Des citoyens au coeur des décisions

27 septembre 2011

Il y a 50 ans exactement, lors de son allocution d’investiture à titre de 35ième président des États-Unis le 20 janvier 1961, John Fitzgerald Kennedy, dans une phrase devenue célèbre, lançait un appel vibrant à la « participation citoyenne » des Américains :

« Ask not what the country can do for you, ask what you can do for your country ! »

Un demi-siècle plus tard, le Québec arrive à une croisée des chemins déterminante pour son avenir en tant que nation. À peu près à la même époque où Kennedy envoyait son message aux Américains, Daniel Johnson père et Jean Lesage ouvraient les portes de l’émancipation du Québec en lançant des slogans tels que « Égalité ou indépendance » et « Maîtres chez nous ».

Depuis quelque temps, une idée semble vouloir prendre racine chez nous, soit celle de la mise sur pied d’États généraux sur l’indépendance axés autour d’une consultation citoyenne élargie. J’estime que cette démarche doit être encouragée si nous désirons redonner la parole au peuple et lui donner l’occasion de « se demander ce qu’il peut faire pour son pays ».

Une telle consultation citoyenne aura l’avantage de mener à des échanges qui devraient nous conduire à des propositions concrètes quant aux moyens et à la meilleure stratégie à utiliser pour nous conduire à notre statut de pays.

Je ne prétends pas posséder l’expertise de Pierre Cloutier quant aux moyens concrets pour parvenir, dans les meilleurs délais, à notre indépendance. À cet effet, je me dois de remercier Pierre Cloutier pour tous ses articles enrichissants concernant des pistes de solutions tangibles pour parvenir à notre souveraineté.

Néanmoins, quoique ma proposition puisse paraître abstraite aux yeux de certains, je demeure convaincu que des États généraux sur l’indépendance faisant appel à une vaste consultation citoyenne, et par conséquent, à une participation citoyenne, saura apporter des pistes de réponses à la question de Pierre Cloutier dans son article paru sur cette tribune en date du 26 septembre sous le titre « Qu’avez-vous à proposer en vue des prochaines élections ? »

En termes clairs, laissons la parole aux citoyens, écoutons ce qu’ils ont à nous dire et allons au-delà de la consultation pour récolter les fruits d’une véritable participation citoyenne. Des citoyens actifs dans la marche du Québec vers son indépendance…des citoyens au coeur des décisions !

vigile.net tribune libre 27 septembre 2011
quebechebdo 29 septembre 2011 (version abrégée)



Une loi qui manque de crocs

26 septembre 2011

Le 19 janvier 2005, le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) annonçait l'entrée en vigueur du règlement qui permettait l'inspection des lieux de garde, d'élevage et de vente de chiens et de chats. Ce mandat a été confié à ANIMA-Québec en décembre 2004. Ainsi, la section portant sur la sécurité et le bien-être animal de la Loi sur la protection sanitaire des animaux (Loi P-42) était désormais en vigueur.

Pourtant, à travers le Québec, des centaines de personnes, dont le seul motif se révèle être le profit, opèrent des usines à chiots qui sont, pour la plupart, des endroits insalubres où les chiens ne sont pas nourris à heures régulières et où plusieurs n'ont même pas accès à de l'eau.

Récemment, soit le 16 septembre 2011, plusieurs vétérinaires du MAPAQ, à la suite d’une inspection effectuée en collaboration avec ANIMA-Québec dans un chenil de Clarendon en Outaouais, ont procédé à la saisie de 527 chiens qui souffraient de sous-alimentation, de problèmes de peau et de difficultés respiratoires. La plus importante saisie d’animaux jamais menée au Québec!

Bien que la Loi P-42 ait pour but d’assurer la protection sanitaire des animaux, force nous est de constater que plusieurs propriétaires de chenils réussissent à la contourner à leur profit. Actuellement, le MAPAQ est en train de mettre sur pied un projet de règlement sur la sécurité et le bien-être des chats et des chiens.

Espérons que ces modifications ajouteront davantage de
« crocs » à la Loi, pour la plus grande protection de nos animaux domestiques!

quebechebdo 26 septembre 2011

La dérangeante

26 septembre 2011

Dans son article paru dans Le Devoir du 24 septembre sous le titre « Une commission ? », Denise Bombardier nous expose son point de vue sur la pertinence de créer une commission d’enquête publique sur la collusion et la corruption dans l’octroi des contrats au ministère des Transports.

D’entrée de jeu, je vous avoue que j’ai toujours eu une propension naturelle pour les gens qui affirment leurs convictions, pour autant, d’une part, que leur argumentaire soit solide et d’autre part, qu’ils apportent des éléments de solutions aux problèmes soulevés. Et, je dois l’admettre, Denise Bombardier fait partie de ceux-là.

Partant des exemples des commissions d’enquête Gomery et du scandale des commandites, Mme Bombardier lance cette question :

« Sommes-nous vraiment prêts à subir durant des mois, sans doute des années, le spectacle navrant et inévitablement télévisé de témoins multiples, escrocs ou honnêtes, sincères ou fourbes, qui vont nous raconter des histoires convergentes, divergentes, inventées, améliorées, atténuées devant des commissaires nommés par le gouvernement aux côtés d’avocats payés grassement pour protéger leurs clients en espérant connaître eux-mêmes leur heure de gloire ? »

Et, pour ajouter un peu de piquant à la sauce, elle ajoute :

« Interrogez des juges qui siègent depuis des décennies. Ils vous diront que ceux qui défilent devant eux en jurant sur la Bible ou sur leur honneur ont désormais tendance à se jouer de la vérité. Fini le temps où jurer, c’était sacré. Alors, qu’en sera-t-il de ces centaines de témoins, d’acteurs, de spécialistes liés au monde de la construction, des contrats gouvernementaux, du financement politique qui, la main sur le livre saint ou sur leur honneur tordu et chiffré, nous offriront leur version personnelle selon une morale indissociable trop souvent de leurs intérêts personnels ? »

Sa solution réside dans des enquêtes policières. En effet, poursuit-elle, « …le Québec compte d’excellents limiers, des enquêteurs au-dessus de tout soupçon, des policiers à la retraite, à l’expérience inestimable, des Eliott Ness sans peur, sans reproche et sans autre intérêt que le bien public. Des juges aussi, qui sont au-dessus des flatteries et de la notoriété qui, en les transformant en rock stars, affaiblissent leurs jugements. »

Bien que sensible aux arguments de Denise Bombardier, j’apporterai deux commentaires. Le premier concerne les deux commissions d’enquête qu’elle mentionne. Quoique les retombées de la commission Gomery soient pour l’instant fort discrètes, plusieurs recommandations du rapport Gomery feront partie des nouvelles règles concernant la nomination des juges. En ce qui a trait au scandale des commandites, il m’apparaît évident que les révélations qui y ont été faites ont conduit à la dégringolade du parti libéral fédéral.

Mon second commentaire, beaucoup plus important, concerne la pertinence de mettre sur pied une commission d’enquête publique sur la construction. Sur ce plan, quoiqu’en partie d’accord avec Denise Bombardier sur le fait que nous devons mettre à profit les talents de nos « excellents limiers et d’enquêteurs au-dessus de tout soupçon », il m’apparaît essentiel de créer cette commission d’enquête publique, appuyée par les enquêtes policières, tout au moins par respect pour la population qui est en droit de connaître la vérité !

vigile.net tribune libre 26 septembre 2011



Que justice soit faite!

25 septembre 2011

Les révélations troublantes du coroner Luc Malouin entourant le décès d’une adolescente de 15 ans, Rébecca Lévesque, le 13 février 2011, au Centre jeunesse de Chaudière-Appalaches, démontrent hors de tout doute que des actes de négligence professionnelle ayant causé la mort ont été commis par certains membres du personnel de l’établissement.

Toutefois, le bureau du coroner, par la voix de son porte-parole, Geneviève Guilbault, refuse d’ouvrir une enquête publique autour des circonstances de la mort de Rébecca Lévesque, alléguant que le coroner Malouin jette un éclairage suffisant sur les circonstances qui ont conduit au décès de l’adolescente. De son côté, le ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil, tient le même discours que Mme Guilbault.

En ce qui a trait à d’éventuelles poursuites au criminel concernant les employés du Centre jeunesse, aucun indice ne permet de croire jusqu’à maintenant qu’elles seront entamées. Finalement, la direction du Centre a fait savoir, dans un communiqué pour le moins laconique, qu’elle allait appliquer les recommandations du coroner Malouin.

Il ne reste à la défense, représentée par Me Jean-François Bertrand, que de déposer une poursuite au civil afin que le Centre jeunesse verse une compensation financière au père de Rébecca pour la mort de sa fille.

En dernière heure, nous apprenons que deux adolescentes qui se trouvaient en présence de Rébecca la veille de sa mort affirment que non seulement l’éducatrice responsable n’a pas pris l’initiative de conduire la jeune fille à l’hôpital mais qu’elle aurait même rejetée une demande formulée en ce sens par Rébecca.

Le décès tragique de Rébecca Lévesque ne doit pas rester impuni…il faut que justice soit faite!

quebechebdo 25 septembre 2011

 

Comme un concombre dans le vinaigre

25 septembre 2011

Le sculpteur québécois Armand Vaillancourt, le 16ième d’une famille de 17 enfants, est né le 3 septembre 1929 à Black Lake, près de Thetford Mines. En 1951, il déménage à Montréal où il amorce une carrière épique, atypique et polémique.

À compter de maintenant et ce, jusqu’au 18 décembre 2011, la Maison Hamel-Bruneau à Québec, présente une exposition regroupant certaines des œuvres d’Armand Vaillancourt, celui qui se qualifie de « sculpteur provocateur » en ces termes :

« Je suis un baveux, et les gouvernements, qu’ils soient péquistes ou libéraux, ne savent pas quoi faire avec moi, et c’est pourquoi je n’ai jamais eu de contrats avec ces puants ; ce n’est pas un hasard, on ne m’achète pas ! Je suis resté le même, un tigre en liberté, il n’y a pas d’âge pour ça. La vieillesse, ce n’est pas le temps d’avoir peur ! »

Sa sculpture « Québec libre », plus connue sous le nom de « Fontaine Vaillancourt » est une œuvre monumentale qu’Armand Vaillancourt réalisa en 1971 à San Francisco.

Cette œuvre représente bien le lien qu’effectue Vaillancourt entre ses convictions politiques et sociales et ses œuvres. Il s’agit en fait d’une énorme fontaine de béton, de 61 mètres de long, 43 mètres de large et 11 mètres de haut installée à l’Embarcadero plaza, en plein cœur du quartier financier de la ville.

La nuit précédant son inauguration, Vaillancourt y inscrivit un retentissant « Québec libre ! » en lettres rouges, signifiant son appui indéfectible à la liberté du peuple québécois et plus largement, son appui à l’émancipation de tous les peuples. Voyant, le lendemain, que les employés de la ville avaient effacé l’inscription, il sauta sur la sculpture et y réinscrivit plusieurs fois les mêmes mots.

Devant « Regard d’égout », un bas-relief en papier mâché moulé sur une grille d’égout, et un bronze qui arbore une évidente trace de pneu, le récipiendaire du prix Paul-Émile Borduas en 1993, la plus haute distinction en arts visuels décernée par le gouvernement du Québec, déclare :

« L’homme primitif demeure présent en moi. Je suis comme un concombre dans le vinaigre : même sorti de son bocal, il goûte le vinaigre ! »

vigile.net tribune libre 25 septembre 2011
quebechebdo 29 septembre 2011 (version abrégée)

Le plan de match

24 septembre 2011

À la lecture des témoignages d’ex-confrères de travail de Jacques Duchesneau publiés dans l’article d’Annie Morin paru dans Le Soleil du 24 septembre sous le titre « Jacques Duchesneau, un policier dans l’âme », on ne peut mettre en doute l’intégrité du Directeur de l’Unité anticollusion du ministère des Transports du Québec. Soit !

Toutefois, dans le même article, Laurent Lapierre, co-auteur avec Jacqueline Cardinal de la biographie intitulée « Jacques Duchesneau sur le qui-vive », ne cache pas l’intérêt médiatique que peut porter M. Duchesneau à la fuite de son rapport dévastateur sur la collusion dans l’octroi de contrats par le ministère des Transports pour des travaux routiers majeurs.

Quant au cinéaste André Melançon, qui a rencontré Jacques Duchesneau à l’occasion du tournage du film « Rafales », il affirme que la décision de M. Duchesneau de participer à l’émission « Tout le monde en parle » est dictée par « un plan de match » !

À mon sens, malgré tous ces commentaires fort élogieux et probablement mérités sur la carrière de Jacques Duchesneau, des questions demeurent en suspens. J’en retiens deux :

D’abord, comment se fait-il qu’un rapport aussi « confidentiel », contenant des révélations aussi accablantes sur un système de collusion entre des entrepreneurs en construction, certaines firmes de génie-conseil et le ministère des Transports, aient pu échapper à la surveillance d’une personnes aussi chevronnée que Jacques Duchesneau dans les enquêtes policières ?

Ensuite, pourquoi, après avoir été informé de cette « fuite » concernant son rapport, le directeur de l’UAC, décrit dans l’article du Soleil comme un homme d’une intégrité exemplaire, n’a-t-il pas déclenché une enquête pour connaître l’origine de la fuite et dénoncé les coupables ?

Selon moi, la réponse à ces questions se dégage implicitement dans les commentaires de Mm Lapierre et Melançon… D’une part, l’intérêt de Jacques Duchesneau pour le côté médiatique lié à la divulgation publique de son rapport et, d’autre part, son « plan de match » de s’adresser au public sur les ondes avant de le présenter en commission parlementaire.

Enfin, dans toute cette affaire, on est en droit de se demander si Jacques Duchesneau n’a pas un « plan de match » caché dans son jeu ! C’est à suivre…

vigile.net tribune libre 24 septembre 2011



Relents de colonisés

23 septembre 2011

La conclusion de l’article de Daniel Lévesque, paru sur cette tribune le 22 septembre sous le titre « Sortons de prison ! », m’a ramené à des relents de colonisés que nous portons tous, stigmatisés en nous depuis des siècles :

« Sortons de notre prison dorée collective, celle de nos peurs, de notre manque de confiance en nous-mêmes et en l’avenir. Cessons d’être nos propres geôliers. Cessons de croire bêtement que rien ne peut changer. Cessons d’être des esclaves qui parlent en mal de la liberté. »

Bien sûr, notre histoire nationale, à commencer par la conquête de 1760, peut expliquer, en partie, ce « manque de confiance en nous-mêmes et en l’avenir ». Toutefois, se pourrait-il que notre devise, « Je me souviens », ait pu contribué à nous maintenir dans cet état d’asservissement envers la couronne britannique et la confédération canadienne qui s’ensuivit ?

Pourtant, nous aurions pu aussi « nous souvenir » des pionniers canadiens-français qui ont façonné de leurs mains et à la sueur de leur front une nation française en Amérique du Nord au lieu de nous cantonner derrière les reliques de la conquête.

Alors, que s’est-il passé pour que nous persistions à être « des esclaves qui parlent en mal de liberté ? » Que faudrait-il faire pour que nous cessions « d’être nos propres geôliers…de croire bêtement que rien ne peut changer ? »

La réponse m’apparaît claire…La désillusion du référendum de 1995 est l’élément déclencheur du repli de l’électorat québécois vers l’option fédérale, d’autant plus que la création du Bloc allait nous assurer que nos intérêts seraient défendus à Ottawa.

Cependant, les tergiversations du PQ des dernières années par rapport à l’option indépendantiste, alliée à la déconfiture du Bloc le 2 mai au profit du NPD, un parti à tendance sociale-démocrate, n’empêchent pas les forces vives indépendantistes d’émerger de toutes parts sur la scène politique québécoise.

Conséquemment, il m’apparaît évident que les relents de colonisés attribués depuis des siècles au peuple québécois sont en train de s’estomper au profit d’un éveil nationaliste qui, bien qu’en quête de moyens pour lui permettre d’évoluer, annonce un avenir meilleur pour la cause indépendantiste.

vigile.net tribune libre 23 septembe 2011



Le fer de lance

22 septembre 2011

Parlant de la culture, Andrée Ferretti, dans son article publié sur cette tribune le 21 septembre sous le titre « Côteau rouge », conclut ainsi son billet :

« Au Québec, elle est plus que jamais le fer de lance de notre combat pour l’affirmation de notre existence distincte qui s’exprimera pleinement et irréversiblement dans un pays indépendant. »

Depuis des décennies, particulièrement depuis la deuxième moitié du 20ième siècle, c’est par légions que nos artistes ont porté le flambeau de notre fierté nationale. Les génies créateurs québécois sont réputés à travers le monde.

C’est pourquoi, à mon sens, il est essentiel que la culture joue un rôle de premier plan dans le discours politique.

Il est inconcevable que nous puissions envisager bâtir un pays sans le rattacher résolument au monde artistique, ce monde où l’imaginaire collectif prend toute son énergie. Dans le but de nous ressourcer aux racines qui nous abreuvent, je vous propose cette chanson de Claude Gauthier, écrite en 1972, sous le titre « Le plus beau voyage » :

J’ai refait le plus beau voyage
De mon enfance à aujourd’hui
Sans un adieu, sans un bagage
Sans un regret ou nostalgie

J’ai revu mes appartenances
Mes trente-trois ans et la vie
Et c’est de toutes mes partances
Le plus heureux flash de ma vie

Je suis de lacs et de rivières
Je suis de gibier, de poissons
Je suis de roche et de poussière
Je ne suis pas des grandes moissons

Je suis de sucre et d’eau d’érable
De Pater Noster, de Credo
Je suis de dix enfants à table
Je suis de janvier sous zéro

Je suis d’Amérique et de France
Je suis de chômage et d’exil
Je suis d’octobre et d’espérance
Je suis une race en péril

Je suis prévu pour l’an deux mille
Je suis notre libération
Comme des millions de gens fragiles
À des promesses d’élections

Je suis l’énergie qui s’empile
D’Ungava à Manicouagan
Je suis Québec mort ou vivant
Je suis Québec mort ou vivant

vigile.net tribune libre 22 septembre



Échange entre deux vieux amis

22 septembre 2011

Depuis un certain temps, déferle sur le Québec un vent de consultation citoyenne visant la contribution de la population aux différents débats sociaux et politiques qui ont cours depuis quelques années.

Dans le but d’alimenter cette réflexion, j’ai imaginé un échange entre deux citoyens ordinaires, soit Paul, menuisier, et Robert, commis dans une grande chaîne d’alimentation, deux vieux amis qui se rencontrent régulièrement depuis plusieurs années au bar de la place pour « mettre les pendules à l’heure! ».

Une fois les nouvelles sur la famille, le travail et la santé épuisées, les deux compères tombent sur un de leurs sujets préférés…la politique :

« Dis donc, Paul, qu’est-ce que tu en penses de cette idée de créer un nouveau parti indépendantiste?

-Moi, je trouve que c’est une bonne idée…et toi?

-T’as pas peur que ça divise le vote souverainiste?

-Peut-être, mais au point où en sont les choses, je ne pense pas que les souverainistes seraient davantage divisés!

-Qu’est-ce que tu veux dire?

-Je veux dire qu’avec un PQ qui refuse de parler d’indépendance, il n’y a pas d’autre choix que de chercher d’autres solutions!

-Et si Pauline Marois changeait son fusil d’épaule et commençait à parler davantage d’indépendance!

-Tu y crois, toi?

-Pourquoi pas?

-À mon avis, Pauline Marois n’a vraiment jamais voulu faire l’indépendance…J’ai l’impression qu’elle recherche plutôt le pouvoir!

-Peut-être, mais tu ne crois qu’il faut obtenir d’abord le pouvoir pour accéder à l’indépendance?

-Ça, c’est ce qu’elle dit!

-Tu n’es pas d’accord avec ça?

-Pas sûr…J’ai entendu, l’autre jour, un commentaire de quelqu’un à la télévision qui parlait d’une idée de redonner le pouvoir aux citoyens!

-Ah oui, c’est intéressant!…Et après?

-J’avoue que je n’ai pas trop compris ce qu’il disait, mais ça avait l’air intéressant!…En tout cas, je vais essayer d’en savoir un peu plus là-dessus et on s’en reparle!

-Entièrement d’accord…de mon côté, je m’informe aussi! »

quebechebdo 22 septembre 2011

La dernière carte

21 septembre 2011

Le dernier sondage CROP-Le Soleil-La Presse accorde 18% des intentions de vote au PQ, 10% en faveur de Pauline Marois comme meilleur premier ministre, 36% au soutien au camp du Oui dans un éventuel référendum sur l’indépendance du Québec, et ce, malgré un taux d’insatisfaction de 66% (plutôt ou très insatisfait) à l’égard du gouvernement Charest.

Des chiffres, disons-le, plutôt inquiétants pour le PQ-Marois qui vit, depuis quelques mois, des crises internes qui l’ont gravement affecté autant dans la crédibilité et la ferveur de la base de ses militants que dans la faveur populaire des Québécois.

Mince consolation pour Mme Marois, la moitié des personnes interrogées par CROP, soit 500, l’ont été les 14 et 15 septembre, donc avant que Jean Charest n’ait admis n’avoir pas pris connaissance du rapport Duchesneau. Toutefois, depuis lors, le premier ministre, fidèle à ses qualités de rusé politicien, a admis que, après avoir lu le dit rapport, ses conclusions méritent un suivi et qu’il serait prêt à entendre M. Duchesneau en commission parlementaire, moyennant « certaines balises » !

À partir de maintenant, la main appartient à Pauline Marois qui dispose encore d’une carte dans son jeu, soit celle de réussir, à partir des divulgations accablantes du rapport Duchesneau concernant la collusion et la corruption dans l’industrie de la construction, à gagner le pari de la création d’une commission d’enquête publique sur la construction.

C’est la dernière carte de Pauline Marois et elle n’a pas d’autre choix que de l’abattre avec vigueur et conviction sur la table. Si elle réussit son pari, elle marquera des points….si elle échoue, elle devra quitter la table immédiatement et laisser sa place à un meilleur joueur !

vigile.net tribune libre 21 septembre 2011
quebechebdo 21 septembre 2011 (version abrégée)