Les Français se souviennent de Félix

4 octobre 2011

Il aura fallu attendre 60 ans pour que Paris reconnaisse la grandeur du talent de Félix Leclerc en lui dédiant une plaque commémorative qui est dévoilée aujourd’hui le 4 octobre sur la façade du Crystal Hôtel, au 24 de la rue Saint-Benoît, en plein cœur de Saint-Germain-des-Prés…et, par un curieux hasard, c’est dans la chambre 24 de ce petit hôtel que Félix s’était installé il y a 60 ans, au moment de ses débuts triomphaux à Paris.

En effet, c’est au théâtre des Trois-Beaudets, propriété de Jacques Canetti, qui avait fait enregistrer le premier disque à Félix lors de son passage à Montréal, que le « galopin », surnom qu’avait donné Georges Brassens à Félix à l’époque, rencontre un succès immédiat en 1951. À cet effet, je vous rappelle que c’est en février de cette année-là que le père de la chanson québécoise décroche un Grand Prix de l’Académie Charles-Cros, décerné pour la première fois à un artiste québécois, pour sa chanson « Moi, mes souliers ».

À cette époque, Félix était venu à Paris pour quelques semaines, histoire de vérifier si ses chansons pouvaient rejoindre les Français…finalement, il tiendra l’affiche aux Trois-Beaudets pendant 14 semaines avant de rentrer au Québec en 1953 après avoir réussi l’exploit de conférer à la chanson québécoise ses lettres de noblesse en France. À preuve, cet hommage que Jacques Brel rendait à Félix lors d’une de ses tournées à Bruxelles lorsqu’il avait déclaré que c’était Félix Leclerc qui lui avait donné le goût de chanter.

Au Québec, la pérennité de l’œuvre de Félix Leclerc ne fait aucun doute… il aura été l’un de ceux qui aura fait mentir le proverbe qui dit que nul n’est prophète dans son pays ! Aujourd’hui, par cette mise au grand jour de cette plaque commémorative dans le réputé quartier Saint-Germain-des-Prés, sa renommée est reconnue à juste titre outre-mer.

En étant immortalisé à Paris, la ville lumière aux 159 musées, dont le tout dernier, inauguré en 2010, le musée des Lettres et des Manuscrits, situé dans Saint-Germain-des-Prés, ces paroles prophétiques de la chanson « Moi, mes souliers » de Félix prennent tout leur sens :

« Moi, mes souliers n’ont pas foulé Athènes
Moi, mes souliers ont préféré les plaines
Quand mes souliers iront dans les musées
Ce s’ra pour s’y accrocher. »

Un grand coup de chapeau à toi, Félix !

vigile.net tribune libre 4 octobre 2011
quebechebdo 4 octobre 2011 (version abrégée)

Félix a de la relève…

http://www.youtube.com/watch?v=R7zI…

 

La prison plutôt que la prévention

3 octobre 2011

En continuant de dépenser des milliards à la mauvaise place, le gouvernement canadien continue d’entretenir le mythe d’une pauvreté onéreuse pour l’État. C’est la conclusion à laquelle arrive le Conseil national du bien-être social (CNB) dans son rapport intitulé « Le sens des sous pour résoudre la pauvreté ».

Pour arriver à détruire ce mythe malsain, le CNB propose de miser sur une approche préventive axée sur le long terme, en considérant les dépenses consacrées aux milieux défavorisés comme des investissements plutôt que comme des déboursés effectués au détriment de la classe moyenne.

À titre d’exemple, il en coûte entre 13 000$ et 18 000$ par année pour offrir un logement avec services de soutien à un sans-abri à Calgary. S’il est logé dans un refuge, la facture grimpe à 42 000$ et jusqu’à 120 000$ si la personne aboutit dans une prison ou un institut psychiatrique.

Et, pendant ce temps-là, le gouvernement de Stephen Harper, qui préconise la loi et l’ordre comme fer de lance, et qui, par conséquent, devrait placer dans ses priorités la pauvreté, l’itinérance et la toxicomanie, à l’origine de nombreux drames et délits, continue de demander à ses contribuables de payer pour des prisons plutôt que pour des mesures de prévention.

quebechebdo 3 octobre 2011

La parole à Falardeau

3 octobre 2011

Les citations sont la preuve de la liberté d’expression à laquelle on a droit dans la limite où ce n’est pas un rédacteur en chef ou un boss qui contrôle nos écrits. Toutes les citations qui suivent ont été mentionnées par Pierre Falardeau et vues, lues ou entendues via certains médias :

« L’important n’est pas de bien ou mal parler mais de parler. »

« On va toujours trop loin pour les gens qui vont nulle part. »

« Une œuvre est à la fois politique, artistique, humaine et philosophique. Je fais des films pour que ça reste. Une fois qu’on sera indépendant, c’est un film qui peut servir au reste de l’humanité. »

« Si tu te couches, ils vont te piler dessus. Si tu restes debout et tu résistes, ils vont te haïr mais ils vont t’appeler ‘monsieur’ ».

« Je trouve inacceptable que les artistes soient coupés de cette lutte [la lutte pour la libération nationale de leur peuple]. Du coup, je déteste de nombreux cinéastes ou artistes qui refusent de prendre position. »

« Aujourd’hui, contrairement à ce qu’on pense, les artistes ne sont pas à l’avant-garde, ils sont à l’arrière-garde. Ils reculent. Aujourd’hui, la société québécoise est assise sur son cul et on a un cinéma assis sur son cul. »

« Des Elvis Gratton, y en a mur à mur au Québec…Aussitôt qui en a un qui meurt, y en a mille qui sont prêts à prendre sa place. »

« Pour les lâches, la liberté est toujours extrémiste. »

« Au-delà des lettres de Chevalier de Lorimier, il y a son combat. Et nous devons apprendre des leçons de l’histoire pour ne pas répéter les mêmes erreurs. »

« Comme si la lutte de la libération nationale n’était pas, en soi, un projet de société. Le bateau coule et des passagers veulent discuter de l’aménagement intérieur de la chaloupe. Ramons, câlice ! On discutera ensuite de la couleur de la casquette du capitaine ou de la forme des rames. L’indépendance n’est pas le paradis. Ce n’est pas la solution à tous nos problèmes. Mais il s’agit de choisir enfin. Ou le statut de nation annexée à jamais, ou la liberté. »

« Chaque film, chaque maison, chaque poème, chaque robe, chaque chanson que nous créons fait exister le Québec un peu plus chaque jour. Nos chefs d’œuvre, comme nos cochonneries. Parce que ce sont nos cochonneries. Le Québec existe dans nos rêves. Par nos rêves. Et le jour où nous cesserons de rêver, le pays mourra. »

« Je me bats pour la libération et l’indépendance de mon pays. »

« Un peuple esti, qui a demandé de voter pour la liberté, pis qui vote pour l’esclavage, je trouve ça effrayant ! »

« La lutte pour la libération de notre pays n’est pas une lutte constitutionnelle. C’est une question de vie ou de mort. Ou rester à jamais une minorité de braillards et mourir à petit feu comme à Sault-Sainte-Marie, ou devenir enfin un peuple libre et vivre debout. La lutte pour la liberté et l’indépendance n’appartient ni à un parti ni à une classe, mais à l’ensemble du peuple québécois. »

« Non mais écoutez, Jean Charest, c’est comme Elvis Gratton en blond, c’est exactement pareil ! »

« Non mais, un gars [Jean Charest] qui, à 13 ans, rêvait de devenir Premier ministre du Canada, faut que tu sois taré en quelque part ! Non mais toi, à 13 ans, tu rêvais de devenir police ou pompier ! Mais pas de devenir Premier ministre du Canada ! »

« Nous ne nous battons pas pour faire inscrire deux mots, genre « société distincte », sur un bout de papier. Nous nous battons pour la liberté et l’indépendance de notre pays. »

« Ou ben le peuple se lève pis on se donne un pays, on ben on s’écrase pis on reste une minorité. »

vigile.net tribune libre 3 octobre 2011

Commentaire:

"Pierre Falardeau tout comme Michel Chartrand sont des hommes qui nous manquent. Si vous avez bien remarqué, il n'y a plus de personnages colorés au Québec dans la jeune génération. Il n'y a plus de Falardeau, de Chartrand, de Gaston Miron, de Pierre Bourgault etc… On dirait que nous sommes tous devenus plus drabes. Dommage…"

Didier
vigile.net tribune libre 3 octobre 2011



Un cul-de-sac à coup sûr

2 octobre 2011

À partir du moment où les commentaires des analystes politiques mettent en parallèle le PQ-Marois et la CAQ comme hypothèses de choix pour l’électorat québécois, nous devons admettre que les horizons s’avèrent plutôt sombres au-dessus de la colline parlementaire de la Capitale nationale.

Avouons, qu’offrir l’alternative entre un parti qui continue de piétiner son option fondamentale au profit d’un possible grappillage de pouvoirs à Ottawa et une CAQ qui continue de caqueter dans la basse-cour des poules épouvantées qui risquent d’accoucher d’une coquille vide, n’a rien d’emballant.

Toutefois, face à ses aberrations, le mouvement indépendantiste doit, à mon sens, s’interroger sérieusement sur sa position d’arrière-banc dans les débats qui monopolisent la scène politique québécoise. Entre autres, comment se fait-il que les seuls moments où les souverainistes réussissent à occuper la une des médias, c’est pour parler des divisions qui grugent les forces indépendantistes ?

Une question qui, bien sûr, apporte de l’eau au moulin aux fédéralistes, mais qui est aussi porteuse d’un malaise à l’intérieur des troupes indépendantistes, un inconfort extrêmement néfaste pour l’évolution de notre cause. En fait, nous assistons à une polarisation des débats autour d’une percée possible de la girouette Legault et une déconfiture du PQ pendant que le mouvement indépendantiste ne fait que traîner de la patte dans la course et subir les doléances de ses dénigreurs.

Si nous souhaitons vraiment que l’indépendance du Québec devienne un sujet attrayant qui puisse alimenter les commentaires des analystes politiques, nous devons absolument regrouper nos énergies autour d’une coalition nationale… en réalité, mettre de côté nos petites susceptibilités sur la couleur des murs pour nous atteler à la construction de la maison. À cet effet, je crois que nous aurions avantage à lire attentivement les pistes de réflexions simples et réalistes proposées par Pierre Cloutier dans le projet qu’il a déposé sur la table de cette tribune.

En conclusion, si nous n’arrivons pas à remettre un discours souverainiste mobilisateur sur les rails, nous risquons de nous retrouver dans l’isoloir, le jour des prochaines élections, devant le choix entre le PQ-Marois et la CAQ de Legault… un choix qui conduira le Québec, encore une fois, dans un cul-de-sac à coup sûr ! Cessons nos guéguerres et rallions-nous autour d’un projet d’un pays si nous désirons faire avancer le pays du Québec !

vigile.net tribune libre 2 octobre 2011



Et si on les écoutait!

1 octobre 2011

C’est le 1er octobre 1991 que la journée internationale des aînés a été célébrée pour la première fois à l’échelle mondiale. En désignant une journée spéciale pour les personnes âgées, l'Assemblée générale de l’ONU reconnaissait leur contribution au développement et attirait l'attention sur le respect de certains droits fondamentaux, souvent oubliés, des personnes âgées, soit l’indépendance, la participation, l’épanouissement personnel et la dignité.

Une révolution démographique est en cours dans le monde. Aujourd'hui, le nombre de personnes âgées de 60 ans et plus est de quelque 600 millions ; ce chiffre doublera vers 2025 et atteindra deux milliards vers 2050.

Au Québec, nos aînés vivent de plus en plus vieux et leur nombre augmente rapidement. Malheureusement, l'immense richesse qu'ils représentent pour la société demeure toujours aussi sous estimée, en particulier, l’enrichissement que nous pouvons retirer de nos relations avec nos aînés.

Comme disait Vigneault, dans le premier couplet de sa chanson « Les gens de mon pays » :

«Les gens de mon pays
Ce sont gens de paroles
Et gens de causerie
Qui parlent pour s'entendre
Et parlent pour parler
Il faut les écouter…»

J’ai un jour écrit ce petit poème sur le triste sort réservé à nos personnes âgées :

Au temps lointain de leur enfance
Au temps jadis où tout petits
Les grands les couvaient dans leur nid
Les vieux ont cru en dame chance

Au temps de leur adolescence
Vint le temps de la turbulence
Ballottés tels des cerfs-volants
Les vieux ont rencontré les grands

À leur tour ils devinrent grands
À l’écart du monde des petits
Jusqu’au jour où devenus vieux
Ils redevinrent les enfants
D’un monde infiniment petit
Où les vieux ne sont que des vieux

Chaque ride de nos personnes âgées incarne un sillon révélateur d’expériences enrichissantes imprégné dans leur front. En cette journée qui leur est dédiée, peut-être aurions-nous avantage à nous asseoir auprès d’eux et à les écouter au lieu de les placarder dans des mouroirs!

quebechebdo 1er octobre 2011
vigile.net tribune libre 1er octobre 2011
cyberpresse.ca 4 octobre 2011 (version abrégée) 

L’écriture engendre la culture

30 septembre 2011

« Toute écriture est politique puisque toute écriture est une vision du monde. » Marie Darrieusseck

Il y a deux ans, soit le 30 septembre 2009, Caroline Moreno signait son 400ième article sur cette tribune sous le titre « Pourquoi écrire ? » En voici quelques extraits :

« J’ai commencé à écrire des textes à caractère politique en 2003, après être allée à la rencontre de ceux que je croyais être des députés indépendantistes, et qui se disaient à l’écoute de la population, dans le but de me faire entendre d’eux, afin de partager mes réflexions, mes idées. Je me suis vite rendue à l’évidence : la langue que j’employais leur était inconnue… J’ai alors pensé qu’ils comprendraient mieux mes mots si je les écrivais mais ils ne savent pas lire… J’ai continué à écrire. Écrire, c’est réfléchir. C’est ce qui nous force à aller plus loin et, pour certains, trop loin. Mais écrire pour que le Québec accède à sa liberté, ce n’est pas normal. C’est usant… J’aimerais pouvoir jouer l’autruche, mais elles ont des plumes. Je me sers donc de la mienne parfois avec colère, parfois avec tristesse et consternation, plus rarement dans la joie et l’espérance. La joie viendra avec le pays. »

Depuis lors, Mme Moreno a écrit 62 autres articles sur la tribune libre de Vigile… Il faut croire que l’autruche continue d’avoir des plumes et…grand bien nous fasse ! À l’exemple de Caroline Moreno, bon nombre de celles et de ceux qui écrivent sur cette tribune ont sans doute compris que l’écriture nous amène à « réfléchir et à aller plus loin ».

Pour ma part, j’ai appris, avec les années, que l’écriture, en plus d’apporter les avantages de la réflexion et du dépassement, représente le véhicule par excellence pour transmettre les valeurs que nous avons reçues des personnes que nous avons côtoyées tout au cours de notre vie. L’écriture engendre la culture d’un peuple. L’écriture nourrit les racines d’une nation. L’écriture assure la pérennité des valeurs entre les générations. L’écriture façonne l’histoire.

Dans le parcours des milliers de pages que j’ai écrites, particulièrement depuis que j’ai pris ma retraite de l’enseignement en 2003, j’ai légué, à travers plusieurs genres littéraires, les valeurs reçues de mes parents, éducateurs et amis. Depuis janvier 2011, je continue à le faire par le biais de Vigile et, même si parfois, moi aussi, je trouve l’exercice « usant », je persiste à croire qu’ensemble, nous tous qui croyons en l’accession possible du Québec à son statut de nation, nous parviendrons à atteindre notre but.

La tribune libre de Vigile représente un site privilégié où nous pouvons échanger rapidement nos réflexions écrites grâce à la technologie moderne. Nous nous devons de maintenir bien vivant ce lieu d’échanges unique, tout en gardant continuellement en mémoire que les écrits restent et que les paroles s’envolent.

vigile.net tribune libre 30 septembre 2011

Jusqu’à quand accepterons-nous…

29 septembre 2011

Jusqu’à quand accepterons-nous
Que le talent de nos artistes et leur héritage culturel
Soient ensevelis sous les catacombes des radios poubelles ?

Jusqu’à quand accepterons-nous
Que notre langue soit soumise aux aléas des écoles passerelles
Au gré d’une servilité et d’une insouciance sans pareil ?

Jusqu’à quand accepterons-nous
Que l’immense opulence de nos terres en richesses naturelles
Soit dilapidée aux quatre vents dans un honteux cartel ?

Jusqu’à quand accepterons-nous
Que notre jeunesse curieuse de savoir se rebelle
Contre notre stupide lâcheté à étouffer son éveil ?

Jusqu’à quand accepterons-nous
Que nos ancêtres ayant creusé ce sol à pic et à pelle
Soient condamnés à l’ignorance de leur courage sans appel ?

Jusqu’à quand accepterons-nous
Que nos tergiversations légendaires et perpétuelles
Aboutissent dans des antres où règne l’hésitation éternelle ?

Jusqu’à quand accepterons-nous
Que nos racines profondes se fragilisent à un point tel
Qu’elles parviennent à la vulnérabilité de radicelles ?

Enfin jusqu’à quand accepterons-nous
Que notre mère-patrie soit bradée par des vautours infidèles
Qui n’ont d’autres intérêts que les profits de leurs recels ?

vigile.net tribune libre 29 septembre 2011
quebechebdo 29 septembre 2011


 

La farce d’un maître patelin

28 septembre 2011

Le grand patron de l’Unité anti-collusion, Jacques Duchesneau, a suggéré la tenue d’une commission présidée par trois juges qui recueilleraient des témoignages à huis clos. Selon lui, un tel scénario n’exclut pas pour autant une enquête publique en bonne et due forme mais aurait l’avantage d’inciter des témoins réticents à se mettre à table à l’abri des médias.

Pourquoi pas ? Quelle idée lumineuse ! Les fripouilles, enfermées derrière des portes closes, vont tout à coup devenir de gentils garçons et vont cracher le morceau aux gentils juges qui, eux, vont s’empresser de divulguer les révélations des convertis lors d’une enquête publique subséquente ! Vous y croyez, vous ? Il ne faudrait pas prendre les magouilleurs pour des caves !

À moins de faire preuve de naïveté, ce dont je doute de la part d’un fin limier comme Jacques Duchesneau, la patron de l’UAC essaie de nous passer un sapin. En termes plus clairs, il désire gagner du temps pour son grand ami Jean Charest qui, pendant que nos « amis », aux dires de Duchesneau, se « mettront à table à l’abri des médias », en profitera probablement pour déclencher des élections sous le couvert d’une probité protégée par les travaux d’une commission d’enquête « sérieuse » présidée par trois juges.

Et, pour ajouter l’odieux à l’insolence, pendant que ces messieurs discutent « sérieusement » sur la pertinence de tenir une commission d’enquête à huis clos, nos fripouilles ont tout le loisir de faire le ménage dans leurs papiers et d’arriver « blancs comme neige » à la barre des témoins, après avoir camouflé des coûts de corruption de l’ordre de 4,5 milliards par année, ce qui représente 570$ par Québécois.

Mais là où le bât blesse outrageusement, c’est que la population du Québec, celle-là même qui continue de payer des taxes qui profitent à ces renégats, se voit prise en otage dans les filets d’un système corrompu qui l’extirpe de ses droits fondamentaux de justice et de redditions de comptes de la part de ses dirigeants auxquelles elle aurait droit par le biais d’une commission d’enquête publique.

En réalité, la suggestion de Jacques Duchesneau revêt toutes les apparences de la farce d’un maître patelin (1) en train d’enrober dans du velours un cadeau de grec !

(1) Adjectif : doucereux, hypocrite, enjôleur.

vigile.net tribune libre 28 septembre 2011

 

Une belle leçon de gratuité

28 septembre 2011

Un soir, pendant que Mireille prépare le souper, sa fille, Mélanie, arrive dans la cuisine et lui présente un morceau de papier. La mère s'essuie les mains et commence à lire :

« Pour avoir tondu le gazon, 20 $, pour le nettoyage de ma chambre, 20 $, pour avoir fait des courses pour toi, 20 $, pour avoir gardé mon petit frère, 20 $, pour avoir obtenu un bon bulletin, 20 $, pour avoir sorti les poubelles, 20 $, pour le nettoyage de la cour, 20 $…Total, 140$. »

Le regard pensif, Mireille regarde Mélanie droit dans les yeux, laissant entrevoir une foule de souvenirs remontant dans sa tête. Elle prend alors un crayon, tourne la feuille et se met à écrire au verso :

« Pour t'avoir porté neuf mois, c'est gratuit, pour toutes les nuits passées auprès de toi à prier, chanter et à te soigner, c'est gratuit, pour tout le temps et toutes les larmes dépensées pour toi depuis ta naissance, c'est gratuit, pour tous les conseils ,les connaissances transmises et le prix de tes études, c'est gratuit, pour tes jouets, ta nourriture, tes vêtements et même pour t'essuyer les larmes et te moucher, c'est gratuit. Ma fille, si tu fais l'addition, tu constateras que le prix de mon amour pour toi est gratuit. »

Après avoir lu attentivement le texte de Mireille, Mélanie laisse échapper deux larmes sur ses joues. Elle regarde tendrement sa mère et lui dit : « Maman, comme je t’aime ! » Puis, d’un geste décidé, elle prend le crayon et inscrit, en grosses lettres, sur sa facture, le mot PAYÉ.

quebechebdo 28 septembre 2011

Tout le monde veut aller au ciel…

28 septembre 2011

Dans toute cette saga qui entoure la collusion dans l’octroi de contrats alloués par le ministère des Transports, j’ai l’impression que les personnages qui jouent dans la pièce marchent continuellement sur des œufs.

D’un côté, le gouvernement qui tente tant bien que mal de noyer le poisson par le biais des enquêtes policières au détriment d’une enquête publique. De l’autre, le grand patron de l’unité anticollusion, Jacques Duchesneau, qui propose une solution bicéphale, soit la création d’une commission à huis clos suivie d'une commission d’enquête publique.

Pourtant, les conclusions du rapport Duchesneau sont claires : il existe vraiment un système établi de collusion et de corruption entre le gouvernement, certaines firmes de génie-conseil, certains entrepreneurs en construction et le crime organisé. Que faut-il de plus pour mettre sur pied immédiatement une commission d’enquête publique?

Devant la valse hésitation des décideurs autour de cette « patate chaude », je me suis rappelé les paroles de la chanson de Petula Clark, « tout le monde veut aller au ciel…oui mais personne ne veut mourir! »

quebechebdo 28 septembre 2011
Le Soleil 29 septembre 2011