La SAAQ déraille

16 octobre 2023

Près de la moitié des employés affectés au service à la clientèle affirme avoir vécu une hausse importante de l’anxiété et 60% songent à quitter le navire depuis l’implantation du nouveau système SAAQclic. révèle un sondage mené par le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ).

Alors qu’on aurait pu penser que le virage numérique aurait simplifié la tâche des employés, le nouveau système est venu la compliquer. En effet, l’arrivée de SAAQclic a fait augmenter la charge de travail, non seulement durant la phase d’implantation chaotique, mais encore aujourd’hui. À titre d’exemples, les employés dénotent des pertes de temps liées aux erreurs dans le système (71%), des manipulations informatiques plus nombreuses (45,3%), ainsi que des interactions avec la clientèle plus longues (44,5%) et plus fréquentes (30,7%). Et tout ce tohu-bohu dans un contexte de pénurie de main d’œuvre et alors que 33% des personnes sondées affirment que l’arrivée de SAAQclic a fortement augmenté leur désir de quitter la SAAQ.

De son côté, la ministre des Transports, Geneviève Guilbault, déclarait récemment dans une lettre envoyée aux employés que les activités de la SAAQ étaient revenues à la normale en août dernier, ce à quoi le président du SFPQ a rétorqué que la ministre a «peut-être» été mal informée.

À mon avis, l’origine du problème émane du ministre de la Cybersécurité et du Numérique, Éric Caire, qui semble avoir perdu le contrôle du virage numérique depuis qu’il a été amorcé à la SAAQ. En termes clairs, je suis d’avis qu’il est pertinent de se demander si Éric Caire dispose des compétences pour mettre sur ses rails le virage numérique à la société d’État.

vigile.quebec tribune libre 15 octobre 2023
Le Soleil 21 octobre 2023

Prise de bec entre Marchand et Guilbault

16 octobre 2023

Le maire de Québec, Bruno Marchand, estime que la ministre des Transports et de la Mobilité durable, Geneviève Guilbault, se fait plutôt discrète eu égard au dossier sur la mobilité durable tout en remettant en question son intérêt sur l’importance d’un réseau structurant à Québec. «C’est sa responsabilité. On s’attend à ce qu’elle porte la mobilité durable [...] On a besoin de quelqu’un qui voit plus loin et a une vision. Si elle ne le faisait pas, elle retarderait le Québec.»

De son côté, Geneviève Guilbault, lors d’une conférence de l’Association du transport urbain du Québec, rétorque que le maire de Québec devrait d’abord travailler à s’assurer de l’acceptabilité sociale du mégaprojet tout en ajoutant qu’il devrait faire connaître les coûts réels liés à la construction du tramway.

En bref, nous assistons à un dialogue de sourds où l’attaquant défend son projet et l’attaquée lui retourne la balle en abordant le sujet sur un plan différent. De toute évidence, cette altercation conduit inévitablement à un cul de sac. Conséquemment, chacun devrait mettre de l’eau dans son vin, et s’asseoir ensemble pour trouver un terrain d’entente sur les raisons d’une telle prise de bec, à savoir la pertinence de la construction d’un tramway dans la Capitale nationale.

vigile.quebec tribune libre 15 octobre 2023

Délais d’attente inhumains en santé mentale

12 octobre 2023

Plusieurs drames liés à la santé mentale se sont produits au Québec au cours des derniers mois. Au moment d’écrire cet article c’est la journée mondiale de la santé mentale. Dans la foulée de cette journée, je suis d’avis que les cas de santé mentale n’ont jamais atteint de tels délais d’attente en santé mentale. Et pourtant, dans les faits, le Québec compte près de la moitié de toute la profession de psychologues au Canada.

Alors,que se passe-t-il pour que les délais d’attente soient si longs? Pourquoi un adulte ayant des idées noires devrait patienter 146 jours en Abitibi? Pourquoi un mineur devrait attendre 4 mois dans la Capitale-Narionale, 321 jours sur la Côte-Nord et 392 jours dans la péninsule gaspésienne? La réponse est simple, les psychologue, travailleurs sociaux, etc. quittent le public et se dirigent au privé, là où la rémunération et les conditions de travail sont meilleures qu’au secteur public. À ce sujet, il n’y a rien d’étonnant cosidérant le fait que l’offre de la ministre du conseil du Trésor, Sonia Lebel, aux employés du secteur public représente une hausse de salaire de 5% sur 5 ans, soit 1,8% par année. Rien pour retenir les spécialistes en santé mentale au public!

Le stress contribue grandement à amplifier le nombre de personnes aux prises avec une maladie mentale. Le stress lié à la crise du logement et à l’augmentation faramineuse du panier d’épicerie due à l’inflation, constituent sans aucun doute une des causes majeures qui peuvent conduire à la maladie mentale. En bref, si vous reliez la pénurie de main d’oeuvre chez les psychologues et l’augmentation croissante de personnes atteintes de maladie mentale, vous obtenez la situation parfaite pour faire face à des délais d’attente inhumains.

vigile.quebrc tribune libre 11 octobre 2023

Faute avouée est à moitié pardonnée

12 octobre 2023

À la suite de la semaine fertile en émotions vécues par François Legault, le premier ministre a publié une longue lettre sur Facebook dans laquelle il avoue, entre autres, qu’il pensait avoir peut-être à commencer, sans s’en apercevoir, à s’éloigner des citoyens et de leurs préoccupations. Ce n’est pas la première fois que le premier ministre avoue son erreur en publique. À ce sujet, il faut lui concéder une humilité dont peu de politiciens font preuve dans l’exercice de leurs fonctions.

Toutefois, à titre d’exemple, il n’en demeure pas moins que, tout récemment, M. Legault «s’est éloigné des citoyens et de leurs préoccupations», parti pour la gloire dans sa féconde filière à batterie. Mais, là oèu le bât blesse avec le plus d’acuité, c’est le tsunami provoqué lors de l’annonce en grandes pompes d’un troisième lien sous-fluvial entre Québec et Lévis destiné aux autos, aux transports lourds et aux transports en commun et qui, de point de presse en point de presse, s’est métamorphosé à de multiples reprises à tel point que plus personne n’y croyait.

À mon sens, l’humilité est une noble vertu. Cependant. elle n‘a pas le pouvoir d’effacer les déboires auxquels a été soumis le troisième lien dans la tête des citoyens. En bref, consultations ou pas, le souvenir de l’épopée agitée du troisième lien demeurera toujours à l’arrière-plan des pensées des citoyens… En fait, n’y a-t-il pas un vieux proverbe qui dit que «Faute avouée est à moitié pardonnée?»

vigile.quebec tribune libre 11 octobre 2023


 

Résurrection électoraliste du troisième lien

6 octobre 2023

Avril 2022. La ministre des Transports, Geneviève Guilbault, les bras chargés de dossiers, peine à se rendre à la table pour y déposer ses dossiers, et finalement dévoile les résultats des experts sur le troisième lien qui proposent un réseau structurant pour le transport en commun. En bref, la ministre vient de sonner le glas du réseau routier sous-fluvial.

Le 2 octobre 2023, La CAQ se fait ravir le comté de Jean-Talon par le Parti québécois. La défaite est amère. Le lendemain, le premier ministre François Legaut ressort subitement le projet de troisième lien et propose de consulter les Québécois sur cet enjeu qui pourtant a été rejeté 5 mois auparavant.

Mais, que diable s’est-il donc passé dans la nuit du 2 au 3 octobre pour que le premier ministre ressorte de sa poche le projet de troisième lien? Dans mon esprit, François Legault n’a pas digéré la défaite dans Jean-Talon, et a décidé de ressortir le troisième lien de façon électoraliste, reprenant ainsi le haut de la scène électorale québécoise tout en jetant dans l’ombre la victoire péquiste dans Jean-Talon.

Quoi qu’il en soit, le projet de troisième lien entre Québec et Lévis est un projet mort-né qui a servi d’engouement pour les Québécois, une promesse électorale de la CAQ depuis sa première campagne électorale. François Legault erre s’il pense que les Québécois sont des «valises». Nombreux sont ceux qui détestent ces parties de yo-yo avec le dossier du troisième lien Sa résurrection électoraliste ne fera qu’amplifier la méfiance et la grogne des citoyens de Jean-Talon.

Le Soleil (version numérique) 5 octobre 2023
vigile.quebec tribune libre 7 octobre 2023

Le mouvement contre le tramway à Québec s’amplifie

4 octobre 2023

Décidément, la construction d’un tramway à Québec suscite de nombreux rebondissements, Cette fois-ci, le groupe Tramway NON merci, qui compte quelque 12 00 abonnés, devient un nouveau parti municipal qui prend le nom de Respect Citoyens.

Et, comme par hasard, la nouvelle a été annoncée le jour même où la Ville de Québec demande à la multinationale française Alstom que la date butoir liée au contrat de fabrication des rames du tramway soit repoussée à la première moitié de 2024 alors que l’administration Marchand prévoyait que l’autorisation de démarrer la fabrication du matériel roulant serait officiellement donnée à la multinationale le 10 novembre.

Nonobstant la détermination constante du maire de Québec Bruno Marchand pour la construction d’un tramway dans la Capitale nationale, force est d’admettre que tout ne roule pas comme sur des roulettes sur le chemin du futur tramway, les derniers sondages en faisant foi.

De nombreux citoyens remettent vivement en question la pertinence de la construction d’un tramway à Québec, notamment en raison de son coût faramineux. D’autres, à savoir certains commerçants, dénoncent les bouleversements qui seront effectués devant leur commerce et qui, par ricochet, agiront négativement sur l’affluence de leur clientèle.

De toute évidence, le dossier sur la construction d’un réseau structurant de transport en commun à Québec n’arrive pas à rallier la majorité des citoyens malgré le discours incessant du maire en sa faveur. Conséquemment, la question de sa pertinence se pose, à commencer par le maire qui se doit de démontrer de la souplesse face à ses commettants qui, pour la plupart, ont clairement besoin d’être rassurés.

vigile.quebec tribune libfre 3 octobre 2023

Les citoyens de Jean-Talon se sont exprimés

4 octobre 2023

Au terme d’une campagne que les experts considéraient comme chaudement disputée, le candidat du Parti québécois (PQ), Pascal Paradis, contre toute attente, a été élu avec une forte majorité devant la candidate de la Coalition avenir Québec (CAQ) Marie-Anik Shoiry. Le vent dans les voiles lors des derniers sondages, le PQ a réussi à gagner la confiance d’une grande majorité des électeurs de Jean-Talon.

« Ce soir, le Parti Québécois est de retour à Québec, le Parti québécois est de retour au Québec… Ce soir, chers amis, nous avons fait la démonstration hors de tout doute que la CAQ n'est plus invincible… C'est la première fois de toute la grande histoire de notre formation politique, la première fois en 55 ans depuis notre fondation, qu'on réussit à gagner dans Jean-Talon », s’est réjoui Paul St-Pier Plamondon.

La victoire du PQ est sans équivoque. Elle représente la montée progressive du PQ lors des derniers sondages. Toutefois, le facteur dominant dans cette montée du PQ vers sa popularité croissante repose, à mon sens,en grande partie sur son chef, Paul St-Pierre Plamondon qui a réussi, dès sa nomination à titre de chef du parti, à relancer le PQ sur la voie de la crédibilité en adoptant l’honnêteté et la transparence autant dans ses points de presse qu’à l’Assemblée nationale.

Par ailleurs, les tergiversations de la CAQ dans le dossier du troisième lien ont certes joué contre elle, et créé un doute fort légitime chez les citoyens sur la transparence de François Legault et de son équipe. À cela s’ajoutent les soubresauts dévastateurs causés par les pénuries de main d’oeuvre en santé et en éducation qui jouent indéniablement sur la crédibilité de la CAQ.

Enfin, la victoire convaincante du PQ dans un comté reconnu depuis des années comme une forteresse du Parti libérale du Québec (PLQ) et ravie par la CAQ au dernier scrutin démontre à quel point le mouvement souverainiste reprend petit à petit ses lettres de noblesse sur la scène politique québécoise.

Vigile.quebec tribune libre 3 octobre 2023
Le Devoir 4 octobre 2023


 

Legault, un «rempart contre les extrêmes»

26 septembre 2023

L’épineuse question de l’enseignement de l’idéologie de genre dans les écoles est en train de prendre une tournure dangereuse eu égard à nos institutions démocratiques. En effet, François Legault, en mettant sur pied un «comité de sages» sur cet enjeu crucial, écarte du revers de la main la tenue d’une commission parlementaire dans le but de s’ériger en «rempart contre les extrêmes».

En bref, notre premier ministre, en agissant de la sorte, agit comme si les 125 députés de l’Assemblée nationale étaient incapables de faire abstraction de la partisanerie sur un sujet aussi déterminant pour les jeunes du primaire. Et pourtant, quoi qu’il en soit, les membres de la commission parlementaire auraient tout le loisir pour assigner des experts en la matière à la commission.

En s’octroyant le rôle de «rempart contre les extrêmes», François Legault se défile devant son rôle de rassembleur et de leader du gouvernement. En ce qui a trait aux «sages» dont parle Legault, je suis plutôt d’avis qu’ils vont concentrer leurs réflexions sur des données scientifiques sans s’attaquer aux conséquences psychologiques que les jeunes risquent d’encourir eu égard au projet en question.

Mais, là où le bât blesse de façon fort inquiétante, c’est que les députés, des représentants élus démocratiquement par les citoyens, font preuve de tergiversation avant d’aborder des thèmes délicats de peur que la conversation ne prenne une mauvaise direction, et que des gens aux idéologies radicales en fassent leur cheval de bataille.

François Legault est le leader du gouvernement, et en ce sens, il doit se montrer digne de ce nom. Une commission parlementaire non-partisane contenant des représentants de tous les partis, assistés d’experts en la matière, est la meilleure démarche pour assurer l’intégrité parlementaire.

vigile.quebec tribune libre 25 septembre 2023

Une offre salariale méprisante

26 septembre 2023

Le conflit de travail entre le front commun des syndicats et le Conseil du trésor semble s’acheminer vers le déclenchement d’une grève illimitée, entraînant avec elle 420 000 travailleurs de l’éducation, de la santé, des services sociaux et d’autres secteurs publics.

Les deux causes de conflit les plus prioritaires sont la lourdeur de la tâche et l’offre salariale du gouvernement, à savoir une augmentation salariale de 9% sur 5 ans, soit 1,8% annuellement. Or, les policiers se sont fait offrir 21% sur 5 ans et, comble de mépris, les députés se sont accordé une augmentation de 30% pour l’année en cours.

Il y a là quelque chose qui ne tourne pas rond au royaume de la présidente du Conseil du trésor, Sonia Lebel. Nonobstant l’augmentation salariale scandaleuse des députés, qu’est-ce qui peut justifier l’écart important entre les offres salariales aux policiers et celles offertes aux employés du secteur public? Pouvons-nous y percevoir l’ombre des services essentiels comme justification? Et si c’était le cas, quelqu’un au gouvernement pourrait-il m’expliquer cet écart si important des offres salariales à des employés chargés de la sécurité des citoyens et ceux responsables de la formation des adultes de demain?

La farce a assez duré. Il est temps que les employés de l’état, notamment, le personnel scolaire, soient reconnus à leur juste valeur. Si le gouvernement investit des milliards $ dans l’électrification des services, il serait tout à fait légitime qu’il pige dans ses goussets pour mettre à exécution le leitmotiv si cher à François Legault, à savoir que l’éducation incarne sa première priorité!…

vigile.quebec tribune libre 25 septembre 2023

Écriture cursive ou scripte?

25 septembre 2023

Au ministère de l’Éducation, on stipule dans les documents officiels que « les techniques de l'écriture scripte et cursive doivent être vues ». La majorité des écoles enseigne encore les deux types d’écriture, autant le cursif que le script mais le cursif tend à disparaître petit à petit. En effet, un peu partout au Québec, des écoles primaires ont cessé d’enseigner l’écriture en lettres attachées aux élèves, un choix qui se transforme parfois en cauchemar lorsqu’un enfant change d'établissement.

D’entrée de jeu, je donne ma préférence pour l’écriture cursive dans toutes les écoles du Québec, entre autre, pour sa fluidité, la main suivant le crayon sans s’arrêter à chaque lettre du mot que l’élève transcrit ce qui est préférable chez les jeunes qui souffrent de dyspraxie ou de problèmes de coordination des mouvements. En revanche, l’écriture en lettres détachées oblige l’élève à soulever le crayon à chaque lettre que le mot contient. De plus, l’écriture scripte est un copier-coller du clavier d’un ordinateur, ce qui, en soi, n’a rien de comparable à un document manuscrit.

Pendant ce temps, en Ontario, la province vient de réintégrer l’écriture en lettres attachées obligatoire pour tous après avoir délaissé cette technique d’apprentissage pendant plus de 15 ans. Dans cette foulée, la doctorante au département de didactique de la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université de Montréal, Marjorie Cuerrier croit que le Québec devrait suivre l’exemple ontarien et se doter d’une règle claire et uniforme pour l’apprentissage de l’écriture.

La surcharge imposée à l’élève en enseignant les deux méthodes d’écriture m’apparaît inutile d’autant plus que tous les écrits sont présentés en lettres détachées et qu’il aura rapidement l’occasion d’en prendre connaissance et de les décoder.

vigile.quebec ribune libre 23 septembre 2023