Et swing la bacaisse dans l’fond d’la boîte à bois!

30 décembre 2011

Traditionnellement, c’est bien connu, les Québécois aiment beaucoup les fêtes et le Jour de l’An offre une bonne occasion de s’adonner à ces festivités. Plusieurs traditions se rattachent à la célébration du jour de l’An au Québec. Aussi, ai-je ru bon de vous en rappeler quelques unes.

Autrefois, les hommes du village passaient de maison en maison pour ramasser des dons pour les pauvres du village. Ils récoltaient surtout des produits de la ferme. Cette tradition, qui avait lieu le 31 décembre, s’appelait « la guignolée » et, pour annoncer l’arrivée des guignoleux, les enfants du village les précédaient en faisant toutes sortes de bruits en frappant des bâtons entre eux.

Au Québec d’antan, dès la veille du premier janvier, les festivités commençaient. Tout d’abord, se tenait le réveillon où toute la famille se retrouvait autour d’une table pour manger, jaser et s’amuser. Rôti et ragoût de porc, fèves au lard, tourtières et beignes étaient les mets prisés pour l’occasion de cette première nuit de l’année. Une fois la panse bien remplie, c’était le temps de fêter. On dansait et chantait au son des rigodons, cotillons, gigues et chansons à répondre du violoneux et la fête se prolongeait jusqu’aux petites heures du matin.

Une des traditions les plus importantes du Jour de l’An québécois était sans aucun doute la traditionnelle bénédiction paternelle. À cette occasion, le patriarche de la famille bénissait ses enfants et petits-enfants agenouillés devant lui. Cette tradition remplie de symbolisme s’est perpétuée longtemps et, encore aujourd’hui, certaines familles la poursuivent.

En ce qui a trait à notre famille, la coutume voulait que nous visitions les deux parentés, soit celles de mon père et de ma mère et ce, dans un ordre différent à chaque année de façon à souper et à veiller dans une famille différente à chaque Jour de l’An, voyageant bien cordés dans la voiture familiale, souvent en pleine de tempête, du quartier Limoilou à Québec jusqu’à l’Île d’Orléans, et dans le sens opposé l’année suivante.

Je me rappelle de mes tantes qui s’étonnaient d’année en année de nous voir grandir et qui s’empressaient de nous souhaiter du succès dans nos études tout en nous barbouillant de leur rouge à lèvres, de mes belles petites cousines avec qui j’avais la chance, en fin de soirée, de danser un slow sous l’œil discret de ma mère.

Je me souviens aussi de mon parrain, mon oncle Félix, lorsqu’il sortait de la poche de son veston sa musique à bouche et qu’il se mettait à jouer un air qui avait la magie de nous emporter dans le tourbillon des danses folkloriques…et de mon oncle Georges qui entonnait sa chanson à répondre plutôt grivoise qui avait le don de mettre sa femme dans tous ses états.

De nos jours, même si ces traditions tendent à s’envoler malheureusement dans la nuée des temps, j’ai le goût de vous inviter à chanter avec moi « swing la bacaisse dans l’fond d’la boîte à bois » et…de souhaiter, en bon québécois, une bonne et heureuse année 2012 à vous tous et toutes !

vigile.net tribune libre 30 décembre 2011
quebechebdo 30 décembre 2011 (version abrégée)



Les innocentes victimes des guerres

29 décembre 2011

Parmi les actes les plus insensés commis par les êtres humains et les pires calamités qui affligent des milliers d'innocentes victimes se situe l'absurdité de ces guerres où se terrent souvent des motifs purement matériels. Des bêtises humaines qui soulèvent mon indignation devant ces tueries d'enfants, de femmes et d'hommes qui périssent dans un carnage sanguinaire!

cyberpresse.ca 29 décembre 2011 « Dites-nous ce qui vous indigne »

Après l’indignation, l’engagement

28 décembre 2011

Il ne serait jamais venu à l’esprit de Stéphane Hessel, survivant de la Seconde Guerre mondiale et ex-diplomate français âgé de 94 ans, que son petit manifeste publié en 2010 sous le titre Indignez-vous!, aurait une telle influence sur le mouvement des indignés qui ont occupé en 2011 les espaces publics de centaines de villes à travers le monde.

En tête du palmarès des indignations personnelles de Stéphane Hessel se retrouvent l'écart grandissant entre les riches et les pauvres ainsi que le risque de la destruction de la planète.

Selon l’auteur, si son manifeste s'est classé au sommet des palmarès dans les librairies, c'est qu'il arrivait au bon moment dans l'histoire contemporaine, à savoir dans une période où, dans un grand nombre de pays, la jeune génération, en particulier, considère qu'elle n'est pas dirigée selon ses aspirations.

Maintenant que le mouvement des indignés a réussi à sensibiliser une bonne partie de la population, le dernier livre de Stéphane Hessel, Engagez-vous!, publié en mars 2011, invite les sympathisants à la cause à se mettre en mouvement pour faire changer le cours des événements, à aller au bout de leur démarche, en militant notamment dans un parti politique.

En cette fin d’année 2011, je ne peux qu’espérer qu’un tel mouvement puisse continuer sa progression pour qu’enfin notre planète respire un peu mieux et que ses habitants profitent équitablement de ses bienfaits!

quebechebdo 28 décembre 2011

 

Le meilleur ami de l’homme?

27 décembre 2011

Les temps changent…alors qu’autrefois, le chien était considéré comme le meilleur ami de l’homme, il a été supplanté aujourd’hui par le portable. À tel point que six travailleurs québécois sur dix admettent être incapables de s’en séparer et ce, même en vacances.

C’est le triste résultat d’un sondage en ligne mené pour le compte du site de voyages Expedia qui révèle que 58 % des Québécois en vacances vérifient régulièrement leurs messages professionnels.

Et dire qu’il y a à peine une vingtaine d’années les cours sur une saine gestion de son temps étaient très populaires, répondant à un besoin naturel de s’octroyer des plages horaires dans le but de décanter de ses obligations professionnelles.

Les nouveaux outils technologiques représentent certes un avancement intéressant dans les moyens de communication actuels, pour autant qu’ils demeurent des instruments à notre service. Toutefois, dans la mesure où nous devenons esclaves de ces outils, j’ai l’impression qu’ils deviennent le pire ennemi de l’homme!

quebechebdo 27 décembre 2011

Cuisante défaite au Québec

27 décembre 2011

Les responsables des salles de rédaction au pays qui se sont exprimés lors du sondage annuel réalisé à cet effet par La Presse Canadienne ont choisi la majorité du gouvernement conservateur comme la nouvelle de l’année 2011 dans une proportion de 25 %, devançant à peine l’arrivée du Nouveau Parti démocratique comme Opposition officielle à la Chambre des communes, avec 24 % des votes.

Pourtant, si l’on considère cette « majorité conservatrice » eu égard au Québec, on serait plutôt tenté de parler de « farce de l’année ». En effet, sur les 166 sièges obtenus par le PC, à savoir 39,6 % du suffrage national, 5 sièges sont du Québec, soit 16,5 %. Quant au NPD, il a recueilli 59 de ses 103 sièges au Québec, soit 49,6 % des suffrages exprimés. Des chiffres qui révèlent hors de tout doute la dislocation du Roc du Québec, inondé dans l’illusion d’une vague de changement teintée d’orange.

Voilà pour les chiffres…mais là où le bât blesse davantage, c’est lorsque l’on lit les commentaires des responsables des salles de rédaction pour expliquer de tels résultats. Entre autres, « C’était prévisible ; les sondages indiquaient la tendance du vote. Mais je crois que les conservateurs ont supplanté les libéraux pour plusieurs années. Et à moins de revirements dans les autres volets de la politique canadienne, Stephen Harper demeurera premier ministre aussi longtemps qu’il le voudra », a commenté Dan Leger, du Halifax Chronicle-Herald. Et celui-ci…« M. Harper n’a pas perdu de temps. Sitôt arrivé, il a commencé à faire les changements importants qu’il rêvait de faire et qui vont façonner autrement le pays », a commenté Murray Wood, de CJME 980 à Régina.

En réalité, nous avons l’impression, en lisant ces commentaires, que la victoire conservatrice efface, inconsciemment ou non, toute référence à sa cuisante défaite au Québec, comme si finalement le Québec était disparu de la carte électorale canadienne.

Selon quels critères est choisie la nouvelle de l’année ? Et qu’en pense-t-on dans les salles de rédaction québécoises ? La nouvelle de l’année est-elle celle qui a le plus d’impacts, positifs ou négatifs, celle qui fait le plus jaser ou celle qui réjouit le plus les salles de rédaction canadiennes ?

À mon sens, peu importe les réponses à ces questions, ce sondage fait ressortir une fois de plus le rejet du Québec de la part du ROC et ne fait que nous ramener des relents nauséeux dont les effets devraient nous donner des raisons supplémentaires pour nous occuper de notre destin en tant que nation et cesser une fois pour toutes d’espérer un changement miraculeux venu d’un pays qui est en train d’oublier notre propre existence !

vigile.net tribune libre 27 décembre 2011
quebechebdo 1er janvier 2012 



Dans ma boule de cristal

26 décembre 2011

Même si on m’a déjà reconnu des qualités de visionnaire et même une certaine acuité intuitive au cours de certains événements de ma vie, je dois admettre que je ne possède aucun don divinatoire qui pourrait me permettre de prédire l’avenir.

Face à ce constat, simplement pour vous faire part de ce que j’entrevois pour 2012 sur la scène politique québécoise tout en invitant celles et ceux qui sont intéressés à se risquer, je m’avance avec humilité vers ces « prédictions ».

D’entrée de jeu, je crois que Jean Charest déclenchera des élections à l’automne 2012, une fois que les premiers députés caquistes et leur chef auront subi les premiers contrecoups de l’arène politique, le chef libéral exploitant l’ambivalence du chef de la CAQ, y allant à bras raccourcis sur le revirement de l’ancien ministre péquiste concernant son option souverainiste.

Quant à François Legault, il mettra le focus sur le « changement » incarné par son parti, tout en frappant sur le gouvernement corrompu de Jean Charest, une stratégie qui devrait porter fruit, particulièrement si la commission Charbonneau réussit à sortir quelques crabes du panier.

En ce qui a trait au PQ, il m’apparaît évident qu’il assistera à une déconfiture s’il maintient le cap sur la gouvernance souverainiste et que Pauline Marois en demeure le chef. À mon sens, le seul espoir, pour les souverainistes, de sauver les meubles est de procéder à une coalition de tous les partis et mouvements favorables à leur option. Dans cette hypothèse, la coalition souverainiste se classera bon troisième.

Quant au parti qui prendra le pouvoir, les quelques dix mois qui nous séparent de l’échéance peuvent apporter toutes sortes de rebondissements imprévisibles. Néanmoins, puisqu’il faut que je me commette, je risque cette prévision.

Je crois que les Québécois, envoûtés par la vague de changement proposée par la CAQ, éliront un gouvernement minoritaire caquiste, suivi de près par les Libéraux qui formeront l’opposition officielle, une défaite libérale qui entraînera la démission de Jean Charest.

À plus long terme, le fantasme caquiste subira le même sort que la vague adéquiste de 2007, un feu de paille. En ce qui a trait au mouvement souverainiste, il faudra malheureusement attendre encore quatre ans pour qu’il s’organise et se mobilise derrière un nouveau parti qui pourrait peut-être être incarné par l’Option nationale de Jean-Martin Aussant.

vigile.net tribune libre 26 décembre 2011
quebechebdo 31 décembre 2011



C’est sur la glace que ça se passe!

24 décembre 2011

L’engagement de l’entraîneur unilingue anglais Randy Cunneyworth par les dirigeants du Canadien a fait couler beaucoup d’encre au cours des derniers jours. À ce sujet, je dois admettre qu’une telle décision s’explique difficilement compte tenu de toute la symbolique québécoise qui entoure la sainte flanelle.

Ceci étant dit, à mon sens, Jacques Martin, dans la lignée de tous les entraîneurs qui ont été congédiés par l’organisation du Canadien au cours des dernières années, dont de nombreux francophones, a été soumis à un traitement qui dénote une application de la solution facile au détriment des vrais problèmes.

En effet, même s’il appartient à l’entraîneur de mettre sur pied des stratégies pour motiver ses joueurs, il n’en demeure pas moins que ce dernier ne peut chausser les patins à leur place.

À regarder parfois ces millionnaires du hockey se traîner les pieds sur la patinoire, j’ai l’impression d’assister à une démonstration de patinage artistique où leur talent sur patin prime sur leur maniement du bâton et leurs capacités de marqueurs!

Oui à un entraîneur qui sait brasser la cage de ses joueurs…sans oublier toutefois que c’est toujours sur la glace que ça se passe!

quebechebdo 24 décembre 2011

À la bonne vôtre, mon oncle Antoine!

24 décembre 2011

À ceux qui auraient le goût de se retremper dans nos traditions québécoises pendant les Fêtes, particulièrement en cette période nébuleuse où nos coutumes sont galvaudées dans le laxisme des accommodements déraisonnables, je suggère de visionner le film de Claude Jutra produit en 1971 « Mon oncle Antoine », encore aujourd’hui considéré comme un film majeur de la cinématographie québécoise.

Dans des scrutins périodiques organisés par le Festival international du film de Toronto et composés de critiques de films, d’historiens, de producteurs et de membres de l’industrie canadienne du film, le jury l’a classé comme «le plus grand film canadien de tous les temps» successivement en 1984, en 1993 et en 2004.

Un film qui nous ressource dans nos racines et qui génère une énergie vivifiante dans les veines de toutes celles et de tous ceux qui combattent pour l’indépendance du peuple québécois et, qui sait, contribuera peut-être à régénérer ceux qui se sont attiédis dans la tourmente de toutes ces années de déceptions !

À la bonne vôtre, mon oncle Antoine !

quebechebdo 23 décembre 2011

Commentaire:

"En effet, quel film magnifique que ce "Mon oncle Antoine"¸ que nous avons l'opportunité de voir de temps en temps à ART TV. Du grand Claude Jutra qui a d'ailleurs réalisé un très beau documentaire sur Félix Leclerc dans les années soixante il me semble. Du cinéma direct avant son temps. Un portrait tout en humour et en émotion. Un autre grand film de Jutra est Kamouraska, inspiré du roman du même nom d'Anne Hébert. Un beau Noël à vous monsieur Marineau."

Yvan Giguère, Saguenay
quebechebdo 24 décembre 2011

Et la vie continue…

23 décembre 2011

Par une journée d’octobre où Éole semble en furie, une feuille à l’agonie est éjectée de sa branche mère par un vigoureux bourgeon impatient de prendre sa place pour le prochain printemps.

Tanguant dans toutes les directions, notre feuille errante atterrit finalement sur le sol auprès de ses compagnes déjà résignées à leur imprévisible destin… «Pourquoi ne ferions-nous pas appel à celui qui nous a déracinées de notre gîte pour qu’il nous permette un sort plus agréable que le sac à déchets? », demande la nouvelle arrivée à ses congénères.

À ce moment, un souffle époustouflant propulse les feuilles inertes dans les airs. Après une courte envolée, nos amies terminent leur périple, bien alignées le long d’un trottoir. Puis le calme revient.

Octobre et novembre passent, accompagnés d’ondées et de gel qui stigmatisent les feuilles d’automne au pavé. L’hiver s’installe, le froid congèle nos infortunées complices qui sont bientôt ensevelies sous la neige.

Avec l’arrivée du printemps, les premiers rayons d’un soleil libérateur dégagent peu à peu les détenues de leur blanche prison. Alors les feuilles revigorées, quoique meurtries par autant d’intempéries, esquissent un large sourire d’apaisement à la vue du spectacle grandiose de l’éclosion des premiers bourgeons printaniers! 

quebechebdo 23 décembre 2011

Les convictions au service de la cause

23 décembre 2011

Personne ne sera étonné d’apprendre que Jack Layton a été choisi la personnalité ayant le plus dominé l’actualité canadienne au cours de l’année 2011 selon le sondage annuel de l'agence de presse La Presse Canadienne, mené auprès des rédactions de tout le pays avec 90 % des voix.

Au-delà du raz-de-marée orange suscité par la percée de son parti lors des dernières élections fédérales, on retiendra de l’homme son authenticité et la force inébranlable de ses convictions au service de la cause, à savoir la justice envers tous les citoyens, de toutes classes sociales confondues.

Ainsi, lorsqu’il enseignait à des étudiants universitaires de Toronto, il n’hésitait pas à les inviter chez lui ou dans un pub du coin pour débattre de choses et d’autres. En tant que conseiller municipal de Toronto, sa femme Olivia et lui enfourchaient leur tandem pour participer aux manifestations progressistes tenues dans les rues de la métropole canadienne. Il était connu pour ses discussions avec des ouvriers qui attendaient leur café matinal au Tim Hortons.

Personne mieux que Jack Layton ne peut dépeindre l’homme qu’il incarnait : «Mes amis, l’amour est 100 fois meilleur que la haine. L’espoir est meilleur que la peur. L’optimisme est meilleur que le désespoir», écrivait-il aux Canadiens, juste avant de mourir. «Alors aimons, gardons espoir et restons optimistes. Et nous changerons le monde.»

quebechebdo 23 décembre 2011