La maîtresse d’école punit les « pas fins »!
La ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, a annoncé l'exclusion de la CLASSE des discussions sur la hausse des droits de scolarité, en raison du non-respect de la trêve en affichant sur son site Internet des manifestations à caractère perturbateur.
Pour le porte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois, Line Beauchamp «vient jeter de l'huile sur le feu» en prenant cette décision.
«Le prétexte cache la vraie raison : Mme Beauchamp ne veut pas parler de la hausse des droits de scolarité et c'est pour ça qu'elle exclut la CLASSE».
Pourtant, la CLASSE a rappelé qu'elle n'avait pas organisé la manifestation de mardi soir à Montréal. Au sujet du site Internet, l'organisation étudiante a précisé qu'il s'agit d'une plate-forme de diffusion ouverte où diverses manifestations peuvent être annoncées.
En réalité, tel qu’exprimé fort à propos par Marie-Andrée Chouinard dans son éditorial sous le titre « Grève étudiante- Machiavel à Québec » dans Le Devoir du 26 avril : « La ministre vilipende la confusion entretenue par la CLASSE, qui négocie et manifeste en même temps, et lui montre le coin de la punition pour un babillard contenant des gros mots, voilà la vérité. »
Fort heureusement pour le maintien de la solidarité au sein du mouvement étudiant, les représentants de la FEUQ et de la FECQ ont décidé de suspendre leur participation aux discussions avec le gouvernement à la suite de la décision de la ministre.
«On est extrêmement déçus que la ministre court-circuite le processus de négociations, a réagi le président de la FECQ, Léo Bureau-Blouin. On cherche des excuses pour éjecter certains des acteurs.»
De son côté, la présidente de la FEUQ, Martine Desjardins, a déclaré: «La ministre doit arrêter de jouer à la maîtresse d'école et à attribuer des punitions.»
Et j’ajouterais que le gouvernement Charest doit cesser de faire l’autruche devant l’ampleur du débat de société suscité par le mouvement étudiant et surtout qu’il fasse preuve de cohérence dans son discours envers la « trêve » demandée aux étudiants sur les incidents « perturbateurs » qu’ils provoquent en exigeant une « trêve » sur les injonctions scandaleuses allant à l’encontre des votes exprimés démocratiquement par les associations étudiantes et les attitudes bassement répressives des forces policières.
De toute façon, soyons réalistes…y-a-t-il quelqu’un de foncièrement sensé qui aurait cru que l’invitation de la ministre dépasse les intérêts purement partisans d’un gouvernement en fin de mandat cherchant une porte de sortie « honorable » dans le conflit qui l’oppose aux étudiants?
Cette porte de sortie, c’est de prendre en otage la CLASSE, une tête de Turc idéale pour recevoir le blâme odieux de faire obstacle aux « supposées » négociations. Les associations étudiantes ont manifesté leur bonne foi en acceptant l’invitation de Line Beauchamp…peut-on en dire autant de la ministre? Il me semble que poser la question, c’est y répondre!
quebechebdo 26 avril 2012
Henri Marineau

