Monseigneur des démunis

9 avril 2015

Issu d’une famille modeste, l’abbé Jean-Claude Turcotte rêvait d’œuvrer au sein de la classe ouvrière, près des démunis. Le destin en aura décidé autrement lorsqu’il a dû assister à sa montée dans la hiérarchie de l’Église. Toutefois, malgré les échelons qui le séparaient de ses ouailles, il leur est toujours resté fidèle et engagé tout au cours de sa vie.

Comme il est de coutume lors du décès d’un personnage public, les analyses et commentaires se multiplient dans les médias depuis l’annonce de la mort du cardinal Turcotte. Néanmoins, de ses positions tranchées sur certains dossiers, tels l’avortement, le mariage des homosexuels, le sacerdoce des femmes, à sa compassion sans limite pour les défavorisés, Jean-Claude Turcotte est demeuré imperturbablement authentique.

Et, c’est là, à mon sens, que réside toute la complexité et la congruence du monseigneur des démunis qui a su demeurer humble malgré l’apparat dans lequel il baignait de par la fonction qu’il occupait. Enfin, si j’avais une réflexion qui pourrait dépeindre le cardinal Turcotte, j’utiliserais cette pensée de Montaigne : "Si haut que l'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul."

quebechebdo 9 avril 2015
 

Vaut mieux en rire…jaune

8 avril 2015

En réaction à l’article « Les cadres scolaires vont en rire un coup » publié dans Le Journal du 8 avril 2015

En tant que membre actif de notre merveilleux monde de l’Éducation pendant plus de trente ans, je peux vous confirmer qu’il regorge d’expériences louables de la part de son personnel qui ont contribué à améliorer la qualité de l’enseignement depuis des décennies.

Toutefois, force m’est de constater que le colloque de formation, organisé par l’Association québécoise des cadres scolaires (AQCS) au profit des responsables de l’information et des technologies de l’information  sous le thème de la « rigologie », dépasse l’entendement, particulièrement dans un contexte où le milieu scolaire dénonce à hauts cris, et pour cause, les coupures du gouvernement Couillard.

Et, si vous ajoutez à cette farce le fait que les frais de déplacement, d’hébergement, de même qu’une partie des frais d’inscription seront remboursés par les commissions scolaires, à même les allocations de dépenses des cadres participants, qui recevront leur plein salaire durant leur séjour, vous avez la recette idéale de la bêtise ajoutée au scandale. 

Enfin, et c’est là que le bât blesse à outrance, les contribuables doivent s’attendre à des augmentations de leur facture de taxes scolaires, les représentants des Commissions scolaires alléguant surement les coupures du gouvernement…Toutefois, comme le ridicule ne tue pas, vaut mieux en rire…jaune!

quebechebdo 8 avril 2015

La grande absente…

8 avril 2015

C’est maintenant confirmé, Québec aura son Centre Vidéotron tout comme Montréal a son Centre Bell, deux géants qui se font concurrence sur le marché des communications. Un accord qui a vu Québecor vendre ses droits d’identification de l’amphithéâtre à sa filiale Vidéotron pour la somme de 33 millions de dollars sur une période de 25 ans, une somme qui grimpera à 63,5 millions si Québec obtient une franchise dans la LNH.

Une entente qui n’est pas sans nous rappeler du temps où Montréal portait les couleurs de la brasserie Molson alors que Québec endossait celles de Labatt quoique, à cette époque, les utilisateurs des deux bières avaient des liens d’appartenance avec ces deux commanditaires.

Par contre, en ce qui a trait à Bell et Vidéotron, je crains fort que ces liens se développent et stimulent une compétition auprès des utilisateurs. À mon sens, tant que Québec n’aura pas obtenu une franchise dans la LNH, les avantages reliés à la nomination de l’amphithéâtre ne rapporteront à Vidéotron qu’une visibilité à rayonnement restreint.

En attendant, le combat Bell-Vidéotron préconise une saine compétition entre les deux entreprises et laisse présager une tradition qui se perpétue entre Québec et Montréal sans pour autant créer cette ferveur partisane liée à une éventuelle équipe professionnelle de hockey à Québec…la grande absente dans le paysage médiatique actuel!

quebechebdo 8 avril 2015

 

Brasse-camarade au sein de l’ASSÉ

7 avril 2015

La démission-destitution fracassante des membres de l’exécutif de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) démontre sans contredit, à mes yeux, que des tensions existent actuellement au sein même de ses membres relativement à la poursuite de ses moyens de pression ou à son report à l’automne.

Or, dans son plan d’action adopté lors du dernier congrès, l’association souligne que « la diversité d’opinions et une conflictualité constructive sont valorisées au sein de l’ASSÉ ». Et, aux dires la porte-parole intérimaire, Hind Fazazi, « …je ne pense pas que c’est une bonne analyse de dire qu’il y avait une chicane à l’interne. Il y avait une saine dissension et je pense que c’est important de souligner que l’ASSÉ est unie, même si elle n’est pas homogène. »

Soit ! Toutefois, il m’apparaît que les futurs membres de l’exécutif de l’ASSÉ devront s’atteler dans les meilleurs délais à colmater cette brèche dangereuse entre leurs membres s’ils désirent mobiliser l’ensemble de la population contre les mesures d’austérité du gouvernement Couillard, à commencer par leurs propres membres. À défaut de quoi, la population risque de se lasser de l’ASSÉ !

quebechebdo 7 avril 2015
cyberpresse.ca 9 avril 2015

Le PQ, un parti « sans âme »

7 avril 2015

Qu’on le veuille ou non, les mots utilisés par Jacques Parizeau pour illustrer sa pensée sont toujours réfléchis et ont souvent l’effet d’une bombe médiatique. Sa dernière entrevue enregistrée en février 2015 et diffusée le 6 avril à la radio de Radio-Canada ne fait pas exception à la règle.

Pour l’occasion, M Parizeau tire à boulets rouges sur le Parti québécois qu’il qualifie de « champ de ruines » pavé de sempiternels débats sur l’échéancier et le moment propice pour tenir un référendum, des discussions « byzantines », selon ses propos.

Toutefois, là où le bât blesse avec le plus d’acuité émane d’une stratégie à peine voilée de cacher dans le placard son option fondamentale, à savoir de réaliser l’indépendance du Québec, le dernier exemple étant la campagne de 2014.

Aux yeux de Jacques Parizeau, le PQ doit retrouver son âme. «On a démoli graduellement ce parti-là. Surtout, on lui a fait perdre son âme. [...] Ça ne veut pas dire que ce n’est pas récupérable, mais ça veut dire que la preuve est à faire.»

À mon sens, le message de Jacques Parizeau est clair : le PQ doit mettre le cap sur l’indépendance sans tarder…ça passe ou ça casse!

quebechebdo 7 avril 2015
Le Journal de Québec 8 avril 2015

 

Le modèle norvégien

6 avril 2015

Grâce aux profits générés par son industrie pétrolière, la Norvège, tout en maintenant ses taxes, ses impôts et le prix de ses produits pétroliers, a eu la brillante idée de créer un fonds de pension global du gouvernement avec les revenus du pétrole et de ne disposer que des revenus de placements dans son budget d’opération. Conséquence, avec une population de quelque 5 millions, le budget annuel de la Norvège tourne autour de 190 milliards de $ et son surplus budgétaire est de 70 milliards $ alors que la valeur de son Fonds global avoisine les 750 milliards $.

Par contre, le Québec, avec 8 millions d’habitants, ne dispose que d’un budget avoisinant les 80 milliards $ dont plus de 60 % sont engloutis en santé et en éducation avec tous les ratés de ces deux mastodontes budgétaires.

Pourtant, le Québec, comme la Norvège, possède lui aussi une richesse naturelle, à savoir l’eau, dont la gestion est placée entre les mains d’Hydro-Québec qui accumule des profits injectés dans le service de la dette pendant que les contribuables essuient année après année des augmentations scandaleuses.

Face à ce constat, un changement de paradigme s’impose. Les Québécois, via leur gouvernement, doivent se réapproprier Hydro-Québec et s’assurer que ses profits soient placés dans un fonds spécial destiné, entre autres, à pallier les lacunes en santé et en éducation.

quebechebdo 6 avril 2015

Le « bon » père de famille

4 avril 2015

Au moment de la nomination de François Blais à titre de ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, je me suis dit qu’enfin un ministre issu du monde de l’Éducation pourra jouer pleinement son rôle de premier responsable de la qualité de l’enseignement au Québec. Professeur pendant une vingtaine d’années, ex-doyen de la Faculté des sciences sociales de l’Université Laval, bien articulé dans ses interventions, l’avenir s’annonçait fertile.

Toutefois, sa dernière sortie sur les ondes d’une station radiophonique de Québec concernant les grèves étudiantes, en particulier le ton « béatement paternaliste » utilisé par le ministre pour « mater les enfants indisciplinés », dénote d’un manque total de jugement de sa part. Le « bon » père de famille a carrément dépassé les bornes du raisonnable.

M Blais pourra toujours se ranger du côté des élèves qui désirent assister à leurs cours, il n’en demeure pas moins qu’il ne peut faire fi de ceux qui contestent les mesures d’austérité du gouvernement Couillard en les rabrouant sur les principes mêmes de la démocratie étudiante.

quebechebdo 4 avril 2015

Une fontaine d’énergie vivifiante

4 avril 2015

Au-delà des croyances religieuses liées à la fête de Pâques, j’ai toujours vécu cette période comme une « résurrection » de la nature qui se répercute dans mon être intérieur. Étant natif d’avril, mon anniversaire est souvent tombé aux environs de Pâques, voire même à l’occasion la journée même. Encore aujourd’hui, ayant franchi quelques dizaines d’années, je m’émerveille à l’éclosion des bourgeons et aux chants des oiseaux aux premiers signes du printemps.

En cette période sombre où l’austérité nous accable quotidiennement dans les médias, je vous invite à profiter de la luminosité du jour et des premiers rayons réconfortants du soleil, des bienfaits sur lesquels les aléas politiques n’ont heureusement aucune emprise et qui ne demandent qu’à être contemplés…Une fontaine d’énergie vivifiante après un hiver interminable et extrêmement froid. Je vous souhaite une « joyeuse résurrection »!

Le Soleil 4 avril 2015
quebechebdo 5 avril 2015
 

Battre le fer quand il est chaud

3 avril 2015

Les dizaines de milliers de personnes qui ont envahi les rues de Montréal le 2 avril ont signifié avec force que le mouvement engendré par les étudiants est en voie de multiplier ses appuis dans la population. Une marche qui s’est déroulée dans le calme en ce samedi où dame nature était du bon bord.

Conséquemment, ce qu’il faut retenir de cette manifestation contre les mesures d’austérité prônées par le gouvernement Couillard, c’est la mobilisation étendue qu’elle a suscitée auprès de différentes couches sociales qui, jusque-là, s’étaient montrées plutôt discrètes. Ce qui confère aux organisateurs étudiants une crédibilité accrue et une sympathie nouvelle auprès de la population.

De ce fait, maintenant que le mouvement de mobilisation est enclenché, je verrais d’un mauvais œil  un « repli stratégique » jusqu’à l’automne afin de militer aux côtés des syndicats, une stratégie qui aurait pour effet de dégonfler le mouvement d’enthousiasme qui émerge actuellement….Comme dirait le vieil adage, il faut battre le fer quand il est chaud!

quebechebdo 3 avril 2015
vigile.net tribue libre 3 avril 2015

 

Pas d’huile sur le feu mais…

2 avril 2015

Dans un entretien réalisé sur les ondes d’une station radiophonique de Québec le 1er avril, le ministre de l’Éducation François Blais y est allé à boulets rouges de ses perceptions et commentaires sur les mesures punitives qu’il avance pour apaiser le climat dans les universités. Et, parmi celles-ci, «expulser deux ou trois personnes par jour refroidirait les ardeurs de certains et ferait réfléchir les autres». Et tout cela, sans aucune intention d’« ajouter de l’huile sur le feu… » [expression utilisée à trois reprises au cours de l’entretien].

Et, d’ajouter le ministre, sur un ton paternaliste, « On fait ça avec les enfants. Quand on veut corriger leurs comportements, on ne dit pas, du jour au lendemain : “ Va dans ta chambre, tu n’auras pas de souper. ” On commence par leur dire : “ Écoute, il va y avoir une sanction pour ce que tu as dit à ta mère, etc. ” » Un scénario digne de la petite enfance!

En bref, indépendamment des motifs invoqués par le ministre pour justifier ses positions plutôt radicales dans le conflit, il m’apparaît que son approche pour « faire réfléchir les autres » risque carrément de « jeter de l’huile sur le feu ».

Alors, M Blais, vous qui êtes issu du monde universitaire, je vous suggère d’employer une méthode beaucoup plus didactique que la « répression infantilisante» qu’on appelle la « discussion ouverte» avec les étudiants universitaires qui, soit dit en passant, sont majeurs et vaccinés…et de continuer à insister sur la participation de la « majorité silencieuse » aux assemblées générales étudiantes. Votre crédibilité y gagnerait surement!

quebechebdo 2 avril 2015
vigile.net tribune libre 3 avril 2015