L’école, contre vents et marées

5 octobre 2012

Au 5ième siècle avant Jésus-Christ, Socrate créait sa maïeutique, soit l’art d’accoucher les esprits dans une approche empirique de son élève. À la même époque, Platon, son fidèle disciple, favorisait une dialectique axée autour d’une discussion lui permettant de remonter jusqu’aux idées.

En ce début du 21ième siècle, le Québec, via son Ministère de l’Éducation, a entrepris de mettre de l’avant une réforme en profondeur, donc à donner une autre forme à l’acte pédagogique. Devant certaines réticences provenant particulièrement du milieu de l’enseignement, les réformateurs brandissent la sempiternelle résistance au changement, tuant ainsi dans l’œuf toute possibilité de contestation. Dorénavant, prétendent ces réformateurs visionnaires, l’apprenant sera le maître d’œuvre de sa formation appuyé en cela par un enseignant dont le rôle principal sera de guider l’élève vers les sources de la connaissance.

Désormais, l’élève vivra au rythme de projets comme si les réformateurs des années ’60 n’avaient conçu aucun projet pour l’école issue de la révolution tranquille. Le maître sera ainsi appelé à développer les habilités de l’élève comme si l’analyse et la synthèse inhérentes à la démarche traditionnelle ne favorisaient pas le développement des dites habilités. Enfin, l’élève trempera dans un bain de compétences transversales comme si ces compétences n’étaient pas dans le prolongement de l’interdisciplinarité des dernières décennies.

Comme le disait Alain Finkielkraut dans son livre intitulé "L’ingratitude ; conversation sur notre temps", publié en 1999 chez Québec Amérique, "Instruire, c’était introduire l’élève à ce qui le dépasse. On raisonne aujourd’hui comme si le moi avait assisté à la création du monde…rien ne dépasse, chacun est sujet, c’est-à-dire roi. Et l’actuelle exigence de mettre l’enfant au centre du système éducatif, comme si autrefois on y mettait des lampadaires ou des pots de fleurs, vise, en réalité, à remplacer l’obligation faite à l’élève d’écouter le professeur par l’ordre d’écouter les jeunes intimé aux animateurs du primaire et du second degré."

Mais cessons ces comparaisons que certains pourraient qualifier de minimalistes et portons notre regard vers une petite histoire contextuelle du Québec depuis les quatre dernières décennies. Partant d’une éducation pour tous au début des années ’60, nous sommes progressivement passés aux critères de la performance et, qui plus est, de l’excellence. Mais qu’avons-nous perdu en chemin ? À partir du moment où l’école est devenue accessible à tous, l’utopie a été de penser et, pire encore, d’exiger que tous les élèves performent, atteignent l’excellence académique, en d’autres termes, se classent tous parmi les premiers. Se peut-il que nous ayons erré dans la définition que nous nous sommes donnée de l’excellence ? Un jeune réussissant ses études secondaires avec une moyenne générale de 68% et ce, après avoir consenti des efforts constants, n’est-il pas aussi excellent qu’un autre ayant cumulé une moyenne de 84% et ce, sans qu’il ait fourni d’efforts significatifs ?

Par ailleurs, il y a trente ans, un jeune qui terminait ses études était presque assuré d’obtenir un emploi dans quelque domaine que ce soit, la motivation à l’étude étant, de ce fait, facilitée par un contexte favorable à l’emploi. Petit à petit, certaines professions sont devenues contingentées, ce qui a contribué à la naissance d’un climat d’insécurité pour les jeunes qui persévéraient dans leurs études. L’abolition du cours classique et la naissance du Cégep contribuèrent à la prolifération des profils de cours et, par conséquent, des professions. C’est ainsi que le jeune de 16 ans fait déjà face à un choix qui, sans être déterminant, l’engage vers un profil de cours qui pourrait, dès ce moment, lui fermer les portes de certaines professions. L’avènement des techniques, conduisant au marché du travail immédiatement après le cours collégial, est venu multiplié le choix qui s’offre à l’élève. Finalement le jeune est confronté à un courant de mondialisation croissant le condamnant à se mettre au diapason, entre autres, des nouvelles technologies de l’information et de l’apprentissage d’une troisième langue.

Sur le plan familial, elles sont bien loin les valeurs véhiculées par la cellule traditionnelle de la mère au foyer veillant à l’éducation de ses enfants et du père bon pourvoyeur. La plupart des parents d’aujourd’hui vaquent quotidiennement à leurs occupations respectives, ce qui a conduit à un partage des tâches familiales, lesquelles sont difficiles à réaliser, particulièrement dans le cas des familles monoparentales qui constituent, selon les statistiques, près de la moitié des familles québécoises d’aujourd’hui.

Ces réalités nous conduisent inévitablement vers la problématique suivante : les résultats scolaires étant devenus le critère le plus important dans une société ayant privilégié la course à l’excellence, plusieurs élèves subissent rapidement, si ce n’est au primaire, au plus tard au secondaire, une démotivation conduisant, hélas souvent, au décrochage. C’est ainsi que des jeunes, pourtant talentueux, perdent le goût d’apprendre dans une école qui maintient le cap sur une excellence axée autour des performances scolaires.

Par ailleurs, placé devant un choix, à mon sens, prématuré, soit vers 16 ans, quant à un profil de cours, le jeune se sent souvent bousculé et non-préparé. De plus, le contingentement de certaines professions qui pourraient susciter son intérêt, allié à la prolifération des profils de cours, conduisent le jeune à une forme d’insécurité souvent déstabilisante. Ajoutons à ces observations que l’introduction accélérée des nouvelles technologies de l’information (NTIC) de même que le courant de mondialisation se sont souvent faits au détriment de l’enseignement des matières de base.

En ce qui a trait à la famille actuelle, sans jeter de jugement de valeurs sur les raisons qui ont conduit les deux membres du couple sur le marché du travail, force nous est de constater que, souvent, et ce dès le primaire, « l’enfant à clé » entre souvent à la maison sans présence pour l’accueillir. Lorsque les parents reviennent du travail, ils sont souvent fatigués et tendus, plus ou moins réceptifs à quelque forme de communication avec leurs enfants. Il n’en fallait pas davantage pour que se produise un glissement du rôle traditionnel de la famille vers l’école actuelle qui s’est sentie, avec le temps, le devoir social de conjuguer avec cette nouvelle réalité familiale.

Sans vouloir jeter le blâme sur qui que ce soit et, partant du principe que parents et éducateurs sont de bonne foi dans leurs relations avec les jeunes, il m’apparaît que ces derniers sont souvent ballottés entre deux mondes, celui, d’une part, de la famille, vivant ses préoccupations modernes, où les parents sont souvent confrontés à la tentation de succomber à la facilité du « oui » pour éviter de longues discussions qui conduiraient à des frustrations jugées inutiles et, d’autre part, le monde de l’école qui accueille le jeune devant une panoplie de règlements contraignants conduisant à toutes sortes de frustrations jugées, là, utiles, voire même nécessaires. Le sens des responsabilités passe inévitablement par la frustration. Tout ce courant social qui en méprise tant l’importance risque de produire de plus en plus d’adultes incapables de composer avec l’autorité, les contraintes inhérentes à l’existence, les exigences de la vie en société.

Il n’en fallait pas davantage pour que nos écoles se voient confrontées à des jeunes turbulents ou éprouvant des difficultés de concentration. Des spécialistes, orthophonistes, psychologues, travailleurs sociaux, etc…ont fait leur apparition dans les écoles dans l’intention de pallier la problématique d’approche de ce profil d’élèves. Des notions nouvelles sont apparues pour désigner ces élèves marginaux, soit hyper-actifs ou déficit d’attention. Des médicaments sont même apparus sur le marché. Cependant, après plusieurs années d’expérimentation de toutes sortes pour venir en aide à ces enfants, est-on en droit de se demander si nos efforts ont été utiles ? Poser la question, c’est en partie y répondre !

Pendant ma carrière de trente-deux ans dans le monde de l’enseignement, il m’a été maintes fois donné l’occasion de demander aux jeunes quels avaient été les meilleurs moments vécus à l’école. Ils m’ont fait part spontanément de circonstances souvent anodines où le professeur avait fait preuve de compréhension, de reconnaissance et de respect de leur personne. Ils gardent en mémoire des paroles bienfaisantes et des gestes de bonté à leur endroit.

En terminant, je vous laisse sur une courte discussion, mais combien révélatrice, que j’ai eue avec un jeune handicapé gravement atteint d’un cancer lors d’un passage à l’Arche de Jean Vanier :

Louis me regarde …

- Ça ne va pas ? Il me fixe profondément… 
- Tu as mal ? Il devient triste. 
- Je puis faire quelque chose ? Il me fait signe d’approcher. 
- Dans trois mois, je ne serai plus !…En attendant, aime-moi !

vigile.net tribune libre 5 octobre 2012
quebechebdo 5 octobre 2012 "Journée internationale des enseignants / L'école, contre vents et marées"

Mort de Barbara Ann Scott: une légende s’éteint

4 octobre 2012

Nous sommes le 31 janvier 1948, jour de la finale en patinage artistique individuel chez les dames à l’occasion des Jeux Olympiques qui se déroulent à Saint-Moritz en Suisse. Lorsqu’elles mettent les pieds sur la patinoire extérieure, c’est une glace molle, grugée précédemment par les lames des joueurs de hockey et un mercure qui oscille autour du point de congélation qui accueillent les patineuses.

En raison de l’état lamentable de la glace, Barbara Ann Scott décide à la dernière minute de modifier son programme, ce qui ne l’empêche pas de sortir victorieuse de la compétition, devenant ainsi la première et la seule patineuse artistique canadienne à avoir remporté l’or en compétition individuelle aux Jeux olympiques.

Barbara Ann Scott est décédée le 30 septembre 2012 à l’âge de 84 ans. Son amie d’enfance Judy Reid, qui s’entraînait avec elle à l’époque, se souvient de sa discipline de travail exemplaire : « Chaque jour, Barbara Ann s’entraînait à partir de tôt le matin jusqu’à tard le soir ». C’est cette détermination sans borne qui a sans doute valu à Mme Scott de remporter, au cours des années ’40, quatre championnats canadiens et les championnats nord-américains, européens et mondiaux à deux reprises chacun.

Au cours des prochains jours, Barbara Ann Scott recueillera ses dernières fleurs…espérons que la légende qu’elle incarne contribuera à laisser derrière elle un modèle de persévérance pour les générations à venir!

quebechebdo 4 octobre 2012 

Le sophisme à son meilleur

4 octobre 2012

Selon Wikipédia, un sophisme, ou argument à logique fallacieuse, est un raisonnement qui cherche à apparaître comme rigoureux mais qui en réalité n’est pas valide au sens de la logique. À l’inverse du paralogisme qui est une erreur involontaire dans un raisonnement, le sophisme est fallacieux en ce sens qu’il est prononcé avec l’intention de tromper l’auditoire afin, par exemple, de prendre l’avantage dans une discussion.

Je me souviens que, lorsque je suis entré en fonction à titre de professeur de français au début des années ’70, un professeur d’expérience possédait cette « qualité » d’intervenir après une de mes opinions, alléguant d’entrée de jeu que mon intervention était à propos mais qu’elle souffrait de quelques précisions qu’il fallait nommer…au bout de son argumentaire « sans faille apparente », je me rendais compte qu’il avait complètement détruit le contenu de mon opinion et que je me retrouvais penaud et contraint d’admettre malgré moi que j’étais tombé dans le panneau de ce « maître du sophisme ».

Dans le sillon de ce professeur, l’ancien ministre de la santé dans le gouvernement Charest et troisième candidat à se lancer dans la course à la chefferie du PLQ, Philippe Couillard, tente de soutenir, dans une histoire plutôt ennuyeuse qui risque de lui coller à la peau tout au cours de la campagne, qu’il n’a rien fait d’incorrect en se magasinant un emploi dans un fonds privé d’investissement en santé alors qu’il était toujours ministre, alléguant le plus sérieusement du monde que le simple fait qu’il ait pu se lancer dans la course prouve son intégrité…une façon fort habile d’embrouiller les circonstances entourant les évènements plutôt que de les éclaircir.

Un autre exemple de l’habilité de Philippe Couillard à faire bien paraître une décision controversée réside dans le fait qu’il soutient, qu’en réglementant la pratique de la médecine privée dans une cinquantaine de champs d’activité, en avoir limité son accès alors que, dans les faits, il n’en a pas moins posé les conditions de son expansion en lui assurant un cadre plus sécuritaire.

En bref, un peu comme mon professeur « émérite », Philippe Couillard avoue bien humblement d’entrée de jeu que les critiques qui ont entouré les circonstances de son départ sont en partie fondées, question de mettre en confiance son interlocuteur sur ses bonnes intentions, mais, au fur et à mesure que la conversation progresse, notre fin sophiste parviendra à sortir blanc comme neige d’une situation qui semblait à prime abord « embêtante » mais qui, dans les faits, ne lui cause aucun préjudice quant à son intégrité.

Imaginez maintenant un instant dans quel labyrinthe argumentaire fallacieux les Québécois se retrouveraient cantonnés s’il fallait qu’un manipulateur aussi habile parvienne à se faire élire premier ministre du Québec !…

vigile.net tribune libre 4 octobre 2012
quebechebdo 8 octobre 2012

Réplique d’un homme d’affaires québécois

3 octobre 2012

Dans son texte d’opinion paru dans Le Devoir du 2 octobre 2012 sous le titre «Les gens d’affaires ne sont pas tous inquiets», Renaud Lapierre, président d’Environnement VIRIDIS inc., aborde ainsi son argumentaire:

«Depuis une semaine, les dirigeants du Conseil du patronat, de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain et de la Fédération des chambres de commerce du Québec, ainsi que plusieurs fiscalistes ont pris d’assaut les tribunes disponibles pour alerter les Québécois sur le fait que l’économie serait en danger, indiquant que leur inquiétude était à son paroxysme.»

M. Lapierre, dont l’entreprise a créé, au cours des trois dernières années, plus de cent nouveaux emplois au Québec «dans un secteur où nous avons démontré que le développement durable, l’environnement et l’économie pouvaient faire bon ménage», affirme que «nous n’avons aucune intention ni de quitter le Québec ni de nous agiter relativement aux mesures proposées par ce nouveau gouvernement.»

Puis, pour justifier ses propos, l’homme d’affaires invoque d’abord des raisons démocratiques, rappelant le fait que les mesures qu’entend prendre le gouvernement péquiste faisaient partie de la plateforme électorale du parti, des raisons financières, faisant ressortir clairement que le manque à gagner réel des hommes d’affaires relativement à la hausse d’impôts proposée ne constituerait pas une raison sérieuse de «déménager leur famille pour un tel montant», et des raisons historiques, rappelant aux dirigeants qui sèment la panique que les gouvernements péquistes antérieurs ont mis sur pied des mesures efficaces pour développer l’économie, citant entre autres, le Régime d’épargne actions et les Fonds de capital de risque des travailleurs.

Enfin, M. Lapierre incite plutôt les dirigeants des entreprises visées à mettre à profit leurs suggestions dans trois mesures annoncées dans le programme du PQ, à savoir la création de la Banque de développement économique, la définition et la mise en place d’une politique énergétique et l’élaboration et la concrétisation d’une politique d’électrification des transports.

En conclusion, je retiens de l’argumentaire de Renaud Lapierre que les tenants de l’influence de la peur incarnés par les dirigeants du Conseil du patronat et des chambres de commerce du Québec devraient ranger leurs arguments désuets dans le placard et s’atteler au nécessaire travail de collaboration avec les différents paliers du nouveau gouvernement:

«Gens d’affaires et, particulièrement, leurs dirigeants, constatez que nous n’agissons plus sous l’influence de la peur, mais que nous devons maintenant influer sur le contenu, en acceptant la valeur de base que poursuit ce gouvernement, à savoir le partage de la richesse au bénéfice de tous.»

quebechebdo 3 octobre 2012

Le « good looking guy » monte dans l’arène

3 octobre 2012

C’est en avouant ne pas « avoir réponse à tous les problèmes et à toutes les questions » que Justin Trudeau a officialisé le 2 octobre sa candidature au leadership du Parti libéral du Canada. Souvent accusé d’être simplement « le fils de » et de profiter d’une aura particulière parce que c’est un « good looking guy », Justin Trudeau a affirmé que la campagne lui permettra d’établir son prénom et sa vision.

« Si je me lance dans cette course, a-t-il dit, c’est parce que j’ai l’intime conviction que le pays veut – et a besoin – d’un nouveau leadership. Qu’il souhaite qu’un parti articule une vision de l’avenir qui n’est pas basée sur une politique qui carbure à la méfiance, mais qui prend source dans sa plus grande force : les Canadiens eux-mêmes. »

Le message de Justin Trudeau est clair : il appelle les libéraux fédéraux à un examen de conscience : « On va avoir des mois pour connecter avec les Canadiens, pour répondre à ces questions et démontrer que le PLC, et peut-être moi-même, méritons leur confiance…Dans nos rangs, il est trop souvent dit que le Parti libéral a créé le Canada. Ce n’est pas vrai. Les Canadiens ont créé le Parti libéral »…

Peu importe nos allégeances politiques et les sentiments que nous pouvons éprouver envers le père de Justin Trudeau, je dois admettre que le « good looking guy » a marqué des points dans son allocution de mise en candidature à la chefferie du PLC.

D’abord, en invitant le parti qu’il représente à un nécessaire examen de conscience qui lui permettra de « connecter » avec les citoyens qu’il représente. Ensuite, en incitant son parti à élaborer « une vision de l’avenir…qui prend sa source dans sa plus grande force : les Canadiens eux-mêmes ».

Toutefois, à mon sens, là où Justin Trudeau frappe en plein dans le mille, c’est lorsqu’il place les citoyens au-dessus du parti en affirmant que ce sont les Canadiens qui ont créé le Parti libéral…une vérité que nous, en tant que Québécois, aurions avantage à nous rappeler lorsque nous avons tendance à placer le Parti québécois au-dessus de ceux et celles qui lui ont donné la vie, à savoir les Québécois eux-mêmes.

En ce sens, même si je n’ai aucune propension ni pour Justin Trudeau, l’homme, et encore moins pour sa conception fédéraliste centralisatrice, je dois reconnaître que son message au retour aux citoyens comme moyen de relancer son parti pourrait s’appliquer mutatis mutandis aux partis souverainistes québécois et ce, pour le plus grand bien de notre cause !

vigile.net tribune libre 3 octobre 2012
quebechebdo 7 octobre 2012

Une petite lutte qui pourrait en dire gros!

2 octobre 2012

Le couperet est tombé: de l’avis des juristes du ministère des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire, il n'existe aucune disposition légale pour autoriser l’annulation d’une élection partielle dans le district de Saint-Rodrigue à Québec, laissé vacant depuis la victoire de l'ex-conseillère Denise Trudel à l'élection provinciale du 4 septembre.

Régis Labeaume, qui alléguait des raisons d’économie de 150 000$ nécessaires pour le coût du scrutin pour ne pas tenir un tel scrutin, devra donc se résoudre à affronter son nouvel adversaire politique, le parti Québec autrement. En vertu de la loi, la Ville dispose d’un mois pour déterminer une date d'élection, qui devra obligatoirement se tenir d'ici quatre mois.

Une nouvelle qui, en plus de réjouir David Lemelin, le chef du nouveau parti municipal Québec autrement, contribuera à susciter un débat d’idées intéressant dont les citoyens de la Capitale nationale ne sauraient que tirer profit compte tenu de la domination et du monopole du maire actuel sur l’évolution des dossiers chauds reliés à l’avenir de Québec.

quebechebdo 2 octobre 2012 

Le brelan de valets libéral

1 octobre 2012

Au poker, le joueur qui détient un brelan dans ses mains possède trois cartes de même figure ou de même point. Par exemple, il pourrait maintenir un brelan de trois, de huit, de rois, etc…

Autour de la table de poker de la course à la chefferie qui s’annonce au PLQ, trois joueurs, selon les dernières nouvelles, devraient s’affronter, trois joueurs qui constituent à mon sens un brelan de valets.

En effet, peu importe qui emportera la partie, le gagnant de la demi-finale provinciale proposera une stratégie aplaventriste lors de la grande finale fédérale qui se déroulera à Ottawa et, dès lors, le Québec, comme c’est le cas depuis la création de cette illusion de pays nommé le Canada, se retrouvera en position de valet devant le roi légendaire qui siège sur le trône des Communes.

En termes clairs, les Bachand, Couillard et Moreau auront beau se targuer d’incarner des différences de « couleurs », ils demeurent associés à des similitudes de « figures » et, en ce sens, ces trois valets du système fédéral n’auront d’autre choix que de déclarer forfait autour de la table de poker fédéraliste.

D’autant plus que, sur les rives du canal Rideau, les organisateurs du banquet libéral fédéral sont en train d’étendre le tapis rouge à l’« as de coeur » qui s’apprête à être déposé sur la table en la personne du fils de l’autre, à savoir Justin Trudeau, qui lui, saura sûrement, inspiré par les trois colombes de jadis dont faisait partie son père, se rallier deux autres as et constituer un brelan d’as qui ne fera qu’une bouchée du brelan de valets libéral québécois !

vigile.net tribune libre 1er octobre 2012

L’essentiel virage vers la prise de conscience sociale

30 septembre 2012

Le débat suscité actuellement par l’intention du gouvernement de hausser la contribution des impôts des mieux nantis pour compenser l’éventuelle abolition de la taxe santé soulève à mon sens toute la question de la répartition des revenus dans l’assiette de l’État.

Pourtant, à partir du moment où nous considérons cette mesure comme une façon juste et équitable de répartir la « juste part de chacun » des contribuables québécois selon ses revenus, ne devrions-nous pas admettre que la mesure proposée repose sur un principe de justice sociale tout à fait légitime?

Face à ce constat, quelle piste de solution devrions-nous utiliser pour renverser la vapeur et arriver à amener les Québécois à l’essentiel virage vers la prise de conscience sociale? 

Qu’entendons-nous faire pour sensibiliser nos politiciens à cette priorité qui devrait les guider dans le choix de leurs politiques? Est-il possible, qu’une fois cet objectif affirmé clairement dans des politiques concrètes, nous puissions aspirer à créer un « projet de société » qui viendrait contrecarrer les effets pernicieux du « chacun pour soi »?

En d’autres termes, n’aurions-nous pas avantage à revenir à l’essentiel, à savoir un revenu décent pour tous les citoyens du Québec? Ne serait-ce pas là le meilleur moyen de mobiliser l’ensemble de la population et d’annihiler les effets pervers du « au plus fort la poche »?

quebechebdo 30 septembre 2012

Le retour de l’enfant prodigue

29 septembre 2012

Après l’annonce officielle de l’ex-ministre des Finances, Raymond Bachand, de plonger dans la course à la chefferie du PLQ, l’enfant prodigue, Philippe Couillard, devrait annoncer la semaine prochaine son intention de faire un retour en politique et de se lancer dans la course.

On se souviendra qu’après son départ de la scène politique en 2008, M. Couillard a été engagé chez Persistence Capital Partners, un fonds de capital d’investissement dans le domaine des services de la santé. De plus, son association avec l’ancien patron de Centre universitaire de santé McGill, Arthur Porter, qui demeure encore introuvable malgré les recherches de l’escouade Marteau, demeure plutôt nébuleuse. Enfin, le fait qu’un aspirant au poste de premier ministre du Québec ait déjà été membre du comité de surveillance du Service canadien du renseignement de sécurité constituerait un précédent plutôt gênant.

Et c’est ce même Philippe Couillard qui désire, à titre de candidat à la chefferie du PLQ, relancer le débat sur la question nationale, alléguant que le «Parti libéral du Québec doit retrouver le point d’équilibre entre l’appartenance au Canada et l’identification au Québec».

Eh bien, à mon sens, le retour de l’enfant prodigue risque de dégénérer en un échec monumental devant la «famille libérale» peu encline à recevoir son beau discours sur la question nationale…à moins que Philippe Couillard ne s’enquière de certains secrets que pourraient lui confier son adversaire, Raymond Bachand, qui a déjà frayé dans les couloirs du PQ auprès de deux anciens premiers ministres péquistes, à savoir René Lévesque et Pierre-Marc Johnson.

Il ne manque plus que l’arrivée de Pierre Moreau, l’ex-ministre des Transports, pour compléter les ingrédients d’une recette digne des grands banquets de «bonnes intentions» auxquels nous ont habitués les libéraux depuis des décennies et qui, dans les faits, tournent la plupart du temps en un flop désastreux d’où les convives sortent gavés de belles promesses qui demeurent sans suite!

quebechebdo 29 septembre 2012
vigile.net tribune libre 29 septembre 2012

Longue vie à la Société des Amis de Vigile!…

28 septembre 2012

Une institution solidement implantée comme celle qu’a érigée en phare Bernard Frappier dans le paysage médiatique du Québec devait lui survivre et, en ce sens, je me dois de rendre hommage à tous les pionniers qui ont accepté de prendre généreusement et courageusement la relève.

À cet effet, je me permets de vous livrer cet extrait de « La dernière leçon » de Mitch Albom qui m’a inspiré l’écriture du texte « Et la vie continue… » que j’ai présenté un jour lors d’un spectacle-bénéfice pour une Maison offrant des soins palliatifs :

« Une petite vague va clapotant sur l’océan, s’amusant comme une folle…heureuse dans le vent et le grand air jusqu’à ce qu’elle aperçoive les autres vagues devant elle qui s’écrasent sur le rivage. « Mon Dieu ! C’est affreux, dit la vague, qu’est-ce qui va m’arriver ? »

Ensuite arrive une autre vague. Elle voit la mine sombre de la première vague et lui demande : « Pourquoi as-tu l’air si triste ? »

La première vague répond : « Tu ne comprends donc pas ! Nous allons toutes nous écraser ! Nous allons toutes disparaître ! C’est affreux ! »

La deuxième vague lui dit : « Non, c’est toi qui ne comprends pas. Tu n’es pas une vague. Tu es une partie de l’océan. »

Et la vie continue…

« Par une journée d’octobre où Éole semble en furie, une feuille à l’agonie est éjectée de sa branche mère par un vigoureux bourgeon impatient de prendre sa place pour le prochain printemps.

Tanguant dans toutes les directions, notre feuille errante atterrit finalement sur le sol auprès de ses compagnes déjà résignées à leur imprévisible destin… « Pourquoi ne ferions-nous pas appel à celui qui nous a déracinées de notre gîte pour qu’il nous permette un sort plus agréable que le sac à déchets ?, demande la nouvelle arrivée à ses congénères ».

À ce moment, un souffle époustouflant propulse les feuilles inertes dans les airs. Après une courte envolée, nos amies terminent leur périple, bien alignées le long d’un trottoir…Puis le calme revient.

Octobre et novembre passent, accompagnés d’ondées et de gel qui stigmatisent les feuilles d’automne au pavé…L’hiver s’installe, le froid congèle nos infortunées complices qui sont bientôt ensevelies sous la neige.

Avec l’arrivée du printemps, les premiers rayons d’un soleil libérateur dégagent peu à peu les détenues de leur blanche prison. Alors les feuilles revigorées, quoique meurtries par autant d’intempéries, esquissent un large sourire d’apaisement à la vue du spectacle grandiose de l’éclosion des premiers bourgeons printaniers ! »

Longue vie à la Société des amis de Vigile qui continue, guidée et éclairée par le souvenir et le charisme de Bernard Frappier, d’incarner « un phare dans la nuit » pour toutes celles et tous ceux qui aspirent parvenir à bon port !

vigile.net tribune libre 28 septembre 2012