Le départ de Bernard Drainville

16 juin 2016

Le départ choc de Bernard Drainville de la scène politique québécoise a suscité de nombreux commentaires, dont la plupart reconnaissant au député de Marie-Victorin certaines réalisations importantes au cours de sa carrière politique, d’autres, par ailleurs, lui attribuant des qualités de fonceur dans l’épineux dossier de la charte des valeurs qu’il a mené à bout de bras…Soit!

Toutefois, le fait qu’il évoque le départ de Pierre Karl Péladeau comme l’élément qui « [lui] a scié les jambes » et qui a contribué à précipiter son départ me laisse un peu perplexe. En effet, nonobstant le fait que Mm Péladeau et Drainville « formaient un tandem », je perçois dans ce motif d’abandon un petit quelque chose de puéril, un peu comme un enfant qui boude après qu’on lui ait enlevé son jouet préféré.

Dans un autre ordre d’idée, M. Drainville ne tenait pas en haute estime les députés tournant le dos à l’Assemblée nationale en cours de mandat. À cet effet, il avait déclaré en mars 2013 qu’« un élu qui choisit de son plein gré de démissionner en cours de mandat ne respecte pas le contrat moral qu’il a pris avec ses électeurs ».

En bref, nonobstant les qualités d’orateur reconnues de Bernard Drainville et ses convictions profondes pour la cause indépendantiste québécoise, son retrait de la vie politique démontre, d’une part, une cassure profonde entre ses paroles et ses gestes, et d’autre part, une dépendance pour le moins « dangereusement » ancrée envers PKP…Une dépendance que je qualifierais de malsaine pour quelqu’un qui aspirait à occuper les plus hautes fonctions dans le giron péquiste.

quebechebdo 16 juin 2016
vigile.net tribune libre 18 juin 2016
​Le Journal de Québec 21 juin 2016
 

Où est passée la conscience professionnelle?

15 juin 2016

Parmi les onze députés qui ont quitté leur poste en cours de mandat depuis l’élection d’avril 2014, cinq d’entre eux, à savoir Robert Dutil, Gilles Ouimet, Marguerite Blais, Gérard Deltell et Stéphane Bédard, ont pris cette décision en raison de conflits internes qui les ont évincés d’un poste de ministre ou de d’autres fonctions qu’ils occupaient. Et toute cette parade burlesque dans un contexte où leurs départs ont occasionné la tenue d’élections partielles de l’ordre de 550 000 $ chacune. Des comportements d’enfants qui boudent dans leur coin après qu’on les ait punis pour avoir désobéi…

Il y a quelque chose de malsain dans cette attitude rocambolesque où des députés, élus démocratiquement par des citoyens pour représenter d’abord leur comté, quittent à l’anglaise leur siège et, par le fait même, leurs électeurs, pour des raisons purement et bassement carriéristes.

Où sont passées les valeurs d’imputabilité et de conscience professionnelle dans cette fuite en avant des responsabilités auxquelles ces fuyants se sont engagés en acceptant leur rôle de député? À titre de réflexion, j’oserais leur rappeler cette réflexion de Montaigne : « Si haut que l'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul ».

quebechebdo 15 juin 2016
 

Le PQ étêté

14 juin 2016

Les départs inattendus du chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, et du leader parlementaire, Bernard Drainville, projettent une onde de choc dans les officines du PQ qui se voit étêté de deux de ses principaux leaders en l’espace de quelques mois.

Bien que nous n’ayons pas à porter de jugement sur les motifs ayant entrainé leur décision, il n’en demeure pas moins que les effets de tels départs laissent un vide inquiétant qui ne peut que déstabiliser davantage le PQ en pleine campagne à la direction, une situation en soi qui risque de créer des tensions chez les députés et les militants.

En ce qui a trait au départ du député de Marie-Victorin en mi-mandat, il demeure plutôt surprenant, lui qui avait déclaré en mars 2013 qu’« un élu qui choisit de son plein gré de démissionner en cours de mandat ne respecte pas le contrat moral qu'il a pris envers ses électeurs ».

À preuve que le monde de la politique évolue constamment particulièrement quand il est confronté à certaines incidents troublants, tel l’épineux épisode sur la charte de la laïcité qui a marqué au fer rouge celui qui en avait fait son cheval de bataille.

Enfin, à mes yeux, Bernard Drainville, dans son analyse de la situation, a surement pu constater que son avenir politique au sein de l’aile parlementaire du PQ lui semblait pour le moins incertain et peu motivant, lui qui a toujours considéré les défis comme la raison première de se battre pour la cause indépendantiste.

quebechebdo  14 juin 2016
 

Les dessous du Grand Prix

13 juin 2016

Sans affirmer avec certitude que les fugues de quatre adolescentes, dont certaines habitant le Centre jeunesse de Laval, ont un lien direct avec les festivités du Grand Prix de Montréal, force est de constater que la « coïncidence » porte tout au moins à réflexion, compte tenu qu’il est déjà reconnu que l’événement fait grimper l'offre et la demande sur le plan de la prostitution juvénile.

Pour Éliane Legault-Roy, la porte-parole de la Concertation des luttes contre l'exploitation sexuelle (CLES), « en marge du Grand Prix, il y a toujours du recrutement qui se fait dans les centres jeunesse, dans les écoles, dans les cégeps et les universités, là où il y a des jeunes filles. Il y a une augmentation de la demande pour des actes sexuels ».

D’autre part, il est reconnu que les dessous à caractère sexuel font partie des us et coutumes du Grand Prix. Une « tradition » à laquelle personne ne peut s’objecter pour autant que les participants sont « majeurs et vaccinés ».

Toutefois, lorsque des mineures sont impliquées dans un tel réseau de prostitution clandestin, des mesures de sécurité policière devraient être resserrées pour tenter de prévenir de tels incidents impliquant des mineures, sans oublier la nécessaire collaboration avec la Direction de la protection de la jeunesse…C’est une simple question de responsabilité sociale à lutter contre le fléau alarmant de la prostitution juvénile!

quebechebdo 13 juin 2016 

If you drive never drink

13 juin 2016

« Les spectateurs lors de la F1 atteignent 400 millions dans le monde entier. En tant que marque internationale, nous devons être conscients de notre public mondial ». Tel est l’argument utilisé par Heineken pour justifier l’affichage unilingue anglophone sur trois panneaux publicitaires géants au Grand Prix de F1 de Montréal sur lesquels apparaît le slogan « If you drive never drink ».

Bien que louable sur le plan du contenu, une publicité qui jure par son caractère insolent et indécent en poussant l’insulte à ne pas se plier tout au moins à l’affichage bilingue au Québec qui, de toute évidence, ne fait pas partie du « public mondial » du géant Heineken…Tout simplement révoltant !

quebechebdo 13 juin 2016

 

Pitbulls au banc des accusés

12 juin 2016

La sanglante tragédie entourant la mort de Mme Christiane Vadnais à la suite de l’attaque féroce d’un pitbull soulève, à mon avis, des questions légitimes sur la sécurité entourant ces chiens dont l’instinct meurtrier s’est manifesté encore une fois.

À ce propos, écoutons les commentaires d’une propriétaire de trois pitbulls : «Il ne faut pas bannir la race. Ça ne réglera pas le problème. Mais, passer des lois, oui. Tenir criminellement responsable le propriétaire du chien qui a agressé, obliger le port de la muselière en tout temps», a expliqué la femme en entrevue à TVA Nouvelles. Ce sont des animaux qui sont puissants, a-t-elle poursuivi. C'est une arme chargée, pas de cran de sûreté, si le propriétaire n’est pas là.»

Or, en Ontario, en vertu d’une loi datant de 2005, les propriétaires de pitbull ont dû les faire castrer ou stériliser afin qu’ils ne puissent se reproduire. À cela s’ajoute l’interdiction de circuler dans les lieux publics sans muselière ni laisse…Et pourtant, dix ans plus tard, le débat fait toujours rage, l’argument des défenseurs des pitbulls invoquant le fait que la responsabilité ultime du comportement du chien incombe à son propriétaire.

Je ne suis pas un spécialiste en race canine. Toutefois, un fait est sûr, les pitbulls sont souvent impliqués dans des attaques mortelles. À mon humble avis, les lois concernant la garde des pitbulls doivent avoir « des dents », à défaut de quoi nous assisterons, impuissants, encore à des événements tragiques comme la mort atroce de Mme Vadnais!

quebechebdo 12 juin 2016
​Le Journal de Québec 13 juin 2016 
 

Le calme olympien de Philippe Couillard

12 juin 2016

Peu importe la situation complexe dans laquelle se retrouve le premier ministre Philippe Couillard, nous avons continuellement l’impression qu’il se maintient calmement au-dessus de la mêlée, le plus récent exemple étant son sourire béat à la fin d’une session parlementaire pourtant catastrophique, mais qu’il a qualifiée de profitable pour les Québécois.

Flegmatique en toutes occasions, gardant soigneusement son calme olympien, il affronte les tempêtes sans broncher, tel un roc inébranlable, dénué de toute forme d’émotion apparente. Mais que se cache-t-il donc derrière ce personnage énigmatique?

Comment a-t-il pu limoger Robert Poëti de son poste de ministre des Transports, un homme d’une droiture reconnue, et, du même souffle, persister à appuyer Sam Hamad et Jacques Daoust chez qui les allégations de malversations n’en finissent plus de s’accumuler?

À mes yeux, Philippe Couillard incarne le type idéal du gestionnaire déconnecté de toute réalité politique et qui privilégie sans scrupule ses tizamis au détriment des « varies affaires » de l’État…Une attitude indigne d’un premier ministre imputable des bons et des mauvais coups des ministres qu’il a lui-même désignés!

vigile.net tribune libre 12 juin 2015
​quebechebdo 12 juin 2016

Commentaire:

Jade Déziel,  vigile.net tribune libre 12 juin 19h58 

Monsieur Marineau,
Quand vous parlez de calme olympien, de sourire béat, d’attitude de roc inébranlable etc. puis-je vous suggérer de regarder du côté du langage non verbal ? Couillard se croit le champion de la programmation neuro-linguistique, parce qu’il est certain que les gens ont des intelligences inférieures à la sienne. D’ailleurs, il croit également qu’il a recruté un trio super brillant … hum. On en reparlera.

Son comportement non verbal est plutôt celui d’un ahuri qui n’en revient pas de se retrouver au niveau du petit monde. Ça ne devait pas arriver.

Il regarde trop fixement,signe qu’il va mentir, il zozotte plus que la normale,signe qu’il sait qu’il ment,ou qu’il va tordre la vérité ; il accentue trop l’attention portée à une question ; il donne un petit coup de menton hautain pour daigner passer « au suivant », il méprise l’intervenant et appréhende la question.

Il est certain d’être capable de jouer son personnage et incertain d’être un bon comédien. Il doute, ça le dérange, mais il ne sait pas comment jouer autrement. Son personnage, il le fabrique depuis des décennies, et, comme tout acteur sans talent, il n’en n’a qu’un. Il est habitué à se faire encenser, il croit vraiment qu’il est un surdoué. S’il sort de sa suffisance, il ne sait plus qui il est. Ce n’est pas vrai qu’il est imperturbable, supérieur, au-dessus de la plèbe. C’est un imbu colérique. Un clone de Harper. Il est plus insécure qu’il ne veut le laisser paraître.

 

 

François Legault, premier ministre?

12 juin 2016

Chauffé à bloc par le dernier sondage de la firme Léger mené pour Le Devoir et Le Journal de Montréal qui lui confère une augmentation de 3 % d’appui entre les mois de mai et juin 2016, la chef de la CAQ François Legault se dit maintenant prêt à occuper le siège de premier ministre du Québec. «Je me prépare à être premier ministre, je l'ai dit à mon épouse, puis on se prépare tous les deux à occuper des fonctions importantes».

Si on regarde froidement la situation des trois principaux partis à la fin de la dernière session, force nous est de constater que la CAQ est le seul parti à terminer cette session avec un élan de popularité croissant…Une situation temporaire ou une montée susceptible de se concrétiser ?

D’un côté, un gouvernement libéral qui sort de cette session par la porte arrière, échaudé par toutes sortes de soubresauts qui ont ébranlé sérieusement la forteresse libérale, de l’autre, un PQ qui se retrouve dans une énième campagne à la chefferie qui tarde à prendre son envol.

Dans deux ans, les Québécois seront appelés aux urnes. Dans l’éventualité où ils désirent montrer le chemin de la sortie au PLQ [une hypothèse fort plausible], ils auront le choix entre le PQ ou la CAQ…Bien malin celui qui peut répondre avec certitude vers quel parti se tourneront les électeurs !

quebechebdo 11 juin 2016
vigile.net tribune libre 12 juin 2016

Hamad, pas de sanction MAIS…

10 juin 2016

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le commissaire à l'éthique et à la déontologie de l'Assemblée nationale, Jacques Saint-Laurent, est plutôt avare de sanction depuis qu’il occupe ce poste. Huit rapports d’enquête, aucune sanction. Or, il appert que la « tradition » se poursuit dans le cas de Sam Hamad qui, quoique sévèrement semoncé par le commissaire dans le dossier de Premier Tech, s’en tire avec aucune sanction.

Je ne connais pas les règles qui régissent l’imposition de sanction à un ministre par le commissaire à l’éthique et à la déontologie. Toutefois, il m’apparaît que les « manquements » reprochés à Sam Hamad par M. Saint-Laurent , ne serait-ce que l’ex-ministre ait bafoué les règles de base du code d'éthique des parlementaires dans ses interventions visant à favoriser une subvention à l'entreprise Premier Tech, sont suffisamment graves pour recommander tout au moins une sérieuse « réprimande » à M. Hamad.

Or, il est apparu à M. Saint-Laurent qu’« aucune preuve ne permet de soutenir ou d’écarter de façon convaincante la possibilité que M. Hamad se soit prévalu de sa charge pour influencer la décision du Conseil des ministres afin de favoriser, d’une manière abusive, les intérêts de Premier Tech »… et, par ricochet, ceux du vice-président du conseil d'administration de l'entreprise, un ex-collègue de travail chez Roche et un supporteur de la formation politique à laquelle appartient M.Hamad , en l'occurrence, Marc-Yvan Côté…Une magouille qui révèle ou une naïveté angélique ou une complicité perverse de la part de Sam Hamad!

quebechebdo 10 juin 2016
 

Québec, capitale nationale

9 juin 2016

En théorie, personne ne peut être en désaccord avec le projet de loi 109 du gouvernement Couillard accordant le statut de capitale nationale à la ville de Québec. Toutefois, connaissant l’appétit vorace de Régis Labeaume pour des projets à grands déploiements, il y a fort à parier qu’il devra mettre la pédale douce sur son tempérament, disons-le, plutôt « aventurier ».

À titre d’exemple, l’abolition de l’obligation référendaire sur des projets de construction de condos ou de logements sociaux m’apparaît clairement contestable dans le contexte où seulement 5 référendums se sont tenus à Québec au cours des 15 dernières années. Une mesure, somme toute, exceptionnelle qui permet, pour certains projets jugés prioritaires, d’obtenir l’avis des citoyens à l’aide d’une consultation populaire démocratique.

Par ailleurs, en ce qui a trait au projet de « DPJ » des bâtiments patrimoniaux, l’avocat François Marchand, spécialiste en droit municipal, s’interroge sur cette mesure qu’il juge inutile dans la mesure où les municipalités ont déjà le pouvoir d'agir contre les propriétaires qui laissent leur immeuble patrimonial à l'abandon en vertu de l'article 145.41 de la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme.

Somme toute, dans un contexte idéal, nous pouvons nous réjouir du fait que Québec obtienne un statut « officiel » de capitale nationale…Encore faudra-t-il que notre maire ne saisisse pas cette opportunité pour s’accaparer de pouvoirs qui lui permettront de faire fi des principes démocratiques élémentaires de consultation!

quebechebdo 9 juin 2016
​Le Devoir 10 juin 2016