Le mythe des devoirs à la maison
Pendant toute la durée de ma carrière de 32 ans dans le monde de l’éducation, la pertinence des devoirs à la maison a soulevé des interrogations autant des parents que des enseignants. À cet effet, une récente étude menée par Thierry Karsenti, professeur à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université de Montréal, soulève l’argument que « le bon sens fait en sorte que quand on travaille, on ne fait que s’améliorer. »
À mes yeux, quoique le mode de vie ait changé passablement au cours des dernières décennies, l’allégation des parents qui arguent qu’ils n’ont plus le temps de superviser les devoirs à la maison relève d’un abandon injustifiable de la part des parents qui ont le « devoir » de suivre l’évolution pédagogique de leurs enfants.
En 2003, lorsque je me suis retiré de l’enseignement au secondaire, je faisais valoir aux parents que leurs enfants avaient suivi quatre cours de 75 minutes durant la journée et que leur premier « devoir » consistait en une lecture des notes de cours qu’ils avaient prises au cours de ces 300 minutes pour assimiler les données qu’ils avaient notées.
À mon sens, il est essentiel qu’un suivi soit établi entre l’école et la maison pour assurer une participation de « tous » les intervenants, y compris les parents et cela, dans l’esprit d’une école coéducative, la seule alternative valable aux succès scolaires des élèves.
quebechebdo 5 mai 2015
Le Devoir 6 mai 2015
Henri Marineau

