Face au cul-de-sac, la médiation s’impose

2 mai 2012

Rappelons rapidement les faits…Le gouvernement Charest décrète unilatéralement une hausse de droits de scolarité de 75% étalée sur cinq ans, les associations étudiantes s’y opposent, un mouvement de contestation s’organise, conduisant à la grève de quelque 170 000 étudiants qui se prolonge depuis près de trois mois.

Depuis lors, le gouvernement y est allé de deux propositions, sans changer son intention d’augmenter les droits de scolarité, lesquelles ont été rejetées par les étudiants qui maintiennent leur position contre cette augmentation.

Face au cul-de-sac qui dégénère en dialogue de sourds, la médiation s’impose dès maintenant et, à mon sens, la personne la plus crédible pour agir en tant que médiateur dans ce conflit est M. Claude Castonguay, un homme de « gros bon sens » qui a vu couler beaucoup d’eau sous les ponts de la politique québécoise, particulièrement dans l’épineux dossier de la mise sur pied de l’assurance-maladie.

quebechebdo 2 mai 2012

 

 

Le gouvernement a vraiment bougé?

1 mai 2012

La ministre de l’Éducation, Line Beauchamp, allègue que «le gouvernement a vraiment bougé» sur ses dernières propositions aux représentants étudiants:

«Le gouvernement a vraiment bougé sur ses positions à plusieurs reprises et vous êtes devant une autre partie qui n'a jamais bougé sur rien. Je pense qu'on est plutôt à l'heure de savoir qu'est-ce qui, du côté des étudiants, ferait en sorte qu'ils accepteraient un règlement. On a l'impression qu'éternellement et continuellement, c'est la revendication du gel».

Si, pour Mme Beauchamp, faire passer la facture pour les étudiants de 1625$ à 1778$ en en étalant la hausse des droits de scolarité sur 7 ans au lieu de 5 ans constitue un pas en avant, j’ai l’impression qu’elle devra refaire ses calculs.

Toutefois, concernant la «revendication du gel» des droits de scolarité de la part des étudiants, la ministre devra s’y résoudre, d’autant plus que des études à l’appui prouvent que les simples coupures «dans le gras» des dépenses inhérentes à la gestion des universités contribueraient à récupérer le manque à gagner par le gel des droits de scolarité.

Quant au fameux 50¢ par jour d’augmentation invoqué par Line Beauchamp pour banaliser la «juste part» des étudiants, il n’est réel que pour la première année puisque ce montant est cumulatif, c’est-à-dire qu’il sera majoré à 3,50$ par jour au bout de 7 ans et ce, sans tenir compte du taux d’inflation annuel!

quebechebdo 1 mai 2012

Pourquoi ne pas déplacer le conseil général du PLQ dans le Grand Nord?

30 avril 2012

Le conseil général du Parti libéral du Québec, qui se tiendra les 4, 5 et 6 mai, sera déplacé de Montréal à Victoriaville :

"Le conseil général devait avoir lieu au Centre Mont-Royal, qui est en plein coeur de centre-ville, dans des rues exiguës où il aurait été possible de bloquer l'accès à nos membres. Le but n'est pas d'empêcher les gens de manifester. On sait que les étudiants seront là aussi à Victoriaville. On veut seulement s'assurer que nos membres aient accès au conseil général", a expliqué Michel Rochette, directeur des communications du Parti.

Pour paraphraser notre premier ministre dans son talent reconnu pour lancer des blagues « hors contexte », pourquoi ne pas déplacer le conseil général du PLQ dans la Grand Nord? En agissant de la sorte, les délégués pourraient discuter librement de leur stratégie électorale à l’abri des regards indiscrets tout en se remplissant les poumons de l’air frais du Nord québécois!

quebechebdo 30 avril 2012

Vigile…un arbre à la hauteur de son histoire

29 avril 2012

À la suite de Richard Le Hir, je me permets d’ajouter humblement mon p’tit grain d’sel à son invitation à souscrire au financement de Vigile en vous racontant cette petite histoire…

Il était une fois, sur un immense terrain occupé par des arbres centenaires et enracinés profondément, un arbuste qui fut planté à l’initiative d’un homme, imbu de l’idée de le voir grandir dans toute sa vigueur et sa spécificité.

Avec le temps, l’arbuste crût grâce aux bons soins de cet homme déterminé qui contemplait à chaque printemps l’éclosion des bourgeons, alimentés par un sol bien engraissé, par les pluies bienfaisantes et les rayons de soleil générateurs, suscités par l’engouement de celui qui l’avait planté.

Après plusieurs années, l’arbuste devint un arbre grâce à la ténacité de son créateur qui, avec confiance et fierté, continua résolument l’entretien de son arbre, respectant religieusement la tradition qui avait contribué à sa croissance, à savoir un entretien rigoureux et respectueux de son essence.

Contre vents et marées, l’arbre continua son ascension, malgré l’apparition impromptue de quelques branches plutôt sinueuses lui conférant, somme toute, une couleur tout à fait particulière par rapport à ceux qui l’entouraient.

D’autres arbres émergèrent des terres non loin de lui, plantés par des présumés horticulteurs mais, année après année, la cime de l’aîné dominait, bien assise sur un tronc robuste, généreusement nourri par ses racines.

Même si certains printemps se montraient moins généreux, notre infatigable horticulteur persista à lui prodiguer les soins nécessaires, malgré certains différends, autour de lui, sur les moyens à utiliser pour maintenir sa vigueur.

Puis un jour, les présumés horticulteurs, poussés par la jalousie et l’envie, ont tenté malicieusement de mettre fin aux jours de l’arbre gigantesque qui commençait à porter dangereusement ombrage à la croissance de leurs propres arbres. 

Heureusement, grâce à la persévérance de l’horticulteur et la collaboration de l’équipe de fidèles assistants qu’il s’est adjointe avec les années, l’arbre, fièrement et avec droiture, réussit encore aujourd’hui, malgré la tourmente provoquée par les attaques répétées de ses dénigreurs, à continuer d’accueillir des milliers d’oiseaux sur ses branches et à se maintenir, dans toute sa majesté…à la hauteur de son histoire !

vigile.net tribune libre 29 avril 2012

Commentaire:

"Excellent, très beau et juste. J'étais caché comme un oiseau sur une branche dans l'arbre et je vous écoutais.

Un jour,le beau jour, du pique-nique de la nation sous l'arbre vénérable du pays.

Jean"

vigile.net tribune libre 29 avril 2012



Des constats d’infraction contestés

29 avril 2012

Dans la lignée des interventions policières contre les manifestants étudiants qui les opposent au gouvernement Charest dans le dossier de la hausse des droits de scolarité, la dernière en liste a trait à l’arrestation de 81 manifestants le 27 avril sur la Grande-Allée à Québec, dont parmi eux, plusieurs adultes venus appuyer les étudiants ainsi que des représentants du milieu communautaire et syndical.

Compte tenu que le droit de manifester est garanti à toute personne en vertu de l’article 3 de la Charte des droits et libertés du Québec, laquelle prévaut sur le code la sécurité routière, invoquée par la police pour justifier ces arrestations, plusieurs de ces 81 personnes arrêtées se sont adressées à la section Québec de la Ligue des droits et libertés dans le but de contester les constats d’infraction de 494$ reçus au moment de leur arrestation.

Le plus curieux dans cette affaire, c’est que ces manifestants ont appris des policiers, après leur séquestration, que la manifestation était « illégale », ce qui a eu comme conséquence qu’aucun des manifestants n’a pu se disperser pour éviter la confrontation avec les policiers.

En termes clairs, des manifestants sont arrêtés et condamnés à une amende substantielle avant même qu’ils ne soient informés par les forces policières des raisons de leur arrestation et des conséquences pécuniaires qu’elle entraîne!

Et le gouvernement continue de brandir la violence et la provocation de la part des étudiants…à vous de porter votre propre jugement!

quebechebdo 29 avril 2012

 

 

L’heure est à la consultation des membres

28 avril 2012

La dernière proposition du gouvernement Charest dans le conflit qui les oppose aux étudiants sur la hausse des droits de scolarité, en étalant sur sept ans au lieu de cinq l’augmentation, équivaut à faire passer cette hausse de 1625$ à 1778$, considérant un taux d’inflation annuel de 1,02%, bref à changer quatre trente sous pour 75¢.

Une proposition qui suscite des réactions préliminaires plutôt froides de la part des associations étudiantes et qui ne laissent pas présager un règlement prochain du conflit, comme en font foi les déclarations des trois leaders :

« On va prendre le temps d’analyser ça plus en profondeur [...] mais les échos que j’ai pour l’instant de la part de nos associations étudiantes, c’est que ce ne sera pas suffisant », a dit le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Léo Bureau-Blouin.

En rendant publiques ses propositions, le gouvernement a voulu faire de la « politique sur le dos des étudiants », a fait valoir de son côté la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ). L’offre du gouvernement ne suffira pas à clore le débat, a soutenu la présidente Martine Desjardins.

« On va prendre un peu de recul pour s’asseoir avec nos associations étudiantes pour voir quelles sont les sorties de crise et on demande au gouvernement Charest de cesser de jouer à relancer la balle. Il doit regarder la réalité et s’asseoir avec nous lorsque tout le monde aura repris son calme…Les étudiants vont devoir se prononcer dans leurs assemblées générales. Si le gouvernement pense que les étudiants vont retourner facilement en classe, je crois qu’il se trompe. Je n’ai pas l’impression que ça va calmer le climat. Visiblement, on ne veut pas écouter les étudiants ».

Quant à la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), sa réaction a été lapidaire. Le gouvernement n’a pas saisi l’ampleur de la grogne étudiante, a soutenu la co-porte-parole Jeanne Reynolds.

« On constate que le premier ministre et sa ministre de l’Éducation ne prennent pas en considération les revendications des étudiants. On verra pour la suite des choses, mais il est clair que le gouvernement n’a pas saisi la signification de notre mouvement ».

Quoiqu’il en soit, même si je suis en complet désaccord avec le contenu de la proposition et la négociation sur la « place publique », telle qu’utilisée de façon démagogique par Jean Charest, les représentants étudiants doivent, à mon sens, présenter l’offre gouvernementale à leurs membres, tout au moins par respect pour la démocratie dont ils se réclament !

vigile.net tribune libre 28 avril 2012
quebechebdo 28 avril 2012

Collision entre deux points de vue légitimes

27 avril 2012

La décision de la Commission des relations du travail dans le conflit qui oppose la Ville de Québec à ses cols bleus est sans équivoque : la CRT ordonne à la Ville de Québec de mettre fin au lock-out illégal en cours et de rappeler immédiatement au travail selon leur horaire habituel tous les salariés cols bleus auxiliaires mis à pied le 17 avril 2012.

Dans sa décision, la CRT fait ressortir, à mon sens, l’utilisation d’une stratégie pernicieuse de la part de la Ville. À titre d’exemples, je vous cite deux extraits de la décision de la Commission :

«Le geste posé par la Ville est clair et sans équivoque pour la Commission. Ces 162 mises à pied peuvent être qualifiées de mesures de représailles au sens de l’article 14 du Code, car elles surviennent au moment même où les cols bleus auxiliaires s’apprêtent, avec leurs collègues de travail, à exercer leur droit de vote pour l’obtention d’un mandat de grève, et ce, conformément à l’avis de convocation à une assemblée générale du syndicat. Cet avis de convocation était connu de la Ville qui l’a d’ailleurs admis.»

«Il est vrai qu’une ville prend plusieurs décisions dans des délais très courts, mais la Commission ne peut écarter le fait que la motivation de la Ville à mettre à pied 162 cols bleus auxiliaires est directement liée à l’annonce de la tenue de cette assemblée générale.»

Les parties devront maintenant retourner à la table de négociations…D’un côté, Régis Labeaume vise le contrôle des taxes, alléguant une meilleure qualité de services pour les citoyens, de l’autre Marc-André Dufour, le président des cols bleus, évoque les acquis de la convention collective et les régimes de retraite des employés.

Un débat d’où ne sortiront ni « bons » ni « méchants » mais une collision entre deux points de vue légitimes…mais difficilement conciliables!

quebechebdo 27 avril 2012

« Le goût du pouvoir avant le désir de réaliser la souveraineté » (2)

27 avril 2012

Mon billet, inspiré de l’entrevue de Simon Boivin avec Jean-Martin Aussant dans Le Soleil du 25 avril, et paru sur cette tribune libre le même jour sous le titre « Le goût du pouvoir avant le désir de réaliser la souveraineté » a suscité plusieurs commentaires.

Parmi ceux-ci, un échange de propos s’ensuivit entre Daniel Breton et Jean-Martin Aussant. D’abord, la phrase controversée qui semble avoir jeté la confusion :

« Si on parle de souveraineté comme telle, je suis convaincu que ce serait plus néfaste un gouvernement souverainiste qui ne la fait pas que d’attendre une élection de plus » (dixit Jean-Martin Aussant dans son entrevue dans Le Soleil)

Pour le bénéfice des lecteurs de Vigile, j’ai cru opportun de reprendre en continu les propos des deux interlocuteurs pour que vous puissiez apporter votre propre jugement sur la teneur de la discussion :

« Jean-Martin,

Donc, doit-on comprendre que tu préfères que Charest se fasse élire pour :

- qu’il finisse de nous déposséder du contrôle de notre énergie et de nos ressources, 
- qu’il aille de l’avant avec le projet Gentilly 2 
- qu’il aille de l’avant avec les gaz de schiste 
- qu’il augmente les frais de scolarité universitaire de 75% 
- qu’il continue ses magouilles avec des firmes de génie-conseil et des entreprises de construction 
- qu’il travaille CONTRE le bien commun 
- etc, etc, etc… … plutôt que le PQ se fasse élire ?

Est-ce bien ce qu’on doit comprendre et que les centaines de milliers de gens qui ont marché dimanche le 22 avril doivent comprendre ?

Daniel Breton »

La réponse de Jean-Martin Aussant :

« Salut Daniel,

Si tu donnes un jour des entrevues comme député, tu verras que les articles ne sortent pas toujours comme tu le souhaiteras.

Néanmoins, concernant l’article du Soleil de ce matin, je ne pense pas que j’y sois mal cité. À voir certaines réactions, l’article est probablement mal « lu ». On y parle du strict point de vue de la cause souverainiste. Oui, je pense qu’un gouvernement qui se dit souverainiste, mais qui ferait un ou deux mandats au pouvoir en se contentant de mieux gérer la « province » que les libéraux, serait pire pour la cause souverainiste que d’attendre une élection de plus qu’un gouvernement vraiment décidé à la faire soit élu. Sinon ça ferait dire à bien des gens que, finalement, la cause est dépassée puisque même ceux qui l’appuient ne font rien pour.

Ceci dit, tu ne me verras jamais prôner la réélection d’un gouvernement fédéraliste, détrompe-toi. Le Québec a besoin d’un gouvernement qui a confiance en sa capacité et celle des Québécois de bien se gérer eux-mêmes. C’est un gouvernement souverainiste ça. Mais pas seulement en apparence : en geste et en discours aussi. Avoir le courage de se présenter devant l’électorat en lui disant qu’on veut être élu pour faire du Québec un pays. Option nationale l’a, ce courage. Le PQ, non. Si tu es maintenant trop partisan pour voir la nuance, tu m’en vois déçu. J’espère que tu n’entreras jamais dans le moule des vieux partis de la politique calculatrice et alterniste.

De plus, je constate avec surprise que tu n’as même pas lu la plateforme d’Option nationale avant de te prononcer. Sur à peu près tous les points que tu mentionnes, Option nationale va plus loin que tes nouveaux amis. Option nationale est en faveur de la nationalisation des ressources naturelles, le PQ non. Option nationale veut aussi un moratoire sur les gaz de schiste. Option nationale veut aussi le déclassement de Gentilly-2 qui se trouve dans mon propre comté, ça c’est du courage politique que tes amis n’avaient même pas avant que je les convainque moi-même de se tenir debout pour le déclassement, même si je devais en perdre mon comté. Option nationale est en faveur d’un financement totalement public des partis politiques, le PQ non. Option nationale est en faveur de la gratuité scolaire de la maternelle au doctorat, le PQ non. En veux-tu d’autres comme ça ?

J’étais parmi les milliers de personnes dimanche avec des centaines de collègues d’Option nationale, pour toutes les raisons que j’énumère ci-dessus. Alors fais-moi plaisir mon chum, arrête tes leçons de morale et continue ton bon travail de vulgarisation sur le plan de l’énergie et des ressources naturelles au lieu de faire ta campagne électorale contre moi avec tout ce monde en CC, que je salue bien bas.

Je te mets en pièce jointe la plateforme d’Option nationale. Tu verras que ce dont le Québec a besoin s’y retrouve et pas à peu près. Ça prend juste le courage de se présenter avec cette plateforme, plutôt que d’édulcorer certains points pour augmenter ses chances de gagner. Pas mon genre, et j’assumerai le choix des électeurs.

Porte-toi bien,

JMA »

Enfin, une de mes réactions au commentaire de Daniel Breton :

« Il y a des limites à interpréter bassement les propos de quelqu’un ! Jean-Martin Aussant parlait d’un éventuel gouvernement péquiste qui continuerait de piétiner dans la stagnation et non pas de la promotion des dossiers rétrogrades du gouvernement Charest dont fait allusion M. Breton ! SVP…il serait peut-être temps que l’intégrité de Jean-Martin Aussant fasse enfin partie du discours politique au lieu de maintenir un discours aussi pernicieux ! »

vigile.net tribune libre 27 avril 2012

Commentaire:

"Bravo monsieur Marineau pour cet article de FOND, car c'est exactement ça la question que les Québécois(e)s doivent se poser lors de l'élection qui s'avère imminente. Et c'est la mission des indépendantistes de convaincre ces mêmes Québécois(e)s que SEULE L'INDÉPENDANCE – c'est à dire la totalité des pouvoirs au seul État qui défend leurs intérêts – mettra fin au pillage, au sabotage et au démembrement de l'État québécois."

Luc Bertrand
vigile.net tribune libre 30 avril 2012 

 

La maîtresse d’école punit les « pas fins »!

27 avril 2012

La ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, a annoncé l'exclusion de la CLASSE des discussions sur la hausse des droits de scolarité, en raison du non-respect de la trêve en affichant sur son site Internet des manifestations à caractère perturbateur.

Pour le porte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois, Line Beauchamp «vient jeter de l'huile sur le feu» en prenant cette décision.

«Le prétexte cache la vraie raison : Mme Beauchamp ne veut pas parler de la hausse des droits de scolarité et c'est pour ça qu'elle exclut la CLASSE».

Pourtant, la CLASSE a rappelé qu'elle n'avait pas organisé la manifestation de mardi soir à Montréal. Au sujet du site Internet, l'organisation étudiante a précisé qu'il s'agit d'une plate-forme de diffusion ouverte où diverses manifestations peuvent être annoncées.

En réalité, tel qu’exprimé fort à propos par Marie-Andrée Chouinard dans son éditorial sous le titre « Grève étudiante- Machiavel à Québec » dans Le Devoir du 26 avril : « La ministre vilipende la confusion entretenue par la CLASSE, qui négocie et manifeste en même temps, et lui montre le coin de la punition pour un babillard contenant des gros mots, voilà la vérité. »

Fort heureusement pour le maintien de la solidarité au sein du mouvement étudiant, les représentants de la FEUQ et de la FECQ ont décidé de suspendre leur participation aux discussions avec le gouvernement à la suite de la décision de la ministre.

«On est extrêmement déçus que la ministre court-circuite le processus de négociations, a réagi le président de la FECQ, Léo Bureau-Blouin. On cherche des excuses pour éjecter certains des acteurs.»

De son côté, la présidente de la FEUQ, Martine Desjardins, a déclaré: «La ministre doit arrêter de jouer à la maîtresse d'école et à attribuer des punitions.»

Et j’ajouterais que le gouvernement Charest doit cesser de faire l’autruche devant l’ampleur du débat de société suscité par le mouvement étudiant et surtout qu’il fasse preuve de cohérence dans son discours envers la « trêve » demandée aux étudiants sur les incidents « perturbateurs » qu’ils provoquent en exigeant une « trêve » sur les injonctions scandaleuses allant à l’encontre des votes exprimés démocratiquement par les associations étudiantes et les attitudes bassement répressives des forces policières.

De toute façon, soyons réalistes…y-a-t-il quelqu’un de foncièrement sensé qui aurait cru que l’invitation de la ministre dépasse les intérêts purement partisans d’un gouvernement en fin de mandat cherchant une porte de sortie « honorable » dans le conflit qui l’oppose aux étudiants?

Cette porte de sortie, c’est de prendre en otage la CLASSE, une tête de Turc idéale pour recevoir le blâme odieux de faire obstacle aux « supposées » négociations. Les associations étudiantes ont manifesté leur bonne foi en acceptant l’invitation de Line Beauchamp…peut-on en dire autant de la ministre? Il me semble que poser la question, c’est y répondre!

quebechebdo 26 avril 2012 

La carte secrète du gouvernement…un deux de pique!

26 avril 2012

Devant l’impasse dans le conflit qui oppose les étudiants au gouvernement dans le dossier de la hausse des droits de scolarité, le gouvernement Charest serait prêt à « faire un pas » en se montrant « ouvert » à étaler la hausse sur six ou sept ans au lieu de cinq sans reculer pour autant sur l’augmentation de 1625$.

Telle est la carte secrète que le gouvernement se garderait dans la manche! Imaginez la situation…le conflit porte essentiellement sur la hausse des droits de scolarité contre laquelle, depuis le début, la très grande majorité des étudiants, qu’ils soient pour ou contre la grève comme moyen de pression, se sont déjà prononcés.

Et, on voudrait nous faire gober qu’en étalant la hausse sur un nombre d’années supérieures, les étudiants s’en retourneraient docilement sur les bancs d’école! J’ai plutôt l’impression qu’advenant le cas où Line Beauchamp sorte de sa manche une telle carte secrète à valeur de deux de pique, elle devra brasser à nouveau son jeu de cartes pour en sortir un meilleur atout!

À mon sens, la carte gagnante repose sur deux prémisses, à savoir le gel temporaire pour un an des droits de scolarité et la création immédiate d’une commission parlementaire spéciale sur la gestion des universités sur laquelle siégeraient, entre autres, des représentants étudiants.

quebechebdo 26 avril 2012