Deux voies complémentaires

12 septembre 2011

Les derniers écrits sur l’évolution du mouvement indépendantiste québécois font ressortir, à mon sens, deux tendances différentes quant à la forme, quoique convergentes sur les objectifs, soit la mise sur pied d’une stratégie pour accéder à notre indépendance.

D’un côté, on retrouve les fervents de la mise sur pied d’états généraux sur l’indépendance (ÉGI), privilégiant ainsi la participation citoyenne au processus d’élaboration d’un projet de société qui serait présenté à un parti intéressé à promouvoir ledit projet.

De l’autre côté, des voix préconisent la création d’un nouveau parti indépendantiste qui, lui, auprès de son leader, élaborerait un projet de société qui serait par la suite soumis aux citoyens.

Quoique mon choix s’arrêterait plutôt sur la création d’un nouveau parti indépendantiste regroupant toutes les forces souverainistes, tel qu’exprimé dans quelques uns de mes articles, je dois admettre que des États généraux axés autour d’une consultation citoyenne sans partisanerie, telle que préconisée par Gérald McNicolls Tétreault dans son article publié sur cette tribune sous le titre « Des États généraux pour le Québec » en date du 2 septembre, aurait probablement l’effet de faire avancer positivement le débat sur la souveraineté.

En ce sens, il serait peut-être opportun de faire en sorte que les deux stratégies soient menées conjointement de telle sorte que les réflexions des uns alimentent celles des autres et contribuent de la sorte à un élargissement bénéfique de la plate-forme consultative.

Toutefois, une chose est sûre… peu importe le chemin que les participants à un tel débat emprunteront, ils devront éviter à tout prix les sentiers qui nous ont égarés depuis si longtemps de notre destination, soit les voies de l’étapisme sous toutes ses formes ou la recherche de conditions gagnantes avant que toute forme de consultation populaire par quelque procédé que ce soit ne soit entreprise !

En résumé, la meilleure stratégie sera celle qui sera la plus mobilisatrice… Et, s’il le faut, que les deux stratégies soient mises de l’avant si elles peuvent rallier davantage de sympathisants à la cause indépendantiste!

vigile.net tribune libre 12 septembre 2011
quebechebdo 13 septembre 2011 (version abrégée) 


 

Des circonstances obscures de décès

12 septembre 2011

Selon la coroner en chef, la Dre Louise Nolet, des médecins enfreignent la loi en omettant d’informer le bureau du coroner du décès aux circonstances obscures de personnes âgées dans les centres hospitaliers de soins de longue durée (CHSLD) et les résidences privées pour aînés.

Toutefois, à la défense des médecins, Mme Nolet invoque leur ignorance concernant les dispositions de la loi régissant ces règles de divulgation et propose la mise sur pied d’une campagne d’information auprès des médecins pour les sensibiliser à leurs obligations prévues dans la loi s’ils ont des soupçons sur les circonstances ayant entouré la mort d’une personne âgée.

Sans vouloir mettre en doute la qualité des services desservis par les organismes chargés de veiller sur ces personnes âgées, il est permis de penser qu’un certain nombre de décès y soient survenus suite à une négligence ou une surveillance inadéquate de ces personnes dont la mobilité ou le degré de lucidité peuvent parfois représenter de lourds handicaps.

En conséquence, il m’apparaît urgent que tous les intervenants oeuvrant auprès des personnes âgées, que ce soit le personnel, la direction des organismes concernés, les médecins, le bureau du coroner et la Commission des droits de la personne, unissent leurs efforts pour que la lumière soit faite sur les circonstances obscures de certaines personnes âgées…pour le plus grand respect qui leur est dû!

quebechebdo 12 septembre 2011
cyberpresse.ca 18 septembre 2011

 

 

Recréer l’exaltation de l’idée de nation

11 septembre 2011

Certains analystes attribuent le déclin du nationalisme québécois au fait que la scène politique québécoise ne soit plus alimentée par des tensions nationales, citant en exemples, entre autres, l’affaire Louis Riel, les écoles francophones de l’Ontario, les batailles pour l’affichage de la langue française ou la longue période de luttes constitutionnelles entre 1970 et 1992.

Quoique ces revendications nationales aient pu contribuer à maintenir le nationalisme québécois, il m’apparaît minimaliste de réduire la notion de nationalisme à un simple contexte politique favorisant la confrontation.

À mon sens, nous devons ramener le concept du nationalisme dans des territoires davantage fertiles à son émancipation. À cet effet, j’ai cru bon de consulter la définition que donne Wikipédia du nationalisme :

« Le nationalisme est le sentiment de vif attachement à la nation, c’est-à-dire d’une grande exaltation de l’idée de nation ; c’est également une doctrine politique qui affirme la primauté de l’intérêt national, sur les intérêts particuliers de ses composantes d’une part et sur les intérêts des autres nations d’autre part.
Le nationalisme, c’est la volonté d’un peuple, d’une identité commune, de posséder un territoire national.
Le nationalisme est une doctrine qui revendique pour une nationalité le droit de former une nation. »

Dans cette optique, le véritable défi des forces indépendantistes se retrouve dans les moyens à prendre pour recréer cette « grande exaltation de l’idée de nation ». En réalité, construire à partir de nos racines identitaires, recréer le sens de l’histoire auprès de notre jeunesse, redonner la fierté d’être un peuple dynamique et solidaire, défendre et promouvoir notre patrimoine de ressources naturelles, encourager le talent et la créativité de nos artistes québécois, mettre en valeur l’indépendance nationale comme seul moyen de parvenir à notre plein épanouissement.

Le meilleur exemple que je puisse vous donner est celui des Premières nations, ici même, au Québec. Avez-vous déjà porté attention aux flammes qui illuminent les yeux des chefs des nations autochtones lorsqu’ils se portent à la défense des intérêts de leur nation ? Dans ce contexte, pourquoi les Québécois, comme peuple fondateur de la nation du Québec, ne pourraient-ils pas recréer l’exaltation de l’idée de nation et devenir la Première nation francophone en terre d’Amérique ?

vigile.net tribune libre 11 septembre 2011



Avons-nous appris des leçons de l’histoire?

8 septembre 2011

Personne ne peut rester insensible à la catastrophe qui a causé la mort atroce de milliers d’innocentes victimes lors des attentats du 11 septembre 2001 ! La riposte de l’administration Bush ne s’est pas fait attendre… L’affront envers l’Amérique devait être vengé et tant pis pour le sinistre abattoir ! La loi du talion devait s’appliquer !

Quelques jours après les événements qui ont conduit à la chute de Saddam Hussein, soit le 9 avril 2003, j’ai écrit ce poème :

L’honneur est sauvé

Là-bas règne en maître Ben Laden
Alors que Bush se flatte la bedaine
Ses hommes ayant envahi le sol
Lui ouvrant les portes du pétrole

L’affront du onze septembre est vengé
L’honneur de l’Amérique est sauvé
À bas les méchants terroristes
Place aux gentils impérialistes

C’est ce que nous réserve l’histoire
Mais qu’en est-il du jeune de Bagdad
Qui au bout d’une longue escapade
Rencontre sa mère au crématoire ?

Pourtant la presse se presse et s’empresse
Cogitant avec le président
Sur les moyens à prendre pour que cessent
Toutes ces injustices sans précédent

Car Britanniques comme Américains
Doivent sauver l’honneur et le pouvoir
L’histoire leur a légué ce destin
Tant pis pour le sinistre abattoir

Avec le recul des dix dernières années, avons-nous appris des leçons de l’histoire ?

vigile.net tribune libre 8 septembre 2011
quebechebdo 11 septembre 2011



Un cas de conscience

8 septembre 2011

Depuis quelques semaines, nous pouvons lire de nombreux commentaires sur l’évolution du cancer dont souffrait Jack Layton au moment de la dernière campagne électorale fédérale. Devant l’incertitude provoquée par ce flou médiatique, la population est en droit, à mon sens, de connaître la vérité sur ce sujet.

Toutefois, au-delà des questions soulevées sur les répercussions qu’aurait pu avoir la divulgation d’un état de santé détérioré sur l’électorat, la décision de Jack Layton de ne pas révéler la véritable condition de sa maladie, si tel est le cas puisque nous en sommes encore au niveau des hypothèses, demeure, selon moi, un cas de conscience.

Si nous partons de l’hypothèse que M. Layton connaissait la gravité de sa maladie au moment de la campagne électorale, il a sûrement dû se poser la question, à savoir s’il devait taire ou avouer cette situation. Manifestement, il aurait choisi la première hypothèse. Et ce choix, il lui appartient en son âme et conscience sans que nous puissions le juger sur l’honnêteté de sa personne.

Cependant, les conséquences éventuelles de ce choix peuvent être, elles, soulevées à juste titre. Sans présumer de l’ampleur des répercussions sur l’électorat devant la divulgation par Jack Layton de son état de santé, nous devons admettre qu’une telle révélation aurait certainement influé sur les résultats de l’élection.

Quoiqu’il en soit, la vérité sur cette affaire doit être connue pour le mieux-être de notre démocratie. Ceci étant dit, cette même vérité ne doit pas faire ombrage à l’intégrité de Jack Layton, pas plus qu’elle ne pourra changer quoi que ce soit sur les résultats du 2 mai!

quebechebdo 8 septembre 2011
cyberpresse.ca 14 septembre 2011

Il est en droit de savoir

7 septembre 2011

Un article, paru sur Vigile le 26 août sous le titre « Dites-lui pourquoi ! », m’a particulièrement touché en ce sens que son contenu percutant suscite un appel à un réveil à la conscience patriotique et à la relation essentielle à établir avec notre jeunesse.

Aussi ai-je senti le besoin d’ajouter d’autres questions auxquelles le jeune serait en droit d’avoir des réponses :

Dites-lui aussi pourquoi vous avez sacrifié le rêve de l’indépendance du Québec au profit de l’utopie d’un Québec fort au sein du Canada !

Dites-lui aussi pourquoi vous n’arrivez jamais à vous affirmer comme une véritable nation, digne de porter ce nom !

Dites-lui aussi pourquoi vous vous comportez toujours et encore comme des colonisés, écrasés sous le poids de l’impérialisme britannique !

Dites-lui aussi pourquoi vous ne lui parlez jamais des Lévesque, Leclerc, Vigneault et beaucoup d’autres qui, eux, n’ont jamais hésité à porter très haut le flambeau du Québec !

Dites-lui aussi pourquoi vous laissez notre langue maternelle se faire malmener dans son propre giron national en permettant un laxisme viscéral face aux touristes anglophones !

Dites-lui aussi pourquoi vous ne pouvez vous entendre entre vous sur un projet de pays alors qu’il serait pourtant tellement emballant de vous rallier à cette noble cause !

Dites-lui aussi pourquoi vous avez laissé des politiciens dilapider nos ressources naturelles au lieu de vous élever contre un tel sacrilège !

Dites-lui aussi pourquoi vous restez silencieux devant le mépris manifeste du ROC envers le Québec au lieu de faire valoir la fierté de vos origines francophones !

Dites-lui aussi pourquoi vous refoulez vos émotions reliées à toutes ces frustrations emmagasinées depuis longtemps au fond de vous concernant vos aspirations souverainistes au lieu de les lui communiquer !

Dites-lui aussi finalement pourquoi vous n’avez pas le courage et la fierté de l’inviter à participer avec vous à ce grand projet de bâtir un pays !

vigile.net tribune libre 7 septembre 2011

Une sirène ou une baleine?

7 septembre 2011

Il y a quelque temps, à l’entrée d’un gymnase, on pouvait voir une photo d’une fille au physique spectaculaire au bas de laquelle il était écrit : « Cet été, tu veux être une sirène ou une baleine ? »

On raconte qu’une femme, dont on ignore l’aspect physique, répondit à la question de la façon suivante :

« Chers messieurs,

Les baleines sont toujours entourées d’amis, dauphins, phoques, elles ont une vie sexuelle très active et élèvent leurs enfants avec beaucoup de tendresse. Elles nagent toute la journée et voyagent dans des eaux fantastiques comme la Patagonie ou les barrières de corail de la Polynésie. Elles chantent incroyablement bien et quelquefois, on va même jusqu’à faire des CD avec leurs chants. Ce sont des animaux impressionnants et très aimés que tout le monde défend et admire.

Les sirènes n’existent pas. Toutefois, si elles existaient, elle feraient la queue pour consulter un psychologue à cause d’un problème de dédoublement de personnalité, femme ou poisson ? Elles n’auraient pas de vie sexuelle et ne pourraient pas avoir d’enfants. Elles seraient ravissantes, certes, mais solitaires et tristes.

Sans aucun doute, je préfère être une baleine. À une époque où les médias nous mettent en tête que seules les femmes minces sont belles, je préfère manger une glace avec mes enfants, dîner avec mon mari, manger, boire et m’amuser avec mes amis. Nous, les femmes, nous prenons du poids parce que nous accumulons tellement de sagesse et de savoir que notre tête ne peut tout contenir et laisse déborder les surplus dans notre corps. Nous ne sommes pas grosses, nous sommes énormément cultivées ! »

quebechebdo 7 septembre 2011

Offrir la voie la plus mobilisatrice

5 septembre 2011

À mon sens, la crise que vit actuellement le PQ a l’avantage de susciter des débats intéressants sur les stratégies à mettre de l’avant pour redonner le goût du Québec aux Québécois !

Deux tendances se dégagent clairement, soit la possibilité de la « dernière chance » au PQ dans l’approche collabo, et le regroupement d’une coalition nationale avec ou sans nouveau parti indépendantiste. Dans son article publié sur la tribune libre de Vigile en date du 4 septembre sous le titre « Une perche à saisir », Richard Le Hir propose une voie qui va dans le sens de la « dernière chance » en invoquant, entre autres, l’argument suivant :

« Le PQ est mort, vive le parti qui le remplacera, sans mesurer tout le temps, le travail et l’argent nécessaires à la mise sur pied d’un nouveau parti avant qu’il ne soit prêt à exercer le pouvoir et à mériter la confiance de la population. »

Par ailleurs, dans un de mes articles publié sur ce site en date du 31 août, sous le titre « Supposons que !… », je terminais ainsi une liste de conditions qui pourraient faire en sorte que je me rallierais au PQ :

« Supposons enfin que le PQ devienne le pôle rassembleur d’une coalition nationale regroupant toutes les forces indépendantistes du Québec !…

Alors seulement, je me rallierai à ce parti !… En attendant, je demeure fidèle à mes dernières positions…vivement une coalition nationale chapeautée par un nouveau parti indépendantiste ! »

De l’avis de plusieurs observateurs de la scène politique québécoise, chroniqueurs et citoyens, le PQ a perdu la confiance de la population et ses dernières prises de position ne semblent pas avoir eu l’heur de ranimer la flamme souverainiste des Québécois en général. Par contre, l’intérêt suscité par les mouvements prônant la création d’une coalition nationale est manifestement palpable.

En ce sens, une question s’impose : quelle est la stratégie qui recevra l’oreille la plus attentive de la population ?

Tenter de faire en sorte que le PQ retrouve la confiance de la population en utilisant une approche collabo qui, avouons-le, a reçu de nombreux échecs par le passé ?
ou
Mériter la confiance des Québécois par la création d’un nouveau parti chapeautant une coalition nationale regroupant toutes les forces indépendantistes du Québec autour de notre accession à l’indépendance ?

En fait, quelle est la voie la plus mobilisatrice ? Retrouver ou mériter la confiance de la population ?

vigile.net tribune libre 5 septembre 2011
quebechebdo 6 septembre 2011 (version abrégée)

 

Bon congé à tous les travailleurs du Québec

5 septembre 2011

Le 1er mai 1886, la pression syndicale permet à environ 200 000 travailleurs américains d’obtenir la journée de huit heures. Le souvenir de cette journée amène les Européens, quelques années plus tard, à instituer une « Journée internationale des travailleurs » ou « Fête des travailleurs ». Cette journée est aujourd’hui plus volontiers appelée « Fête du travail ».

En Amérique du nord, il existe une distinction entre la Fête du travail et la Fête des travailleurs : en effet la Fête du travail officielle est célébrée le premier lundi de septembre, il s’agit d’un jour férié et chômé marquant traditionnellement la rentrée (scolaire, artistique, etc.) après les vacances d’été. Elle n’a pratiquement plus de signification politique particulière.

La fête des Travailleurs a lieu, quant à elle, le 1er mai. Ce jour n’est pas férié, mais est très largement célébré par les syndicats ainsi que les partis, groupes et organisations de gauche ; elle est vue comme une journée de la célébration de la classe ouvrière. En effet, traditionnellement, lorsqu’il y a une augmentation du salaire minimum au Québec, cela a lieu le 1er mai.

En toute logique, peu importe la date où serait célébrée la Fête des travailleurs, car ce sont bien des travailleurs dont nous voulons célébrer les mérites, cette journée devrait être un jour férié et chômé !

En attendant que la « Fête des travailleurs » trouve tout son sens, je souhaite aujourd’hui une bonne fête à tous les travailleuses et travailleurs du Québec, tout en les incitant à profiter pleinement de ce congé bien mérité !

vigile.net tribune libre 5 septembre 2011
quebechebdo 6 septembre 2011


 

Robinson s’en va-t-en guerre

2 septembre 2011

Rappelons les faits…Le 26 août 2009, Cinar, France Animation et RavensBurger Film sont condamnés par la Cour supérieure à payer à l’auteur et illustrateur Claude Robinson la somme de 5,2 millions en indemnités pour avoir plagié son œuvre intitulé « Robinson Curiosité ».

Le 20 juillet 2010, trois juges de la Cour d’appel diminuent la sentence de moitié en la ramenant à 2,7 millions, alléguant que les firmes de production poursuivies par M. Robinson « ont fourni des efforts considérables pour adapter l’œuvre plagiée »…un peu comme si un élève, pris en flagrant délit de plagiat, verrait sa sanction diminuée sous prétexte qu’il aurait fait des « efforts considérables pour adapter » le travail plagié d’un autre élève! Bizarre de raisonnement, c’est le moins qu’on puisse dire!

Considérant le caractère outrancier et injuste du verdict de la Cour d’appel, Claude Robinson a décidé de porter sa cause en Cour suprême, fort de ses convictions qu’un tel jugement, s’il devenait jurisprudence, nuirait considérablement à la probité de tous les créateurs du monde artistique, sans parler d’un empiètement dramatique sur la légitimité inaliénable des droits d’auteur.

quebechebdo 2 septembre 2011