35 ans plus tard…
Le 15 novembre 1976, le Parti québécois prend le pouvoir pour la première fois, récoltant l’appui de 42 % de l’électorat et 71 circonscriptions. Le rêve se réalise !
Pendant les années qui suivent, les réformes déboulent à un rythme d’enfer. L’équipe du « tonnerre » de René Lévesque a le vent dans les voiles. Le Québec vibre aux convictions de ces hommes et de ces femmes qui ont envahi la scène politique québécoise, de ces hommes et de ces femmes qui veulent changer le cours des événements, de ces hommes et de ces femmes qui se sont donné comme mission de rendre aux Québécois ce qui leur a été dérobé depuis des décennies.
Quatre ans plus tard, le référendum de 1980, noyé sous une question alambiquée à saveur aigre d’étapisme, va contribuer à jeter un écran de fumée sur les ardeurs de 1976. Le mouvement patriotique se met alors progressivement à perdre haleine jusqu’au dernier souffle du référendum de 1995 qui sonne le glas du beau rêve.
Depuis lors, des forces indépendantistes ont émergé de partout au Québec, entraînant avec elles des réflexions sur les raisons de ces deux échecs référendaires. Avec elles, des pistes de solutions sont apparues et des idées nouvelles ont fait surface.
À mon sens, la pierre angulaire sur laquelle repose l’argumentaire déclencheur qui allait ouvrir la voie à une véritable solution, réside dans le constat que le PQ, dès son origine, n’était pas un parti indépendantiste. Le concept de base qui a façonné son idéologie, soit la souveraineté-association, visait le création d’un Québec souverain politiquement mais dépendant économiquement du Canada.
Telle est, selon moi, l’épée de Damoclès qui continue de pendre au-dessus de la tête du PQ mais dont le fil risque de plus en plus de céder, dû à l’usure laissée par des années de valses-hésitations sclérosantes.
Aujourd’hui, le politique se doit de reprendre contact avec le citoyen, avec la voix de la raison. Aujourd’hui, le citoyen prend la parole et incite les politiciens à lui donner sa place dans les débats de société. Aujourd’hui, la politique « autrement » repose sur la coalition citoyenne nationale des forces indépendantistes émergentes au Québec.
Aujourd’hui, les militants et sympathisants à la cause n’ont plus le goût de répéter les sempiternelles courbures avilissantes devant un ROC mesquin et roublard à l’endroit de notre identité française.
Enfin, aujourd’hui, la voix du citoyen est devenue la voie vers l’indépendance. Aux partis indépendantistes d’en pendre bonne note et de s’empresser d’emboîter le pas avec lui dans une nécessaire coalition qui nous conduira enfin à destination !
vigile.net tribune libre 15 novembre 2011
Henri Marineau

