Où est passée l’éthique?

7 mai 2015

Pour employer l’image de Mathieu Boc-Côté dans sa chronique parue dans Le Journal du 6 mai sous le titre « Non aux minets dégriffés! », « la politique n’est pas une activité pour des enfants à peine sortis de la garderie qui aimeraient téter leur sucre d’orge en paix. » Et je suis tout à fait d’accord avec cette assertion.

Toutefois, là où le bât risque d’écorcher l’éthique élémentaire, c’est lorsque les débats d’idées se transforment en attaques personnelles vicieuses et inacceptables dans une société dite civilisée. Et, depuis quelque temps, la période de questions à l’Assemblée nationale est devenue une véritable arène où les combats de coqs prennent souvent des allures de vendettas.

On peut ne pas être d’accord avec la position d’un adversaire et lui faire savoir en des termes respectueux au lieu de l’attaquer sur sa personne ou, pire encore, sur son tempérament. Quand on en est rendu à juger de la valeur d’un politicien sur le nombre d’attaques de ses adversaires, il m’apparaît que la démocratie vole bien bas. Je préfère de loin juger un politicien sur ses convictions et laisser ses humeurs dans la chambre à coucher.

Un vieux proverbe dit que « dans le choc des idées jaillit la lumière »…Peut-être serait-il temps que nos politiciens acceptent de confronter leurs idées éthiquement s’ils désirent faire jaillir la lumière au lieu d’entretenir un combat de gladiateurs imbus d’attaques pernicieuses envers leurs adversaires!

Le Journal de Québec 7 mai 2015
 

Affichage unilingue anglais

6 mai 2015

La Cour d’appel du Québec, s’appuyant sur une exception contenue dans la Charte de la langue française, vient de confirmer que l’Office québécois de langue française (OQLF) n’avait pas le droit de modifier son règlement pour forcer des détaillants multinationaux à ajouter un descriptif en français à l’affichage de leur marque de commerce.

Pourtant, en date du 28 janvier 2015, un juge de la Cour du Québec confirmait que la situation actuelle du français au Québec ne justifiait pas une modification à la loi 101 en matière d'affichage commercial, la loi stipulant la prédominance du français dans les enseignes commerciales, l'affichage extérieur et intérieur de même que sur les emballages.

De son côté, en réaction au jugement de la Cour d’appel du Québec, le premier ministre Couillard s’est contenté de déclarer : « Il n’y a pas de crise linguistique au Québec. Le français fait de grands progrès encore aujourd’hui au Québec. Le visage français du Québec est bien assuré même si des détaillants n’ont pas eu la politesse élémentaire, vis-à-vis de leur clientèle, d’indiquer un petit rappel de leur connaissance de la réalité française du Québec. » 

Avec un défenseur de la langue française aussi « déterminé », nous pouvons être assurés que le chef de l’État québécois relèguera ce débat habilement dans le placard comme il lui arrive régulièrement de le faire quand la langue de ses tizamis est menacée !

quebechebdo 6 mai 2015
vigile.net tribune libre 8 mai 2015 "Le mépris comme fer de lance"

Le mythe des devoirs à la maison

5 mai 2015

Pendant toute la durée de ma carrière de 32 ans dans le monde de l’éducation, la pertinence des devoirs à la maison a soulevé des interrogations autant des parents que des enseignants. À cet effet, une récente étude menée par Thierry Karsenti, professeur à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université de Montréal, soulève l’argument que « le bon sens fait en sorte que quand on travaille, on ne fait que s’améliorer. »

À mes yeux, quoique le mode de vie ait changé passablement au cours des dernières décennies, l’allégation des parents qui arguent qu’ils n’ont plus le temps de superviser les devoirs à la maison relève d’un abandon injustifiable de la part des parents qui ont le « devoir » de suivre l’évolution pédagogique de leurs enfants.

En 2003, lorsque je me suis retiré de l’enseignement au secondaire, je faisais valoir aux parents que leurs enfants avaient suivi quatre cours de 75 minutes durant la journée et que leur premier « devoir » consistait en une lecture des notes de cours qu’ils avaient prises au cours de ces 300 minutes pour assimiler les données qu’ils avaient notées.

À mon sens, il est essentiel qu’un suivi soit établi entre l’école et la maison pour assurer une participation de « tous » les intervenants, y compris les parents et cela, dans l’esprit d’une école coéducative, la seule alternative valable aux succès scolaires des élèves.

quebechebdo 5 mai 2015
Le Devoir 6 mai 2015
 

Pourquoi j’opte pour PKP

4 mai 2015

À quelques jours du scrutin qui désignera le futur chef du Parti québécois, les rumeurs circulent à l’effet qu’il y aurait un deuxième tour de scrutin entre Pierre Karl Péladeau, qui demeure toujours le favori, et Alexandre Cloutier. Néanmoins, quoiqu’il arrive, mon choix est, depuis le début de la course, PKP pour diverses raisons.

Tout d’abord, le fait que PKP soit un néophyte en politique représente à mes yeux un avantage compte tenu du fait que le PQ doit redorer son image, particulièrement à la suite de sa dégelée d’avril 2014. En ce sens, le sang nouveau incarné par PKP lui apporte un vent de fraîcheur bénéfique.

Ensuite, il m’apparaît clair que les convictions souverainistes de PKP sont bien ancrées dans ses tripes, son poing levé pour le pays du Québec en faisant foi. Avec un chef de cette trempe, les Québécois vont savoir où il s’en va, évitant de la sorte les nombreux méandres auxquels nous ont habitués les dernier chefs du parti au cours des dernières décennies.

Un autre facteur qui me semble primordial provient de son expérience dans le milieu des affaires qui en fait un candidat solide pour aborder avec confiance et crédibilité le volet économique, un des nerfs de la guerre en politique.

Dans une autre sphère, l’implication des Péladeau, père et fils, dans le milieu culturel n’est plus à démontrer et ce, dans des domaines variés de la scène artistique, un mécénat constant qui prouve hors de tout doute que les racines québécoises font partie des valeurs profondes de PKP.

Enfin, compte tenu de la situation professionnelle florissante d’où vient PKP, il m’apparaît évident qu’il n’a pas laissé cette vie exaltante pour des considérations purement partisanes. En conséquence, c’est par conviction qu’il emprunte ce chemin qui, selon sa propre expression, nous permettra de « faire du Québec un pays ».

quebechebdo 4 mai 2015
vigile.net tribune libre 4 mai 2015
 

Un peu de congruence SVP!

3 mai 2015

À prime abord, je dois avouer que les coupures proposées par le ministre de l’Éducation auront sans contredit des répercussions néfastes sur les services aux élèves, et à ce chapitre, je suis sensible aux doléances des dirigeants de la Commission scolaire de Montréal (CSDM).

Toutefois, je crois qu’il aurait été préférable d’engendrer un dialogue avec le ministère de l’Éducation pour envisager des solutions plutôt que d’envoyer une lettre aux parents dénonçant les conséquences de ces mesures, ce qui a eu pour effet de boycotter les règles établies du processus de négociation.

Par ailleurs, là où le bât blesse outrageusement, c’est que nous avons appris que 190 directeurs d’école de cette même Commission scolaire s’apprêtaient à participer à un congrès de trois jours dans un chic hôtel des Laurentides, en compagnie des conjoints et agrémenté d’un souper dansant et d’une conférence animée par Gregory Charles.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le timing n’est pas au rendez-vous…Alors, mesdames et messieurs de la CSDM, un peu de congruence SVP si vous désirez vous attirer la crédibilité nécessaire pour pallier les coupures annoncées qui, ne l’oublions pas, auront des effets négatifs sur les élèves, lesquels doivent demeurer au centre des préoccupations de « tous » les intervenants.

quebechebdo 3 mai 2015
 

L’importance des racines québécoises

2 mai 2015

En lisant l’article de Stéphane Morneau paru dans la rubrique « Courrier des lecteurs » du journal Métro du 1er mai sous le titre « Les belles histoires des pays d’hier », je me suis particulièrement arrêté à ces questions de l’auteur : « Mais … pourquoi s’alourdir de l’œuvre de Claude-Henri Grignon? Pourquoi débourser pour les droits sur ses personnages fictifs alors qu’on pourrait, tout simplement, en créer d’autres? »

Dans cette foulée, Stéphane Morneau fait allusion aux cégépiens « qui n’apprécient jamais la lecture imposée de ce livre ». Par ailleurs, il est reconnu que notre jeunesse ne connaît pas ses racines et que la culture québécoise est disparue de leur monde imaginaire, au grand détriment des us et coutumes de leurs ancêtres.

À mes yeux, tant et aussi longtemps que les professeurs de littérature et, par ricochet, les cinéastes québécois, accorderont une place de choix aux oeuvres québécoises qui ont façonné notre société nord-américaine, le Québec francophone pourra maintenir ses racines bien vivantes dans les esprits des jeunes d’aujourd’hui. De « saliver » en voyant « Antoine Bertrand en méchant truand de l’Ouest au lieu de Curé Labelle » m’apparaît tomber dans la pure fiction que nos jeunes peuvent visionner à satiété sur les écrans.

Nos écoles demeurent encore des lieux du savoir où les racines d’un peuple doivent demeurer une priorité et non pas un espace fictif qui viendrait offrir à nos jeunes « un western québécois » pour le simple plaisir d’être « in ». Enfin, j’ajouterais qu’il appartient à l’enseignant de trouver une approche pédagogique propice à susciter l’intérêt de ses élèves pour ces chefs d’œuvre littéraires au lieu de succomber facilement dans le créneau d’une fiction sans aucune valeur pédagogique.

quebechebdo 2 mai 2015 

La gang de gars

1 mai 2015

Je me souviens, lorsque j’étais adolescent, des comportements machos dont nous faisions preuve auprès des rares filles qui osaient nous approcher dans nos rencontres de gars au coin de la rue. Et encore plus rares étaient celles qui résistaient à ces basses attaques en nous affrontant, la plupart s’éclipsant rapidement.

Le rapport accablant de la juge à la retraite Marie Deschamps sur une culture « hostile aux femmes » et aux « minorités sexuelles » qui ouvre la voie au harcèlement sexuel et à l’agression sexuelle me rappelle mes années d’adolescence où la gang de gars reflétait le symbole de la domination de l’homme sur la femme.

En effet, vous en conviendrez, il est si facile, pour une gang de soldats, de s’en prendre à la jeune recrue féminine qui doit déjà subir le fait de faire partie de la minorité vulnérable aux sarcasmes de bas étage à caractère sexuel. D’autant plus que ces comportements sont passés dans les moeurs des sous-officiers qui, aux dires de Mme Deschamps, « semblent être généralement désensibilisés » à cette culture, tandis que les officiers « ont tendance à tolérer les cas de comportements sexuels inappropriés, parce qu'ils estiment que les Forces armées canadiennes ne font que refléter la société civile. »…Tout un argument, n’est-ce pas?

En tout cas, ce n’est surement pas demain la veille que l’égalité hommes-femmes va garnir les galons de l’armée canadienne. Et tant et aussi longtemps que ces comportements d’hommes en chaleur envahira le cercle des Forces armées canadiennes, les femmes qui oseront en faire partie devront démontrer un courage à toute épreuve et surtout les dénoncer. À cet effet, je me rallie entièrement à la recommandation de Marie Deschamps qui propose à l'armée la création d’un « centre indépendant » qui recevrait et traiterait les plaintes, et qui s'assurerait en plus d'offrir des activités de prévention et de soutien aux victimes.

quebechebdo 1er mai 2015
cyberpresse.ca 8 mai 2015
 

PKP, le mécène

30 avril 2015

La lettre signée par 101 artistes québécois soulignant l’apport de Pierre Karl Péladeau à la vie artistique du Québec, quoique stratégiquement bien placée dans le cadre de la campagne à la direction du Parti québécois, révèle à mes yeux une facette de l’homme d’affaires pour qui la culture québécoise lui tient à cœur.

On aura beau invoquer que PKP dispose d’un empire florissant, il n’a aucune obligation morale d’appuyer comme il le fait les entreprises culturelles québécoises et, cela, dans des domaines aussi variés que la musique, les musées, les arts visuels, la danse, etc…

On ne peut que se réjouir du mécénat de PKP et envisager avec confiance un scénario semblable s’il devient chef du PQ et avec plus d’ampleur dans l’hypothèse où il occupe le siège de premier ministre du Québec.

Conséquemment, je me range avec optimisme du côté des signataires lorsqu’ils concluent que « Pour Pierre Karl, la culture est et sera toujours une priorité. Nous reconnaissons la contribution exceptionnelle de Pierre Karl Péladeau au développement et rayonnement de la culture québécoise dans toute sa diversité. »

quebechebdo 30 avril 2015
vigile.net tribune libre 30 avril 2015
 

La conjointe de l’autre

29 avril 2015

La saga concernant les Productions J, propriété de Julie Snyder, et le gouvernement du Québec en ce qui a trait à la légitimité pour l’entreprise de Mme Snyder de bénéficier du crédit d’impôt remboursable pour la production cinématographique et télévisuelle a pris, aux dires de la productrice, des allures de vendetta.

Selon le gouvernement, l'entreprise de Mme Snyder ne serait pas « indépendante », parce que trop liée avec le réseau TVA. « Ce que fait le gouvernement, c’est d’insinuer que je ne suis que la conjointe de quelqu’un. Que si j’ai des contrats, c’est parce que je suis la compagne de quelqu’un d’autre. C’est super discriminatoire », réplique Julie Snyder.

Je formule l’hypothèse que Julie Snyder n’est pas la conjointe de Pierre Karl Péladeau. Dans ce cas, est-ce que le gouvernement Couillard aurait changé les règles malgré les intérêts de PKP dans Quebecor? Si la réponse est affirmative, le gouvernement devrait justifier le fait que les Productions J « sont trop liées » avec le réseau TVA. Par contre, dans l’hypothèse d’une réponse négative, il m’apparaîtrait clair que le conjoint de Mme Snyder devient la cause de la décision du gouvernement.

En termes clairs, Julie Snyder est-elle la victime d’une décision politique aux allures de vendetta de la part du gouvernement Couillard? Ou le gouvernement désire-t-il montrer patte blanche dans cette saga en jouant la carte de la justice envers les autres entreprises? En ce qui me concerne, j’aurais plutôt tendance à jouer la carte de la discrimination envers la conjointe de l’autre.

quebechebdo 29 avril 2015
vigile.net tribune libre 30 avril 2015
 

Ne coupez pas dans l’éducation

28 avril 2015

D’entrée de jeu, je vous confie que je ne suis pas un amateur de galas. Toutefois, je dois reconnaître que l’intervention de Philippe Laprise au moment d’accepter son prix artiste d’émissions jeunesse m’a particulièrement touché.

La simplicité et la sincérité dont il a fait preuve lorsqu’il a abordé toute l’importance qu’il accordait aux enseignants qu’il a rencontrés lors de son séjour sur les bancs d’école en tant qu’élève ayant un déficit d’attention a fait réagir la foule par des applaudissements nourris. Particulièrement lorsqu’il a avoué qu’il ne serait pas là où il est aujourd’hui sans le concours de ses enseignants.

Finalement, le lauréat conclut en faisant le vœu que le gouvernement fasse le bon choix en ne coupant pas dans l’éducation…Un message qui a semblé rejoindre toute la colonie des artistes présente à l’occasion du gala Artis, et un appui de taille pour la qualité et le maintien des services aux élèves!

quebechebdo 28 avril 2015