Où est passée l’éthique?
Pour employer l’image de Mathieu Boc-Côté dans sa chronique parue dans Le Journal du 6 mai sous le titre « Non aux minets dégriffés! », « la politique n’est pas une activité pour des enfants à peine sortis de la garderie qui aimeraient téter leur sucre d’orge en paix. » Et je suis tout à fait d’accord avec cette assertion.
Toutefois, là où le bât risque d’écorcher l’éthique élémentaire, c’est lorsque les débats d’idées se transforment en attaques personnelles vicieuses et inacceptables dans une société dite civilisée. Et, depuis quelque temps, la période de questions à l’Assemblée nationale est devenue une véritable arène où les combats de coqs prennent souvent des allures de vendettas.
On peut ne pas être d’accord avec la position d’un adversaire et lui faire savoir en des termes respectueux au lieu de l’attaquer sur sa personne ou, pire encore, sur son tempérament. Quand on en est rendu à juger de la valeur d’un politicien sur le nombre d’attaques de ses adversaires, il m’apparaît que la démocratie vole bien bas. Je préfère de loin juger un politicien sur ses convictions et laisser ses humeurs dans la chambre à coucher.
Un vieux proverbe dit que « dans le choc des idées jaillit la lumière »…Peut-être serait-il temps que nos politiciens acceptent de confronter leurs idées éthiquement s’ils désirent faire jaillir la lumière au lieu d’entretenir un combat de gladiateurs imbus d’attaques pernicieuses envers leurs adversaires!
Le Journal de Québec 7 mai 2015
Henri Marineau

