La notion de priorité selon Éric Girard

16 novembre 2023

Pas plus tard qu’il y a une semaine, le ministre des Finances, Éric Girard, lors de la présentation de sa mise à jour économique, annonçait aux Québécois qu’ils devraient «se serrer la ceinture» au cours des prochains mois. Or, on apprend aujourd’hui que les Kings de Los Angeles tiendront la fin de leur camp d’entraînement au Centre Vidéotron en octobre 2024 sous l’initiative du gouvernement du Québec qui octroiera une somme de 5 à 7 millions $ pour faciliter la venue de l’équipe à Québec.

Je n’ai rien contre la venue des Kings de Los Angeles au Centre Védéotron. Toutefois, dans les contexte d’une inflation galopante jumelée à une période de négociation collective du secteur public, il y a tout lieu de s’interroger sur la notion de priorité du ministre des Finances dans le fait qu’il puise 5 millions $ dans les poches des contribuables pour venir en aide à des propriétaires milliardaires. Tout simplement scandaleux!

Dans cette foulée, je ne puis qu’abonder dans les sens du député de Jean -Talon, Pascal Paradis, qui y est allé de ce commentaire: « J'adore le hockey, je suis heureux que des équipes de la LNH viennent jouer à Québec. Mais allouer 5 à 7 millions de l'argent des contribuables pour ça? Pendant qu'on nous dit qu'il n'y a plus d'argent pour traiter adéquatement les enseignants, les infirmières, [...]que les banques alimentaires et les organisations communautaires sont à bout de souffle et de moyens? »

Quant à vous, M. Girard, une tache attaquant votre crédibilité vient d’apparaître sur votre dossier de ministre «responsable» des Finances… Vous devez en prendre bonne note et éviter de tels écarts de conduite dans vos prochaines discussions avec les magnats du hockey professionnel!

Le Devoir 16 novembre 2023
Le Soleil 18 novemre 2023

Les parents à besoins particuliers

13 novembre 2023

Depuis belle lurette, les élèves à besoins particuliers font les manchettes des articles les associant à la lourdeur de la tâche des enseignants. Dans cette foulée, il arrive fréquemment que les auteurs de ces articles les associent aux lacunes de certains parents eu égard à l’éducation de leurs enfants, notamment à la fréquence de l’utilisation des médias sociaux à la maison, et au climat de violence qui règne à la maison.

D’entrée de jeu, je me refuse à placer tous les parents dans le même bateau, conscient que plusieurs d’entre eux ont réussi à établir un sain équilibre envers l’utilisation des médias sociaux, Par contre, pour certains parents, le contrôle sur une utilisation modérée des médias sociaux devient illusoire si bien que les parents de ces jeunes abandonnent au profit d’un calme «apparent» à la maison. Il n’en faut pas davantage pour que ces jeunes développent un problème de concentration à l’école.

Le climat qui règne à la maison eu égard au respect de chacun des membres de la famille est révélateur de l’attitude que développera le jeune en société, notamment à l’école. À titre d’exemple, un climat de violence les uns envers les autres sans intervention de la part des parents risque fort de se répercuter à l’école de la part du jeune qui vit un tel climat à la maison.

Le manque de concentration des jeunes et la violence envers le personnel scolaire sont souvent identifiés comme des sources importantes attribuées aux élèves à besoins particuliers. Peut-être pourrions-nous fouiller en amont auprès des parents à besoins particuliers…

vigile.quebec tribune libre 6 novembre 2023
 

C’est la faute à l’inflation!

13 novembre 2023

Selon un sondage Léger/Le Journal-TVA, les intentions de vote pour la CAQ ont chuté à 30%, en baisse de 4% en un mois et de onze points depuis les élections générales de 2022 et, pour la première fois depuis la naissance de la CAQ, François Legault est moins populaire que son parti.

«C’est sûr que ça me fait de la peine de voir la baisse d’appuis des Québécois à mon égard, puis j’en prends toute la responsabilité… Je vais essayer d'être meilleur», a commenté M. Legault. On se serait attendu à ce que le premier ministre fasse preuve d’humilité en citant en exemples des attitudes ou des déclarations qu’il regrettait dans l’exercice de ses fonctions.

Mais il a réagi tout autrement. En effet, questionné à deux reprises sur les causes de cette décote, le chef caquiste a uniquement évoqué l’inflation qui frappe le portefeuille des Québécois en répondant qu’il envisageait d’aider à nouveau les Québécois face à la hausse du coût de la vie. «Je sais que les Québécois, actuellement, souffrent beaucoup de l’augmentation des prix puis je vais essayer de voir comment je peux mieux les aider», a-t-il argué.

En termes clairs, ce n’est pas de ma faute si ma cote de popularité a baissé dans ce sondage, c’est la faute à l’inflation!

vigile.quebec tribune libre 6 novembre 2023

Marchand doit répondre présent

9 novembre 2023

Dans le dernier sondage, on apprend que la cote de popularité de Bruno Marchand à la mairie de Québec a chuté, et que près de la moitié des citoyens de la Capitale nationale souhaitent un changement à la mairie. Dans cette foulée, Bruno Marchand a affirmé «qu’il faut écouter» la population et a promis qu’il annoncera «rapidement» ses couleurs quant à une éventuelle candidature à la mairie de Québec en 2025.

À mon avis, le dossier chaud sur le tramway jouera un rôle clé dans la décision du maire. Bruno Marchand fait preuve d’une détermination sans borne dans ce dossier qu’il juge capital pour la réputation de Québec. Les multiples embûches que rencontre le projet de tramway l’obligent à affirmer «qu’il faut écouter» la population.

À mon sens, le tramway est un incontournable et, conséquemment, le maire doit continuer de se tenir debout et d’aller de l’avant dans ce projet d’un réseau de transport collectif structurant, Dans mon esprit, il ne fait aucun doute que les planètes sont alignées pour donner suite à ce projet.

Par contre, tant et aussi longtemps que le gouvernement Legault voguera dans des tergiversations à n’en plus finir, Bruno Marchand doit garder le cap sur la réalisation du tramway en espérant que le gouvernement provincial se commette enfin, D’ici là, l’éventuel deuxième mandat de Bruno Marchand doit faire partie de son plan de carrière à venir.

Le Devoir 9 novembre 2023

PSPP en avance comme meilleur premier ministre

6 novembre 2023

Même si la plupart des analystes attribuent la montée du chef du PQ dans les sondages à sa victoire lors des élections partielles dans Jean-Talon, je suis plutôt d’avis que la popularité de PSPP remonte à la croisade qu’il a menée eu égard à l’abolition du serment d’allégeance des députés au roi Charles III, une lutte qu’il a assumée avec courage, respect et détermination, et que la plupart des experts jugeaient perdue d’avance.

Il n’est donc pas surprenant qu’aujourd’hui un denier sondage le place en tête parmi les chefs de partis à titre de meilleur premier ministre devant François Legault qui, pour la première fois, se retrouve moins populaire que son parti.

Nonobstant les deux événements cités plus haut, PSPP est arrivé sur la scène politique en adoptant la transparence comme fer de lance. Dans cette foulée, le fait qu’il ait ressorti du placard la souveraineté du Québec au cours de la campagne électorale démontre à quel point PSPP fait preuve d’ouverture dans ses communications avec les médias et ses militants.

Le dernier sondage consacre, à mon sens, la popularité croissante de PSPP face à la descente d’un François Legault dont l’usure du pouvoir contribue de plus en plus à pâlir son étoile. De son côté, PSPP a redonné à la souveraineté ses lettres de noblesse. Reste à voir si le temps persistera à maintenir sa bonne étoile jusqu’au prochain scrutin…

vigile.quebec tribune libre 2 novembre 2023

Legault, capitaine Canada malgré lui

6 novembre 2023

La victoire du Parti québécois (PQ) dans Jean-Talon et la sortie du projet de Paul St-Pierre Plamondon (PSPP) eu égard au budget de l’an 1 d’un gouvernement souverainiste ont eu pour effet de projeter le PQ à l’avant-scène de la politique québécoise.

D’un autre côté, compte tenu que le Parti libéral du Québec (PLQ) ne peut assumer la défense du fédéralisme dans l’état délabré où il se retrouve, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, n’aura d’autre choix que de jouer bien malgré lui le rôle de capitaine Canada devant les arguments répétés de PSPP sur les avantages d’un Québec souverain.

François Legault pourra toujours invoquer son option nationaliste, force est de constater que ses échecs eu égard à ses demandes à Ottawa, notamment sur les transferts en santé, laissent voir un nationalisme qui souffre pour le moins de plomb dans l’aile. Et, de surcroît, l’argument-clé de François Lefault à l’effet que les «Québécois sont ailleurs» risquent de recevoir une oreille moins attentive de la part de l’aile souverainiste de la CAQ compte tenu de la montée impressionnante du PQ dans les sondages.

À mon avis, François Legault a cru que son option nationaliste à l’intérieur d’un État fédéraliste et de surplus, à la tête d’un gouvernement fortement majoritaire, lui conférerait un poids décisionnel devant le gouvernement fédéral, mais c’était bien mal connaître le côté centralisateur de Justin Trudeau.

Les jeux sont ouverts, M. Legault, à vous de jouer. Toutefois, méfiez-vous de votre adversaire, peut-être vous fera-t-il regretter d’avoir changé de camp à une certaine époque pas si lointaine!

vigile.quebec tribune libre 31 octobre 2023

Les élèves à besoins particuliers: le cul-de-sac

6 novembre 2023

Selon les résultats catastrophiques d’une enquête menée par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) et obtenue par Le Journal, 57% des employés des écoles primaires et secondaires sont victimes de détresse psychologique. La détresse psychologique frappe davantage les enseignants (62%), suivi des professionnels et des employés de soutien… Une donnée ahurissante!

L’étude permet aussi de mettre le doigt sur des «risques psychosociaux» qui peuvent avoir un impact sur la santé mentale du personnel scolaire, comme la charge de travail élevée (71% des répondants), et la faible reconnaissance au travail (56% des répondants). Selon M. Simon Viviers, professeur à l’Université Laval, la dégradation des conditions de travail causée par l’augmentation du nombre d’élèves en difficulté pourrait expliquer la hausse importante des cas de détresse psychologique au cours des dernières années. «C’est là où le bât blesse», affirme-t-il.

L’école du Québec est malade, elle n’arrive plus à répondre aux besoins de tous les élèves, une situation drainant dans son sillon une tâche immensément lourde pour le personnel enseignant. De surcroît, le personnel spécialisé, tels les psychologues, les travailleurs sociaux, les orthopédagogues, etc, sont en pénurie de main d’oeuvre. Le personnel en service de garde a été appelé à l’aide par le ministre de l’Éducation, Bernard Drainville, un compromis qui ne peut répondre à la complexité des tâches inhérentes au personnel spécialisé.

C’est la quadrature du cercle. Comment peut-on répondre aux exigences des élèves à besoins particuliers hic et nunc? La seule voie possible se trouve, à mon avis dans le curriculum du personnel spécialisé que l’on pourrait concentrer afin de permettre à des étudiants inscrits en sciences de l’éducation d’agir comme stagiaires auprès des enseignants.

vigile.quebec tribune libre 25 octobre 2023

La seconde vie de François Legault

6 novembre 2023

En mai 2005, un document écrit par le député de Rousseau, François Legault, est publié. Intitulé "Finances d'un Québec souverain", le document ramène à l'avant-scène la question des finances publiques hypothétiques d'un Québec souverain et relance du même coup tout le débat de la question souverainiste du Québec.

Dix-huit ans plus tard, alors que le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon (PSPP), présente son budget de l’an 1 d’un parti souverainiste au Québec, François Legault se retrouve à la tête d’un gouvernement nationaliste et fédéraliste qui a été créé en grande partie de libéraux et de péquistes désillusionnés au sein du Parti libéral du Québec (PLQ) et du Parti québécois (PQ).

De son côté, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) a fait le pari qu’il obtiendrait la collaboration du gouvernement fédéral de Justin Trudeau eu égard à ses demandes. Or, le dossier sur l’échec des demandes des provinces et territoires sur les transferts en santé vient lui enlever ses illusions sur le fédéralisme collaboratif qu’il avait espéré et, par ricochet, atténuer sa vision du nationalisme.

Aujourd’hui, en remettant l’option souverainiste à l’avant-scène de la la politique québécoise, Paul St-Pierre Plamondon force François Legault à se faire le défenseur du fédéralisme contre l’option souverainiste, une situation délicate , notamment eu égard à l’empiétement de Justin Trudeau sur les pouvoirs du Québec en santé.

Conséquemment, une question se pose: François Legault a-t-il fait le bon choix en décidant de troquer son souverainisme pour un nationalisme de collaboration avec Ottawa? Pour l’instant, sa seconde vie semble le mener tout droit dans le mur.

viile.quebec tribune libre 25 octobre 2023
 

Oui au référendum sur le tramway à Québec

6 novembre 2023

La dernière sortie de la ministre des Transports, Geneviève Guilbault, eu égard à l’importance de l’acceptabilité sociale ayant trait à la construction d’un tramway à Québec a certes contribué à relancer l’idée d’un référendum sur le méga-projet. Et, pour ajouter au désaveu envers le tramway, le dernier rapport du BAPE est dévastateur, et c’est sans compter que le dernier sondage fait état du fait que seulement 32% des citoyens de Québec sont derrière le tramway dont on n’a de surcroît encore aucune idée des coûts estimés.

Dans un tel contexte, force est de constater que le tramway s’achemine vers un «déraillement» de première classe. Alors qu’il aurait besoin d’amour, il est envahi par la suspicion qui émane de toutes parts. Le maire Bruno Marchand a beau encenser le méga-projet de louanges, ses adversaires semblent rallier les citoyens de plus en plus suspicieux,

Conséquemment, je suis d’avis que seul un référendum sur la pertinence d’un tramway à Québec donnera l’heure juste sur l’acceptabilité sociale ou non d’un tel réseau de transport structurant. Le référendum n’a pas de place pour les zones grises, c’est oui ou c’est non. Il est le meilleur instrument pour mesurer l’acceptabilité sociale.

Du côté du maire Marchand, il n’a pas le choix de dévoiler à la population une estimation des coûts des travaux, c’est une simple question de transparence vis à vis ses commettants qui auront, de la sorte, les données utiles pour faire un choix éclairé. Finies les tergiversations oiseuses, et place à la démocratie

vigile.quebec tribune libre 2 octobre 2023

Ruba Ghazal ressort la souveraineté du placard de QS

6 novembre 2023

C’est un secret de polichinelle, Québec solidaire (QS) est un parti d’abord et avant tout à prédominance socialiste et environnementaliste, et la souveraineté est bien loin de ses priorités. J’en ai pour preuve la désormais «célèbre» sortie d’Amir Khadir lorsqu’il déclara un jour «l’indépendance si nécessaire mais pas nécessairement l’indépendance».

Or, la députée de Mercier et candidate au poste de co-porte-parole de QS en remplacement de Manon Massé, Ruba Ghazal, d’origine palestinienne, souhaite que Québec solidaire reprenne le flambeau de l’indépendance, trop souvent balayé par les hautes instances du parti. Aux yeux de la députée, «la survie de la nation ne passera plus par la revanche des berceaux. Elle va passer par les immigrants et les enfants de la loi 101. C'est comme ça qu'on va assurer la protection du français en Amérique du Nord et au Québec particulièrement»,

Arrivée au Québec à l’âge de 10 ans, Ruba Ghazal est née de parents palestiniens installés aux Émirats arabes unis. En 1948, sa grand-mère, alors âgée de 16 ans, avait dû fuir la Palestine lors de la création d’Israël, si bien que ce passé d’apatride inspire aujourd’hui la députée de Mercier dans son engagement souverainiste. «J'ai deux nations, pas de pays», argue-t-elle. Et d’ajouter Ruba Ghazal, «chez les Palestiniens, ça devient naturel de vouloir devenir un pays. Je veux dire ce n’est même pas une question. Pourquoi ce n’est pas la même chose au Québec?».

Miser sur l’indépendance est également un moyen pour QS de sortir du marasme qui le fait plafonner à douze députés. «Je suis convaincue que c'est une question stratégique pour Québec solidaire. Si on veut avoir des appuis partout au Québec, notamment en région, il va falloir mettre de l'avant le nationalisme. Sinon, j'ai des doutes qu'on puisse percer en région», affirme-t-elle.

Nonobstant le fait que je n’éprouve aucune attirance pour QS, je suis tout de mème d’avis que la démarche de Ruba Gazhal contribuerait à placer la souveraineté du Québec sur l’échiquier politique du parti et, de ce fait, à élargir sa base électorale.

vigile.quebec tribune libre 22 octobre 2023