Pour que le printemps érable survive à la saison morte

5 novembre 2012

En choisissant « la voie de l’affront et de l’incitation au non-respect des injonctions », Gabriel Nadeau-Dubois a gravement porté atteinte à l’autorité de tribunaux, estime le juge Denis Jacques, de la Cour supérieure. Aussi déclare-t-il l’ancien porte-parole de la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) coupable d’outrage au tribunal.

Le jugement sur la requête en outrage au tribunal déposée par Jean-François Morasse a été rendu le 1er novembre et le juge convoque les parties pour le 9 novembre afin qu’elles fassent leurs représentations sur la peine qu’il convient d’infliger à Nadeau-Dubois. Il est passible d’une amende n’excédant pas 50 000 $ avec ou sans emprisonnement pour une durée d’au plus un an.

Toute cette saga résulte du conflit étudiant de ce printemps au cours duquel Jean-François Morasse avait obtenu une injonction lui permettant d’avoir libre accès aux salles de cours de l’Université Laval où étaient donnés ses cours d’arts plastiques. Il avait ensuite perçu une entrave directe à l’ordonnance dans des propos que Nadeau-Dubois avait tenus sur les ondes de RDI.

En cour, l’avocat de ce dernier a plaidé qu’il n’était pas visé par l’ordonnance et que la preuve ne démontrait pas qu’il en ait même eu connaissance. Or, pour être reconnu coupable d’outrage au tribunal, le juge devait être convaincu hors de tout doute raisonnable qu’il connaissait l’existence de l’ordonnance.

À l’audience, Nadeau-Dubois n’a pas témoigné pour éclairer le juge Jacques sur cette question. Ce dernier estime toutefois que l’avocat du requérant, Me Maxime Roy, est quand même parvenu à faire la preuve requise. L’Association des étudiants en arts plastiques de l’Université Laval avait en effet reçu copie de l’ordonnance d’injonction. Or, l’ASETAP fait partie intégrante de la CLASSE, dont le porte-parole était Gabriel Nadeau-Dubois. Après avoir analysé les propos de celui-ci sur les ondes de RDI, le juge Jacques constate de plus qu’il connaissait pertinemment les injonctions prononcées, dont celle obtenue par Jean-François Morasse.

« On trouve ça tout à fait légitime que les gens prennent les moyens nécessaires pour faire respecter le vote de grève, et si ça prend des lignes de piquetage, on croit que c’est un moyen tout aussi légitime de le faire », avait alors déclaré le porte-parole de la CLASSE.

Par ses propos, selon le juge Jacques, GND incitait et encourageait les auditeurs à empêcher l’accès aux étudiants à leurs cours… Se disant agir pour le respect de la démocratie, Gabriel Nadeau-Dubois incite au non-respect des ordonnances rendues par les tribunaux, écrit le juge Jacques. Il prône plutôt l’anarchie et encourage la désobéissance civile… S’il avait le droit d’être en désaccord avec les ordonnances des tribunaux, note le juge, Nadeau-Dubois n’avait pas celui d’inciter quiconque à y contrevenir… Le désaccord avec la loi ou avec un ordre de la Cour ne permet pas d’y désobéir, ni d’inciter à le faire. »

En attendant, la défense s’organise… L’ex-porte-parole de la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) a annoncé avoir amassé 58 000 $ pour l’aider à poursuivre son combat devant les tribunaux. Gabriel Nadeau-Dubois a fait savoir dans un communiqué que plus de 1700 personnes l’avaient soutenu financièrement depuis la mise sur pied, vendredi, de son site Internet www.appelatous.org. Même s’il s’est dit « surpris et très touché par ce témoignage de solidarité », M. Nadeau-Dubois a indiqué que son objectif de financement « est encore loin d’être atteint » pour interjeter appel de sa condamnation pour outrage au tribunal.

Par ailleurs, le 4 novembre, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) s’est rangée officiellement derrière l’ancien porte-parole de la CLASSE tout en invitant ses organisations affiliées à le soutenir à son trésor de guerre juridique. La CSN rejoint ainsi Québec solidaire, la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) et la Fédération des enseignantes et enseignants du cégep (FEC-CSQ) parmi les organisations qui ont exprimé leur soutien à Gabriel Nadeau-Dubois.

De son côté, Jean-François Morasse relancera aujourd’hui le site de financement qu’il avait créé au tout début des procédures judiciaires en première instance. « Gabriel Nadeau-Dubois a un site, il est organisé. On va se battre à armes égales », a-t-il révélé aux médias. Malgré les insultes et l’intimidation dont il est victime sur le site de GND, l’étudiant en graphisme ne regrette pas pour autant d’avoir intenté des recours judiciaires contre Gabriel Nadeau-Dubois. « Ça me donne raison d’avoir fait ça, ça confirme qu’il y avait un problème avec l’intimidation, la violence et le respect de la loi. Ça fait juste me motiver à aller jusqu’au bout de l’appel et de la Cour suprême, s’il faut la Cour suprême. Je vais me battre jusqu’au bout ».

En réalité, que Gabriel Nadeau-Dubois ait été ou non informé du contenu de l’ordonnance m’apparaît n’être qu’un « paravent judiciaire » qui dessert les effets pervers de la loi bâillon du gouvernement Charest qui est venue brimer le droit de parole primordial incarné, dans le cas présent, par le droit de grève, reconnu dans les chartes des droits et libertés de la personne.

En conséquence, le gouvernement Marois, qui a démontré, tout au cours du conflit étudiant, son appui au carré rouge, et qui s’est montré congruent dès le début de son mandat en annulant la hausse des droits de scolarité et en annonçant un Sommet sur l’éducation, se doit maintenant d’intervenir, en vertu des pouvoirs législatifs qui lui sont conférés, pour que GND soit lavé de toute forme d’accusation dans cette affaire et que le « printemps érable » ne périsse pas dans les catacombes de la « saison morte » !

vigile.net tribune libre 5 novembre 2012
quebechebdo 5 novembre 2012
cyberpresse.ca 7 novembre 2012 (version abrégée)

La protection des lacs « bleus »

31 octobre 2012

Parmi toutes les controverses suscitées par le projet de loi C-45, se retrouve, enfoui dans son fourre-tout, une liste de 97 lacs qui demeurent protégés par la Loi sur la protection des eaux navigables. Et, comme par hasard, 87 de ces lacs, dont seulement 4 au Québec, touchent des circonscriptions conservatrices.

Parmi ces 4 lacs québécois, le ministre des Transports, responsable de l’application de cette Loi, et député de Roberval, Denis Lebel, a inscrit le lac Saint-Jean sur la liste de ses cadeaux des Fêtes. Quant au leader adjoint du Parti conservateur au Sénat et ancien maire de Saint-Eustache, il a l’insigne privilège de voir le lac des Deux-Montagnes, situé à deux kilomètres de son ancienne municipalité, apparaître sur la liste des heureux élus. Une exception à signaler, l’absence du lac Mégantic, à moins que le ministre Christian Paradis se soit porté malade lors de la distribution des prix!

Les deux autres lacs « lauréats » sont le lac Témiscamingue qui longe le comté d’un siège conservateur de l’Ontario, et le lac Memphrémagog qui étalent fièrement sur ses berges des résidences « secondaires » luxueuses de certains personnages bien connus.

Quant au président du Conseil du Trésor, Tony Clement, celui-là même qui avait inondé sa circonscription de projets subventionnés d’une cinquantaine de millions de dollars  dans le cadre du sommet du G8 en 2010, il a réussi à inscrire pas moins de 29 lacs de son comté et de celui de son voisin conservateur sur la liste privilégiée.

À la question d’un journaliste qui voulait savoir pourquoi le Québec ne compte que 4 lacs sur les 97 sur cette liste, dont 68 de l’Ontario, la réponse plutôt laconique du bureau du ministre Lebel s’est traduite en ces termes : « Le gouvernement du Canada a eu recours à une méthode fondée sur les données pour déterminer quels sont les cours d’eau les plus achalandés du pays », ajoutant les sources d’où proviennent ces statistiques…une réponse pour le moins fuyante de petite politique aux odeurs de favoritisme à peine voilé.

Un autre exemple scandaleux, parmi tant d’autres, de l’attitude cavalière du gouvernement majoritaire de Stephen Harper qui continue de multiplier les cadeaux aux amis du parti vivant dans le ROC et à offrir les « prix de consolation » aux circonscriptions du Québec…pour autant qu’elles soient du bord des bleus!

quebechebdo 31 octobre 2012

 

À l’écoute des silences

31 octobre 2012

Du temps où, devant ma classe de quelque 35 élèves du secondaire, je sentais que j’étais en train de perdre leur attention, il m’arrivait de leur rappeler qu’ils avaient été conçus avec deux oreilles et une seule bouche dans le but d’écouter deux fois plus qu’ils ne parlent.

J’en profitais aussi pour leur faire voir la distinction entre les verbes «écouter» et «entendre» en leur donnant l’image de quelqu’un qui entend le «son» des oiseaux et un autre qui écoute le «chant» des oiseaux.

Plus tard, lorsque j’ai commencé à faire du bénévolat auprès des malades souffrant d’un cancer en phase terminale, j’ai pu vite constater que je devais me mettre à l’écoute des silences…de ces moments privilégiés avec ces personnes pour qui ma simple présence contribuait à créer un moment de rapprochement inestimable.

Aujourd’hui, avec le temps et les années qui se sont accumulées dans le tiroir de mes souvenirs, j’aimerais faire le souhait que, vous aussi, vous puissiez profiter de toutes les occasions qui vous sont offertes pour vous mettre «à l’écoute des silences »!

quebechebdo 31 octobre 2012

Plus on se compare…

30 octobre 2012

Après avoir lu les paroles de la superbe chanson d’Yves Duteil, « La langue de chez nous », reprises dans le billet de Marie-Hélène Morot-Sir sur la tribune libre de Vigile le 29 octobre 2009, je suis tombé sur un commentaire qui référait à un poème de Bernard Dimey dans lequel le poète dresse un tableau plutôt gênant de la qualité du français de notre mère-patrie tout en nous laissant sur une conclusion plutôt flatteuse pour notre français québécois que plusieurs « faux prophètes » ont souvent tendance à comparer, voire même à dénigrer au profit du français de nos cousins d’outre-mer.

En guise de préambule, je vous propose ces quelques notes biographiques sur Bernard Dimey. Né Bernard Georges Lucide Dimey le 16 juillet 1931 à Nogent-en-Bassigny, aujourd’hui Nogent en Haute-Marne et mort le 1er juillet 1981 à Paris , Bernard Dimey est un poète, auteur de chansons et dialoguiste français. À 25 ans, il s’installe à Paris sur la Butte Montmartre qu’il ne quittera jamais plus. Il y fréquente les bistrots où il rencontre « les poivrots, les putes, les truands, les artistes ». Et il commence à écrire ses poèmes, les déclamant dans ses repaires. Il propose ses chansons à droite et à gauche. Ses clients seront Yves Montand, Charles Aznavour, Serge Reggiani, Henri Salvador et plusieurs autres.

Voici maintenant un extrait du poème dont je vous ai fait mention au début de ce billet :

« Moi qui vis à Paris depuis plus de vingt ans,
Qui suis né quelque part au coeur de la Champagne,
Jusqu’à ces temps derniers je m’estimais content,
Mais tout est bien fini, la panique me gagne.
Quand je lève mes yeux sur les murs de ma ville,
Moi qui n’ai jamais su plus de trois mots d’anglais,
Je dois parler par gestes… et c’est bien difficile…
Alors je viens chez vous retrouver le français…
J’aime le vieux langage que parlaient mes ancêtres.
Je vous jure que chez nous il s’en va pas à pas
Tant pis pour nos enfants, ils s’y feront peut-être,
Mais moi je n’m’y fais pas, alors j’ai pris l’avion,
J’ai salué Paris du haut de ma nacelle,
Je suis venu chez vous chercher avec passion
Au bord du Saint-Laurent ma langue maternelle. »

En réalité, peut-être aurions-nous avantage, en ces temps troubles où la survie du français est menacée de toutes parts, à nous débarrasser de nos complexes de colonisés face aux particularités de notre langue qui lui confèrent toute sa couleur, et qui méritent amplement que nous la protégions et que nous prenions toutes les mesures qui s’imposent pour assurer sa survie avec vigueur et fierté !

En vous communiquant ce 400ième article que les responsables de Vigile ont accepté de publier depuis janvier 2011, je me dois de remercier sincèrement tous ceux qui m’ont encouragé à poursuivre mon cheminement dans les méandres de la vie politique et qui m’ont permis de reprendre le flambeau de notre cause dont la flamme chancelait dangereusement depuis des décennies.

vigile.net tribune libre 30 octobre 2012
quebechebdo 30 octobre 2012 (version abrégée) "Au sujet du français parlé au Québec"

Commentaire:

"Votre engagement pour la libération de notre peuple vous (nous) honore.
Merci."

Stéphane Sauvé
30 octobre 2012

Faire reculer les frontières de l’ignorance

29 octobre 2012

J’ai reçu dernièrement un message d’un correspondant avec qui j’entretiens occasionnellement des communications sur le contenu de certains articles que nous publions sur différentes tribunes. Comme il sait que je suis un enseignant retraité, j’ai cru pertinent de vous le partager :

« Vous savez, j'ai toujours eu un immense respect pour les enseignants. À cet effet, je vous cite ce petit passage, plein de sagesse, du sociologue Guy Rocher, tiré de la préface du livre de Gaston Deschênes sur l'affaire Yves Michaud :

« Je suis un vieux professeur. J’enseigne depuis 50 ans. Cela explique que j’ai depuis longtemps acquis un grand respect pour l’ignorance. Elle m’a fait vivre, elle a fait vivre ma famille. L’ignorance des autres, celle des étudiants, celle de mes collègues, et surtout la mienne ! La maladie fait vivre le médecin et la chicane, l’avocat. Dans mon cas, ce fut l’ignorance. Mais je respecte l’ignorance qui se reconnaît et qui s’efforce de déchirer le voile qui l’enveloppe, de repousser ses frontières. Pas n’importe quelle ignorance ! »

Portez-vous bien et continuez de faire reculer les frontières de l'ignorance. »

quebechebdo 29 octobre 2012

 

L’Église du Québec au diapason du 21ième siècle

28 octobre 2012

Fruit d’une importante réflexion consultative entamée en septembre 2011, le diocèse de Québec s’apprête à mettre de l’avant d’ici 2020 une profonde transformation qui le conduira à substituer ses 207 paroisses par la création de 28 «communions de communautés» regroupant chacune de 2 à 15 paroisses actuelles.

«On ne peut plus s’isoler, on ne peut plus vivre seul, de déclarer Mgr Gaétan Proulx, évêque auxiliaire de Québec, on a besoin de se regrouper pour assurer la poursuite de la mission.»

Bien que sensible à l’argument pastoral de Mgr Proulx, il faut bien admettre que l’Église n’a pas le choix de revoir sa structure compte tenu de sa précarité financière, de la diminution du nombre de fidèles, de la rareté des bénévoles et du manque de personnel mandaté pour lui venir en aide.

En agissant de la sorte, le diocèse de Québec fait le pari qu’en unissant ses communautés en un nombre restreint de paroisses, sa mission d’évangélisation sera renforcée…Un pari qui, à mon sens, dénote d’une ouverture louable vers une Église qui tente de se mettre au diapason du 21e siècle!

quebechebdo 28 octobre 2012

Le boulet aux pieds

27 octobre 2012

Quelques jours avant le 25ième anniversaire de la mort de René Lévesque le 1er novembre 1987, les articles et commentaires sur les qualités dominantes de l’homme, particulièrement son intégrité qui constitue à mon sens son plus grand héritage, sont nombreux, et je les endosse entièrement.

Toutefois, quand je remonte dans l’histoire et que j’observe les pierres angulaires qui ont contribué à la naissance du Parti québécois, à savoir la souveraineté-association, et que je constate le statu quo dans lequel le Québec se retrouve encore aujourd’hui sur le plan politique depuis l’assermentation de René Lévesque comme premier ministre le 25 novembre 1976, force est de constater que le concept de souveraineté-association a conduit à un cul-de-sac politique.

À mon sens, René Lévesque, possédant un sens inné du compromis, s’est montré stratégique en alliant les deux concepts de souveraineté et d’association dans son approche auprès de l’électorat québécois d’une part, et du ROC d’autre part. En agissant de la sorte, il pensait arriver à concilier les intérêts divergents des deux parties.

On connaît la suite…une ribambelle de rencontres fédérales-provinciales sur des demandes de récupérations de pouvoirs auprès d’Ottawa restées lettres mortes dans le tiroir de l’étapisme de Claude Morin, les sempiternelles allusions aux conditions gagnantes de Lucien Bouchard reléguées dans le placard des tristes souvenirs, et finalement la gouvernance souverainiste de Pauline Marois, une version « moderne » des échecs stratégiques antérieurs.

Et pourtant, quand on y pense, était-il opportun pour M. Lévesque d’intégrer la notion d’association économique avec le ROC à la souveraineté politique du Québec puisque, de facto, cette association allait devoir se concrétiser, compte tenu du contexte géographie du Québec et du Canada ?

À mon avis, la question doit être posée…en termes clairs, René Lévesque, même si je dois lui octroyer le mérité d’avoir mis la souveraineté du Québec sur la carte politique, s’est, du même souffle, attaché un boulet aux pieds en la liant à une forme d’association économique avec le ROC qui, de toute façon, faisait partie intégrante de l’accession du Québec à sa souveraineté politique.

En conséquence, j’ose espérer que, parmi les leçons que nous retiendrons des événements qui entourent le 25ième anniversaire du décès de René Lévesque, nous mettrons toutes nos énergies à réaliser son rêve ultime, à savoir de faire du Québec un pays !

vigile.net tribune libre 27 octobre 2012
quebechebdo 29 octobre 2012 "La souveraineté-association…le boulet aux pieds"

Surprenant…le pécheur repentant

27 octobre 2012

À plus de 90 reprises entre 1988 et 2009, soit une période de plus de 20 ans, Gilles Surprenant s’est rendu dans les bureaux d’entrepreneurs en construction ou des restaurants pour y recueillir des pots-de-vin de 736 000$ en espèces, sans compter les voyages de golf, les repas, les spectacles et autres petits «cadeaux», d’un groupe d’entrepreneurs qui a gonflé les prix, corrompu des fonctionnaires et truqué des dizaines d’appels d’offres publics totalisant 175 millions$.

Pour sa défense, Gilles Surprenant invoque d’amers regrets: «Mes dix années à la Ville de Montréal ont été catastrophiques. Ça n’aurait jamais dû exister, je n’aurais pas dû accepter cet argent…Je ne me pardonnerai jamais d’avoir fait ça».

Dès lors que le pécheur a avoué ses fautes au confessionnal et qu’il s’est repenti, le système judiciaire doit maintenant lui infliger une «pénitence» exemplaire, à défaut de quoi la gangrène de la corruption pourra continuer de se développer sans heurt dans une société déjà gravement meurtrie par une corruption dévastatrice et scandaleuse.

quebechebdo 27 octobre 2012
cyberpresse.ca 29 octobre 2012 "Le pécheur repentant"

Au royaume des tricheurs

27 octobre 2012

Le couperet est tombé… Sept ans et trois mois après son septième défilé en jaune sur les Champs-Elysées, Lance Armstrong, le héros sorti vainqueur d'un cancer, a été rayé officiellement du palmarès du Tour de France par l'Union cycliste internationale. Pour l'UCI, le dossier Armstrong est classé, l'instance dirigeante du cyclisme mondial a décidé de suivre le rapport cinglant de l'agence américaine anti-dopage (Usada) et de priver Lance Armstrong de ses sept victoires dans le Tour de France.

Pour l'histoire officielle du cyclisme, Lance Armstrong, 41 ans, restera comme un tricheur, un menteur, un intimidateur, revenu faire la loi sportive dans le peloton à coups d'injections d'EPO, de transfusions sanguines et de pilules de testostérone. Le personnage clé du «programme de dopage le plus sophistiqué jamais vu dans l'histoire du sport», selon le rapport de l'Usada du 10 octobre, bâti grâce aux témoignages détaillés de onze des anciens équipiers du champion texan.

Parallèlement à la triste histoire du héros cycliste déchu, ont paradé ces dernières semaines devant la commission Charbonneau deux crapules notoires, à savoir Lino Zambito et Gilles Surprenant, qui sont venues témoigner des stratagèmes vicieux qui leur ont permis, pendant des années, d'extorquer des centaines de milliers de dollars aux contribuables québécois via la collusion et la corruption dans l'attribution de contrats dans l'industrie de la construction.

Pourtant, malgré la gravité des gestes posés par ces deux bandits, nous assistons à un scandaleux spectacle médiatique qui nous présente les visages « contrits » de ces deux malfrats qui laissent présumer d'un certain repentir, Zambito se permettant même d'occuper la « très sélecte tribune » de Tout le monde en parle sous des allures de héros.

Même si les sagas qui entourent l'histoire de Lance Armstrong et celles de Zambito et Surprenant n'ont rien en commun sauf la tricherie dont ils ont fait preuve, j'en arrive à me demander si les Québécois, empêtrés dans leurs principes de religion judéo-chrétienne, n'ont pas tendance à être vifs sur la gâchette de l'absolution pour ceux qui se soumettent à leur « acte de contrition » alors qu'ils se montrent davantage intransigeants envers ceux qui, comme Armstrong, semble fermés à toute forme de regret et ce, malgré, il faut bien l'admettre, toute la détermination qu'a due déployer le héros déchu pour surmonter son cancer et remporter autant de victoires sur la plan international.

Au royaume des tricheurs, il semble que les dignitaires obtiennent des grâces privilégiées pour autant qu'ils s'affichent repentants, s'attirant de la sorte la clémence de leurs proies! 

cyberpresse.ca 27 octobre 2012
quebechebdo 25 octobre 2012 (version abrégée)

Marois et Trudeau au coude-à-coude dans les intentions de vote au Québec

26 octobre 2012

Selon le dernier sondage CROP-Le Soleil-La Presse, 36% des Québécois, sur la scène fédérale, accorderaient leur appui à Justin Trudeau, s’il était élu chef du PLC, et 34% à Pauline Marois, sur la scène provinciale.

Des résultats qui démontrent hors de tout doute que les Québécois demeurent « fidèles » dans leur intention légendaire à vouloir tirer avantage des deux paliers de gouvernements. Sans avoir fait de recherches, je suis convaincu que les mêmes intentions se manifestaient dans les sondages du temps de René Lévesque et de Pierre-Elliot Trudeau.

Imaginons maintenant le scénario fort probable où Justin Trudeau devient premier ministre du Canada au même moment où Pauline Marois occupe les mêmes fonctions au Québec. Pouvons-nous supposer un instant quel « accueil » recevrait la démarche de gouvernance de Pauline Marois face à un mordu, comme l’était son illustre père, d’un pouvoir central fort à l’intérieur d’un Canada uni.

En l’occurrence, il m’apparaît utopique d’envisager quelque concession que ce soit concernant les demandes de Québec de la part de Justin Trudeau, le digne héritier du grand manitou de la nuit des longs couteaux qui a conduit au rapatriement unilatéral de la Constitution.

En termes clairs, tant et aussi longtemps que l’électorat québécois essaiera de sauver la chèvre et le chou en votant pour des personnages empreints de l’aura de la « trudeaumanie » d’un côté du canal Rideau, et des gouvernements provinciaux leur quémandant des pouvoirs sur l’autre rive, l’option souverainiste risque de rester un vœu pieux qui flottera dans le ciel du Québec telle une brise passagère!

Dans ces circonstances, le gouvernement Marois se doit de ranger sa stratégie aplaventrisme de gouvernance souverainiste dans le tiroir aux oubliettes et s’atteler résolument à l’unification des forces souverainistes québécoises pour offrir aux Québécois un projet de pays rassembleur qui leur sera soumis par référendum et ce, sans le fla-fla de préliminaires oiseuses et caduques qui ont échoué à maintes reprises dans les placards des icones libérales dont la dernière édition est incarnée par Justin Trudeau qui ne se gênera pas pour s’inspirer des vieux discours démagogiques du paternel qui ont eu tant de succès auprès du « bon peuple québécois », entre autres celui qu’il a prononcé à la veille du référendum de 1980!

quebechebdo 26 octobre 2012