Retour sur la stratégie du mouvement étudiant

18 juillet 2012

Un article paru dans Le Devoir du 18 juillet sous le titre « Vote des jeunes – De la rue à l’isoloir : pourquoi la discipline ? » et signé par Marcos Ancelovici et Francis Dupuis-Déri, membres du Groupe de recherche sur l’action collective (GRAC), ramène à nouveau sur la sellette la stratégie que devraient adopter les étudiants face à l’avenir de leurs revendications envers les politiques du gouvernement Charest à l’approche du prochain scrutin.

À la lecture de l’argumentaire de Mm. Ancelovici et Dupuis-Déri, je n’ai pu que constater la convergence de leurs propos avec ceux que j’invoquais sur cette tribune dans mon article du 12 juillet sous le titre « Et si les étudiants n’entraient pas en classe ! »

Mon intention n’est pas ici de faire preuve de vantardise mais plutôt d’ajouter plus de poids aux effets pervers de ce « discours paternaliste et disciplinaire » des supposés « alliés » du mouvement étudiant qui conseillent aux manifestants étudiants de « cesser toute turbulence et d’attendre les élections pour que la question de la hausse des droits de scolarité soit tranchée par les urnes ».

« Or, ces alliés du mouvement étudiant, insistent les auteurs, proposent plutôt de reprendre le discours de la droite et du gouvernement : taisez-vous pour qu’on puisse voter dans le calme ! Pourquoi ajouter sa voix à la chorale néo-libérale, qui compte déjà tant de choristes qui ont pignon sur rue dans les médias ? »

Enfin, il m’apparaît éclairant et pertinent de conclure sur ces extraits qui, à mon sens, ferment la boucle sur l’importance, non seulement stratégique, mais aussi sociologique, de maintenir le mouvement de la rue :

« Le pouvoir de la rue ne se construit pas contre la démocratie ; il en est à la fois l’incarnation et le fondement. Le mouvement étudiant l’avait compris avant qu’on lui fasse la leçon… Depuis des siècles, les mouvements sociaux proposent une autre façon de penser et de vivre la démocratie, soit de manière directe en comités, en assemblées et dans la rue… Prendre le risque d’une défaite ? C’est le pari désespérant que font tous les matins en se levant beaucoup de militants, car les victoires, grandes et petites, des mouvements sociaux et leurs effets ne se réduisent pas au nombre de députés élus. La démocratie est un vain mot si les politiciens en ont le monopole. »

En conséquence, dans toute cette polémique qui entoure les débats sur les différentes stratégies que devraient adopter les étudiants en août, le carré rouge doit demeurer à l’écart de toute allégeance politique et continuer d’incarner les aspirations du citoyen de la rue, le véritable catalyseur qui peut vraiment donner vie à la démocratie !

vigile.net tribune libre 18 juillet 2012
quebechebdo 18 juillet 2012 "Pour que vive vraiment la démocratie!" (version modifiée) 

Église cherche preneur

17 juillet 2012

Inaugurée en 1921 et fermée au culte depuis 1997, l’église Saint-Cœur-de-Marie à Québec, achetée en 2011 par le promoteur immobilier Sébastien Leboeuf, montre des signes d’infiltrations d’eau inquiétantes et de nombreuse traces de maçonnerie fissurée. C’est ce que révèle la visite d’un architecte mandaté par la Coalition Héritage Québec.

Et, pendant que ce joyau d’architecture d’influence byzantine unique et exceptionnelle croupit lamentablement sous le poids des années et s’achemine tout droit vers la démolition, les deux principaux intéressés, à savoir le propriétaire et les autorités de la ville de Québec, se renvoient la balle. Le premier, affirmant qu’il met tout en œuvre pour maintenir le bâtiment sécuritaire, les seconds, alléguant la difficulté d’intervenir dans un dossier sur lequel ils n’ont aucun droit de gérance.

Pourtant, en janvier 2011, Régis Labeaume s’était opposé au projet de construction d’une tour de condominiums de luxe présenté par le promoteur, prétextant qu’il ne voulait pas que l’église soit démolie. Il serait peut-être temps que les deux intervenants s’assoient ensemble et trouvent preneur pour cette richesse architecturale qui contribue grandement à la beauté du paysage de la Grande-Allée.

quebechebdo 17 juillet 2012
Le Devoir 18 juillet 2012
cyberpresse.ca 22 juillet 2012

« Qu’entendez-vous faire pour avoir meilleure presse?

17 juillet 2012

Le 23 avril 2012, je faisais parvenir ce message à Jean-Martin Aussant :

« Bonsoir M. Aussant,

Un article publié le 23 avril sur la tribune libre de Vigile sous le titre « Option nationale : de l’omerta à la désinformation » m’a laissé perplexe quant à la difficulté de visibilité d’Option nationale dans les médias. Cet article se terminait ainsi :

« Tout s’explique maintenant : Aussant et ON n’ont pas été ignorés parce qu’ils étaient des « petits joueurs ». Ils l’ont été parce qu’ils sont considérés comme dangereux par La Presse est les autres médias fédéralistes. Lorsqu’il semble possible d’associer ce parti à quelque chose de négatif, on ne se gêne pas pour le faire, même si pour cela il faut tirer l’élastique de la mauvaise foi à son maximum. Mais lorsque vient le temps de présenter le parti comme une alternative crédible, les journalistes manquent à l’appel, sauf dans de rares exceptions. Que voulez-vous, il ne faudrait surtout pas que le public comprenne que la supposée apathie des jeunes envers la souveraineté est un mythe. Il ne faudrait pas non plus qu’on découvre en J-M Aussant un homme politique intègre et rationnel et dont le discours sur la souveraineté est cohérent et convaincant… Bienvenue au Québec, le royaume de la désinformation. »

En ce qui me concerne, je demeure convaincu que vous avez en main la clé pour conduire le Québec à son indépendance et je profite de toutes les tribunes qui me sont offertes pour le proclamer haut et fort. Toutefois, je me dois aussi de constater que les propos développés par l’auteur de l’article dont je fais mention font ressortir une triste vérité dont Option nationale doit se défaire si votre parti espère gagner la faveur populaire.

Conscient que vous avez sûrement beaucoup de pain sur la planche, j’ose quand même vous soumettre cette question qui m’apparaît cruciale pour l’avenir de votre parti et à laquelle j’apprécierais obtenir une réponse : qu’entendez-vous faire pour avoir meilleure presse ?

Henri Marineau
Québec
Membre officiel d’Option nationale »

Dès le lendemain, soit le 24 avril, M. Aussant me répondait en ces termes :

« Bonsoir M. Marineau,

Je tenterai de vous répondre le plus rapidement possible, tenant compte que la correspondance est extrêmement volumineuse. Merci et au plaisir, JMA »

Comme je n’avais obtenu aucune réponse après trois semaines, j’ai fait parvenir ce rappel à JMA le 15 mai :

« Bonsoir M. Aussant,

Le 23 avril 2012, je vous faisais parvenir un message électronique auquel était joint un texte portant sur la question "Qu’entendez-vous faire pour avoir meilleure presse ?"

Dès le lendemain, vous m’avez fait parvenir une réponse invoquant votre correspondance volumineuse…ce que je ne remets nullement en question !

Toutefois, dans le contexte d’élections imminentes au Québec, il m’apparaît que ma question revêt un certain caractère prioritaire !

En tout respect pour la lourdeur de votre correspondance, je me permets, dans un tel contexte, d’insister pour obtenir de vous une réponse et cela, pour le bien grand bien de votre parti et de vos sympathisants qui se réjouiraient sûrement de votre préoccupation à susciter "votre juste place" dans les médias.

Au plaisir,
Henri Marineau »

Eh bien, selon un article paru dans la Presse canadienne le 15 juillet, il semble que le chef d’ON ait choisi son camp. En effet, Option nationale entend utiliser à profusion les médias sociaux pour transmettre son message, advenant le déclenchement d’élections générales au Québec dans les prochains jours…une stratégie tout à fait appropriée compte tenu que sa formation, créée il y a à peine sept mois, ne peut rivaliser avec les vieux partis au chapitre du financement.

En ce qui me concerne, je n’ai pas du tout l’intention de jouer la vierge offensée et, peu importe la source de la réponse à ma question initiale, la stratégie adoptée par Jean-Martin Aussant y répond de façon satisfaisante puisqu’elle reflète le souci du chef d’ON de mettre sur la carte son parti, via des outils de communication modernes, à la veille du déclenchement d’élections au Québec, l’objectif prioritaire que je visais par ma requête.

vigile.net tribune libre 17 juillet 2012

Investir dès maintenant pour 2016

15 juillet 2012

Récemment, j’ai participé à une conversation avec un de mes amis, un indépendantiste de longue date, sur l’ambiguïté qu’il vivait quant à la place où il poserait son X lorsqu’il se présentera dans l’isoloir lors du prochain scrutin au Québec, un échange-type qui incarne, à mon sens, le dilemme dans lequel seront plongés des centaines de milliers de Québécois au moment de faire leur choix.

Je pourrais résumer le problème de mon interlocuteur en ces termes : d’un côté, il souhaite expulser Charest du décor politique du Québec, de l’autre, il n’a aucunement confiance en Pauline Marois pour nous conduire vers notre indépendance. Sa question est cruciale : « pour qui vais-je voter ? »

Ma réponse se résume ainsi : « Selon moi, tu as deux choix…ou tu votes pour le PQ-Marois et tu piétines encore un minimum de quatre ans, ou tu investis dès maintenant pour 2016 et tu votes pour le candidat d’Option nationale de ton comté, un parti dont la plate-forme s’affiche clairement pour un processus d’accès à notre indépendance.

Mais, réplique mon ami, « mon vote ne servira à rien puisque nous sommes convaincus qu’ON ne prendra pas le pouvoir ! » « Effectivement, lui dis-je, mais ton vote, additionné à des milliers d’autres, servira tout au moins à permettre à ce parti d’asseoir ses assises pour un prochain scrutin…en réalité, tu sais, il existe un vieux proverbe qui semble s’être enraciné chez bon nombre de Québécois, à savoir « faute de pain, on mange de la galette ! ». Que dirais-tu de ne pas te contenter de galette et plutôt de donner la chance au pain de lever, quitte à le sortir du four dans quatre ans ? » Puis, le silence se fit…j’avais essayé de semer la graine…il m’a semblé qu’elle avait tombé dans une bonne terre !

À vous toutes et tous qui vous posez la même question que mon copain, je vous lance cette invitation : au lieu de viser le court terme, pourquoi ne pas investir dans le moyen terme ? De toute façon, les quatre prochaines années ne nous conduiront pas à notre autonomie. Le PQ représente le moindre mal, Option nationale incarne l’avenir.

Tout comme mon ami, dans quatre ans, nous serons presque septuagénaires…mais, en permettant à l’équipe dynamique d’un leader intègre en la personne de Jean-Martin Aussant d’établir des bases solides auprès de l’électorat québécois dès maintenant, nous aurons contribué peut-être à réaliser notre rêve des années ‘70, sinon, à permettre à nos enfants et nos petits-enfants de pouvoir écrire fièrement, lorsqu’on leur demandera leur nationalité sur les formulaires officiels : QUÉBÉCOIS.

Il me semble que tout Québécois qui aspire à un tel sentiment de fierté peut concéder quatre ans de pouvoir pour obtenir enfin sa propre identité sur la scène internationale !

vigile.net tribune libre 15 juillet 2012
quebechebdo 16 juillet 2012

Coupables de négligence

15 juillet 2012

Depuis le début de l’été 2012, pas moins de six (6) enfants se sont noyés dans des piscines résidentielles au Québec…un bilan désastreux dont l’une des causes, aux dires de certains spécialistes, seraient attribuable au règlement sur la sécurité des piscines résidentielles, lequel ne s’applique pas sur les piscines installées avant 2010.

Pourtant, lorsque nous jetons un coup d’œil sur la photo de l’emplacement de la piscine où s’est déroulé le dernier drame de la noyade d’une fillette de deux ans à Saint-Rémi en Montérégie, force nous est de constater le libre accès des résidents à la piscine de cette habitation.

En conséquence, que cette piscine ait été installée avant ou après 2010, il me semble que tout adulte responsable n’a pas besoin d’un « règlement » pour l’inciter à prendre les mesures minimales de sécurité à l’accès à la piscine résidentielle, particulièrement si des enfants en bas âge vivent dans cette maison.

À mon sens, plusieurs de ces tragédies auraient pu être évitées si les propriétaires de ces résidences avaient fait preuve d’un minimum de vigilance en ce qui concerne la sécurité à assurer vis-à-vis l’accès à leur piscine…Cessons de nous rabattre sur les règlements et agissons en adultes responsables!

quebechebdo 15 juillet 2012

Et si les étudiants n’entraient pas en classe!

13 juillet 2012

À l’approche d’une campagne électorale au cours de laquelle la crise étudiante risque de devenir un enjeu majeur, les guerres de stratégies sont ouvertes. D’un côté, notre premier ministre, fin stratège, qui espère que les étudiants vont maintenir leur position concernant leur mouvement de contestation contre l’augmentation des frais de scolarité pour brandir la loi et l’ordre comme garantes de la paix sociale, de l’autre, certains analystes qui conseillent aux étudiants de rentrer en classe pour couper l’herbe sous le pied de Charest.

Et si on imaginait un autre scénario…Les étudiants continuent de manifester dans la rue tout au cours de la campagne électorale et n’entrent pas en classe à la mi-août, soit environ deux semaines avant la tenue prévisible du scrutin.

Devant une telle éventualité, je vous pose la question suivante : lesquels, entre Charest et les étudiants obtiendraient le plus de sympathie envers l’électorat ? Ceux qui maintiennent courageusement leur position ou les menaces démagogiques d’un premier ministre acculé au mur depuis des années ?

À mon sens, nous devons miser sur la clairvoyance des Québécois qui continueront de se rallier derrière le mouvement étudiant comme ils l’ont fait depuis des mois et relégueront Jean Charest dans l’antichambre des pires premiers ministres que le Québec n’ai jamais eus.

En termes clairs, si les étudiants n’entrent pas en classe comme semble le souhaiter notre champion de la stratégie bassement électoraliste, notre démagogue national risque de recevoir en plein visage l’effet boomerang de sa propre vilenie !

Le carré rouge est devenu l’incarnation du courage et de l’indignation vis-à-vis les politiques néo-libérales partisanes… quelle couleur prendrait-il s’il devait se rabaisser aux velléités des stratégies électoralistes de ceux qu’il dénonce ?

vigile.net tribune libre 12 juillet 2012
quebechebdo 13 juillet 2012

« Aidez-moi avant que je fasse une niaiserie! »

12 juillet 2012

Encore une fois, il aura fallu attendre une autre tragédie comme celle de Warwick, pour que les médias remettent le spot sur le désarroi de certains hommes aux prises avec des intentions suicidaires qui risquent d’amener leurs enfants avec eux à la suite d’une rupture amoureuse suivie de procédures judiciaires autour de la garde des enfants.

Alors s’ensuivent des appels à l’aide qu’André Beaulieu, le directeur général du centre de ressources pour hommes Auton’hommie, entend environ 700 fois par année dont 60% sont liés à une rupture amoureuse.

Difficile d’éprouver de la sympathie pour un père qui entraîne avec lui ses deux enfants dans la mort et pourtant, ose dire M. Beaulieu, « il le faudrait »…une sympathie qui devrait se traduire en amont des problèmes conjugaux, à savoir par la création de véritables services d’aide aux hommes en détresse psychologique, actuellement insuffisants et inadéquats, poursuit le dg de l’organisme de Limoilou.

M. Beaulieu est formel, les ressources manquent à l’appel de ces hommes désemparés…Il est plus que temps que les gouvernants établissent la communication avec ces hommes pour qu’ils puissent être aidés avant de « faire une niaiserie » comme Jocelyn Marcoux, le père de Lindsey et Karen!

quebechebdo 12 juillet 2012
Le Devoir 13 juillet 2012 "Le drame de Warwick"

Prendre à bras-le-corps l’animal politique

11 juillet 2012

Dans l’hypothèse fort réaliste d’un déclenchement d’élections au mois d’août, les associations étudiantes se doivent de se pencher sur la meilleure stratégie à adopter pour contrer les effets outranciers de la loi 78 du gouvernement Charest et faire en sorte que le carré rouge ne meure pas au feuilleton des annales de la scène politique québécoise.

Au cours des dernières semaines, plusieurs commentaires ont fait état, et à raison, des intentions de Charest de faire porter l’odieux du climat tendu au Québec sur les épaules des étudiants et tirer profit de la sorte de ses politiques prônant la loi et l’ordre au bénéfice du bien-être de l’ensemble des citoyens, une attitude qui semble profiter au gouvernement qui continue de récolter la sympathie d’une bonne partie de la population si on se fie aux derniers sondages.

À titre d’illustration de tels commentaires, je retiens celui de Réjean Bergeron dans son opinion publiée le 11 juillet dans Le Devoir sous le titre « Carré rouge : maintenant, on fait quoi ? » dont voici un extrait :

« Alors, quelle stratégie les associations étudiantes vont-elles adopter lors de la reprise des cours au mois d’août ? Vont-elles répéter les mêmes tactiques qui consistent à bloquer l’entrée des cégeps et des universités et ressortir dans la rue avec une loi 78 toujours en vigueur ? Ce serait là, à mon avis, une stratégie risquée qui permettrait au gouvernement Charest de marquer des points dans l’opinion publique, augmentant ainsi ses chances de se faire réélire.

Le mouvement de contestation doit penser stratégie et se montrer plus intelligent que son adversaire. Le carré rouge, l’indignation, les casseroles et les manifestations monstres représentent de merveilleux symboles, mais ils ne suffisent plus dans le contexte actuel. Je sais, plusieurs contestataires méprisent la politique, ils préfèrent s’en tenir à distance, bien drapés du voile de la Vertu et des impératifs catégoriques.

Mais de grands principes ne changent pas le monde s’ils ne s’incarnent pas dans l’action à travers les institutions en place, même si c’est pour les changer. C’est pourquoi le mouvement de contestation doit dorénavant prendre à bras-le-corps l’animal politique, occuper la scène électorale à la manière d’un cheval de Troie afin de faire changer les choses de l’intérieur. »

Pour « prendre à bras-le-corps l’animal politique », M. Bergeron propose, entre autres moyens, de s’assurer que chaque étudiant s’inscrive sur la liste électorale et se présente aux urnes, s’implique concrètement dans l’association politique de sa circonscription et que les associations étudiantes utilisent les médias sociaux comme outils de communication.

Même si je juge pertinente une telle démarche qui aurait sans aucun doute un effet positif sur le terrain électoral, je crois qu’elle ne doit pas contrecarrer la force mobilisatrice engendrée par les manifestations de la rue dont le mérite est de ramener le débat au niveau du citoyen et qui demeurent encore, selon moi, la meilleure stratégie pour faire résonner le mécontentement de la population envers le gouvernement Charest.

En conclusion, je dis oui à l’implication sur le terrain tout en persistant dans le tintamarre des casseroles, à défaut de quoi, le carré rouge risque de servir les intérêts des « rouges » pour qui le « terrain » est traditionnellement leur champ de bataille de prédilection !

vigile.net tribune libre 11 juillet 2012
quebechebdo 12 juillet 2012 "Quelle stratégie les étudiants doivent-ils adopter au mois d'août?"

Aux frontières de l’intimidation

11 juillet 2012

Les conclusions du coroner Jean-François Dorval concernant le suicide de la jeune Marjorie Raymond soulèvent selon moi de sérieuses interrogations, en particulier sur l'absence de recommandations du coroner relativement à l'intimidation répétée dont a été victime Marjorie.

À mon sens, Jean-François Dorval ne fait que globaliser un ensemble de facteurs ayant contribué au suicide de l’adolescente, une démarche qui a pour effet pervers de noyer les séquelles de l’intimidation dans la mer de ses arguments.

En réalité, des conclusions qui aboutissent à une dangereuse banalisation de l’intimidation et qui risquent de contribuer au statu quo dévastateur de ces agissements de la part des jeunes dans nos écoles.

Sans vouloir affirmer que Marjorie Raymond n’éprouvait pas de problèmes personnels importants, il m’apparaît que son suicide ne peut se soustraire aux conséquences dramatiques soumises « aux frontières de l’intimidation » et, qu’en ce sens, des moyens concrets doivent être mis en place pour contrer ce fléau pernicieux. 

quebechebdo 11 juillet 2012
cyberpresse.ca 15 juillet 2012

La fierté d’un peuple

10 juillet 2012

En visionnant le reportage de la Sagouine présenté sur RDI le 8 juillet dans le cadre de la série « Tout le monde en parlait », j’ai été littéralement ébloui par le rayonnement qui émanait des visages d’Antonine Maillet et de Viola Leger lorsqu’elles parlaient avec fierté de l’Acadie et de ses habitants.

Connaissant, pour en avoir entendu parler souvent, les talents littéraires de l’auteure, j’ai voulu en connaître davantage sur le personnage de la Sagouine. Viola Léger voit le jour à Fitchburg au Massachusetts, en 1929. Après leur périple américain, les parents de Viola, des acadiens d’origine, retournent habiter en Acadie et c’est là, dans cette région francophone du Nouveau-Brunswick, que Viola grandit et étudie pour devenir enseignante. Elle fait ses études en français, puis enseigne diverses matières, dont les langues secondes et l’histoire. Lors de ses études, elle fait la rencontre d’Antonine Maillet qu’elle a comme professeure, et dès lors une solide amitié se crée entre les deux femmes. En 1967, alors âgée de 38 ans, elle part étudier à l’Université de Boston pour y apprendre à enseigner le théâtre, puis elle s’installe à Paris un an plus tard, pour étudier cette fois à la célèbre École Jacques-Lecoq afin de devenir actrice.

Alors qu’elle est encore à Paris, Viola Léger reçoit un appel d’Antonine Maillet qui lui propose de tenir le rôle principal de sa nouvelle pièce de théâtre, « La Sagouine ». Elle accepte l’offre. Elle revient au pays, et les deux artistes travaillent ensemble à faire naître ce merveilleux personnage de femme de ménage, ancienne prostituée qui raconte sa vie avec un brin d’humour et une superbe philosophie. C’est ainsi que le 26 novembre 1971, le personnage de La Sagouine prend vie sur la scène d’un théâtre en Acadie, et presqu’un an plus tard, le 9 octobre 1972, au Théâtre du Rideau Vert à Montréal.

Dès lors, les Acadiens, à travers le personnage de la Sagouine, reprennent vie. Le génie littéraire d’Antonine Maillet allié au talent théâtral remarquable de Viola Léger vont contribuer à remettre sur la carte la fierté d’un peuple dont l’identité avait été enfouie dans les pages sombres de l’histoire de sa déportation décrétée en anglais le 3 septembre 1755 par le lieutenant-colonel John Winslow dans l’église Saint-Charles-des-Mines de Grand-Pré.

En 2012, Le Pays de la Sagouine célèbre ses 20 ans d’existence. Un véritable village théâtral vivant, unique de par sa vivacité et son originalité, qui s’éveille chaque fois que les visiteurs mettent pied sur l’Île-aux-Puces. C’est tout d’abord un lieu de rencontre où l’imaginaire d’Antonine Maillet donne vie à de nombreux personnages, tous plus attachants les uns que les autres. Une visite au Pays de la Sagouine nous plonge dans un tourbillon de musique et de théâtre, une joie de vivre typiquement acadienne.

Étant l’un des plus importants employeurs acadiens des arts de la scène, Le Pays de la Sagouine est un ambassadeur de l’Acadie et une porte d’entrée pour le monde entier. Organisme à but non lucratif, Le Pays de la Sagouine est un lieu d’exposition et un joyau du patrimoine qui rassemble histoires, traditions, légendes et joie de vivre du peuple acadien.

Le Pays de la Sagouine est aussi la plus grande plateforme pour présenter et développer le talent acadien. Depuis son ouverture en 1992, le Pays de la Sagouine a accueilli plus de 1,4 million de visiteurs et se veut l’un des moteurs économiques touristiques de la grande région de Kent au Nouveau-Brunswick.

À mon sens, les Acadiens incarnent l’image d’un peuple dont le déracinement a stigmatisé à jamais son courage et sa fierté qui ont marqué ce coin de pays qui a su retourner le sens de l’histoire en s’imposant comme un peuple debout et tourné résolument vers son identité profonde et ses valeurs ancestrales…un modèle duquel les Québécois auraient avantage à s’inspirer dans la conquête de leur indépendance !

quebechebdo 9 juillet 2012
vigile.net tribune libre 10 juillet 2012