleront à ce que les locomotives soient verrouillées si un train doit être laissé sans surveillance en dehors d’un terminal ou d’un centre de triage, les trains avec des wagons-citernes contenant des «marchandises réglementées» ne soient jamais laissés sans surveillance le long de la voie ferrée principale, et les «deux» membres de l’équipe vérifient «entre eux» la conformité à toutes les règles.

Même si les deux entreprises ferroviaires soutiennent s’être dotées de pratiques «robustes» pour s’assurer de la sécurité des trains avant la tragédie de Lac-Mégantic, elles ont décidé quand même d’entreprendre une révision de l’ensemble de leurs règles de sécurité.

Mais pourquoi diable faut-il que l’être humain soit confronté à la catastrophe pour réagir aux conséquences atroces de sa négligence?

quebechebdo 21 juillet 2013

Et si c’était votre enfant…

21 juillet 2013

Et si c’était votre enfant, Mm. Paradis, Lebel et Harper, qui avait péri calciné par l’explosion des wagons-citernes qui ont dévalé la pente abrupte de Nantes jusqu’en plein cœur de la municipalité de Lac-Mégantic…peut-être démontreriez-vous davantage de sympathie envers les victimes de cette tuerie ferroviaire et de générosité envers les sinistrés!

Et si c’était votre enfant, M. Burkhardt, qui s’était volatilisé en miettes lors de l’explosion de vos wagons…peut-être regretteriez-vous d’avoir privilégié les profits de votre compagnie au détriment de la sécurité des citoyens qui vivent en bordure de vos voies ferrées!

Et, pour vous guider dans votre réflexion, laissez-vous imprégner par les paroles vibrantes de l’appel que vous lance Yves Duteil dans sa magnifique chanson « Prendre un enfant »

Prendre un enfant par la main
Pour l´emmener vers demain,
Pour lui donner la confiance en son pas,
Prendre un enfant pour un roi.
Prendre un enfant dans ses bras
Et pour la première fois,
Sécher ses larmes en étouffant de joie,
Prendre un enfant dans ses bras.

Prendre un enfant par le cœur
Pour soulager ses malheurs,
Tout doucement, sans parler, sans pudeur,
Prendre un enfant sur son cœur.
Prendre un enfant dans ses bras
Mais pour la première fois,
Verser des larmes en étouffant sa joie,
Prendre un enfant contre soi.

Prendre un enfant par la main
Et lui chanter des refrains
Pour qu´il s´endorme à la tombée du jour,
Prendre un enfant par l´amour.
Prendre un enfant comme il vient
Et consoler ses chagrins,
Vivre sa vie des années, puis soudain,
Prendre un enfant par la main
En regardant tout au bout du chemin,
Prendre un enfant pour le sien.

quebechebdo 19 juillet 2013

L’âme du séminaire Saint-François s’est éteinte

19 juillet 2013

C’est avec une profonde tristesse que j’ai appris le décès du père Jean-Marc Boulé qui a occupé le poste de directeur général du Séminaire Saint-François de Cap-Rouge, en banlieue de Québec, pendant quarante ans.

J’ai eu le privilège de connaître le père Boulé pendant les quelques années où j’ai occupé le poste de directeur général du Collège Saint-Charles-Garnier lors de nos rencontres annuelles régionales ou provinciales et toujours, il manifestait une bonne humeur et une joie de vivre communicatives.

Toutefois, au-delà du prestige qu’aurait pu lui conférer son titre en tant que DG d’une des écoles secondaires les plus prestigieuses de la région de Québec, Jean-Marc Boulé est toujours demeuré un personnage simple, facile d’accès et doué d’un sens de l’écoute exceptionnel.

Nommé chevalier de l’Ordre national du Québec en 2007, le père Boulé était devenu par-dessus tout l’incarnation du Séminaire Saint-François, une institution dont il assumait la paternité avec une fierté exemplaire. Au nom de tous les élèves qu’il a, non seulement côtoyés, mais aussi aimés, je voudrais rendre un dernier hommage à Jean-Marc Boulé, l’âme du Séminaire Saint-François…une « institution » dans l’institution !

Permettez-moi, en terminant, de vous faire part du témoignage de Serge Beausoleil, directeur général et entraîneur-chef de l’Océanic de Rimouski mais aussi ex-entraîneur-chef du Blizzard du Séminaire Saint-François et ex-professeur au SSF : « Je pense qu’il était en avant de son temps à bien des niveaux. Quand il avait décidé, bien avant l’arrivée des programmes sport-études dans la région, d’aider les jeunes, surtout les garçons, en se servant du sport comme levier de motivation pour le dépassement dans les études, c’était un visionnaire…

Pour lui, le sport était noble et synonyme de dépassement. Ça rejoignait en droite ligne sa pensée au niveau éducationnel. Je vais garder du père Boulé un bouquet de souvenirs. Mais ceux que j’ai appréciés le plus, ce sont les moments que j’ai passés en tête à tête avec lui. Il était devenu pour moi un confident. On avait une relation de confiance grandement privilégiée. »

quebechebdo 16 juillet 2013 (version abrégée)
vigile.net tribune libre 18 juillet 2013
Le Soleil 20 juillet 2013 "Une institution" (version abrégée)

Commentaire:

"Monsieur Marineau,

Je n’ai pas connu le père Boulé, mais je crois sans difficulté les bons mots que vous dites de lui et je suis sûr que le fait que vous avez conversé souvent avec lui vous a fait cheminer et a contribué à votre inspiration pour les intéressants articles que vous écrivez et pour la société meilleure que vous souhaitez."

Michel Bélisle
vigile.net tribune libre 18 juillet 2013

Une cousine d’outre-mer conquise par le Québec

18 juillet 2013

On a souvent parlé du sentiment de solidarité qui a animé et qui anime encore les Québécois dans le drame atroce qui a détruit le centre-ville de Lac-Mégantic en plus d’avoir mis fin à la vie d’une cinquantaine de Méganticois.

Toutefois, le texte d’une Française d’origine, Blandine Parchemal, écrit deux jours après le déraillement fatal du train de la MMA et publié sous la rubrique « Opinion » du Devoir du 18 juillet, démontre à quel point une cousine d’outre-mer a pu vibrer aux événements entourant la tragédie de Lac-Mégantic…Aussi ai-je cru pertinent de vous transmettre son message de solidarité :

« En tant qu’immigrante française arrivée au Québec en 2011, je me pose souvent des questions quant à ce qui définit aujourd’hui ce que je pourrais considérer comme « mon » pays : le lieu qui m’a vue grandir ou celui qui me voit m’épanouir ?

Certes, j’ai un passeport et un accent français. Certes, je suis attachée à l’histoire française et je consulte régulièrement les nouvelles. En fait, je pense même que la France restera pour toujours « mon pays d’origine ». Mais au fil de mes engagements, de mes lectures, de mes rencontres, un autre pays s’installe en moi.

Un autre pays qui m’a fait tressaillir lors du printemps 2012 et pour lequel j’ai envie de continuer de lutter. Plus je le parcours, plus je m’informe sur son histoire et plus je m’y attache. Plus j’ai envie de m’y impliquer.

Ainsi, je me sens souvent prise dans un entre-deux, un « entre-deux-pays ». Mais depuis deux jours, autant vous dire que mon coeur a pris un parti fort.

Depuis deux jours, mon coeur est avec les habitants de Lac-Mégantic. Depuis deux jours, mon coeur est québécois. »

quebechebdo 18 juillet 2013

La saga de la MMA se poursuit…

18 juillet 2013

L'entreprise américaine Montreal, Maine and Atlantic Railway (MMA) a confirmé, le 16 juillet, la mise à pied de 19 employés basés dans la ville de Farnham, dont deux cadres. Les personnes concernées ont reçu un avis de congédiement, mais le syndicat croit que l'employeur a agi de façon cavalière puisque aucun préavis n'aurait été envoyé à ces 19 employés qui ont été simplement avisés de ne plus se présenter au travail, sans autre explication.

Avec 75 employés syndiqués, la compagnie opérait déjà au minimum de personnel possible, indique le directeur québécois du Syndicat des Métallos, Daniel Roy. De plus, il souligne que certaines des mises à pied visent des postes du secteur de l'inspection et de l'entretien du matériel roulant et de la voie ferrée, toujours en activité depuis l'accident de Lac-Mégantic tout en ajoutant que la MMA a toujours fait le strict minimum requis par la réglementation en matière de sécurité, une situation qui risque d'empirer à la suite de cette réduction du personnel.

Pourtant, dans un communiqué datant du 9 juillet, soit trois jours après la tragédie de Lac-Mégantic, M. Roy avait déclaré : « Il est toujours dangereux de laisser aux entreprises le pouvoir de gérer des biens publics en limitant l'intervention des gouvernements ».

Reste à espérer que la nouvelle ministre des Transports fédéral, Lisa Reitt, aura plus de panache que son louvoyant prédécesseur, Denis Lebel, et qu’elle saura mettre un terme aux opérations de la MMA, cette compagnie de broche à foin dont la saga meurtrière a assez duré!

quebechebdo 18 juillet 2013

Naufrage en perspective

17 juillet 2013

Dans son brassage de cartes, Stephen Harper y est allé d’un tour de passe-passe digne d’un grand prestidigitateur en troquant l’ineffable Christian Paradis pour l’incolore Denis Lebel comme lieutenant au Québec.

En agissant de la sorte, notre premier ministre canadian rescape le député de Roberval-Lac-Saint-Jean de la fosse aux lions dans laquelle son gouvernement s’est jetée par son laxisme au niveau de la sécurité ferroviaire à Lac-Mégantic en le dépouillant de son poste de ministre des Transports tout en lui offrant, en guise de « confiance », la « digne » fonction de lieutenant du Québec.

Toutefois, Denis Lebel, en fin limier des affaires politiques, s’empresse de préciser que cette défection de son poste de ministre des Transports n’a rien à voir avec les « rumeurs » de plus en plus persistantes des torts que les enquêtes pourraient imputer à son ancien ministère dans les événements entourant la tragédie de Lac-Mégantic.

Bien au contraire, le nouveau capitaine Québec y va d’une sortie quasi théâtrale en déclarant solennellement qu’il a « pris du gallon » puisque son patron l’a nommé lieutenant politique du Québec. Et, pour ajouter plus d’emphase à son plaidoyer, il ajoute qu’il va « rester aux premières loges de ce dossier avec la ministre [Lisa Reitt] ».

Très sécurisant si l’on considère l’attitude débonnaire que l’ancien ministre des Transports a démontrée lors de sa parade loufoque sur le site de la catastrophe de Lac-Mégantic aux lendemains du fatal déraillement!

D’autant plus que le lieutenant sans gallon continue d’affirmer encore aujourd’hui qu’Ottawa n’a pas l’intention d’intervenir pour punir la MMA : « Il ne faut pas présumer de rien avant la fin de l’enquête »

Avec une telle langue de bois, le Québec continuera de faire partie des anciens navires de guerre du gouvernement fédéral, sous la direction d’un capitaine sans pouvoir qui s’achemine allègrement vers le naufrage de son équipage fédéral!

quebechebdo 17 juillet 2013

Sécurité ferroviaire: être proactif

17 juillet 2013

En France, l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (INERIS), où travaillent un effectif de 558 personnes, dont 341 ingénieurs et chercheurs, a pour mission de contribuer à la prévention des risques que les activités économiques font peser sur la santé, la sécurité et l’environnement.

Compte tenu que le transport ferroviaire est de juridiction fédérale et que le gouvernement Harper semble plutôt lent [et c’est un euphémisme] à réagir à la tragédie de Lac-Mégantic, pourquoi le gouvernement québécois ne mettrait-il pas sur pied un organisme semblable à celui de la France qui pourrait relever, par exemple, du ministère de la Sécurité publique?

En agissant unilatéralement de la sorte, le gouvernement du Québec ferait preuve de leadership et d’innovation en posant un geste proactif et non pas comme le fait actuellement le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) qui se trouve placé devant le fait accompli.

quebechebdo 17 juillet 2013
vigile.net tribune libre 17 juillet 2013