L’âme du séminaire Saint-François s’est éteinte

19 juillet 2013

C’est avec une profonde tristesse que j’ai appris le décès du père Jean-Marc Boulé qui a occupé le poste de directeur général du Séminaire Saint-François de Cap-Rouge, en banlieue de Québec, pendant quarante ans.

J’ai eu le privilège de connaître le père Boulé pendant les quelques années où j’ai occupé le poste de directeur général du Collège Saint-Charles-Garnier lors de nos rencontres annuelles régionales ou provinciales et toujours, il manifestait une bonne humeur et une joie de vivre communicatives.

Toutefois, au-delà du prestige qu’aurait pu lui conférer son titre en tant que DG d’une des écoles secondaires les plus prestigieuses de la région de Québec, Jean-Marc Boulé est toujours demeuré un personnage simple, facile d’accès et doué d’un sens de l’écoute exceptionnel.

Nommé chevalier de l’Ordre national du Québec en 2007, le père Boulé était devenu par-dessus tout l’incarnation du Séminaire Saint-François, une institution dont il assumait la paternité avec une fierté exemplaire. Au nom de tous les élèves qu’il a, non seulement côtoyés, mais aussi aimés, je voudrais rendre un dernier hommage à Jean-Marc Boulé, l’âme du Séminaire Saint-François…une « institution » dans l’institution !

Permettez-moi, en terminant, de vous faire part du témoignage de Serge Beausoleil, directeur général et entraîneur-chef de l’Océanic de Rimouski mais aussi ex-entraîneur-chef du Blizzard du Séminaire Saint-François et ex-professeur au SSF : « Je pense qu’il était en avant de son temps à bien des niveaux. Quand il avait décidé, bien avant l’arrivée des programmes sport-études dans la région, d’aider les jeunes, surtout les garçons, en se servant du sport comme levier de motivation pour le dépassement dans les études, c’était un visionnaire…

Pour lui, le sport était noble et synonyme de dépassement. Ça rejoignait en droite ligne sa pensée au niveau éducationnel. Je vais garder du père Boulé un bouquet de souvenirs. Mais ceux que j’ai appréciés le plus, ce sont les moments que j’ai passés en tête à tête avec lui. Il était devenu pour moi un confident. On avait une relation de confiance grandement privilégiée. »

quebechebdo 16 juillet 2013 (version abrégée)
vigile.net tribune libre 18 juillet 2013
Le Soleil 20 juillet 2013 "Une institution" (version abrégée)

Commentaire:

"Monsieur Marineau,

Je n’ai pas connu le père Boulé, mais je crois sans difficulté les bons mots que vous dites de lui et je suis sûr que le fait que vous avez conversé souvent avec lui vous a fait cheminer et a contribué à votre inspiration pour les intéressants articles que vous écrivez et pour la société meilleure que vous souhaitez."

Michel Bélisle
vigile.net tribune libre 18 juillet 2013

Une cousine d’outre-mer conquise par le Québec

18 juillet 2013

On a souvent parlé du sentiment de solidarité qui a animé et qui anime encore les Québécois dans le drame atroce qui a détruit le centre-ville de Lac-Mégantic en plus d’avoir mis fin à la vie d’une cinquantaine de Méganticois.

Toutefois, le texte d’une Française d’origine, Blandine Parchemal, écrit deux jours après le déraillement fatal du train de la MMA et publié sous la rubrique « Opinion » du Devoir du 18 juillet, démontre à quel point une cousine d’outre-mer a pu vibrer aux événements entourant la tragédie de Lac-Mégantic…Aussi ai-je cru pertinent de vous transmettre son message de solidarité :

« En tant qu’immigrante française arrivée au Québec en 2011, je me pose souvent des questions quant à ce qui définit aujourd’hui ce que je pourrais considérer comme « mon » pays : le lieu qui m’a vue grandir ou celui qui me voit m’épanouir ?

Certes, j’ai un passeport et un accent français. Certes, je suis attachée à l’histoire française et je consulte régulièrement les nouvelles. En fait, je pense même que la France restera pour toujours « mon pays d’origine ». Mais au fil de mes engagements, de mes lectures, de mes rencontres, un autre pays s’installe en moi.

Un autre pays qui m’a fait tressaillir lors du printemps 2012 et pour lequel j’ai envie de continuer de lutter. Plus je le parcours, plus je m’informe sur son histoire et plus je m’y attache. Plus j’ai envie de m’y impliquer.

Ainsi, je me sens souvent prise dans un entre-deux, un « entre-deux-pays ». Mais depuis deux jours, autant vous dire que mon coeur a pris un parti fort.

Depuis deux jours, mon coeur est avec les habitants de Lac-Mégantic. Depuis deux jours, mon coeur est québécois. »

quebechebdo 18 juillet 2013

La saga de la MMA se poursuit…

18 juillet 2013

L'entreprise américaine Montreal, Maine and Atlantic Railway (MMA) a confirmé, le 16 juillet, la mise à pied de 19 employés basés dans la ville de Farnham, dont deux cadres. Les personnes concernées ont reçu un avis de congédiement, mais le syndicat croit que l'employeur a agi de façon cavalière puisque aucun préavis n'aurait été envoyé à ces 19 employés qui ont été simplement avisés de ne plus se présenter au travail, sans autre explication.

Avec 75 employés syndiqués, la compagnie opérait déjà au minimum de personnel possible, indique le directeur québécois du Syndicat des Métallos, Daniel Roy. De plus, il souligne que certaines des mises à pied visent des postes du secteur de l'inspection et de l'entretien du matériel roulant et de la voie ferrée, toujours en activité depuis l'accident de Lac-Mégantic tout en ajoutant que la MMA a toujours fait le strict minimum requis par la réglementation en matière de sécurité, une situation qui risque d'empirer à la suite de cette réduction du personnel.

Pourtant, dans un communiqué datant du 9 juillet, soit trois jours après la tragédie de Lac-Mégantic, M. Roy avait déclaré : « Il est toujours dangereux de laisser aux entreprises le pouvoir de gérer des biens publics en limitant l'intervention des gouvernements ».

Reste à espérer que la nouvelle ministre des Transports fédéral, Lisa Reitt, aura plus de panache que son louvoyant prédécesseur, Denis Lebel, et qu’elle saura mettre un terme aux opérations de la MMA, cette compagnie de broche à foin dont la saga meurtrière a assez duré!

quebechebdo 18 juillet 2013

Naufrage en perspective

17 juillet 2013

Dans son brassage de cartes, Stephen Harper y est allé d’un tour de passe-passe digne d’un grand prestidigitateur en troquant l’ineffable Christian Paradis pour l’incolore Denis Lebel comme lieutenant au Québec.

En agissant de la sorte, notre premier ministre canadian rescape le député de Roberval-Lac-Saint-Jean de la fosse aux lions dans laquelle son gouvernement s’est jetée par son laxisme au niveau de la sécurité ferroviaire à Lac-Mégantic en le dépouillant de son poste de ministre des Transports tout en lui offrant, en guise de « confiance », la « digne » fonction de lieutenant du Québec.

Toutefois, Denis Lebel, en fin limier des affaires politiques, s’empresse de préciser que cette défection de son poste de ministre des Transports n’a rien à voir avec les « rumeurs » de plus en plus persistantes des torts que les enquêtes pourraient imputer à son ancien ministère dans les événements entourant la tragédie de Lac-Mégantic.

Bien au contraire, le nouveau capitaine Québec y va d’une sortie quasi théâtrale en déclarant solennellement qu’il a « pris du gallon » puisque son patron l’a nommé lieutenant politique du Québec. Et, pour ajouter plus d’emphase à son plaidoyer, il ajoute qu’il va « rester aux premières loges de ce dossier avec la ministre [Lisa Reitt] ».

Très sécurisant si l’on considère l’attitude débonnaire que l’ancien ministre des Transports a démontrée lors de sa parade loufoque sur le site de la catastrophe de Lac-Mégantic aux lendemains du fatal déraillement!

D’autant plus que le lieutenant sans gallon continue d’affirmer encore aujourd’hui qu’Ottawa n’a pas l’intention d’intervenir pour punir la MMA : « Il ne faut pas présumer de rien avant la fin de l’enquête »

Avec une telle langue de bois, le Québec continuera de faire partie des anciens navires de guerre du gouvernement fédéral, sous la direction d’un capitaine sans pouvoir qui s’achemine allègrement vers le naufrage de son équipage fédéral!

quebechebdo 17 juillet 2013

Sécurité ferroviaire: être proactif

17 juillet 2013

En France, l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (INERIS), où travaillent un effectif de 558 personnes, dont 341 ingénieurs et chercheurs, a pour mission de contribuer à la prévention des risques que les activités économiques font peser sur la santé, la sécurité et l’environnement.

Compte tenu que le transport ferroviaire est de juridiction fédérale et que le gouvernement Harper semble plutôt lent [et c’est un euphémisme] à réagir à la tragédie de Lac-Mégantic, pourquoi le gouvernement québécois ne mettrait-il pas sur pied un organisme semblable à celui de la France qui pourrait relever, par exemple, du ministère de la Sécurité publique?

En agissant unilatéralement de la sorte, le gouvernement du Québec ferait preuve de leadership et d’innovation en posant un geste proactif et non pas comme le fait actuellement le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) qui se trouve placé devant le fait accompli.

quebechebdo 17 juillet 2013
vigile.net tribune libre 17 juillet 2013 

Le railroadgate de Lac-Mégantic

16 juillet 2013

Les analystes auront beau retourner dans tous les sens les circonstances entourant la catastrophe ferroviaire de Lac-Mégantic, nous n’aurons guère d’autres choix que d’aboutir au laxisme éhonté du ministère des Transports fédéral pour expliquer l’origine du déraillement du train de la MMA en plein cœur d’un village jusque là paisible et sans histoire.

En effet, les éléments de preuve contre le fédéral ne cessent de surgir, que ce soit les coupures budgétaires des dernières années dans le transport ferroviaire ou l’allègement de la réglementation ayant autorisé, entre autres, la circulation d’un train de 72 wagons avec un seul employé à bord sur un chemin de fer mal entretenu ou une baisse des effectifs annuelle à Transports Canada malgré une hausse fulgurante du transport sur rail de matières dangereuses.

Et, pendant ce temps-là, Stephen Harper procède à un remaniement de son cabinet qui donne l’impression d’un jeu de chaises musicales aboutissant, entre autres, au départ de Christian Paradis, député de Mégantic-L’Érable, remplacé par Denis Lebel, à titre de lieutenant au Québec, une décision qui marque du coup une perte d’influence du député de la région touchée par la tragédie de Lac-Mégantic.

Embourbé dans le sénatgate depuis des mois, le gouvernement Harper vient de s’enliser dans un railroadgate qui ne fera qu’aggraver le merdier dans lequel il s’enfouit progressivement au Québec…de toute façon, le parti Conservateur, originaire de l’Ouest, n’a-t-il pas abandonné depuis belle lurette l’idée de reconquérir le Québec?

quebechebdo 16 juillet 2013
Le Devoir 17 juillet 2013 "Le railroadgate" 
vigile.net tribune libre 17 juillet 2013 "Le railroadgate" 

Une curiosité qui frise la délectation morbide

15 juillet 2013

«Là, ça ne me tente plus de parler aux journalistes», supplie Lorraine, vous comprenez, j’ai encore le coeur qui fait boum, boum.» «On a mal ! On a mal !», martèle Céline, irritée par la présence «de la planète» dans sa cour arrière. «Ça ne doit pas être un cirque», lance la Méganticoise, tout en s’en prenant aux journalistes qui lui mettent «un micro sous la gueule». «J’ai entendu les gens pris dans le centre-ville en flammes crier. J’ai aujourd’hui besoin que les gens respectent ma vie privée.»

Des dizaines de visiteurs cherchent à immortaliser l’ampleur des dégâts, rivalisant d’adresse pour prendre des clichés de la scène derrière la clôture opaque érigée au lendemain de la catastrophe. Un agent de sécurité peine à suffire à la curiosité des curieux massés sur le parvis de l’église Sainte-Agnès, les exhortant à ranger dans leur poche ou leur sac leur appareil-photo, la prise de photos y étant proscrite.

On ne peut remettre en doute l’importance du courant de sympathie démontré par les Québécois envers les Méganticois depuis cette terrible catastrophe. Toutefois, à partir du moment où certains sinistrés se sentent envahis dans leur bulle, voire même violés dans leur deuil, nous devons mettre fin à une curiosité qui frise la délectation morbide et qui outrepasse démesurément les limites du respect fondamental envers des personnes affligées jusqu’au plus profond de leur être.

quebechebdo 15 juillet 2013
Le Devoir 29 juillet 2013

Lac-Mégantic: oui au report des élections municipales

15 juillet 2013

Devant l’imminence d’une campagne électorale municipale qui devrait prendre son envol en septembre 2013 en vue des élections du 3 novembre, le conseil municipal de Lac-Mégantic demande au gouvernement du Québec de prolonger son mandat de deux ans dans le but de se donner le temps nécessaire à la reconstruction du centre-ville.

 

La mairesse de Lac-Mégantic, Colette Roy-Laroche, a indiqué le 14 juillet que le conseil municipal avait adopté cette position un peu plus tôt dans la journée, lors d'une séance extraordinaire. Elle a soutenu que les élections municipales qui viennent en novembre pourraient être «préjudiciables» à la reconstruction du centre-ville. «Je pense que toutes les énergies, tout le temps doit être consacré à planifier comment nous allons réparer ce qui a été détruit. »

 

Mme Roy-Laroche a toutefois rappelé aux journalistes qu'elle est «toujours en réflexion» sur son avenir. Elle a répété qu'elle sera là pour la reconstruction, «soit comme citoyenne ou comme mairesse». «Évidemment qu'après deux ans, le travail ne sera pas terminé. Mais ce que nous souhaitons, c'est qu'il soit assez avancé pour qu'une autre équipe municipale puisse prendre le flambeau et continuer, advenant le cas où il y aurait de nouveaux élus», a-t-elle ajouté.

La mairesse a déjà discuté de la possibilité d'un mandat prolongé lors du passage à Lac-Mégantic du ministre des Affaires municipales et des Transports, Sylvain Gaudreault. «Le ministre comprend la situation et a entendu le message de la mairesse», exprime son attaché de presse, Yann Langlais-Plante. «Il devrait prendre une décision d'ici quelques jours ou quelques semaines.»

Toutefois, pour que la demande du conseil municipal soit appliquée, il faudra un projet de loi. «Ça prend un changement législatif», affirme M. Langlais-Plante. La Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités sera ciblée. «Ça prend d'abord des analyses du ministère».

De son côté, le président de l'Union des municipalités du Québec, Éric Forest, estime que reporter la date de scrutin est une «bonne idée» dans les circonstances. M. Forest croit qu'il serait difficile de faire entrer un nouveau groupe d'élus en pleine reconstruction. Le président de l’UMQ a par ailleurs réitéré son appui à la population de Lac-Mégantic, qui semble vouloir s'accrocher à leur «dame de granit». «Si c'est le souhait de la communauté de Lac-Mégantic, c'est certain qu'on va les appuyer».

Le conseil de Lac-Mégantic a également déposé lors de sa séance extraordinaire un avis de motion visant à interdire le transport ferroviaire de matières dangereuses sur son territoire, tout en admettant que les trains de marchandises non dangereuses pourraient toujours transiter par Lac-Mégantic.

Le ministre Sylvain Gaudreault n'a pas exclu cette option. «Il faut regarder les scénarios, parce qu'on ne peut pas passer ça n'importe où. Il ne faut pas non plus qu'on se retrouve dans des situations où on va risquer de répéter ce qui est arrivé. Il faut penser à une certaine distance. Tout est sur la table», a-t-il avancé.

Partant du constat que le transport ferroviaire est de juridiction fédérale, force est de constater que le gouvernement québécois ne sera pas invité à la « table » d’Ottawa pour participer aux décisions qui encourront le drame de Lac-Mégantic.

Toutefois, j’invite M. Gaudreault à « profiter » de cette négligence scandaleuse du gouvernement fédéral qui a coûté la vie à une cinquantaine de Québécois pour inciter ses collègues du conseil des ministres à larguer la galère de la gouvernance dite souverainiste et à monter à bord du navire-amiral de l’accession du Québec à son indépendance!

quebechebdo 15 juillet 2013

Le train de la honte

14 juillet 2013

Il se trouvera toujours des rapaces de bonne fortune pour profiter de la brèche que leur offre le système pour augmenter leurs profits. En ce sens, le drame de Lac-Mégantic ne fait pas exception à la règle.

En effet, on aura beau tenter de trouver des coupables auprès du conducteur du train, Tom Handing, ou des dirigeants de la compagnie ferroviaire MMA, on devra admettre tôt ou tard que les premiers responsables de cette catastrophe inimaginable demeurent les intervenants du ministère des Transports du Canada qui ont permis, par leur laxisme éhonté, la déréglementation tolérant un seul chauffeur à bord…conséquence directe de la descente du train de la honte au cœur d’un village jusqu’alors paisible!

quebechebdo 14 juillet 2013
Le Devoir 18 juillet 2013 "Le train de la honte au coeur d'une ville"

Les hommes forts au Québec: un phénomène culturel

14 juillet 2013

Selon Paul Ohl, l'auteur de la biographie sur Louis Cyr, qui a fait des recherches sur les hommes forts pendant une vingtaine d'années, le fait que le Québec ait développé davantage d'hommes forts au prorata de sa population que bien d'autres pays serait relié à un phénomène culturel.

«Lorsqu'on regarde la provenance de ces hommes au Québec, à l'époque, on se rend compte qu'ils viennent presque tous du milieu rural, qui est totalement axé sur le travail physique. Ils lèvent des troncs d'arbre. Ils se déplacent sur de grandes distances avec des charges à l'épaule. Ils soulèvent des pierres impossibles à lever par leur entourage…Il y avait deux types d'hommes forts, soit le colon bûcheron et le forgeron du village. Ce n'est pas pour rien que le premier modèle de Louis Cyr, c'est le grand Joseph Trudeau, le forgeron de Saint-Cyprien de Napierville», affirme Paul Ohl.

En outre, Paul Ohl croit que l'importance accordée à la force physique est un facteur dominant. «Dans ce temps, la démonstration de force est devenue une vertu cardinale. C'est ce qui élevait un homme au-dessus des autres. Dans les chantiers forestiers au XIXe siècle et au début du XXe siècle, 90 % des jeux entre les hommes étaient des tours de force comme le tir au poignet, celui qui levait la bûche la plus lourde. Et 90 % des conversations portaient sur les exploits de force des uns et des autres. »

Ils s'appelaient Jean, Paul, Adrien, Lionel, Charles et Antonio Baillargeon. «Ce sont les noms les plus célèbres, les plus glorieux de la région de Québec. C'est un phénomène génétique collectif. C'était la famille la plus forte au monde», explique Paul Ohl.

«Chacun des frères avait une spécialité. L’un déchirait l'annuaire téléphonique de New York. Un autre tirait un autobus avec ses dents et une grippe spéciale à sa mâchoire sur une distance de 10 pieds. Un troisième pliait des barres d'acier sur sa nuque, l’autre ouvrait un fer à cheval avec ses mains», raconte le biographe de Louis Cyr.

Paul Baillargeon, qui a été propriétaire d'un hôtel dans la rue Saint-Vallier à Québec et qui est le plus connu, « soulevait d'une main une barre olympique de 312 livres. Il agrippait un cheval pesant entre 900 et 1400 livres avec un harnais spécial tout en escaladant six barreaux dans une échelle», conclut Paul Ohl.

Enfin, les femmes ne sont pas en reste puisque, vers la fin du XIXe siècle, Marie-Louise Sirois, née à Sainte-Anne-de-la-Pocatière, était considérée comme la femme la plus forte du monde. Elle pouvait soulever un baril de 243 livres. On prétend même qu'elle pouvait retenir deux chevaux en place à la manière de Louis Cyr.

quebechebdo 14 juillet 2013
vigile.net tribune libre 14 juillet 2013