Un porte-cartes bien garni

18 novembre 2011

En devenant membre du nouveau parti de Jean-Martin Aussant, Option nationale, Lisette Lapointe invoque l’intention clairement avouée du chef de procéder à l’accession du Québec à son statut de pays via l’adoption par référendum d’une constitution qui déclarera la souveraineté du Québec.

Toutefois, au cas où le PQ entamerait un changement significatif à la direction ou à son programme de gouvernance souverainiste, Mme Lapointe conserve « précieusement » sa carte de membre du Parti québécois.

En résumé, la représentante de Crémazie demeure députée indépendante indépendantiste à l’Assemblée nationale avec deux cartes de membre en poche. On peut dire que Lisette Lapointe possède un porte-cartes bien garni!

quebechebdo 18 novembre 2011 

Erreur sur la cible

18 novembre 2011

Il semble que les temps soient propices à des manifestations d’indignation de toutes sortes, à tel point que certaines d’entre elles, dans la foulée du mouvement, laissent ressortir des aberrations outrancières.

À titre d’exemples, je vous cite les dernières déclarations du maire de Québec, Régis Labeaume, et de la ministre québécoise de la Culture et des Communications, Christine St-Pierre, concernant leur indignation devant l’anglicisation de Paris.

Le premier, notre ardent défenseur de la langue française, issu du milieu des affaires, regarde passer le train à la Caisse de dépôt et placement du Québec, notre fleuron des affaires publiques, où des hauts fonctionnaires unilingues anglophones contournent allègrement les prescriptions de la Charte de la langue française.

La deuxième, comme première responsable de l’application de la Loi 101, allume tout à coup sur les errances de la Caisse qui, depuis des années, tolère cette situation, et, comble de mollesse, se contente de punir les coupables en leur demandant de suivre un cours de français.

Le moins qu'on puisse dire, c’est qu’il est plus facile de mettre le focus sur le bobo de l’autre que de soigner la plaie béante qui risque de dégénérer en gangrène sur notre propre corps!

quebechebdo 18 novembre 2011

Labeaume et St-Pierre s’indignent!

17 novembre 2011

Décidément, nos politiciens québécois retrouvent leur ferveur à l’égard de la défense de la francophonie lorsque notre langue est malmenée par nos cousins français !

En effet, en visite à Paris à l’occasion d’une série de rencontres portant sur l’Association internationale des maires francophones, Régis Labeaume s’est dit outré de l’infiltration de la langue anglaise autant dans les conversations que dans l’affichage.

À tel point que notre preux chevalier envisage profiter de la tribune du premier Forum mondial de la langue française qui se tiendra à Québec en juillet 2012 pour dénoncer ce glissement scandaleux de la langue de Molière vers une ingérence pernicieuse de la langue de Shakespeare.

Toutefois, pendant ce temps, de ce côté-ci de l’Atlantique, plus particulièrement au Québec, dans la patrie de Régis, la Caisse de dépôt et placement, notre joyau des institutions publiques, bafoue allègrement les exigences de la Charte de la langue française en accordant des postes de hauts fonctionnaires à des unilingues anglophones, alléguant des raisons de « compétences ». Issu du milieu des affaires, notre maire devrait plutôt concentrer ses énergies à défendre la langue de nos ancêtres sur son propre territoire !

Et, pour ajouter un peu de glaçage sur le gâteau, dans l’élan patriotique du maire de Québec, la ministre québécoise de la Culture et des Communications, Christine St-Pierre, emboîte le pas en lançant un appel pressant à la vigilance aux Français.

Elle pousse même la critique en alléguant le laxisme des artistes français qui « osent » chanter en anglais… « comme certains le font au Québec », pourrions-nous ajouter en lui renvoyant gentiment la balle !

En réalité, devant les mollesses du gouvernement Charest relativement à l’application de la Loi 101, je considère que l’indignation de Mme St-Pierre résonne comme la voix dans le désert.

À mon sens, au lieu de se demander qui va envoyer dans la francophonie le signal que le français est important si la France ne le fait pas, notre ministre de la Culture devrait plutôt veiller à ce que le Québec envoie le message clair au reste du Canada que le français est la langue officielle du Québec…et faire en sorte que nos droits soient respectés !

vigile.net tribune libre 17 novembre 2011
quebechebdo 17 novembre 2011 (version abrégée) "Régis s'en
va-t-en guerre!"
quebechebdo 17 novembre 2011 (version abrégée) "Au tour de Christine de s'indigner!"

Une dérive alarmante

16 novembre 2011

Le fleuron du pouvoir économique des Québécois, le temple sacré d’où rejaillit l’excellence des Québécois en matière financière est en train de capituler bassement devant l’infiltration perverse de l’anglais au sein de ses ressources humaines.

La principale institution financière des Québécois cède servilement à l’unilinguisme auquel la soumet l’autorité de la Charte de la langue française, invoquant des motifs de « compétences »…Plutôt révoltant, non ?

Et, pendant ce temps-là, notre bon gouvernement Charest se contente de semoncer les autorités de la CDPQ en qualifiant cette situation « d’inacceptable » et en lui adressant un message lui rappelant que la connaissance du français est, selon la Charte, un critère d’embauche pour tous les postes et ce, à tous les niveaux.

En termes clairs, nos droits les plus fondamentaux sont bafoués à l’intérieur de notre château-fort et les propriétaires du château demandent aux usurpateurs de se montrer plus respectueux de ces droits…Plutôt avilissant, non ?

À mon sens, une telle dérive témoigne d’un laisser-aller lamentable de la valeur accordée à la langue française au sein même des institutions publiques québécoises, une abdication inacceptable devant l’omniprésence de l’anglais, une attitude aplaventriste qui dénote un esprit colonialiste encore profondément ancré chez les Québécois, voire même chez nos décideurs en matière économique.

Encore une fois, Charest, après avoir lamentablement laissé pourrir la situation comme il l’a toujours fait dans le dossier de la langue, sort subitement de sa boîte à surprises pour lancer ses « grands cris d’indignation », accompagnés d’une minable réprimande envers les coupables.

Et, pendant que ce glissement se produisait à la CDPQ, de l’autre côté de la chambre, le Parti québécois, le berceau de la Loi 101, le parti de Camille Laurin, n’a lancé aucune sonnerie d’alarme, comme si ses antennes avaient été orientées ailleurs…probablement vers des directions partisanes électoralistes à courte vue !

En conclusion, face à l’inertie de nos politiciens devant des attitudes aussi mesquines de la part des dirigeants de nos institutions publiques, nous sommes confrontés devant l’imminence d’une bataille que nous risquons de perdre, soit celle de la survie du français au Québec.

Une autre bonne raison de redonner au citoyen la parole dans ce débat de société qu'est la défense de notre langue… Une autre bonne raison d’inciter la génération montante des leaders des mouvements souverainistes à prendre résolument position pour la défense et la promotion de notre langue maternelle avant qu'elle ne sombre sous les vieilles secousses d’un colonialisme sclérosant !

vigile.net tribune libre 16 novembre 2011
quebechebdo 16 novembre 2011



Dufort en renfort

16 novembre 2011

En apprenant par le biais des médias que le portrait qu’il avait réalisé de Josée Verner et qu’il lui avait remis en 2009, avait été abandonné par l’ex-députée de Louis-Saint-Laurent dans ses anciens bureaux, l’artiste-peintre André Garon a vécu l’humiliation de l’artiste qui voit son œuvre bafouée telle une vulgaire pantoufle.

Et, pour ajouter l’outrage à l’humiliation, Josée Werner a répliqué qu'elle ne voulait tout simplement pas de ce portrait et que des mesures nécessaires seraient entreprises pour qu'il soit relayé dans l’entrepôt des biens excédentaires du gouvernement fédéral.

À la suite de cette attitude méprisante de la part de Josée Werner, André Garon s’est empressé d’aller récupérer son œuvre dans les bureaux de la nouvelle députée néo-démocrate Alexandrine Latendresse avant qu’il ne suive le chemin des « biens excédentaires ».

Toutefois, Jean-René Duffort, ayant eu vent de ce tapage publicitaire autour du fameux portrait, a assuré M. Garon qu’il lui apporterait son appui, lors de son émission « Infoman », à la tenue d’une vente aux enchères du portrait, ayant comme objectif la cueillette de fonds pour les enfants défavorisés de la ville de Québec.

Un coup de chapeau à Jean-René Dufort pour être venu en renfort à l’intégrité de l’artiste tout en récupérant son œuvre au profit des enfants défavorisés!

quebechebdo 16 novembre 2011 

Le p’tit logo de toutes les couleurs

15 novembre 2011

En lisant le clin d’œil de Stéphane Laporte dans le Soleil du 15 novembre en page 27, à savoir, « Si on se fie aux couleurs de la CAQ, elle va regrouper 75% de péquistes, 10% de libéraux, 10% de verts et 5% de néo-démocrates », je n’ai pas pu m’empêcher de penser à la chanson de Bécaud, « Le p’tit oiseau de toutes les couleurs »!

Pour poursuivre mon analogie, je vous propose de chantonner ainsi le premier couplet de la chanson de Bécaud :

« Ce matin, je sors de chez moi
Il m’attendait, il était là
Il sautillait sur le trottoir
Mon Dieu, qu'il était drôle à voir
Le p’tit logo de toutes les couleurs
Le p’tit logo de toutes les couleurs »

quebechebdo 15 novembre 2011 

Les vertus de la craie sur la tableau noir

15 novembre 2011

L’éducation occupe une place de plus en plus importante dans les débats sur l'avenir économique de nos sociétés. À preuve, les quelque 20 000 étudiants qui ont bravé la pluie et marché dans les rues de Montréal, la semaine dernière, pour dénoncer la hausse des droits de scolarité universitaires décidée par le gouvernement Charest.

Cette manifestation massive des étudiants remet en lumière, entre autres, les besoins de financement de l'éducation, la question d'équité entre les contribuables et les générations ainsi que les retombées économiques associées à l'éducation pour l'ensemble de la société.

Par ailleurs, au-delà des questions purement économiques, certains créateurs, qui nous ont légué Internet et toutes les autres « merveilles technologiques », se questionnent sur la pertinence de recourir au soutien de l'informatique dans l'éducation des jeunes enfants, à l'école, comme à la maison.

En cette période où les nouvelles technologies envahissent les maisons et les écoles, le directeur technologique d'eBay, ainsi que des confrères d'Apple, Yahoo, et autres Hewlett-Packard, prônent, au contraire, le retour aux vertus de la craie sur le tableau noir, d'une véritable bibliothèque au service des élèves, mais surtout d’une saine relation personnelle avec un enseignant stimulant.

Dans ce contexte, sans banaliser les doléances des étudiants concernant la hausse de leurs droits de scolarité, je suis heureux de constater que ces manifestations contribuent aussi à élargir le débat sur l’importance de la qualité de l’enseignement de nos jeunes sur l’avenir de notre société.

quebechebdo 15 novembre 2011 

L’église à l’ombre de 175 logements

15 novembre 2011

À moins d’un revirement de dernière minute, lors de la prochaine réunion du conseil municipal le 21 novembre, la Ville de Québec autorisera la construction de 175 logements dans le quartier Sainte-Maria-Goretti dans l’arrondissement de Charlesbourg, sur un terrain adjacent à l’église paroissiale.

Malgré les nombreuses contestations de plusieurs citoyens réclamant la tenue d’un référendum sur ce projet, les autorités municipales maintiennent quand même le cap sur leur décision d’aller de l’avant, invoquant le règlement 74.4 pour soustraire le développement résidentiel au processus référendaire, lequel règlement stipule qu'un projet qui couvre une superficie supérieure à 25 000 mètres carrés n’est pas soumis à une consultation populaire.

À mon sens, la Ville de Québec, en agissant de la sorte, se camoufle derrière un règlement et isole l’église de Sainte-Maria-Goretti à l’ombre de 175 logements. Pour ceux qui aimeraient constater de visu le portrait que nous présentera l’arrivée de ce développement résidentiel, je vous suggère, si cela vous est possible, d’aller jeter un coup d’œil sur le croquis qui a été fourni aux citoyens par la Ville de Québec et qui est reproduit dans le Soleil du 14 novembre en page 4.

quebechebdo 15 novembre 2011
cyberpresse.ca 16 novembre 2011

35 ans plus tard…

15 novembre 2011

Le 15 novembre 1976, le Parti québécois prend le pouvoir pour la première fois, récoltant l’appui de 42 % de l’électorat et 71 circonscriptions. Le rêve se réalise !

Pendant les années qui suivent, les réformes déboulent à un rythme d’enfer. L’équipe du « tonnerre » de René Lévesque a le vent dans les voiles. Le Québec vibre aux convictions de ces hommes et de ces femmes qui ont envahi la scène politique québécoise, de ces hommes et de ces femmes qui veulent changer le cours des événements, de ces hommes et de ces femmes qui se sont donné comme mission de rendre aux Québécois ce qui leur a été dérobé depuis des décennies.

Quatre ans plus tard, le référendum de 1980, noyé sous une question alambiquée à saveur aigre d’étapisme, va contribuer à jeter un écran de fumée sur les ardeurs de 1976. Le mouvement patriotique se met alors progressivement à perdre haleine jusqu’au dernier souffle du référendum de 1995 qui sonne le glas du beau rêve.

Depuis lors, des forces indépendantistes ont émergé de partout au Québec, entraînant avec elles des réflexions sur les raisons de ces deux échecs référendaires. Avec elles, des pistes de solutions sont apparues et des idées nouvelles ont fait surface.

À mon sens, la pierre angulaire sur laquelle repose l’argumentaire déclencheur qui allait ouvrir la voie à une véritable solution, réside dans le constat que le PQ, dès son origine, n’était pas un parti indépendantiste. Le concept de base qui a façonné son idéologie, soit la souveraineté-association, visait le création d’un Québec souverain politiquement mais dépendant économiquement du Canada.

Telle est, selon moi, l’épée de Damoclès qui continue de pendre au-dessus de la tête du PQ mais dont le fil risque de plus en plus de céder, dû à l’usure laissée par des années de valses-hésitations sclérosantes.

Aujourd’hui, le politique se doit de reprendre contact avec le citoyen, avec la voix de la raison. Aujourd’hui, le citoyen prend la parole et incite les politiciens à lui donner sa place dans les débats de société. Aujourd’hui, la politique « autrement » repose sur la coalition citoyenne nationale des forces indépendantistes émergentes au Québec.

Aujourd’hui, les militants et sympathisants à la cause n’ont plus le goût de répéter les sempiternelles courbures avilissantes devant un ROC mesquin et roublard à l’endroit de notre identité française.

Enfin, aujourd’hui, la voix du citoyen est devenue la voie vers l’indépendance. Aux partis indépendantistes d’en pendre bonne note et de s’empresser d’emboîter le pas avec lui dans une nécessaire coalition qui nous conduira enfin à destination !

vigile.net tribune libre 15 novembre 2011



Si le Québec était ingouvernable, il y a quatre ans…

14 novembre 2011

Le député péquiste, Nicolas Marceau, a bien connu François Legault durant les années 2000, à l’époque où il préparait son « budget de l’an 1 ». Aux dires de Nicolas Marceau, Legault s’affichait alors comme un des plus farouches souverainistes, animé de l’urgence de tenir un référendum aussitôt que le PQ reprendrait le pouvoir.

Son document louait les avantages d’un Québec souverain et devait faciliter le cours des événements en éliminant les derniers obstacles à la souveraineté, en particulier, les chevauchements et les impôts et taxes payés à Ottawa.

En 2003, aussitôt que le PQ s’est retrouvé dans l’opposition, François Legault, devenu critique en matière de finances, a même réussi à convaincre Bernard Landry de mettre sur pied une étude visant à démontrer la viabilité d’un Québec souverain sur le plan financier, s’adjoignant cinq experts pour valider les données et les conclusions de son document…dont Nicolas Marceau.

Dans la conclusion de cette étude, parue en mai 2005, François Legault fait la démonstration que le Québec pourrait récupérer des surplus de l’ordre de 17 milliards $ aux simples chapitres de l’élimination des chevauchements et du rapatriement des taxes et des impôts versés au fédéral.

Enfin, Legault concluait que non seulement le Québec souverain était financièrement viable, mais que son appartenance au Canada représentait un sérieux handicap, alléguant que, en persistant dans le statu quo actuel, le Québec en était réduit à l’impuissance devant le caractère implacable des chiffres qui ressortaient de l’étude.

Lors de conversations qu'il a eues avec François Legault au cours des années 2007-2008, Nicolas Marceau affirme qu’il était parmi les « plus pressés » de faire la souveraineté… Aujourd'hui, soit trois ans plus tard, le chef de la Coalition pour l’avenir du Québec prétend pouvoir respecter les mêmes engagements que lorsqu'il se retrouvait du côté des souverainistes et ce, tout en dirigeant une province.

Devant la « conversion mystérieuse » du François Legault qu'il a connu, Nicolas Marceau pose à juste titre cette piste de réflexion fondamentale :

« Si le Québec était ingouvernable, il y a quatre ans, en tant que province, parce qu'il nous manquait la moitié de nos outils, c’est difficile de comprendre que, tout d’un coup, ce soit devenu possible! »

En ce qui me concerne, le paradoxe Legault réside dans sa capacité d’orienter son siège dans les sens de l’histoire, en d’autres termes, de profiter d’un vent de changement tellement omniprésent sur la scène politique québécoise que notre vire-capot national vit présentement sur un nuage qui ne tardera pas à éclater lorsque les perturbations du paysage politique se manifesteront!

vigile.net tribune libre 14 novembre 2011