Les mots, toujours les mots

12 avril 2013

Décidément, par les temps qui courent, les Québécois semblent se complaire à participer à une guéguerre de mots. En effet, après toute la saga qui a entouré le débat sur les notions de souveraineté et d’indépendance au cours des derniers jours sur la scène provinciale, c’est maintenant au tour de la scène municipale de Montréal de faire la manchette en voulant changer le nom de Fondation du maire par Fondation Montréal inc.

Selon Nicolas Boileau, «ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément»… Il appert que les Québécois éprouvent beaucoup de difficultés à trouver les mots qui énoncent clairement ce qu’ils conçoivent et, par le fait même, à découvrir aisément les mots pour le dire!

quebechebdo 12 avril 2012
vigile.net tribune libre 12 avril 2013

Il est temps de ranger le bonhomme sept-heures dans le placard

11 avril 2013

Au départ, laissons la parole à Josée Boileau dans son éditorial du 10 avril 2013 paru dans Le Devoir sous le titre « Reconnaissance du Québec – Finies les peurs! » « Même si certains obnubilés du présent voudraient qu’on oublie les « vieilles chicanes », l’histoire a toujours des choses à nous apprendre, et des leçons magistrales à nous donner. Entre dans cette catégorie le fait que l’indépendance du Québec n’a finalement jamais fait peur au reste du monde. Une autre tromperie démasquée ! »

Par la suite, son article consiste à énumérer une liste de faits historiques qui ont contribué à créer des peurs et des déceptions amères chez les Québécois, tels que les fausses promesses de renouvellement du fédéralisme de Pierre Elliott Trudeau, la mascarade du « love-in » de 1995, l’acceptation massive de nouveaux citoyens canadiens aux moments référendaires, le scandale des commandites, l’interventionnisme politique du juge en chef de la Cour suprême lors du rapatriement de la Constitution en 1982, les arguments de fond que les fédéralistes servent aux Québécois depuis des décennies pour les convaincre de leur petitesse, les peurs concernant la non-viabilité économique d’un Québec indépendant, le fait que le nouveau statut du Québec n’aurait que la France comme appui alors que les recherches historiques à ce sujet prouvent que les Américains comme les Britanniques reconnaîtraient un Québec indépendant.

« Les grandes puissances ne se laissent pas dicter par leurs émotions mais par leurs intérêts, et elles ont le sens de l’histoire. C’est la réalité qui compte pour elles, pas les élucubrations », poursuit Josée Boileau, une assertion à laquelle je me rallie aisément.

Toutefois, peut-on appliquer cette dernière observation au Québec actuel? En d’autres termes, peut-on considérer le Québec comme une « grande puissance »? Le peuple du Québec a-t-il le « sens de l’histoire »? À mon sens, je répondrais par la négative à ces deux dernières interrogations.

Conséquemment, il est urgent que le cours d’histoire nationale, dont le contenu actuel est remis en question, autant par certains historiens que par certains enseignants, soient mis au diapason des faits historiques marquants du Québec si on souhaite inculquer à notre jeunesse ce sens de l’histoire, indispensable au développement de notre fierté nationale. « …ce pays bancal a besoin d’être redressé, et pas, n’en déplaise à François Legault, sur le plan économique, mais sur celui de son histoire, dont il est dépossédé », conclut Josée Boileau.

À mon sens, le bonhomme sept-heures, encore présent dans la tête de nombreux Québécois, ne sera définitivement rangé dans le placard que le jour où ce « pays bancal » qu’est le Québec retrouvera sa fierté nationale. Alors, nous pourrons commencer à qualifier ce Québec de « grande puissance » en émergence!

quebechebdo 11 avril 2013

À la recherche d’une sortie de secours pour le PQ

10 avril 2013

D’entrée de jeu, avant que quelqu’un puisse penser que je m’acharne sur Bernard Landry, le politicien, compte tenu de ses propos sur certaines de ses positions sur lesquels j’ai exposé mon point de vue dans deux de mes derniers articles, je tiens à vous confirmer mon admiration pour celui que Michel Vastel a qualifié de « grand dérangeant » dans le titre de sa biographie.

Toutefois, il faut bien admettre que le parcours qu’il a utilisé depuis quelques mois est souvent soumis à des méandres difficilement explicables. Regardons les faits.

Le 24 janvier 2012, Bernard Landry publie dans les médias une lettre acerbe dans les grands quotidiens québécois, critiquant vertement la gouvernance souverainiste prônée par Pauline Marois, alléguant, entre autres, que cette stratégie envoie un message « très néfaste » à la population. En voici quelques extraits :

« On ne peut faire comme si on était souverain quand on est une simple province, ni agir comme si on était aux Nations unies quand on siège tout bêtement au Conseil de la fédération », assène M. Landry dans sa lettre. « Une telle doctrine envoie le message que si l’on peut agir en État souverain sans l’être, la souveraineté n’est donc pas indispensable… Si on peut gouverner souverainiste sans l’être, pourquoi se battre pour la souveraineté ?… En tout respect pour ceux et celles qui, de bonne foi, ont concocté ce contenu inapproprié dénommé « gouvernance souverainiste », celui-ci, à l’examen, paraît largement à l’origine de nos difficultés ».

Quinze mois plus tard, alléguant le sacro-saint argument du gouvernement minoritaire péquiste, M. Landry sacrifie son enthousiasme au profit du pragmatisme en se ralliant à la gouvernance souverainiste. Pour expliquer son revirement, il invoque le fait qu’il avait espoir de voir le PQ prendre le pouvoir de façon majoritaire.

Enfin, le 6 avril dernier, en clôture des États généraux sur la souveraineté du Québec, Bernard Landry se fait le porte-étendard de la notion d’indépendance en clamant haut et fort : « Regardons les choses en face, utilisons les bons mots, nous voulons l’indépendance ! »

Comment, en toute logique, M. Landry peut-il se rallier à la gouvernance souverainiste du PQ-Marois qui lui paraît largement à l’origine des difficultés du Parti québécois tout en se faisant un fier défenseur du concept d’indépendance alors qu’il y a un peu plus d’un an, il décriait cette même gouvernance souverainiste en la qualifiant de stratégie qui envoie un message très néfaste à la population en ce sens « qu’une telle doctrine envoie le message que si l’on peut agir en État souverain sans l’être,[que] la souveraineté n’est donc pas indispensable ».

À mon avis, Bernard Landry, sans présumer d’aucune mauvaise intention de sa part, cherche une sortie de secours pour le PQ, un parti pour lequel il s’est battu pendant toute sa carrière politique, une sortie de secours qui, malheureusement, risque de ne pas profiter au PQ mais plutôt de le cantonner dans le repère de sa gouvernance souverainiste.

vigile.net tribune libre 10 avril 2013



Affaire Magnotta: meurtre prémédité ou non?

10 avril 2013

Luka Rocco Magnotta est accusé du meurtre prémédité de Lin Jun et d’outrage à son cadavre. Toutefois, son avocat, Me Luc Leclair, a l’intention de plaider la non-préméditation de son client.

Rappelons que les meurtres, qu’ils soient prémédités ou non, appellent des condamnations de prison à vie. Cependant, le meurtre non-prémédité ouvre la porte à une admissibilité plus hâtive à la libération conditionnelle.

À mon sens, le caractère sordide du meurtre de Magnotta ne laisse aucun doute sur ses intentions, à savoir de mutiler le corps de Lin Jun.

Par ailleurs, si on entre dans les méandres de l’appareil judiciaire pour déterminer si oui ou non l’assassin a prémédité son geste, j’aimerais savoir comment la juge Lori Renée Weitzman fera pour donner sa décision compte tenu que la preuve hors de tout doute raisonnable de préméditation ou non n’appartient qu’à Magnotta.

quebechebdo 10 avril 2013

Le Canada de plus en plus isolé du reste du monde

9 avril 2013

C’est un secret de polichinelle de constater que depuis l’arrivée des conservateurs au pouvoir, l’image du Canada à l’international souffre d’une réputation de plus en plus malsaine en raison de leurs décisions rétrogrades et partisanes.

Cette fois-ci, le gouvernement Harper a dépassé les limites de l’acceptable. En effet, la semaine dernière, Ottawa a discrètement annoncé son retrait de la Convention des Nations-Unis sur la lutte contre la désertification (UNCCD), un organe international dont la mission est de chercher à combattre la dégradation des sols, une désertification qui s’accélère et qui résulte des changements climatiques, la déforestation et la surexploitation des ressources, et l’étalement urbain généralisé partout sur la planète. UN pays, le Canada, contre 194 autres, le SEUL de l’ensemble du globe…et je ne parle même pas de Kyoto !

La raison du retrait ? Selon le premier ministre, « L’UNCCD n’emploie pas l’argent des contribuables de manière efficace », ce qui amène cette autre question : quel est le coût de cette contribution internationale pour le Canada ? La réponse, en se basant sur les chiffres de 2011 : 290 644 $ annuellement, ou 3,127 % du budget de la Convention, en réalité, une miette de pain dans l’ensemble du budget fédéral canadien.

Considérant cette minuscule contribution, il m’apparaît évident que la décision d’Ottawa n’est pas financière mais essentiellement idéologique, comme beaucoup d’autres actions posées antérieurement par ce gouvernement qui n’en finit plus d’en allonger la liste. En agissant de la sorte, les conservateurs continuent à s’employer à modifier radicalement le rôle qu’à toujours joué le Canada sur la scène internationale.

Conséquemment, l’influence et le poids politique dont il a toujours fait preuve depuis des décennies continuent de s’estomper derrière les nuages de son isolement et pire encore, il reste plus de deux ans à Stephen Harper pour parachever son « œuvre », à savoir, un fiasco international complet.

Devant de telles manifestations bassement cavalières de la part de ce gouvernement de dinosaures à la tête d’un pays qui, aux yeux du monde, représente malheureusement aussi le Québec sur le plan international, nous devons, non seulement riposter vertement contre de telles décisions grossièrement partisanes, mais surtout nous demander ce que nous attendons pour sortir enfin de ce pays qui s’isole de plus en plus du reste du monde, une attitude qui va carrément à l’encontre des valeurs culturelles des Québécois !

quebechebdo 8 avril 2013
vigile.net tribune libre 9 avril 2013

La Dame de fer s’éteint

9 avril 2013

L'ancienne première ministre britannique Margaret Thatcher est décédée lundi le 8 avril à Londres à l'âge de 87 ans d'une attaque. Atteinte de la maladie d'Alzheimer et affaiblie physiquement, elle ne s'exprimait plus en public depuis 2002, sur les conseils de ses médecins, après avoir été victime de plusieurs attaques cérébrales.

Son regard perçant symbolisait une force de caractère sans faille qui ne fut sans doute jamais mieux défini que par elle-même, lorsqu'elle déclara un jour: «Je suis pour le consensus. Le consensus sur ce que je veux faire.»

Ce refus viscéral du compromis qu’elle a toujours placé au service de ses principes qui l’ont toujours guidée dans sa carrière politique, à savoir son conservatisme social, son libéralisme économique et sa perception de la grandeur de son pays, ne s'est jamais démenti en onze années d'exercice, soit de 1979 à 1990.

Pour mieux connaître le personnage politique de la Dame de fer, j’ai cru intéressant et pertinent de vous laisser sur quelques unes de ses citations :

«C'est le coq qui chante, mais c'est la poule qui pond les oeufs.»
«Vous pouvez avoir à livrer la même bataille plus d'une fois pour la gagner.»
«En politique, si vous voulez des discours, demandez à un homme. Si vous voulez des actes, demandez à une femme.»

quebechebdo 9 avril 2013
cyberpresse.ca 9 avril 2013 "Décès de Mme Thatcher"

L’éléphant accouche d’un oeuf de mouche

8 avril 2013

« Regardons les choses en face, utilisons les bons mots, nous voulons l’indépendance ! » a lancé Bernard Landry en clôture des États généraux sur la souveraineté du Québec qui réunissait 630 militants le 6 avril à Québec après que la grande assemblée des « États généraux sur la souveraineté » ait adopté une résolution pour créer une organisation permanente qui portera le nom « d’États généraux de l’indépendance »…une conclusion qui donne l’impression d’un éléphant qui accouche d’un œuf de mouche !

Or, il y a plus d’un an, soit le 14 mars 2012, je publiais sur cette tribune un article intitulé « Souveraineté ou indépendance ? » qui faisait état d’un échange de communication avec Jean-Martin Aussant concernant l’ambiguïté entre les deux termes. Sa réponse avait été sans équivoque : « Le dictionnaire nous ramène à la même chose, qu’on parle de souveraineté ou d’indépendance : Souveraineté : indépendance de l’État. Indépendance : souveraineté nationale. Alors vous comprendrez que je considère qu’on ne devrait pas s’entre-déchirer à ce sujet. Parlons de faire un pays et tout le monde saura où on loge ».

Le 6 avril 2013, le chef d’Option nationale revient à la charge dans son discours de clôture devant les militants : « Quand le PQ dit : « Élisez-nous et si le moment est opportun, on fera le référendum », c’est comme si le Parti vert disait : « Élisez-nous et si le moment est opportun, on s’occupera d’environnement »

Par ailleurs, dans un autre ordre d’idées, JMA a répété son appel à des alliances stratégiques dans le contexte d’un système électoral uninominal à un tour : « Avant le 4 septembre, la porte vers un front uni n’a pas été fermée par Option nationale, mais par des gens qui disaient qu’ils manquaient de temps. Si on ne veut pas donner la même excuse la prochaine fois, il faut commencer à se parler maintenant. La porte est grande ouverte chez nous ».

Une stratégie appuyée d’ailleurs par le président du Conseil de la souveraineté du Québec, Gilbert Paquette : « Mon opinion, c’est que c’est fini l’époque où la souveraineté n’était l’affaire que d’un seul parti. Je souhaite une alliance électorale, des pactes de non-agression pour obtenir une majorité de députés souverainistes à la prochaine élection ».

En ce qui a trait au ministre délégué à la gouvernance souverainiste, Alexandre Cloutier, il a plutôt fait preuve d’une « timide prudence » en ne lançant aucun appel à des alliances entre le PQ et d’autres partis mais s’est contenté d’inviter les militants à se joindre à son parti, ce à quoi le chef d’Option nationale a répliqué : « Le problème, c’est que le PQ voit l’unification seulement dans son église. Ça me fait de la peine quand le PQ dit que, si vous voulez la souveraineté, vous devez venir chez nous. C’est comme s’il ne réalisait pas que les souverainistes ne sont pas tous au PQ ».

En bref, il me semble que la grande Assemblée des États généraux sur la souveraineté du Québec se soit étendue longuement sur une guerre de mots futile alors que les vraies choses aient été abordées par Jean-Martin Aussant, « en clôture », à savoir l’unification des forces souverainistes au moyen d’alliances stratégiques.

En passant, tant qu’à utiliser les « bons mots » comme le réclame Bernard Landry, peut-être que Pauline Marois pourrait changer sa gouvernance souverainiste pour la « gouvernance indépendantiste » !

vigile.net tribune libre 8 avril 2013

Commentaire:

"Ma conjointe suédoise me demande "c'est quoi l'affaire avec le mot souverainiste et indépendantiste ? Je lui dis, pour faire court, imagine que nous avons une bande d'amis, "notre devise est "le bonheur est dans l'assiette". On se rassemble une fin de semaine pour parler de notre avenir culinaire, puis on arrive à la
conclusion que le mot "bonheur" ne sera plus utilisé, car le mot "plaisir" est plus à propos. Par la suite nous annonçons fièrement, nous, le groupe ayant la devise "Le bonheur est dans l'assiette" que le mot bonheur sera remplacé par "plaisir". On a bien ri !"

Sylvain Racine
vigile.net tribune libre 8 avril 2013

Le principe des vases communicants

7 avril 2013

Pour parodier un vieux proverbe qui dit que « le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas », nous pourrions l’appliquer mutatis mutandis au PQ dans le dossier de l’aide sociale en disant que « la politique a ses raisons que la raison ne connaît pas ».

En effet, lorsque, en 2004, le gouvernement Charest a présenté un projet de loi qui aurait pénalisé certaines catégories de bénéficiaires de l’aide sociale en octroyant une prime additionnelle à ceux qui accepteraient de participer à un programme de réinsertion sur le marché du travail, le PQ était monté aux barricades, qualifiant ce projet de "sournois, rétrograde et dangereux".

Neuf ans plus tard, la ministre péquiste de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Agnès Maltais, présente à son tour son projet de réforme de l’aide sociale, contesté de toutes parts, y compris par la Commission des droits et libertés, comme celui du ministre libéral Claude Béchard l’avait été à l’époque.

Si nous jetons maintenant un coup d’œil de l’autre côté du canal Rideau, le gouvernement Harper s’apprête à imposer une réforme de l’assurance-emploi critiquée elle aussi de toutes parts, particulièrement par les bénéficiaires qui y perçoivent, entre autres, une atteinte blessante à leur dignité de citoyens.

Mais revenons sur la colline de l’Assemblée nationale où nous assistons à un tollé de contestation de la part du gouvernement Marois relativement à la réforme proposée par Ottawa, si bien qu’il a décidé de répliquer aux intentions du gouvernement fédéral en créant une "commission nationale d’examen" pour évaluer les impacts de la réforme fédérale, alléguant que les conservateurs ne s’étaient basés sur aucune étude antérieure, soit dit en passant un des reproches adressés à Agnès Maltais dans son projet de réforme.

Dans toute cette saga qui prend des allures de tragi-comédie, cette commission nationale d’examen créée par le PQ m’apparaît être une façade politique qui ne fait que voiler les véritables impacts de la réforme fédérale, à savoir qu’elle aura pour effet d’amener les sans emploi qui seront privés des prestations de l’assurance-emploi à se retourner vers l’aide sociale…en termes clairs, à dégarnir le coffre de la ministre Maltais.

En réalité, nous assistons à la démonstration du principe des vases communicants…pour éviter que les prestations d’aide sociale ne s’accroissent à cause des effets de la réforme de l’assurance-emploi, le PQ s’attaque à la réforme fédérale via la création d’une espèce de commission qui coûtera 1,5 million $ aux contribuables québécois pour en arriver fort possiblement à la conclusion du statu quo de part et d’autre des deux paliers de gouvernement.

quebechebdo 7 avril 2013
vigile.net tribune libre 7 avril 2013

À défaut d’enthousiasme, Landry se contente du pragmatisme

6 avril 2013

"Ce n’est pas de l’enthousiasme, c’est du pragmatisme. Je suis obligé de me contenter de la meilleure défense des intérêts du Québec…avec un parti minoritaire à l’Assemblée nationale, il n’y a pas beaucoup d’autres solutions que la gouvernance souverainiste".

Tel est l’argumentaire utilisé par Bernard Landry, un souverainiste de la première heure qui, dans une lettre acerbe parue dans les médias en janvier 2012, condamnait cette même gouvernance souverainiste, alléguant aujourd’hui qu’il avait l’espoir, à l’époque, de voir le PQ prendre le pouvoir de façon majoritaire…un argument on ne peut plus "pragmatique" !

En termes clairs, en "se contentant" de la stratégie qui consiste à défendre les intérêts du Québec, M. Landry se rallie à une démarche qui va à l’encontre de ses convictions personnelles, à savoir accéder à notre souveraineté le plus tôt possible via le déclenchement d’un référendum…en d’autres termes, la défense des intérêts du Québec au détriment de la prise en charge de ces mêmes intérêts, l’attitude passive au lieu de l’attitude active.

Toutefois, en invoquant l’argument du gouvernement minoritaire pour défendre son revirement concernant la gouvernance souverainiste, l’ex-chef du Parti québécois et ancien premier ministre semble oublier que cette gouvernance souverainiste qu’il condamnait il y un an était déjà inscrite au programme du PQ avant les dernières élections, ce qui signifie clairement que la haute direction du parti avait déjà opté pour cette stratégie et ce, peu importe les résultats qu’elle obtiendrait lors du scrutin.

En conséquence, une question s’impose : si, selon les espoirs de M. Landry, le PQ avait formé un gouvernement majoritaire et qu’il empruntait aujourd’hui la voie de la gouvernance souverainiste, est-ce qu’il aurait le même discours ? À mon sens, poser la question, c’est beaucoup y répondre !

En conclusion, j’aurais pensé, voire souhaité, que Bernard Landry, l’un des plus ardents défenseurs de l’accession du Québec à son statut de pays, conserve l’enthousiasme qu’il a toujours manifestée face à notre cheminement vers notre indépendance au lieu de se rallier, pour des raisons pragmatiques, à une stratégie aux allures redondantes qui ne conduira qu’à un cul-de-sac comme toutes celles qu’il a condamnées vertement au cours de sa carrière politique.

vigile.net tribune libre 5 avril 2013
quebechebdo 6 avril 2013
Le Devoir 9 avril 2013 "Le revirement de Bernard Landry" (version abrégée)

Commentaire:

"On tourne en rond avec le PQ. On arrive à rien depuis quarante ans avec la souveraineté-association. C'est un concept hybride comme le développement durable, un oxymore dont les deux extrêmes s'annulent. Ti-Gilles va surveiller les impairs du gouvernement fédéral pour le piéger ? Voyons donc ! C'est ce qu'il faisait déjà à Ottawa, jusqu'à ce qu'on se rende compte que cette approche renforçait le fédéralisme plutôt que de l'affaiblir et qu'on le mette dehors. On ne veut pas d'une gouvernance souverainiste, on veut un gouvernement qui va faire l'indépendance du Québec. On ne veut plus de l'étapisme. On est rendu au sprint final, aux éliminatoires pour la Coupe. Ça nous prend un Maurice Richard comme capitaine Québec, plus un endormant anglo à la Bob Gainey. Gainey et Duceppe, vous ne trouvez pas qu'ils se ressemblent?"

Gilbert Talbot
Le Devoir 9 avril 2013
 

Le 4 avril 1968, Martin Luther King est assassiné à Memphis

5 avril 2013

Le célèbre discours de Martin Luther King « I have a dream », a été prononcé il y a cinquante ans, soit le 28 août 1963, devant le Lincoln Mémorial à Washington durant la marche pour l'emploi et la liberté. En voici un extrait : 
 
“And so even though we face the difficulties of today and tomorrow, I still have a dream. It is a dream deeply rooted in the American dream.

I have a dream that one day this nation will rise up and live out the true meaning of its creed: “We hold these truths to be self-evident, that all men are created equal.”

I have a dream that one day on the red hills of Georgia, the sons of former slaves and the sons of former slave owners will be able to sit down together at the table of brotherhood.

I have a dream that one day even the state of Mississippi, a state sweltering with the heat of injustice, sweltering with the heat of oppression, will be transformed into an oasis of freedom and justice.

I have a dream that my four little children will one day live in a nation where they will not be judged by the color of their skin but by the content of their character.

I have a dream today!

I have a dream that one day, down in Alabama, with its vicious racists, with its governor having his lips dripping with the words of "interposition “and "nullification” — one day right there in Alabama little black boys and black girls will be able to join hands with little white boys and white girls as sisters and brothers.

I have a dream today!

I have a dream that one day every valley shall be exalted, and every hill and mountain shall be made low, the rough places will be made plain, and the crooked places will be made straight; “and the glory of the Lord shall be revealed and all flesh shall see it together.”

Il y a quarante-cinq ans aujourd’hui, soit le 4 avril 1968, le pasteur Martin Luther King est assassiné à Memphis. Un peu plus de quarante ans plus tard, soit le 20 janvier 2009, Barack Obama devient le premier président de race noire de l’histoire des États-Unis…la preuve tangible qu’un rêve auquel croit profondément un homme ou une femme de conviction et d’intégrité peut se réaliser…même au Québec !

quebechebdo 4 avril 2013
vigile.net tribune libre 4 avril 2013