Lucien Bouchard, un homme au parcours tortueux

18 avril 2013

D’entrée de jeu, je vous cite un extrait d’un article de Lucien Bouchard paru dans Le Devoir du 26 juin 1990 sous le titre « Le vrai pays » à l’époque où il a été chroniqueur au Devoir pendant quelques mois. Abordant l’échec du lac Meech, Lucien Bouchard déclare :

« Ce qu’on vient de nous dire en clair, c’est que nous ne pouvons avoir qu’un seul pays. Nos partenaires ont choisi le leur, c’est le Canada auquel ils subordonnent toute appartenance provinciale. Ils nous demandent de faire de même. C’est brutal, cela peut même être déchirant, pour certains, mais c’est net. Eux aussi, ils en ont assez de l’ambiguïté. Du coup, nous sommes envoyés à nous-mêmes, à nos racines, à nos fidélités profondes, au vrai pays que nous n’avons jamais cessé de porter en nous, au Québec… Combien de vilenies nous faut-il essuyer pour comprendre qu’ils ne veulent pas de nous ? Apparemment, il nous en fallait une de plus. Acceptant de nous faire demandeurs – et encore pour un minimum délayé en cours de route – après avoir subi le rejet de 1981, nous avons à nouveau tendu la main. Mais cette main fraternelle, un peu naïve et qui avait, à la fin, quelque chose d’un peu trop suppliant, à mon goût, on vient de la repousser. »

Il s’en est coulé de l’eau sous les ponts depuis cette époque et même bien avant 1990…La relation de Lucien Bouchard avec la politique est complexe, s’affiliant au cours des années avec différents partis politiques prônant des idéologies fort différentes. En effet, il songe d’abord à travailler pour le Parti libéral du Québec lors de la campagne de 1970, mais est profondément ébranlé par les événements de la Crise d’octobre, surtout par l’imposition par Pierre Elliott Trudeau de la Loi sur les mesures de guerre, une action demandée par Robert Bourassa. En même temps, il est un grand admirateur de René Lévesque qu’il prendra l’habitude de citer souvent dans ses discours.

Lucien Bouchard travaille pour l’option du « Oui » lors du référendum de 1980. En 1985, il est nommé ambassadeur du Canada en France par Brian Mulroney, un ami proche qu’il avait rencontré à l’Université Laval. Il se joint au gouvernement progressiste-conservateur de Mulroney en 1988 à titre de Secrétaire d’État et plus tard ministre de l’Environnement, et quittera ce poste le 22 mai 1990. Tout en demeurant un nationaliste québécois, il croit que l’accord du lac Meech proposé par Mulroney serait suffisant pour que le Québec demeure dans la confédération canadienne.

Après l’échec de Meech, Lucien Bouchard est rejoint par plusieurs collègues conservateurs et libéraux du Québec qui fondent avec lui le Bloc québécois. Le Parti québécois fait campagne pour le Bloc lors de l’élection fédérale de 1993, afin de préparer le Québec pour la souveraineté. Lors de cette élection, le Bloc québécois remporte 54 des 75 circonscriptions québécoises. Le Bloc ayant remporté le deuxième plus grand nombre de sièges dans cette élection, Lucien Bouchard devient le premier Chef de l’Opposition indépendantiste québécoise à Ottawa.

Le 12 juin 1995, Lucien Bouchard signe, en tant que leader du Bloc québécois, une entente tripartite avec le chef du Parti québécois, Jacques Parizeau, et le chef de l’Action démocratique du Québec, Mario Dumont. Cette entente établit le chemin du référendum sur une « offre de souveraineté assortie d’un partenariat ». Fidèle aux convictions de René Lévesque, Bouchard convainc Parizeau d’inclure un plan d’association avec le Canada dans la question référendaire.

Après la défaite de l’option souverainiste lors du référendum de 1995, Jacques Parizeau démissionne aussitôt de son poste de Premier ministre du Québec. Lucien Bouchard démissionne quant à lui de son siège aux communes en 1996 et devient chef du Parti québécois le 27 janvier 1996.

Sur la question de la souveraineté, Lucien Bouchard déclare qu’en raison de l’absence de « conditions gagnantes », dont il ne précise pas la nature, aucun référendum ne sera déclenché, une des principales préoccupations du gouvernement Bouchard et considérée comme faisant partie des conditions gagnantes, étant la récupération économique à travers le « déficit zéro ».

Finalement, Lucien Bouchard se retire de la vie politique le 8 mars 2001 en démissionnant de son poste de Premier ministre en déclarant que son échec à ranimer la flamme souverainiste est une cause de son départ, et il en prend la responsabilité dans son discours d’adieu. Lucien Bouchard, considéré comme plus modéré sur la question de la souveraineté que les Premiers ministres péquistes précédents, faisait également face aux critiques des radicaux de son parti, pour ne pas avoir engagé la province dans un troisième référendum sur la souveraineté dans le cours de son mandat.

Un parcours pour le moins tortueux, à l’image des allégeances politiques de Lucien Bouchard qui a nagé du fédéral au provincial comme un poisson dans l’eau. Il est un de ses personnages publics dont nous ne connaîtrons probablement jamais le vrai visage…une énigme que je qualifierais de nuisible, voire même nocive, dans un monde où la transparence et la congruence devraient être des qualités essentielles si l’on souhaite obtenir quelque crédibilité auprès de l’électorat.

vigile.net tribune libre 17 avril 2013

Dans l’étau du pouvoir « provincial »

18 avril 2013

L’article qui suit ne se veut nullement une étude approfondie de l’histoire du mouvement souverainiste au Québec mais plutôt l’étalage d’une modeste réflexion sur les raisons qui le contraignent depuis des décennies à stagner, telle une « mare à grenouilles » sans issue dans laquelle je vous invite à plonger avec moi…

Historiquement, les événements, depuis 1837 jusqu’à nos jours, qui ont marqué les étapes du mouvement d’affirmation nationale québécoise sont nombreux. Toutefois, politiquement, c’est le début des années ’60, avec le « maître chez nous » de Lesage, qui donne naissance à un véritable éveil du nationalisme québécois.

Fin des années ’60, soit le 14 octobre 1968, le Parti québécois naît de la fusion du Mouvement Souveraineté Association, du Ralliement national et, à la suite d’intenses négociations entre René Lévesque et Pierre Bourgault, du Rassemblement pour l’indépendance nationale.

Dès lors, le mouvement souverainiste prend son essor, un élan nationaliste qui aboutit aux événements d’octobre ’70 et à l’élection d’un premier gouvernement souverainiste aux élections du 15 novembre 1976, à savoir le Parti québécois, qui obtient 41% des voix et fait élire 71 députés.

À mon avis, c’est à partir de ce moment-là que le mouvement souverainiste commence à battre de l’aile, particulièrement avec la stratégie de l’étapisme qui conduit au premier référendum de 1980 et à la question pour le moins alambiquée à laquelle les Québécois sont invités à répondre…on connaît les résultats !

Par la suite, les gouvernements libéral et péquiste se succèdent au gré des fluctuations politiques entre le fédéralisme et le souverainisme jusqu’au référendum de 1995 où, grâce à la détermination de Jacques Parizeau, le Québec passe à un cheveu de la majorité. Arrive alors la période des timides stratégies des conditions gagnantes jusqu’au dernier-né, la gouvernance souverainiste.

Toutefois, à la décharge de tous les chefs péquistes qui se sont succédés à titre de premier ministre du Québec, on se doit d’admettre que « l’étau du pouvoir provincial » dans lequel ils étaient, et sont encore, cantonnés, ne leur laisse pas beaucoup d’espace pour manœuvrer une véritable stratégie d’accession à notre indépendance, compte tenu particulièrement des contraintes de gestion des affaires courantes de la « province » et des limites des pouvoirs qui leur sont « consentis » dans un État fédéral.

Il ne faut donc pas se surprendre si, dans cette conjoncture en spirale, certains « purs et durs » se sont dissociés du PQ pour créer leur propre parti et tenter leur chance dans une voie qui les conduirait enfin à l’accession du Québec à son indépendance, une situation qui, il faut bien l’admettre, a pour effet de diviser les forces souverainistes.

Alors, me direz-vous, quelle est la solution ? Sans prétendre avoir une réponse certaine à cette question, j’oserai quand même vous la soumettre. À mon sens, la réponse tient à quatre conditions qui s’imbriquent l’une dans l’autre : d’abord, procéder dans les meilleurs délais à l’unification des partis d’allégeance souverainiste, ensuite mettre sur pied une campagne de promotion articulée de l’indépendance auprès de l’électorat québécois, rédiger une constitution québécoise une fois au pouvoir, et finalement consulter les Québécois par voie référendaire sur une question claire, à savoir pour ou contre l’indépendance du Québec.

Dans l’hypothèse où nous obtenons un « oui », le Québec sera enfin libéré de « l’étau du pouvoir provincial »…sinon, le nouveau parti indépendantisme devra retourner faire ses devoirs et marteler sans répit, auprès de la population, à la fois les avantages de l’indépendance et les inconvénients d’un fédéralisme outrancier et avilissant.

vigile.net tribune libre 17 avril 2013
quebechebdo 18 avril 2013

Le Renard, le Lion et le Paon

16 avril 2013

C’est en ces termes que nous pourrions intituler le scénario qui va occuper la scène fédérale d’ici les élections de 2015…aussi ai-je eu l’idée d’en tirer cette petite fable :

Recroquevillé dans son antre,
Le Renard mijote secrètement
Quelque plan diabolique
Pour s’approprier quelques victuailles

De son côté, le Lion déambulant à pas de tortue
Dans son territoire réservé,
Rumine dans sa tête
La possibilité d’agrandir son royaume

Quant au Paon, nouvellement arrivé
Dans ce territoire étranger,
Il se fait beau, déployant sa queue multicolore
Tout en lançant quelques criaillements cacophoniques

Puis, vient un jour où des événements conflictuels
Placent nos trois compères en des lieux
Où ils doivent s’affronter âprement
Dans des batailles aux allures de combats de coqs

Le Renard multiplie les entourloupettes
Le Lion réagit par des attaques vindicatives
Alors que le Paon s’ingénie
À en faire voir de toutes les couleurs à ses adversaires

À bout de souffle, les trois belligérants
Décident de signer une trêve dans le but de se présenter
Devant leurs confrères pour connaître
Lequel se verra remettre les rennes du pouvoir

L’histoire ne dit pas qui l’emporta…
Toutefois, certaines rumeurs circulent
À l’effet que la gent animale aurait décidé
De choisir le Paon à cause de ces multiples couleurs

Comme disait George Sand :
« La cupidité ou la vanité sont toujours juges
On a tant d’exemples de succès autour de soi ! »

vigile.net tribune libre 16 avril 2012

Recours aux travailleurs étrangers: préjudice ou réalité?

16 avril 2013

Pendant qu’Ottawa serre la vis à la main-d’œuvre étrangère dans son projet de réformes du Programme des travailleurs étrangers temporaires, le directeur général de la Fondation des entreprises en recrutement de main-d’œuvre agricole étrangère, Denis Hamel, s'inquiète du fait qu'au moins 350 Guatémaltèques, qui devraient être déjà arrivés au Québec, sont toujours retenus dans leur pays, des retards qu’il juge suffisamment inquiétants pour faire craindre un mauvais début de saison dans certaines fermes du Québec.

D’un autre côté, certains commentaires, que je qualifierais de préjudiciables, allèguent que la main d’œuvre québécoise ne montrerait pas beaucoup d’intérêt pour les emplois temporaires. Pourtant, Kathleen Côté, une Québécoise de 36 ans du quartier Limoilou, qui cueillait des pommes pendant la saison automnale chez un cultivateur de l'île d'Orléans ces 12 dernières années, a été remplacée par des travailleurs étrangers d'origine guatémaltèque l’automne dernier.

Ainsi, quand Mme Côté entend les agriculteurs dire qu'ils embauchent toujours les Québécois qui sont prêts à travailler dans les champs, elle se pose de sérieuses questions. Elle a plutôt l'impression qu’elle ne servira qu'à «boucher les trous» quand son employeur en aura besoin si elle retourne à ses anciennes occupations.

Loin d’être un défenseur habituel des politiques du gouvernement Harper, je dois lui donner raison dans le cas de son projet de réformes du Programme des travailleurs étrangers temporaires visant à favoriser en priorité les travailleurs canadiens. Quant à M. Hamel et tous ceux qui appuient ses doléances envers les effets négatifs potentiels de ce programme, je serais porté à leur conseiller de faire leur petite enquête du côté des Québécois qui seraient intéressés par ces emplois temporaires. Peut-être trouveraient-ils la main-d’œuvre nécessaire pour combler leurs besoins!

quebechebdo 16 avril 2013

La leçon d’humilité

15 avril 2013

Il y a de ces gens à qui la notoriété semble leur procurer tous les avantages, y compris celui de s’enorgueillir des privilèges que leur confère un poste important, voir même de développer un art pour la mesquinerie. À mon sens, Régis Labeaume correspond parfaitement à ce type de personne et je crois que notre maire tirerait avantage à méditer sur cette pensée de Montaigne: « Si haut que l’on soit placé, on n’est jamais assis que sur son cul »… Une leçon d’humilité qui pourrait permettre au « maître de céans » de descendre de son siège de maire et de devenir un citoyen apprécié pour ce qu’il est et non pas pour ce qu’il fait.

quebechebdo 15 avril 2013

L’art de pelleter par en arrière

15 avril 2013

Au moment où la légitimité du rapatriement de la Constitution de 1982, dirigé habilement par Pierre-Elliot Trudeau, est remise en question par les révélations troublantes de l’historien Frédéric Bastien dans son livre intitulé « La bataille de Londres », le fils de l’ancien premier ministre libéral, Justin, sans surprise, est élu chef du PLC, soit 45 ans après que son père soit désigné au même titre.

Rappelons d’abord que l’ouvrage de M. Bastien jette un éclairage nouveau sur les manoeuvres du gouvernement fédéral lors du rapatriement de la Constitution, particulièrement sur le fait qu’il y a eu ingérence du pouvoir judiciaire dans les affaires politiques, alors que le juge en chef de la Cour suprême du Canada, Bora Laskin, aurait transmis de l’information sur l’état des délibérations des juges aux gouvernements canadien et britannique dans les mois précédant le rapatriement de la Constitution, ce geste constituant une atteinte sérieuse au principe de la séparation des pouvoirs dans le système parlementaire de type britannique.

Qu’à cela ne tienne, le nouveau dauphin à la tête du PLC, s’adressant directement aux Québécois qui, soit dit en passant représentent seulement 12% des votes reçus par Justin Trudeau, clame qu’il faut « laisser de côté les chicanes et les débats qui alimentent la grogne » en plus d’ajouter, pour étendre un peu de glaçage sur le gâteau, qu’il « souhaite que les Québécois deviennent, à nouveau, des bâtisseurs du Canada…[qui] veulent travailler avec les Canadiens qui partagent leurs valeurs pour bâtir un pays meilleur pour nos enfants », sans oublier d’ajouter un peu d’émotion à la pâte en lançant langoureusement avoir été touché par les conversations qu’il a eues dans la province au cours des derniers mois.

Et, pour agrémenter son gâteau, le fils de l’autre, de qui il a très bien appris la leçon de la « petite séduction », y ajoute la cerise en lançant candidement : « Je ne prends rien pour acquis. Je sais que la confiance, ça doit se mériter. Et je compte bien mériter la vôtre… Le Canada est un grand projet inachevé. Et c’est à nous, avec tous les autres Canadiens, d’en faire le pays que nous voulons. Le temps est venu pour nous d’écrire un nouveau chapitre dans l’histoire de notre pays ».

Enfin, puisqu’il faut bien parler un peu politique, Justin Trudeau soutient que la « politique positive » qu’il présentera, par opposition à celle, négative, du PC et du NPD, aidera le PLC à regagner le pouvoir…un appel au ralliement des troupes dont la vacuité n’a d’égale que le reste de son discours.

Eh bien, M. Trudeau, bienvenue à table…Maintenant que le gâteau des anges est servi, nous attendons le contenu de la recette et nous sommes suspendus aux lèvres des convives pour connaître leur opinion sur le goût qu’il laisse dans leur bouche !

vigile.net tribune libre 15 avril 2013
quebechebdo 15 avril 2013 "Justin Trudeau – L'art de pelleter par en arrière"



Une découverte généalogique inattendue

14 avril 2013

Justin Trudeau et Thomas Mulcair sont « cousins » de neuvième génération, selon des historiens qui se sont penchés sur les arbres généalogiques du chef du NPD, Thomas Mulcair, et du meneur dans la course à la chefferie du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau.

Le principal site canadien de recherche généalogique, Ancestry.ca, partenaire de Bibliothèque et Archives Canada, en a fait l’annonce mercredi le 10 avril , alors que, par un fruit du hasard, la nomination du nouveau chef du PLC et le congrès annuel du NPD se tiennent tous les deux cette fin de semaine.

« C’est toujours intéressant de trouver un lien de parenté entre deux personnes qui sont étroitement liées par leur travail, a déclaré Lesley Anderson, historienne et spécialiste du contenu chez Ancestry.ca. Ce l’est d’autant plus lorsqu’ils sont rivaux, que ce soit dans les affaires ou en politique. »

« C’est incroyable de penser qu’un mariage célébré il y a près de 400 ans est à l’origine de l’ascension de deux des trois principaux acteurs politiques du pays aujourd’hui, alors que le Canada, sous sa forme actuelle, n’existait même pas à l’époque où ce mariage a eu lieu », a poursuivi Mme Anderson.

Selon les experts d’Ancestry.ca, Thomas Mulcair et Justin Trudeau sont unis par des ancêtres canadiens-français communs dont les racines familiales remontent à quatre siècles, un lien qui débute avec leurs grands-parents de la huitième génération, à savoir Mathieu Amiot et Marie Miville.

Dans toute cette histoire, il est intéressant, d’une part, de constater que les deux cousins fédéraux ont des ancêtres francophones et d’autre part, que tous les deux héritent de personnages qui ont laissé leur « marque » sur la scène politique canadienne, à savoir Pierre-Elliot Trudeau et Jack Layton, lesquels ont suscité, chacun à son époque, la trudeaumanie pour l’un et la vague orange pour l’autre.

Toutefois, les deux cousins aspirants au trône de la monarchie constitutionnelle canadienne ont du boulot sur la table avant de déloger le dinosaure du 24 promenade Sussex …à moins que les cousins ne s’entendent sur des alliances stratégiques, compte tenu que le NPD se doit d’étendre son électorat hors du Québec et que le PLC, lui, se doit de réintégrer le territoire québécois.

Enfin, on ne sait jamais ce qui peut trotter dans la tête des « grands personnages » mais une chose est sûre, ils auront tous les deux de nombreux appuis au Québec provenant d’autres grands personnages issus, ceux-là, de la presse partisane et du milieu des affaires pour encenser à grands coups de palabres les « vertus bénéfiques » d’un Canada uni !

quebechebdo 14 avril 2013
vigile.net tribune libre 14 avril 2013

Les forces et les limites de la convergence

13 avril 2013

L’un des sujets qui a retenu le plus l’attention des participants au grand rassemblement des États généraux sur la souveraineté du Québec qui s’est tenu dans la Capitale nationale le 6 avril 2013 est sans contredit la notion de convergence des idées de laquelle les 650 souverainistes présents ont été invités à discuter.

Comme moyen de parvenir à cette convergence, les partisans présents ont mis sur pied trois chantiers dont, entre autres, celui de la préparation d’une constituante qui sera appelée à devenir la future constitution d’un Québec indépendant. À mon avis, la convergence, que le dictionnaire définit comme « le fait de tendre vers un même but ou un même résultat », citant en exemple « la convergence des efforts », représente un atout majeur dans l’élaboration d’une constituante qui servira de pierre angulaire pour les étapes ultérieures.

Toutefois, je ne crois pas que cette convergence d’idées réussira à elle seule à mobiliser les souverainistes à la réalisation d’un Québec indépendant…et c’est là qu’elle atteint ses limites. Selon moi, il faudra aller au-delà d’une convergence idéologique et parvenir à bâtir des alliances stratégiques entre les partis souverainistes.

À cet effet, même si les représentants de ces divers partis ont répété leur détermination et leur volonté à travailler ensemble à la promotion de la cause de l’indépendance du Québec, j’apporterais un bémol important à cet engagement, en ce sens que le représentant du PQ, Alexandre Cloutier, ajoute du même souffle que c’est en se ralliant au Parti québécois que la cause de l’indépendance atteindra son objectif.

En résumé, je dis oui à la convergence des idées tout en ajoutant que cette démarche devra inclure une démarche qui englobe des alliances stratégiques entre les partis, ce à quoi le PQ, pour l’instant, de toute évidence, ne semble pas disposé…C’est à suivre !

vigile.net tribune libre 13 avril 2013
quebechebdo 17 avril 2013



Pourquoi vous irriter, M, Labeaume?

13 avril 2013

On ne compte plus les occasions où le maire de Québec, Régis Labeaume, s’attaque aux instances gouvernementales. Cette fois-ci, il vilipende le ministère des Affaires municipales relativement au projet de loi 26 sur le financement des partis municipaux.

Quoique en accord avec le resserrement des règles de financement des partis municipaux, Régis Labeaume s’en prend au gouvernement concernant ce qu’il qualifie de « festival du contrôle » sur les municipalités dans une liste de mesures pour resserrer les moeurs des municipalités.

«À Québec, on pense qu'on est honnêtes, qu'on gère bien. Mais il y a comme un festival de restrictions, de nouvelles règles et de nouvelles lois pour les villes que tu sois bon, pas bon, honnête, pas honnête», lance le maire de Québec.

Eh bien, M. Labeaume, si, à Québec, l’administration municipale est honnête, pourquoi vous irriter contre ces mesures de contrôle puisqu’elles ne vous concernent pas et que vous n’en subirez aucun inconvénient?

quebechebdo 13 avril 2013
vigile.net tribune libre 16 avril 2013

Aller au-delà de la sémantique et passer au vrai travail

12 avril 2013

Dans son opinion intitulée « Indépendance : le sens et la vérité d’un mot » publiée dans Le Devoir du 10 avril, M. Jocelyn Coulon, directeur exécutif de l’Idée fédérale, y va d’une attaque en règle contre ceux qui se montrent timides sur l’utilisation du mot « indépendance », écorchant au passage Jean-Martin Aussant : « Ainsi, l’ex-député péquiste Jean-Martin Aussant a créé un parti “ souverainiste ”, mais il n’utilise pas le mot “ indépendance ”. »

Le 11 avril, toujours dans Le Devoir, le chef d’Option nationale réplique à M. Coulon dans un article portant le titre « Le choix d’un mot – Souveraineté ou indépendance ? » : « Pour ma part, j’ai toujours trouvé inutile de perdre de l’énergie à s’entredéchirer sur le choix du mot à utiliser, d’autant plus que ça semble assez futile du point de vue d’un indécis qui se demande si le projet lui-même est fondé ou pas… Mais le choix du mot appartient bel et bien à chacun. Qu’on me dise être indépendantiste ou souverainiste, je saurai qu’on veut la même chose que moi. Si on me dit être fédéraliste, provincialiste ou monarchiste, je saurai alors qu’il reste des gens à convaincre, que nous ne serons jamais si bien servis que par nous-mêmes et qu’il est grand temps que nous y voyions, bien au-delà de la sémantique. Au travail. »

Ce n’est pas d’hier qu’une telle saga sur le choix du mot à utiliser pour désigner notre allégeance fait couler beaucoup d’encre. À cet effet, JMA pointe l’ancien premier ministre du Canada, Jean Chrétien qui « prenait grand soin d’utiliser le mot séparatiste. Étrangement, je n’ai pas vu M. Coulon le critiquer à cet égard et lui reprocher de ne pas avoir parlé d’indépendance. Sans doute M. Chrétien trouvait-il que la connotation quelque peu négative et péjorative du mot séparatiste, surtout dans sa bouche, pouvait donner mauvaise image à ceux qui veulent simplement faire en sorte que le Québec possède la capacité de choisir son propre destin ».

À toutes fins pratiques, il me semble que ce sempiternel débat a assez duré et qu’il est temps d’aller au-delà de la sémantique et de passer au vrai travail, à savoir, comme l’exprime si justement JMA, de « convaincre les Québécois des avantages pour le Québec d’être un pays qui contrôle tous ses leviers décisionnels ».

vigile.net 12 avril 2013
quebechebdo 12 avril 2013