Un p’tit plaisir à l’occasion?

20 septembre 2011

Ça y est, c’est parti…Les défenseurs acharnés de la bonne bouffe veulent mettre de l’ordre dans les restaurants de nos arénas!

Dorénavant, finies les frites dans nos activités de loisirs…quand nous assisterons à un match de hockey, nous prendrons une salade et une eau minérale entre la première et la deuxième période! Et, pour nous gâter un peu, nous nous délecterons d’un savoureux yogourt aux fraises entre la deuxième et la troisième période! Et, bientôt, dans les salles de cinéma, le pop corn sera servi nature!

Comme il arrive fréquemment dans notre belle société où il suffit que quelques voix s’élèvent et donnent l’impression qu’elles ont redécouvert la roue, cette fois-ci, c’est la « malbouffe » qui est malmenée!

Pourtant, à partir du moment où des mets « équilibrés » font partie du menu dans tous les centres de loisirs et les restaurants attenants aux salles de cinéma, se pourrait-il que le consommateur puisse aussi avoir la possibilité de se permettre un p’tit plaisir à l’occasion?

quebechebdo 20 septembre 2011
Le Soleil 21 septembre 2011

 

Option nationale/Jean-Martin Aussant va de l’avant

19 septembre 2011

C’est maintenant officiel…le député indépendant de Nicolet-Yamaska, Jean-Martin Aussant, va de l’avant en créant un nouveau parti souverainiste au Québec sous le nom d’ « Option nationale ». Au fil des consultations qu’il a effectuées tout au cours de l’été, M. Aussant en arrive à la conclusion qu’un nouveau parti souverainiste s’impose. Pour prouver cette affirmation, le député démissionnaire du PQ invoque les « peut-être » et les « on verra » des deux autres partis souverainistes existants à l’Assemblée nationale, soit le Parti québécois et Québec solidaire, leur reprochant ainsi de ne « rien faire pour faire avancer rapidement la cause souverainiste. »

Dans un article que je publiais sur cette tribune le 4 août 2011 sous le titre « Questions à Jean-Martin Aussant », une des interrogations était la suivante :

« Comment réagissez-vous à l’assertion selon laquelle la création d’un nouveau parti indépendantiste risque de diviser le vote et, conséquemment, de nuire à la cause ? »

Dans sa conférence de presse de ce matin, M. Aussant répond en partie à cette question en affirmant que « le vote souverainiste est déjà divisé parce qu’il n’y a pas de véhicule qui offre un message clair en faveur de l’option. »

Toutefois, à mon sens, la question cruciale est la suivante :

« Considérant le climat politique actuel envers la cause indépendantiste, comment comptez-vous rallier les options diverses sur la table ? »

Quoique M. Aussant ait ouvert quelques portes ce matin en insistant sur l’importance pour le Québec de rapatrier tous les pouvoirs en matière d’impôts et de contrôler tous ses outils de développement, il devra, selon moi, au cours des prochaines semaines, approfondir ses arguments s’il désire convaincre l’électorat québécois des bienfaits de l’indépendance.

Enfin, une dernière question reste en suspense, à savoir si Jean-Martin Aussant possède les qualités essentielles à un leader politique pouvant créer le mouvement nécessaire pour entraîner avec lui des sympathisants à la cause souverainiste. En attendant, une chose est certaine, selon ses propres mots, « la motivation est là ! »

vigile.net tribune libre 19 septembre 2011



Un Grand prix…décerné hors d’ondes

19 septembre 2011

Une œuvre colossale représentant 450 heures de diffusion sur les ondes, s’étalant sur une période de 25 ans, plus de 35 000 pages de textes articulés et percutants. Une carrière éblouissante qui méritait amplement à Victor-Lévy Beaulieu d’être désigné à titre de récipiendaire du Grand prix de l’Académie du cinéma et de la télévision par les organisateurs du 26ième gala des Gémeaux.

Toutefois, là où le bât blesse gravement, c’est que ces mêmes organisateurs ont pris la décision de remettre ce Grand prix hors d’ondes, soit en avant-première qui n’est diffusée que sur le Web…en fait, de « mettre en lumière » le talent débordant d’un de nos plus grands écrivains québécois « derrière les projecteurs » !

Dans ces circonstances plus que déplorables, j’appuie entièrement la décision de VLB de ne pas se présenter au gala pour recevoir son prix en personne.

Toutefois, dans une lettre adressée aux médias, l’auteur de nombreux téléromans, dont L’Héritage qui, au cours de sa troisième année, a atteint des pointes de plus de 2 millions de téléspectateurs, a tenu à remercier les comédiens et réalisateurs qui l’ont appuyé tout au cours de ces années.

Cependant, c’est au public que Victor-Lévy Beaulieu démontre le plus de louanges :

« Cet honneur, pour moi, représente la reconnaissance de l’intelligence du public qui, contrairement à ce que bien des gens croyaient, a suivi mes téléromans de façon passionnée…Cela me fait dire que, souvent, on méprise le public en ne le pensant pas capable d’absorber des choses beaucoup plus difficiles que ce que l’on voit généralement, et surtout depuis quelques années, à la télévision. »

Enfin, Victor-Lévy Beaulieu interprète la décision de lui remettre le Grand Prix de l’Académie du cinéma et de la télévision hors d’ondes comme « un symptôme qui illustre combien la littérature se marginalise au sein d’une culture qui se veut de plus en plus populiste ! »

vigile.net tribune libre 19 septembre 2011
quebechebdo 19 septembre 2011 (version abrégée)



Une main de fer dans un gant de velours

18 septembre 2011

"Il enveloppait ce métier et ceux et celles qui s'y consacrent avec affection, exigence et humanité. Il avait horreur de la médiocrité et de l'improvisation."

Ainsi s’exprimait Jean-Louis Roy, ex-directeur du Devoir, dans un article paru dans la chronique « Opinion » du Devoir en date du 17 septembre sous le titre « Michel Roy, un être d’exception »

Telles sont, à mon sens, les qualités essentielles des femmes et des hommes qui se distinguent dans leur profession…des êtres humains qui manifestent le courage de leurs convictions dans le respect de celles des autres!

Michel Roy passera à l'histoire journalistique comme ayant incarné sans aucun doute l'un de ceux-là.

quebechebdo 18 septembre 2011 

L’image du sauveur

17 septembre 2011

Les derniers sondages laissent voir que la CAQ de François Legault a le vent dans les voiles ! Pourtant, lorsque l’on prend le temps de lire sa plate-forme sur les quatre volets, soit l’éducation, la santé, la langue et la culture et l’économie, rien là-dedans n’apporte d’éléments vraiment nouveaux si ce n’est, au contraire, des propositions rétrogrades aux chapitres de l’éducation et de la santé.

Face à ces constats, je ne vois pas d’autres hypothèses que François Legault profite d’un vent de changement, voire une tornade, qui a pris son essor avec la vague orange du 2 mai et qui continue sa route, depuis lors, sur tous les chemins de la politique québécoise, y compris sur celui des mouvements indépendantistes.

Dans ce contexte, François Legault, quoique en réalité un vieux routier des coulisses politiques, présente l’image du sauveur, profitant, grâce à son expérience et à son flair, de ce climat d’instabilité qui s’est installé sur le Québec, particulièrement depuis la déconfiture du Bloc et l’effet de déstabilisation créé par l’élection massive de la députation néodémocrate au Québec.

Enfin, M. Legault tire aussi profit de toute la neutralité vouée à la non-partisanerie, compte tenu qu’il n’est pas encore officiellement sur la scène politique et qu’il n’a pas, par conséquent à affronter les critiques des médias et de l’électorat.

À mon avis, lorsque François Legault montera véritablement sur la scène politique québécoise, il devra démontrer à la population du Québec qu’il a autre chose à lui offrir que l’image du sauveur !

vigile.net tribune libre 17 septembre 2011
quebechebdo 17 septembre 2011 "Un simulacre de changement"

 

Un réseau routier en déroute

17 septembre 2011

Les constats du rapport Duchesneau sur les grands chantiers de construction, confirmant une collusion organisée entre certains entrepreneurs proches des milieux criminalisés et certaines firmes de professionnels et de génie-conseil finançant les partis politiques provinciaux et municipaux, sont accablants.

Et, qui plus est, au Québec, qui dit grands chantiers ne peut passer sous silence les travaux routiers dont la sécurité a souvent été mise à rude épreuve au cours des dernières années!

À mon sens, le gouvernement ne peut plus cacher de telles pratiques insidieuses qui risquent de miner davantage l'intégrité du système parlementaire. C'est pourquoi, le rapport Duchesneau doit déboucher rapidement sur la création d'une commission d'enquête publique sur la corruption et la collusion dans l'industrie de la construction.

Il en va, entre autres et surtout, de l'urgence d'assurer la sécurité de la population sur un réseau routier en déroute!

cyberpresse.ca 17 septembre 2011 "Vos réactions au rapport Duchesneau"
quebechebdo 19 septembre 2011 "Un rapport alarmant"

La revente de billets…pour ou contre?

16 septembre 2011

Les discussions entourant le dépôt du projet de loi 25 qui vise à interdire la revente de billets pour des événements sportifs ou artistiques à un prix supérieur à celui fixé par le vendeur autorisé suscitent de vives réactions de la part des deux clans qui s’affrontent.

D'un côté, ceux qui condamnent l'effet pervers de cette industrie qui pénalise sans scrupule les adeptes de ces événements, de l'autre, ceux qui invoquent le droit des consommateurs de payer le prix qu'ils veulent pour assister à ces activités.

Dans la situation actuelle, la revente de billets avec profits est déjà interdite sur la place publique. Toutefois, avec l'avènement des nouvelles technologies, la revente de billets emprunte maintenant le Web, via les sites d'achat en ligne qui encouragent l'achat massif de billets, diminuant ainsi l'accès aux billets à prix régulier.

Si nous posons comme hypothèse que la revente d'un billet à un prix supérieur à son coût original doit être interdite, ce qui à mon sens représente la voie la plus juste pour tous les contribuables, nous devons d'abord permettre à l'organisme chargé d'assurer la surveillance de cette pratique, soit l'Office de la protection du consommateur, de disposer des ressources nécessaires pour y parvenir.

Considérant que les budgets de l'Office sont actuellement gelés autour d'une infime équipe de six inspecteurs pour l'ensemble du Québec, il serait utopique de penser qu'une telle loi, si elle était adoptée, pourrait empêcher la revente de billets avec profits!

quebechebdo 14 septembre 2011

Un pas en avant…deux pas en arrière

15 septembre 2011

Si l’on se fie aux dernières déclarations publiques de Jean-Martin Aussant, c’est lundi le 19 septembre que le rideau tombera sur sa décision concernant la formation d’un nouveau parti indépendantiste au Québec.

En ce qui a trait à la pertinence de tenir des États généraux sur l’indépendance, M. Aussant se montre catégorique, alléguant qu’ils seraient inutiles compte tenu que tous les groupes intéressés ont déjà fait connaître leur position sur la meilleure marche à suivre et qu’une telle démarche aurait bien peu de chances d’amener des indécis ou des fédéralistes à épouser la cause souverainiste.

Par ailleurs, Louise Beaudoin, l’une des premières à avoir apporté son appui à la tenue d’États généraux sur l’indépendance, recule en invoquant qu’un tel exercice n’est plus pertinent dans l’état actuel des choses.

Pour Mme Beaudoin, les positions irréconciliables avec lesquelles les différents mouvements indépendantistes abordent le débat, ajoutées au refus de Pauline Marois d’apporter des modifications au programme adopté par le PQ en avril, risquent de déborder sur une guerre de clocher stérile.

Toutefois, dans les deux argumentaires utilisés, et par M. Aussant et par Mme Beaudoin, nulle part n’apparaît l’idée de faire de ces États généraux une vaste consultation citoyenne dénuée de toute partisanerie, un forum où le simple citoyen viendrait exprimer ses attentes, non seulement sur la meilleure stratégie pour parvenir à notre statut de nation, mais aussi et surtout, sur les priorités à mettre de l’avant pour y parvenir.

Comme je l’exprimais dans mon article paru sur la tribune libre de Vigile le 12 septembre sous le titre « Deux voies
complémentaires », « …je dois admettre que des États généraux axés autour d’une consultation citoyenne sans partisanerie…aurait probablement l’effet de faire avancer positivement le débat sur la souveraineté. » Et, j’ajoutais, « Il serait opportun que les deux stratégies (une consultation citoyenne et la création d’un nouveau parti) soient menées conjointement de telle sorte que les réflexions des uns alimentent celles des autres et contribuent de la sorte à un élargissement bénéfique de la plate-forme consultative. »

En conséquence, je crois que M. Aussant et Mme Beaudoin auraient avantage à s’ouvrir les yeux sur des horizons élargis aux attentes des citoyens plutôt que de restreindre de façon minimaliste leur perception en s’appuyant uniquement sur les demandes d’organismes partisans.

vigile.net tribune libre 15 septembre 2011



La Loi 101 selon Félix

15 septembre 2011

À une époque où l’anglicisation menace de plus en plus le territoire du Québec, particulièrement l’île de Montréal, j’ai cru opportun de vous présenter ce texte de Félix Leclerc, offert quelques mois avant sa mort en 1988 au Mouvement Québec français sous le titre « La Loi 101 » :

« Oui, je suis bilingue ;
Ce n’est pas à l’école primaire que j’ai appris l’anglais
mais dans les rues d’Ottawa et à l’âge de 15 ans.

C’est une mauvaise partance pour l’enfant anglais ou français,
(suffisante pour l’écœurer à tout jamais)
que de lui inculquer deux langues à l’école primaire.
Que chacun baigne dans sa langue maternelle jusqu’à
l’âge de 15 ans, s’il veut la bien posséder.

Une langue seconde s’apprend en six mois
dans une ville étrangère
quand on a l’âge de 17 ans et le goût de la parler.
C’est faux des bilingues à 8 ans, ce sont des baragouineux.

La langue, c’est comme un instrument de musique,
celui qui les joue tous, les joue mal.
Celui qui n’en joue qu’un seul le joue bien.

Nous avions la Loi 101 comme protection et survie.
Où est-elle rendue ?
la Loi 101 reconnaissait le français
la seule langue officielle au Québec,
comme la langue américaine est reconnue
la seule langue officielle aux États-Unis,
(ce qui ne les empêche pas d’en parler 5).

la Loi 101 criait aux deux Amériques
ce qu’on leur cachait depuis des siècles,
qu’une Nouvelle-France existait à leur porte.

la Loi 101 disait à l’univers que les Québécois
étaient l’un des deux peuples fondateurs du Canada.

la Loi 101 me faisait marcher librement et partout
dans le Québec, comme si j’avais été chez moi.

la Loi 101 disait à l’immigrant
arrivant ici en terre d’accueil,
que le français était la langue du Québec
contrairement à ce que la propagande d’Ottawa
leur avait appris avant leur départ,
que nous étions tous anglais.

Afficher et parler notre langue à l’usine, à l’école,
à la douane, au restaurant, au forum, au magasin, partout,
était une affaire entendue et acceptée par la minorité
anglaise du Québec, qui avait fini par comprendre
qu’enfin décolonisés, nous avions une langue maternelle,
et surtout que nous apportions, (parce que différents)
une richesse incalculable au Canada entier.

Hélas,
il aura fallu que quelques arrivistes,
Canadiens-français de surcroît,
vendent pour un plat de lentilles (de votes)
notre droit d’aînesse en Amérique.

Est-ce que tout serait à recommencer
à cause de quelques magasiniers
qui échangent
trafiquent
vendent
trois siècles d’histoire pour quelques heures de pouvoir ? »

quebechebdo 15 septembre 2011
vigile.net tribune libre 20 février 2015

Schizophrénie linguistique

14 septembre 2011

En cliquant sur une association « Loi 101/Immigration », je suis tombé sur deux textes, l’un de Félix Leclerc, écrit quelques mois à peine avant son décès sous le titre « La loi 101 », paru sur cette tribune en 2008, l’autre de Jean Arceneaux, intitulé « Schizophrénie linguistique », paru en 1978. En cette période où l’immigration pose de sérieux problèmes, particulièrement sur l’île de Monréal, j’ai pensé vous présenter le texte de Jean Arceneaux :

I will not speak French on the school grounds,
I will not speak French on the school grounds.
I will not speak French…
I will not speak French…
I will not speak French…
Hé ! Ils sont pas bêtes, ces salauds.
Après mille fois ça commence à pénétrer
Dans n’importe quel esprit.
Ça fait mal ; ça fait honte ;
Puis là, ça fait plus mal.
Ça devient automatique,
Et on speak pas French on the school grounds
Et ni anywhere else non plus.
Jamais avec des étrangers.
On sait jamais qui a l’autorité
De faire écrire ces sacrées lignes
À n’importe quel âge.
Surtout pas avec les enfants.
Faut jamais que eux, ils passent leur temps de recess
À écrire ces sacrées lignes
Faut pas qu’ils aient besoin d’écrire ça
Parce qu’il faut pas qu’ils parlent français du tout.
Ça laisse voir qu’on est rien que des Cadiens.
Don’t mind us, we’re just poor coonasses.
Basse classe, faut cacher ça.
Faut dépasser ça.
Faut parler anglais.
Faut regarder la télévision en anglais.
Faut écouter la radio en anglais.
Comme de bons américains.
Why not just go ahead and learn English.
Don’t fight it. It’s much easier anyway.
No bilingual bills, no bilingual publicity.
No danger of internal frontiers.
Enseignez l’anglais aux enfants,
Rendez-les tout le long,tout le long jusqu’aux discos,
Jusqu’au Million Dollar Man.
On a pas réellement besoin de parler français quand même.
C’est les État-Unis ici,
Land of the free.
On restera toujours des poor coonasses.
Coonass. Non, non. Ça gêne pas.
C’est juste un petit nom.
Ça veut rien dire.
C’est pour s’amuser. Ça gêne pas.
On aime ça. C’est cute.
Ça nous fait rire.
Mais quand on doit rire, c’est en quelle langue qu’on rit ?
Et pour pleurer, c’est en quelle langue qu’on pleure ?
Et pour crier ?
Et chanter ?
Et aimer ?
Et vivre ?

vigile.net tribune libre 14 septembre 2011