Élever le débat au-delà des guerres de clochers

21 novembre 2012

Malgré tout le respect que je porte envers les opinions divergentes de certains observateurs sur cette tribune relativement au processus d’accession à la souveraineté du Québec, je demeure toujours déçu de certaines prises de positions drastiques qui ont souvent pour effet de tuer dans l’œuf toute possibilité d’ouvrir une discussion sur les moyens à privilégier l’atteinte de notre but commun… car, en réalité, ne visons-nous pas tous le même rêve, à savoir de vivre un jour dans un pays nommé le Québec ?

À cet effet, je me permets de vous citer un court extrait du budget Marceau présenté le 20 novembre à l’Assemblée nationale relativement à la souveraineté du Québec : « Nous faisons le maximum avec les moyens qui nous sont impartis, mais nous pourrons aller beaucoup plus loin en disposant de tous les moyens d’un pays souverain. La fiscalité, par exemple, est un outil puissant. En la contrôlant entièrement, nos mesures pour stimuler l’investissement privé seront d’autant plus performantes. L’élimination des nombreux doublons administratifs entre Québec et Ottawa permettra d’économiser des milliards de dollars et d’alléger considérablement le fardeau réglementaire et administratif pour tous. »

Par ailleurs, autour d’une autre table, selon certaines sources, Pauline Marois devrait présider aujourd’hui sa première réunion du Comité sur la souveraineté depuis qu’elle a été élue première ministre du Québec. Toutefois, cette rencontre ne figure pas à « l’agenda public » de Pauline Marois puisqu’elle est considérée comme « privée ». Le groupe, formé d’une dizaine de personnes, doit, entre autres, aborder la meilleure stratégie à adopter dans le contexte d’un gouvernement minoritaire.

Rappelons que le mandat que s’est donné le comité lors de sa création est d’« analyser les stratégies, les moyens et les gestes requis pour que le Québec accède à sa souveraineté » à partir des différentes études produites au fil des ans sur la souveraineté. et d’autres qui doivent être lancées prochainement.

Parmi les membres du comité, mentionnons les ministres Jean-François Lisée et Alexandre Cloutier, le chef du Bloc québécois, Daniel Paillé, le comédien Emmanuel Bilodeau, l’ex-professeur en droit constitutionnel Henri Brun, l’ex-présidente de la CSN Claudette Carbonneau, le spécialiste de l’entrepreneuriat Pierre-André Julien, le chanteur Paul Piché, et l’avocat et président de la commission politique du Parti québécois, Alexandre Thériault-Marois.

Même si je demeure perplexe quant à un consensus qui pourrait se dégager de ce comité sur « la stratégie » à adopter pour que « le Québec accède à son indépendance », je persiste à croire que les membres de ce comité devront se montrés ouverts aux intervenants de toutes provenances politiques prônant l’accession du Québec à son indépendance.

En termes clairs, le comité sur la souveraineté ne doit pas devenir le comité du Parti québécois regroupant essentiellement des têtes qui penchent toutes du même côté, sinon nous risquons d’aboutir à de belles intentions qui n’arrivent pas à s’élever au-dessus des éternelles et stériles guerres de clochers qui ne réussissent qu’à nous diviser au lieu de nous mobiliser comme il arrive malheureusement fréquemment de se produire sur cette tribune dont l’objectif premier de Bernard Frappier était, ne l’oublions pas, de « rallier » les forces vives qui puissent nous permettre d’accéder à notre indépendance !

vigile.net tribune libre 21 novembre 2012

Élection partielle dans Saint-Rodrigue…présage pour 2013?

20 novembre 2012

Deux facteurs importants retiennent mon attention suite aux élections partielles du 18 novembre 2012 dans le district électoral de Saint-Rodrigue de l’arrondissement de Charlesbourg à Québec.

Le premier a trait au taux de participation famélique de quelque 20%, incluant les 6% du vote par anticipation du 11 novembre. Le second à l’avance du candidat d’équipe Labeaume, Vincent Dufresne, qui l’emporte avec une majorité de 64% par rapport à sa plus proche concurrente, Marie-France Painchaud du parti Québec Autrement qui obtient 23%.

Devant ces deux constats, il m’apparaît clair que le chef de Québec Autrement, David Lemelin, qui avait l’intention de démontrer, par cette élection, que les citoyens de la vieille Capitale souhaitaient une opposition à l’Hôtel de ville de Québec, devra tout au moins réviser ses positions et aligner sa stratégie de campagne en 2013 s’il désire offrir à Régis Labeaume une opposition digne des ses aspirations.

Un écart aussi important entre M. Dufresne et Mme Painchaud exprime clairement que la voie du changement proposée par Québec Autrement n’a pas su rallier les électeurs de Saint-Rodrigue… Doit-on y percevoir un présage de satisfaction de la population en général vis-à-vis son maire? C’est à suivre!

quebechebdo 20 novembre 2012

L’interminable débat sur la présence de l’unifolié au Salon rouge

17 novembre 2012

Jeudi le 15 novembre marquait le 36ième  anniversaire de l’élection du premier gouvernement du Parti québécois…une journée « symbolique » idéale pour demander au président de l’assemblée nationale du Québec, via une lettre qui lui est parvenue du whip en chef du gouvernement, Yves-François Blanchet, de retirer le drapeau canadien du Conseil législatif, la seule enceinte du parlement du Québec où l’unifolié flotte encore.

En conférence de presse le 16 novembre, le député libéral Gerry Sklavounos a affirmé que le retrait du drapeau canadien serait un manque de respect des décisions des Québécois, qui ont choisi deux fois de rester dans le Canada par voie de référendum. Pour sa part, dans une lettre au président de l'Assemblée, le whip en chef de l'opposition officielle, Laurent Lessard, a qualifié la demande du gouvernement de «choquante et totalement inacceptable».

En attendant que la question soit officiellement tranchée, le gouvernement Marois a décidé que l'unifolié sera présent au Salon rouge lors d'activités parlementaires ou relevant de l'Assemblée nationale, mais qu’il sera retiré lors d'activités gouvernementales à proprement parler.

C'est ainsi que l'unifolié était visible au Salon rouge lundi, alors que des députés de toutes les formations politiques étaient réunis pour la première commission parlementaire depuis l'élection du Parti québécois. Et qu'il avait disparu de la même salle le lendemain, lors de la remise des Prix du Québec, une cérémonie présidée par la première ministre Pauline Marois alors que seul le drapeau du Québec se dressait dans la salle pendant cette «activité gouvernementale».

En réalité, existe-t-il une raison logique qui justifie que le drapeau canadien doive continuer de se dresser à côté de celui du Québec au Salon rouge de la salle du Conseil législatif… une situation qui perdure au gré du pouvoir que s’échangent péquistes et libéraux depuis des décennies?

J’ai bien l’impression qu’au moment des débats parlementaires qui se tiendront dans notre auguste Assemblée, nous en entendrons de toutes les couleurs de la part des pro-unifoliés qui auront bien des difficultés à faire ressortir leurs arguments en faveur du maintien de la feuille d’érable à côté de la fleur de lys à moins qu’ils fassent prévaloir le symbole de l’union de la Confédération canadienne cohabitant « fièrement » entre les murs du temple des élus!

quebechebdo 17 novembre 2012
vigile.net tribune libre 17 novembre 2012
cyberpresse.ca 20 novembre 2012 (version abrégée) "L'interminable débat" dans le cadre de la rubrique "Vos réactions à la bataille des drapeaux au Salon rouge"

Dans la mire des truands

16 novembre 2012

Depuis les débuts des travaux de la commission Charbonneau, nombreux ont été les truands repentants qui ont défilé devant la juge et, à chaque fois, j’avais l’impression d’assister à une mise en scène orchestrée au cours de laquelle les témoins viennent chercher une certaine compassion liée au simple aveu de leurs fautes.

Toutefois, la comparution de l’entrepreneur Martin Carrier, de la compagnie Céramiques Lindo, est venue apporter une dose de réalisme et de compassion à ce scénario loufoque auquel nous ont habitués les derniers truands qui ont circulé devant la commission avec leur mine repentante.

Le sang-froid dont M. Carrier a dû manifester pendant des années devant les menaces de mort proférées contre lui par certains dirigeants de la mafia dans l’industrie de la construction démontre à quel point les victimes de tels harcèlements doivent faire preuve de courage, voire même de héroïsme, lorsqu’elles se retrouvent pointées dans la mire de tels truands sans scrupule.

Face à un scénario aussi ignominieux, les appareils législatifs et judiciaires doivent, de toute urgence, mettre un frein à ces pratiques barbares par la mise sur pied de lois et de peines criminelles exemplaires qui viennent contrecarrer à jamais les tentatives de harcèlement inhumaines auxquelles sont confrontées d’honnêtes citoyens dans l’exercice de leurs fonctions… Vivement une société qui aura le courage de redonner à l’intégrité ses lettres de créances !

quebechebdo 16 novembre 2012

Sortie de secours

15 novembre 2012

Pour avoir œuvré quelque trente-deux ans dans le monde de l’éducation, je ne peux demeurer insensible aux multiples problèmes que vivent des milliers de jeunes québécois à l’intérieur de notre réseau d’éducation.

L’un de ces problèmes les plus compliqués découle du sort que le système scolaire doit réserver aux élèves qui vivent des difficultés d’apprentissage liées à toutes sortes de facteurs inhérents à notre société moderne, que ce soit les chambardements qui se sont opérés dans la cellule familiale traditionnelle depuis des décennies, l’évolution des techniques de communications modernes, le harcèlement sous toutes ses formes, la circulation et la consommation des drogues et d’autres facteurs nuisibles à la saine évolution de notre jeunesse.

Toutes les formules ont été essayées pour pallier les écueils causés par ces jeunes en difficultés d’apprentissage, de l’isolement à l’intégration, les deux formules possédant certes leurs avantages mais aussi hélas, leurs inconvénients.

À mon sens, nous parviendrions à offrir une sortie de secours efficace à ces jeunes si nous parvenions à créer une voie mitoyenne entre l’isolement et l’intégration, à savoir la mise sur pied de groupes de travail où ces élèves en difficultés se retrouveraient regroupés pour certaines disciplines dans lesquelles ils accusent un retard important sur les élèves réguliers et où ils seraient intégrés à ces mêmes élèves réguliers lors d’activités faisant appel à des critères touchant plus spécifiquement le développement de la personne.

Je crois qu’en agissant de la sorte, nous arriverions à faire cheminer ces jeunes à leur rythme sans nuire pour autant au rythme d’apprentissage des élèves réguliers tout en favorisant un sain épanouissement personnel à l’ensemble des jeunes du Québec, pour autant, bien sûr, que les ressources humaines et matérielles soient dégagées par les autorités gouvernementales pour mener à terme un tel projet!

quebechebdo 15 novembre 2012
vigile.net tribune libre 15 novembre 2012
Le Devoir 16 novembre 2012
cyberpresse.ca 16 novembre 2012

Une main de fer dans un gant de velours

9 novembre 2012

La démarche d’ouverture à la consultation adoptée par le gouvernement dans son approche annonçant la tenue d’un Sommet sur l’enseignement supérieur révèle, à mon sens, une intention louable à laquelle nous ne pouvons que souscrire.

Toutefois, l’éditorial de Josée Boileau, paru dans Le Devoir du 9 novembre sous le titre « Sommet sur l’enseignement supérieur – Le choix du ministre », suscite des pistes de réflexions auxquelles nous ne pouvons nous soustraire sans les avoir d’abord considérées.

« Le gouvernement Marois fait montre d’une telle ouverture dans le dialogue que l’annonce jeudi du processus qui mènera au Sommet sur l’enseignement supérieur a dans un premier temps été saluée par tous ceux que le débat interpelle. Mais se positionner comme un acteur parmi tant d’autres est un leurre. Il est d’ores et déjà le maître du jeu. »

Il ne faut pas oublier que la promesse électorale du PQ de tenir un tel Sommet sur l’enseignement supérieur était assujettie à un gel des frais de scolarité pour les deux prochaines années suivi de l’indexation pour les années à venir. Dans ces circonstances, il m’apparaît pour le moins dangereux pour Pauline Marois d’affirmer que ce sommet sera l’occasion d’un « débat constructif où toutes les possibilités sont ouvertes ».

Un tel genre de déclaration a d’ailleurs déjà subit les critiques « prévisibles » des différents partis de l’opposition, que ce soit le danger d’aboutir à un « sommet des illusions » ou d’assister à une mise en scène où « les dés sont pipés à l’avance ».

À titre d’exemple de quiproquo qui risque de créer des frictions importantes entre les intervenants, on ne peut passer sous silence le débat sur le financement des universités qui laisse déjà planer de lourds nuages qui seront difficiles à dissiper compte tenu que le ministre Pierre Dufresne n’a jamais caché ses doutes quant au sous-financement des universités.

De par son statut, un gouvernement est élu pour gouverner à l’intérieur d’un processus de consultation qui fait appel aux différents intervenants touchés par le dossier concerné et non pas pour agir en tribunal qui entend les « témoins » qui devront se montrer « convaincants s’ils veulent le faire changer d’avis », comme le souligne Josée Boileau dans son éditorial.

À mon sens, le gouvernement doit, dès le départ de ce Sommet, d’une part faire preuve d’ouverture dans son attitude mais d’autre part, se montrer clair dans ses intentions à long terme tout en « assumant que ce sera à lui de trancher » [dixit Josée Boileau].

En agissant de la sorte, le gouvernement Marois aura fait la preuve qu’il peut situer le débat au-dessus des attitudes démagogiques habituelles des vieux partis tout en faisant preuve du leadership nécessaire pour mener à terme l’épineux dossier de l’enseignement supérieur.

Je vous laisse sur cette attitude que j’avais développée auprès de mes élèves et qui m’a toujours servi tout au cours de mes années d’enseignement. Je fais allusion à ce que j’avais surnommé le triangle d’une saine gestion de classe, à savoir la fermeté, l’ouverture et l’intégrité et qui est très bien représenté par le proverbe « une main de fer dans un gant de velours », à savoir de faire preuve d’une autorité ferme mais diplomate à laquelle j’y ajoute l’intégrité sur la pointe du triangle…une démarche qui peut s’appliquer mutatis mutandis dans toute forme d’autorité qui souhaite s’exercer positivement et efficacement.

vigile.net tribune libre 9 novembre 2012
quebechebdo 9 novembre 2012

Médecins de famille recherchés

7 novembre 2012

Les gens de ma génération se souviennent sûrement de la série télévisée, diffusée de 1969 à 1976, mettant en vedettes Robert Young dans le rôle du Dr Marcus Welby, appuyé d’un jeune médecin incarné par James Brolin, deux médecins de famille qui ont marqué à l’époque l’imaginaire de toute une génération.

En ce qui me concerne, je garde en mémoire le sourire du Dr Welby lorsqu’il entrait dans la salle d’attente pour y accueillir ses patients et le dynamisme de son jeune acolyte qui formait avec son mentor une équipe qui rayonnait de vivacité et de professionnalisme.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le portrait que nous présente la situation actuelle au Québec est bien différent… En effet, au cours des dernières années, des ministres Philippe Couillard à Réjean Hébert en passant par Yves Bolduc, pourtant tous des médecins de profession, le nombre de médecins de famille n’arrive pas à combler les besoins d’une population vieillissante compte tenu des départs des aînés qui doivent être remplacés par de jeunes médecins qui consacrent moins d’heures que leurs aînés aux services directs aux patients et qui, de surcroît, semblent davantage attirés par les spécialités médicales.

Le slogan « un médecin de famille pour tous les Québécois » a perdu toute crédibilité…Les recettes proposées par les ministres de la santé, d’un gouvernement à l’autre, sont répétitives et aboutissent à des échecs constants…C’est la quadrature du cercle!

Loin de prétendre être un connaisseur dans le domaine de la santé, j’oserais avancer une piste de solution. Pourquoi ne pas valoriser la profession de médecin de famille en injectant les sommes nécessaires pour lui offrir la possibilité d’exercer sa profession décemment et dignement ? Peut-être que, dans de telles conditions, verrions-nous poindre de jeunes médecins de famille qui prendraient le flambeau du Dr Welby!

quebechebdo 7 novembre 2012
cyberpresse.ca 12 novembre 2012 

Vaut mieux en rire!

6 novembre 2012

En réaction à l’annonce du dépôt du premier budget du gouvernement péquiste par le ministre des Finances et de l'Économie, Nicolas Marceau, le porte-parole de l'opposition officielle en matière de finances, Raymond Bachand a déclaré que le dépôt hâtif du budget n'est rien d'autre qu'un geste de pure «provocation» du gouvernement minoritaire.

Selon le candidat à la direction du PLQ, «un budget, ça ne s'improvise pas. Ils sont incapables de gérer, incapables de contrôler les dépenses, ils ont gelé tous les revenus. Ils veulent provoquer, c'est une panique politique. La partisanerie politique ne devrait pas avoir de place lorsqu'il est question des finances publiques».

Comment un politicien sérieux peut-il affirmer une telle ignominie sur les méfaits de la « partisanerie politique » en relation avec les « finances publiques » alors que les allégations de collusion et de corruption concernant l’octroi de contrats dans le monde de la construction devant la commission Charbonneau ne cessent de fuser vers les mêmes rouges qu’aspirent à représenter M. Bachand?…Enfin, vaut mieux en rire!

quebechebdo 6 novembre 2012

Un grand Québécois dont il fait bon se souvenir

6 novembre 2012

Il y a de ces femmes et de ces hommes disparus dont le souvenir remonte périodiquement à la surface de la conscience collective d’un peuple. Gérald Godin incarne un de ceux-là. Une de ses citations, empreinte d’une fraîcheur poétique envoûtante, parue en haut de page de la tribune libre de Vigile récemment, m’a littéralement allumé par le choix de mots de son auteur et le message d’espoir qu’elle véhicule :

« Dans la grande famille des mots je m’en choisis pour passer l’hiver des mots en laine du pays cette année j’ai choisi le mot guérison le mot liberté des mots qui tiennent bien au chaud »

À titre de rappel, j’ai cru opportun de présenter ces quelques notes biographiques que j’ai pu glaner ici et là. Gérald Godin est d’abord journaliste au Nouvelliste de 1958 à 1963. Il s’établit ensuite à Montréal où il est longtemps recherchiste à Radio-Canada. Il travaille aussi pour le magazine Maclean de 1963 à 1969 puis pour Québec-Presse à titre de directeur de l’information de 1969 à 1973 et comme directeur général intérimaire à partir de 1973 jusqu’en 1974. Pendant cette période, Godin est victime des arrestations arbitraires pendant la crise d’octobre de 1970. Il enseigne à l’UQAM à titre de chargé de cours. Il quitte l’enseignement en 1976 au début de la grève des enseignants en devenant candidat du Parti québécois dans la circonscription de Mercier où il défait le Premier ministre du Québec Robert Bourassa à l’élection de 1976. À partir de 1979, Gérald Godin occupe la fonction d’adjoint parlementaire du Ministre des affaires culturelles puis du Ministre de la justice avant de devenir Ministre de l’immigration en 1980. Réélu en avril 1981, il est nommé Ministre des communautés culturelles et de l’immigration et membre du Conseil du trésor. De 1982 à 1983, il est Ministre responsable de l’application de la Charte de la langue français avant de devenir Ministre délégué aux affaires linguistiques en 1984. Réélu en 1985, il fait partie de ceux qui ont convaincu Pierre-Marc Johnson de quitter le parti et Jacques Parizeau d’y revenir. Réélu à l’élection de 1989, il est remplacé à titre de candidat en 1994, alors qu’il continue de se battre contre un cancer au cerveau qui a raison de lui le 12 octobre de cette même année.

Dès la sortie en salle du film « Godin » du réalisateur Simon Beaulieu en 2011, les critiques sont unanimes en ce qui concerne les qualités humaines et les convictions inébranlables de Gérald Godin pour la cause de l’indépendance du Québec.

À ce effet, en fouillant dans la rubrique « Biographies » de Vigile, j’ai découvert deux articles publiés sur cette tribune et qui rendent admirablement bien la grandeur du poète-député. En voici quelques extraits :

« En ces jours où on parle de courage et de gens qui se renient et qui renient leurs convictions, Godin le film arrive à point nommé. Quelle confiance que Godin démontre dans le peuple québécois quand, devant une foule nombreuse, il proclame, « Sans vous, je ne suis rien. Avec vous, nous pouvons tout ! » Et de se rappeler comment il a sonné la charge contre Pierre-Marc Johnson : Assez, c’est assez, disait-il, les REA, les RÉER, les MBA – un peu de contenu s’il vous plaît. Quelle leçon de courage de le voir se battre avec conviction pour l’indépendance malgré une maladie affligeante jusqu’aux derniers jours de sa vie. Quel effet tonique de le voir refuser le cynisme politique ambiant et de garder vivants les rêves d’un peuple, plutôt que de succomber au cynisme et de mettre les rêves de côté — tout en demandant à tout le peuple de faire pareil — car, semble-t-il, seulement 45% seraient prêts à voter pour l’indépendance. » Robin Philpot « Godin, le film : un puissant antidote à la pensée Legault » 22 février 2011

« Faire le pays du Québec, qu’ils sont beaux les mots qui appellent l’indépendance, la liberté lâchée lousse pour tous les habitués du Québec. Qu’il est grand le québécois Gérald Godin. Il connaît l’amour, l’emprisonnement, l’humiliation, la marche avec le monde ordinaire, les randonnées à bicyclette sur les rues et les ruelles du coeur de Montréal appelé le comté Mercier… Gérald Godin porte le Québec en lui, solidement ancré. Il est comme un terminus d’autobus où tous les gens se croisent pour un départ, une arrivée. Son regard, la posture de son élégant et grand corps, son écoute, lui ouvrent tous les coeurs des personnes qu’il approche… Jusqu’à sa mort en 1994, il travaille en douceur, avec force, avec patience, toujours dans la même direction : pour que le Québec devienne un pays. En le comparant à son chef René Lévesque, Gérald Godin porte le projet de pays avec encore plus de force, de beauté et de vérité. » François A. Lachapelle « Godin, le film » 24 mars 2011

Dans la ligne de ces commentaires, j’ajouterais que Gérald Godin, de par sa sensibilité inhérente à tout poète, a su capter les ondes qui émanaient de l’atmosphère politique du Québec et de la sorte, rejoindre le citoyen au plus profond de son être…Voilà pourquoi, entre autres raisons, Gérald Godin demeurera toujours un grand Québécois dont il fera bon se souvenir tel un phare tout au cours de notre long chemin vers notre indépendance !

vigile.net tribune libre 6 novembre 2012

Prisonnière des bras de Morphée

5 novembre 2012

Ariane Leblanc-Lacroix, 17 ans, éprouve le besoin de dormir de nombreux jours d'affilés, parfois une dizaine, jusqu'à 20 heures par jour, de façon épisodique. Ariane souffre du syndrome de Kleine-Levin, un trouble du sommeil très rare qui touche une personne sur un million, une maladie surnommée le "syndrome de la belle au bois dormant" qui entraîne de fâcheuses conséquences pour la jeune femme.

Le besoin excessif de sommeil d'Ariane est appru subitement à l'âge de 13 ans. "Je me réveillais un matin puis je me sentais complètement perdue, comme si j'étais dans un rêve. Je ne comprenais pas ce qui se passait. J'étais fatiguée, épuisée, j'avais le moral à zéro."

Après plusieurs consultations, le diagnostic est finalement tombé. Par ailleurs, comme le syndrome de Kleine-Levin est peu connu, Ariane et ses parents ont parfois dû faire face à l'incompréhension de leur entourage.

À titre d’exemple, Ariane a été confrontée à un épisode de plusieurs jours de sommeil, ce qui a eu des répercussions sur ses études. "Certains professeurs pensaient ou pouvaient penser qu'elle était tout simplement paresseuse, ce qui n'était pas le cas [...] Ç'a été difficile au début", raconte la mère d'Ariane.

Les symptômes du syndrome de Kleine-Levin, pour lequel il n'existe aucun traitement, devraient s'atténuer et lui permettre de quitter "les bras de Morphée" à la fin de la vingtaine. En attendant, Ariane, qui fréquente maintenant le cégep, souhaite démystifier ce trouble et surtout sensibiliser le milieu médical à la recherche de traitements.

La liste de maladies "orphelines" pour lesquelles la recherche demeure encore impuissante est longue…toutefois, malgré le pourcentage infime de cas, je ne peux que me joindre à Ariane pour que son message de démystification et de sensibilisation sur sa maladie soit entendu!

quebechebdo 5 novembre 2012