La flèche empoisonnée

17 mai 2015

Jean-Marc Fournier aura attendu la veille du dévoilement du nouveau chef du Parti québécois pour lancer son expression lapidaire « le PQ, le parti Québécor », faisant allusion bien sûr à l’élection probable de Pierre Karl Péladeau.

À cet effet, j’aimerais vous faire part d’une réalité qui ne fait aucun doute dans mon esprit, à savoir que, en tant que client abonnée du Soleil et du Journal de Québec, je puis vous assurer que la neutralité des chroniqueurs ressort davantage dans le média de Québécor que dans celui de Desmarais où la ligne éditoriale est clairement fédéraliste.

Pour ce qui est du « possible » conflit d’intérêt de PKP en tant qu’actionnaire de Québécor et chef du PQ, je laisse le soin à la commission parlementaire instaurée à cet effet de statuer, le député de Saint-Jérôme ayant déjà déclaré qu’il placerait ses actions dans une fiducie sans droit de regard.

En bref, M Fournier aurait avantage à s’occuper des « vraies affaires » au lieu de s’acharner à lancer des flèches empoisonnées sur tout ce qui bouge…un rôle qui, d’ailleurs, lui va à merveille!

quebechebdo 17 mai 2015
vigile.net tribune libre 26 mai 2015 "Qu'on passe aux "vraies affaires!"" 
 

Un chef, ses convictions et ses aspirations

16 mai 2015

Encore enfant, mon père me disait souvent : « Quand tu crois fortement à quelque chose, ça va arriver! »…Et je dois vous avouer que cette attitude d’esprit m’a généralement bien servi dans la vie. Pourquoi? Parce que tes convictions deviennent le moteur des décisions et des actes que tu poses. Et, de là, leur force.

À cet effet, c’est Denise Bombardier qui écrit dans son billet du 16 mai : « À Québecor, PKP était le maître, comme le fut avant lui son père, et ainsi l’on peut dire qu’il est le digne fils de ce dernier. La prudence qu’il a manifestée en affaires ne l’a aucunement inspiré lorsqu’il a pris la décision solitaire de faire le saut en politique. L’explication est simple. PKP est un croyant, un homme de foi. Il croit à l’indépendance du Québec comme d’autres croient en Dieu. »

Les aspirations de Pierre Karl Péladeau sont claires : faire du Québec un pays et, pour y arriver, il a la tâche herculéenne de convaincre les Québécois d’embarquer avec lui dans son bateau.  «Ce soir, nous commençons le grand rassemblement du Parti québécois; le grand rassemblement des souverainistes et des indépendantistes…Vous m'avez confié un mandat fort et clair: Faire du Québec un pays! La grande coalition pour l'indépendance doit renaître.»

Mais, il faut bien l’admettre, le défi est gigantesque. La déconfiture d’avril 2014 a laissé des cicatrices profondes au sein des partisans de la cause indépendantiste. L’intensité de la flamme de 1995 peine à se maintenir allumée, particulièrement chez les moins de 35 ans qui ont les yeux tournés vers d’autres horizons. Pierre Karl Péladeau doit et trouver le discours, et établir la confiance et créer les circonstances pour rallumer cette flamme.

Par ailleurs, l’ex « success story » possède une carte majeure dans son jeu, à savoir son expérience chevronnée dans le monde des affaires, un atout indéniable compte tenu de la place prépondérante qu’occupe l’économie pour tous les citoyens du Québec, y compris les jeunes. Si la souveraineté du Québec doit se faire, elle passera par un taux de croissance économique fort. Sous le gouvernement Marois le PQ a été perçu comme une entrave au développement économique. De là l’urgence de renverser cette perception.

PKP est venu en politique pour « faire du Québec un pays ». Les portes lui sont maintenant ouvertes mais le champ auquel il fait face est loin d’être dénué d’obstacles, à commencer par les libéraux et les caquistes qui ne se gêneront pas pour jouer la carte d’une « souveraineté passée date ». Au nouveau chef du PQ de remettre sur la carte les avantages de l’indépendance du Québec…et je suis convaincu que ses convictions et ses aspirations seront ses meilleurs atouts pour y parvenir!

quebechebdo 16 mai 2015
vigile.net tribune libre 16 mai 2015
Le Journal de Québec 17 mai 2015

La triste histoire de Benjamin

15 mai 2015

J’ai lu avec beaucoup d’intérêt le billet de Pierre Martin paru dans le Journal du 15 mai sous le titre « Pourquoi Benjamin doit retourner à l’école. » Une histoire qui donne froid dans le dos tellement le scénario est pitoyable, voire inhumain.

Benjamin est un jeune enfant autiste profondément atteint qui s’est vu refuser l’accès à sa classe dans une école spécialisée pour des motifs budgétaires. Par ailleurs, on apprend de la bouche d’un parent qui avait un enfant autiste maintenant décédé que son « passage à l'école avait été la plus grande source de bonheur de toute la vie de son enfant. »

Lorsque des raisons purement budgétaires viennent priver ces enfants de ces rares moments de bonheur auxquels ils ont droit, nous sommes en droit de nous demander si notre gouvernement ne s’est pas désincarné en machine à sous au détriment du rôle éducatif qui lui incombe pour « tous » les enfants du Québec. Oui, tous les Benjamin doivent demeurer à l’école…C’est une question d’éthique et de justice sociale élémentaires!

quebechebdo 15 mai 2015
 

La Journée nationale des patriotes…en 2015

14 mai 2015

Au-delà du devoir de rappel envers les patriotes de 1837-1838 qui ont défendu corps et âme la nation canadienne-française, j’ai voulu m’attarder un peu sur le sens que prend aujourd’hui le « patriote » tel que défini par le Larousse : « Qui aime ardemment sa patrie et le prouve par ses actes. »  Sur Wikipédia, on définit le  patriotisme comme étant « le dévouement d'un individu envers son pays qu'il reconnaît comme étant sa patrie. »

De son côté, le Mouvement national des Québécoises et des Québécois (MNQ) affirme sur sa page de présentation concernant la Journée nationale des patriotes 2015 qu’ « aujourd’hui encore, on retrouve partout des patriotes engagés dans les mêmes combats et animés du même courage que celui des Patriotes de 1837-1838. Depuis 1837, ces patriotes ont non seulement assuré un devoir de mémoire, mais aussi un devoir de vigilance, en vue de préserver notre culture, nos droits et nos institutions. Méditant les leçons du rapport Durham, chaque génération depuis 1837 s’est ainsi donné les moyens de maintenir haut le flambeau de la lutte nationale et faire en sorte que le Québec ne sombre pas tout entier dans l’orbite de l’Amérique anglo-saxonne. »

Bien sûr qu’il ne faut pas s’attendre à ce que les batailles actuelles soient aussi virulentes que celles de la rébellion de 1837-1838. Néanmoins, la question se pose : Existe-t-il de nos jours des patriotes qui répondent aux définitions précédentes et qui maintiennent « haut le flambeau de la lutte nationale ? » Des hommes et des femmes de notre temps qui font « en sorte que le Québec ne sombre pas tout entier dans l’orbite de l’Amérique anglo-saxonne ? »

Où sont passés les René Lévesque, les Pierre Falardeau, les Michel Chartrand, les Simone Monet, les Pierre Bourgault, des hommes et des femmes qui ont épousé la cause au prix de leur vie personnelle ? Des hommes et des femmes viscéralement impliqués dans la mission qu’il s’était donnée et qui ont dû lutter inlassablement pour la défense de la cause qui leur tenait à cœur.

Notre monde moderne a tendance à créer rapidement des héros qui disparaissent aussi rapidement de la mémoire collective des Québécois, des « héros de passage » qui n’ont laissé que l’illusion d’une profonde conviction qui s’est dissipée dans les dédales du pouvoir une fois qu’ils ont accédé à ce même pouvoir.

En conclusion, nous en sommes encore à souligner la Journée nationale des patriotes en référence aux Papineau, De Lorimier, Chénier, etc, et je suis heureux que cette commémoration se poursuive de nos jours. Toutefois, j’apprécierais qu’émane de la société actuelle un personnage plus grand que nature qui réussirait à insuffler cet élan de fierté de la nation québécoise et qui la conduirait enfin à son plein épanouissement…Un souhait réalisable ? Je l’espère de tout coeur !…

quebechebdo 14 mai 2015
vigile.net tribune libre 18 mai 2015 "Où sont les patriotes d'aujourd'ui?" 

L’éducation commence à la maison

13 mai 2015

D’entrée de jeu, je tiens à souligner que les commentaires qui suivent ne touchent pas tous les parents mais une certaine proportion dont le comportement face à l’éducation de leur enfant laisse pour le moins à désirer. J’en ai pour cause ce petit récit véridique que j’ai vécu lors de mon passage à la direction d’une école il y a quelques années.

Un élève, ayant été surpris à tenter de vendre de la drogue à l’école, est convoqué à mon bureau en compagnie de sa mère, un geste qui est sanctionné d’une expulsion automatique dans notre école. Je demande d’abord à rencontrer la mère dans l’espoir d’obtenir son appui pour une possibilité de garder son fils en nos murs, moyennant certaines conditions.

C’est alors que la mère, après m’avoir écouté, me répond qu’elle préfère fumer un joint les fins de semaine à la maison avec son fils plutôt que de le laisser sortir avec ses amis et de boire de la bière, alléguant qu’elle craignait que son fils ne devienne alcoolique comme son oncle…Vous comprendrez que, devant une telle attitude de non-collaboration de la part de la mère, il ne me restait qu’à expulser le jeune!

Dans son billet du 12 mai paru dans Le Journal sous le titre « Le Québec croit-il en l’éducation? », Mathieu Bock-Côté, concernant l’attitude laxiste de certains parents, abonde en ces termes : « Il était une fois un autre monde où l’enseignant se savait soutenu par les parents. Il est bien révolu, ce temps. » Et, de conclure M Bock-Côté, « Si nous ne croyons pas que l’éducation est la chose la plus importante au monde, nous ne progresserons jamais vraiment. » Un constat auquel je souscris entièrement.

quebechebdo 13 mai 2015
 

Des trop-perçus…mal perçus

12 mai 2015

Je ne sais pas si vous éprouvez la même indignation et la même frustration que moi, mais lorsque je constate les sommes astronomiques déclarées par Hydro-Québec en trop-perçus au cours des sept dernières années [1,4 G$] et que, en tant que client, j’ai subi des hausses de tarifs au cours de cette même période, j’ai la nette impression d’avoir été floué par notre société d’État.

Aux dires de Marc-Olivier Moisan-Plante, économiste à l’Union des consommateurs, «si le 1,4 G$ avait été remis dans les tarifs dans une année, cela aurait provoqué sur le coup une baisse des tarifs d’électricité d’H-Q de l’ordre de 12%». Selon ses calculs, la baisse aurait été de 121 $ après taxes pour un petit logement et de 290 $ pour un bungalow chauffé à l’électricité. «Devant la Régie de l’énergie, la société d’État sous-estime systématiquement ses revenus ou surestime ses dépenses lorsque vient le temps de faire approuver ses tarifs»

Et comme si ce n’était pas assez, alors que la Régie a finalement mis en place un plan de partage des trop-perçus entre la société d’État et les clients d’Hydro-Québec l’an dernier, le gouvernement Couillard, avec le projet de loi 28 récemment adopté, a décidé de s’approprier les trop-perçus de 160 M$ qui auraient pu servir à réduire la facture d’électricité des consommateurs en 2016.

Dans toute cette saga méprisante, les Québécois se trouvent à incarner les dindons de la farce dont le rôle est de garnir l’assiette au beurre d’Hydro-Québec qui refile ses profits abusifs dans les goussets du gouvernement…Pathétique et révoltant!

quebechebdo 12 mai 2015
vigile.net tribune libre 12 mai 2015
cyberpresse.ca 15 mai 2015
 

In medio stat virtus

11 mai 2015

Dernièrement, je suis allé prendre un petit déjeuner sur une terrasse dans le Vieux-Québec avec ma conjointe. On nous a placés à une table tout près du trottoir. Après quelques minutes, je me suis allumé une cigarette. Quelques secondes plus tard, un employé du restaurant est venu m’avertir qu’il était défendu de fumer sur la terrasse. J’ai aussitôt obéi et me suis déplacé sur le trottoir tout près de la terrasse.

Vous comprendrez que la fumée de ma cigarette se dissipait autant sur le trottoir que sur la terrasse mais, je respectais de la sorte le règlement! C’est alors que je me suis rappelé de mes cours en latin et que m’est revenue cette maxime, « In médio stat virtus » que je traduirais par « En mesurant trop, on entre en démesure ».

Comme le proclamait à raison Aristote dans son « Éthique à Nicomaque » : « L'excès est une faute et le manque provoque le blâme ; en revanche, la juste moyenne obtient des éloges et le succès, double résultat propre à la vertu. La vertu est donc une sorte de moyenne, puisque le but qu'elle se propose est un équilibre entre deux extrêmes… »

quebechebdo 11 mai 2015
Le Devoir 19 mai 2015

 

Le patrimoine familial de PKP

10 mai 2015

Dans l’hypothèse où il semble fort possible que Pierre Karl Péladeau devienne le prochain chef du Parti québécois, il est à prévoir que la tempête orchestrée contre lui concernant ses parts dans Québecor par le gouvernement Couillard sévira à compter du 26 mai avec l’ouverture des travaux de la Commission parlementaire des Institutions de l’Assemblée nationale…Un synchronisme parfait pour tenter de désarçonner le nouveau chef du PQ qui, manifestement, n’a aucune intention d’abandonner le patrimoine familial hérité de son père et pour lequel il voue un attachement viscéral.

Dans toute cette saga, on est en droit de se demander si cette « tempête » ne se retournera pas contre ses instigateurs, compte tenu de leurs manœuvres sournoises pour tenter de discréditer les convictions souverainistes de PKP. Car, en réalité, n’est-ce pas là la vraie question, à savoir les raisons du député de Saint-Jérôme de faire son entrée en vie politique : faire du Québec un pays…Il me semble que ce ne peut pas être plus clair!

quebechebdo 10 mai 2015

 

Le ralliement de la dernière chance

9 mai 2015

À quelques jours du couronnement du futur chef du Parti québécois, les candidats en lice lancent un appel au ralliement des forces indépendantistes une fois que les 71 020 militants péquistes auront fait leur choix. Et cela m’apparaît le plus grand défi auquel sera soumis le nouveau chef, particulièrement dans les circonstances troublantes de la défaite cuisante du 7 avril 2014.

Face à ce constat, une question se pose aux militants : quel est, parmi les quatre candidats en lice, celui ou celle qui peut le mieux répondre à ces attentes ? Des candidats d’expérience comme Alexandre Cloutier ou Martine Ouellette, ou un néophyte en politique comme Pierre Karl Péladeau ?

Jusqu’à maintenant, tous les sondages laissent percevoir une victoire de PKP au premier tour de scrutin et, si un tel scénario se réalisait, M Péladeau devra faire la preuve que sa promesse de « faire du Québec un pays » doit franchir l’étape des vœux pieux et amorcer la démarche d’accession du Québec à son statut d’État indépendant.

Quoique la course à la chefferie du PQ ait ranimé les troupes souverainistes, il n’en demeure pas moins que la lune de miel du futur chef sera de très courte durée et que le véritable combat pour le ralliement de la dernière chance s’amorcera au lendemain des résultats…Une histoire à suivre !

quebechebdo 9 mai 2015  

Pauvres anglophones!

8 mai 2015

En lisant les commentaires du commissaire aux langues officielles, Graham Fraser, sur le fait que « la contribution des Québécois d’expression anglaise et des immigrants anglophones n’est pas toujours perçue à sa juste valeur au sein de la société québécoise », je me suis demandé s’il fallait en rire ou en pleurer.

Et, comme pour ajouter l’insulte au mépris, M Fraser en remet en affirmant que « le Québec compte 2,2 fois plus d’entrepreneurs anglophones que francophones » tout en ajoutant du même souffle que « la communauté anglophone ne représente pas une menace pour la majorité française au Québec ».

Comment un fonctionnaire fédéral peut-il s’immiscer avec autant de désinvolture dans un débat aussi crucial que la défense et la protection de la langue française au Québec, particulièrement dans un contexte où les anglophones bénéficient ici de privilèges qu’aucune autre province n’octroie aux francophones hors Québec ? Il y a là, à mon sens, un manque total de jugement, voire même un affront envers la société québécoise dont l’accueil envers les anglophones est pour le moins très généreux !

Au lieu d’alléguer qu’« on continue d’avoir des souvenirs d’une époque révolue qui domine le discours public », Graham Fraser devrait plutôt sortir du « discours révolu » sur le bilinguisme institutionnel à la Trudeau, père, et admettre le caractère francophone distinct du Québec qui peine à maintenir ce statut particulier en terre « canadian »   au lieu de déblatérer sur les « pauvres anglophones » !

vigile.net tribune libre 8 mai 2015 "Le mépris comme fer de lance"
quebechebdo 8 mai 2015
Le journal de Québec 11 mai 2015