L’autorité, cet archaïsme

20 juillet 2015

Dans son billet du 19 juillet intitulé « Une journée à Bozoland », Richard Martineau s’arrête sur cette question pertinente, voire même existentielle : « Comment la pyramide des âges s’est-elle inversée de la sorte, avec les adultes au bas de la chaîne de l’autorité et les enfants tout en haut…? »

À mes yeux, la réponse se trouve dans la question et porte sur le mot « autorité ». Si vous le permettez, je vais transposer le problème soulevé par M. Martineau dans le monde de l’éducation où plusieurs jeunes professeurs débutant leur carrière adoptent l’attitude du « bon gars » envers leurs élèves, faisant fi de toute notion d’autorité, alléguant qu’elle pourrait nuire à la relation avec leurs élèves.

Et immanquablement, avec le temps, les élèves prennent petit à petit le contrôle de la classe si bien que l’enseignant devient incapable de communiquer ses connaissances, à savoir la raison d’être de sa profession. Eh bien, le même problème se produit avec les jeunes parents qui placent leurs enfants sur un piédestal, si bien qu’ils perdent le contrôle sur eux et deviennent eux aussi incapables de jouer leur rôle premier, à savoir l’éducation de leurs enfants.

Par expérience, autant comme parent que comme enseignant, j’ai pu constater que les jeunes ont besoin d’une personne « en autorité » pour les guider sur le chemin du vivre ensemble, la preuve étant que mes anciens élèves tout comme mes enfants devenus des adultes me remercient aujourd’hui d’avoir agi envers eux en adulte responsable.

quebechebdo 20 juillet 2015 
vigile.net tribune libre 22 juillet 2015

Résidence à sécurité minimale

19 juillet 2015

La résidence privée Sault-au-Récollet du boulevard Gouin à Montréal est certifiée par le gouvernement du Québec. Sur son site internet, les propriétaires spécifient que c'est une résidence six étoiles où la sécurité est assurée 24 heures sur 24.

Pourtant, le corps de Diane Paiement, 67 ans, une résidente de cet établissement, a été retrouvé en putréfaction, gisant sur le plancher de son appartement dix jours après son décès, la dernière capsule de médicaments prise par la sexagénaire remontant à dix jours.

C’est une infirmière de la résidence qui a téléphoné à la nièce de Mme Paiement, inscrite sur la liste des personnes à contacter en cas d'urgence, l’avisant que sa tante n’était pas venue manger depuis plusieurs jours, qu’elle n’était pas venue chercher ses médicaments à la pharmacie à deux reprises et qu’elle ne s’était pas présentée à un rendez-vous avec un médecin attitré à la résidence.

Des constats plutôt inquiétants qui auraient dû éveiller, voire même sonner l’alarme auprès des intervenants de la résidence. Au contraire, personne n’a réagi en allant frapper à la porte de la résidente pour s’informer de son état après des absences répétées à ses activités quotidiennes normales.

Un cas patent d’irresponsabilité professionnelle qui doit être sévèrement sanctionné par les autorités gouvernementales responsables avant que d’autres cadavres ne fassent les frais des employés de cette « résidence à sécurité minimale »!

quebechebdo 19 juillet 2015 

25 ième anniversaire du décès de Gerry Boulet

18 juillet 2015

* Gaétan Robert Gérald Boulet est né le 1er mars 1946 à St-Jean-sur-Richelieu. Il a un frère aîné, Denis né en 1944 et une soeur cadette, Diane, née en 1949. Son père Georges était camionneur et sa mère Charlotte gardait des pensionnaires à la maison pour joindre les 2 bouts. Gerry découvre l'amour de la musique lorsque sa mère lui fait prendre des cours alors qu'il a 10 ans. Son oncle est alors directeur de la fanfare de St-Jean-sur-Richelieu. On décide pour lui de l'instrument qu'il jouera et ce sera la trompette qu'il apprendra jusqu'à l'âge de 16 ans.

Le 6 mars 1962, Gerry se fait renvoyer du collège pour insubordination dans la classe de musique. Quatre jours plus tard, on l'intègre à l'orchestre de son frère Denis, les Double Tones. Le groupe anime "showers" et soirées de noces. Le groupe passe par plusieurs noms avant de devenir les Gants Blancs en 1965. Un producteur propose à Gerry d'enregistrer seul "Ne mentons pas" et de le présenter à l'émission Jeunesse d'aujourd'hui. Ce producteur, Tony Roman, qui a eu l'illumination de le renommer Géraldo, l'a coincé de telle sorte qu'il s'est présenté à l'enregistrement. Ce fut la fin de leur relation.

Le 24 juin 1968, Gerry épouse Denise Croteau à Victoriaville. Elle était alors enceinte de Justin à qui elle donnera naissance le 12 novembre. En 1969, les drogues et la mode psychédélique poussent les Gants Blancs à devenir Offenbach Soap Opera qui allait devenir Offenbach. Gerry en ferait partie jusqu'à la dissolution du groupe en 1985.

Le 19 juin 1981, c'est la naissance du 2e enfant de Gerry et Denise, Marianne, même si Gerry était maintenant avec Françoise Faraldo depuis plusieurs années déjà. Le 28 février 1982, le 1er enfant avec Françoise voit le jour (Julie). La même année, Gerry a l'idée géniale de retourner faire des spectacles dans les clubs du Québec qu'il n'a pas visité depuis plusieurs années, depuis l'énorme succès du groupe. Les propriétaires de clubs n'y croient pas et pensent à une blague.

En 1984, Gerry commence à prendre ses distances du groupe et enregistre un album solo intitulé Presque 40 ans de blues, un album qui allait passer presque inaperçu. Un an plus tard, Gerry décide de se retirer du groupe qui ne pourrait continuer sans lui. Le 1er novembre 1985, Offenbach donne donc son spectacle d'adieu au Forum de Montréal et en 1986, Gerry part en tournée dans les bars de la province en quatuor
avec son vieux chum Johnny Gravel à la guitare, Michel Gélinas au saxophone et Carl Tremblay à l'harmonica.

En 1987, Gerry apprend qu'il a le cancer et de longues séances de traitement débutent. Gerry commence la composition des pièces de l'album Rendez-vous doux, son 2e album solo, qui allait devenir son plus grand succès en carrière avec 400 000 copies vendues. Cet album paraît en 1988 et Gerry donne une série de spectacles en plus d'apparitions à la télévision. Il s'agira de sa dernière tournée de spectacles et certains de ces concerts devront être annulés pour cause de maladie.

En 1989, Gerry remporte 3 Félix au gala de l'ADISQ pour la meilleure émission de l'année, le meilleur album rock et le spectacle rock de l'année. Il demande le divorce à Denise et mariera Françoise en 1990. Le 18 juillet 1990, on apprend le décès de Gerry Boulet. Au gala de l'ADISQ de cette année-là, il recevra le Félix hommage.

En 1994, des enregistrements de piano et de voix laissés par Gerry avant son décès sont arrangés par Dan Bigras qui permettra de les faire connaître au public sur l'album Jézabel.

* Référence: musicorama.ca

quebechebdo 18 juillet 2015
 

Dans la boule de cristal de Christy

18 juillet 2015

Ainsi donc,  lors du Conseil de la fédération qui s’est tenu ces derniers jours dans la capitale de Terre-Neuve-et-Labrador, la première ministre de la Colombie-Britannique, Christy Clark, a prédit que le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, « n’a pas l’ombre d’une chance de faire le pays du Québec. »  Et, de poursuivre Mme Clark : « Les Québécois ne sont pas différents des Britanno-Colombiens. Il y a maintenant une génération de personnes, regardant vers l’avant, des citoyens du monde, qui souhaitent créer de la richesse, bâtir leur vie [et] faire partie du monde, pas seulement du Québec ou du Canada ».

Je ne connais pas les bienfaits de la boule de cristal de Christy mais je dois admettre qu’elle doit avoir un effet surprenant à longue distance compte tenu de l’écart qui sépare la Colombie-Britannique du Québec. À la place de Mme Clark, je surveillerais de près ses concitoyens qui manifestent périodiquement des velléités de se détacher du lointain parlement d’Ottawa pour faire cavaliers seuls…Dès lors, on pourrait être d’accord avec la boule de cristal de Christy qui prédit que « les Québécois ne sont pas différents des Britanno-Colombiens ».

En attendant, Mme Clark, contentez-vous de gérer votre province canadian et laissez aux Québécois le soin de décider de leur avenir…Il en va de votre crédibilité de «  Prime minister of British Columbia »!

quebechebdo 18 juillet 2015

Raisonnement par l’absurde

17 juillet 2015

Une résidente de Longueuil, Nathalia Akpa, collectionne, depuis trois ans, les photos d’affiches de commerces, de municipalités ou d’organismes qui contiennent des fautes de français. Depuis, elle dit en voir partout et trouve dommage que de plus en plus de commerces acceptent des affiches et enseignes publicitaires en se souciant peu de la qualité du français. «C’est venu me chercher, je trouvais que c’était un non-sens de permettre cela ». Elle en a même parlé à certains commerçants qui lui ont vite fait comprendre de se mêler de ses affaires.

Mme Akpa possède près de 200 photographies d’enseignes publicitaires contenant des fautes flagrantes et souhaite que les autorités politiques municipales et provinciales interviennent pour éviter que cette fâcheuse habitude de massacrer le français écrit se répande. «La loi 101 doit se doter d’un règlement par rapport aux affichages publics pour inciter les entreprises qui annoncent.»

Toutefois, du côté de l’Office de la langue française, le porte-parole, Jean-Pierre Leblanc, mentionne que rien dans la loi dit qu’on ne peut pas faire de fautes, et qu’en conséquence,  on ne peut obliger les gens à les corriger…Avec un raisonnement aussi saugrenu, on peut dormir tranquille, la langue française est bien protégée!

quebechebdo 17 juillet 2015
Le Journal de Québec 18 juillet 2015
 

Appel au gros bon sens

17 juillet 2015

Le 8 juillet, Rona Ambrose, ministre de la Santé, a annoncé la composition d’un Groupe de travail sur les troubles du spectre autistique (TSA), une mesure importante en vue de l'établissement du plan relatif à un partenariat canadien en matière d'autisme. Toutefois, là où le bât blesse avec acuité, c’est que ce comité d’experts ne prévoit aucune personne atteinte d’autisme.

À cet effet, Antoine Ouellette et Lucila Guerrero, Cofondateurs d’Aut’Créatifs, ont fait parvenir une lettre à la ministre Ambrose le 15 juillet dans laquelle ils déplorent en ces termes l’absence d’autistes dans ce Groupe de travail : « Nous célébrons toute initiative en faveur des personnes autistes et des familles. Pourtant, nous sommes profondément attristés par l’absence complète de personnes autistes dans ce groupe. Cette situation est absurde si on tient compte que les mieux placés pour parler des besoins des autistes sont les autistes eux-mêmes… Alors pourquoi n’avons-nous aucune place dans ce groupe? Est-ce que vous trouveriez correct et sain que votre voisin parle en votre nom, de vos besoins, pour vous aider, sans vous consulter ? »

Je ne peux que me rallier à cet appel au gros bon sens et espérer sincèrement que la ministre de la Santé entendra ce message de la part des autistes qui incarnent la raison d’être de ce Groupe de travail…à défaut de quoi, comme il arrive souvent dans ces ateliers formés essentiellement de spécialistes, les discussions et les aboutissants risquent de planer dans la théorie au détriment de la réalité vécue par les autistes.

quebechebdo 17 juillet 2015
 

Une odeur de magouille

17 juillet 2015

Toujours sous enquête depuis 2011 pour « conduite répréhensible », le président sortant de la Régie du logement, Me Luc Harvey, se retire avec une allocation de transition de 173 303 $, soit l’équivalent d’une année de salaire.

Rappelons que Me Harvey fait toujours l'objet d'une enquête par le Conseil de la justice administrative à la demande du ministre responsable de la Régie à la suite d'un rapport du Protecteur du citoyen dénonçant le tripotage de la mise au rôle des causes. Cette manipulation avait pour but d'embellir la performance administrative de l'organisme, entachée par des délais inacceptables.

Pendant la tenue de la présente enquête, Me Harvey a continué de présider la Régie et de  participer aux réunions du Conseil de la justice administrative, où il a côtoyé les trois membres du comité chargé de son enquête. Parmi ceux-ci se trouvait une de ses employées, la régisseuse Suzie Ducheine, une situation pour le moins singulière et qui laissait perplexes les associations de propriétaires et de locataires, principaux utilisateurs des services de la Régie du logement.

Même si, jusqu’à présent, aucune accusation formelle n’a été portée contre Me Harvey, une odeur de magouille s’est répandue autour de cette affaire depuis ses débuts, et, même si des accusations étaient portées contre lui, il serait difficile, voire impossible, de lui retirer son allocation de transition maintenant qu’il s’est retiré de son poste. Toutefois, la justice pourrait tout au moins le condamner à rembourser les quelque 100 000 $ dépensés en frais juridiques et payés par les contribuables.

À titre de renseignements supplémentaires, Luc Harvey est un libéral notoire et le gendre de Guy Saint-Pierre, l’ex-président de SNC-Lavalin Inc et ministre libéral dans le gouvernement de Robert Bourassa. De plus, avant d'accéder à la présidence de la Régie en 2008, Me Harvey a fait l'objet de trois enquêtes en déontologie par le Conseil de la justice administrative, soit près du quart des enquêtes en déontologie visant le personnel de la Régie du logement…Un énième squelette dans le placard des libéraux!

vigile.net tribune libre 16 juillet 2015
quebechebdo 16 juillet 2015 (version abrégée)
 

Un passage obligé?

15 juillet 2015

J’avoue que la nomination de Jean-Martin Aussant à la direction du Chantier d’économie sociale jette une douche d’eau froide sur les aspirations que son retour au Québec suscitait dans mes pensées. En effet, dans le climat d’effervescence suscité par l’arrivée de PKP à la tête du PQ, je me serais attendu à ce que JMA saute dans l’arène politique souverainiste avec enthousiasme.

Mais, au lieu de cela, il a choisi de se garder un « devoir de réserve » sur la vie politique en optant pour un emploi plutôt « low profile » qui le place bien loin de la scène politique québécoise. Peut-être que l’ex-chef fondateur d’Option nationale a fait le choix d’emprunter ce « passage obligé » dans le but de se mettre au parfum des enjeux qui meublent la scène politique actuelle, ce qui, à mon sens, n’était absolument pas nécessaire compte tenu de ses convictions profondes à propos de l’indépendance du Québec.

En bout de ligne, je souhaite ardemment que cet emploi sera de courte durée et que le « retour d’exil » du dauphin de Jacques Parizeau se concrétisera par une implication davantage orientée sur la démarche du Québec vers son indépendance.

quebechebdo 15 juillet 2015
cyberpresse.ca 18 juillet 2015
 

Le cadeau de Grec

14 juillet 2015

On dit souvent qu’une image vaut mille mots. À cet effet, la caricature de Beaudet parue dans le Journal du 14 juillet donne pleinement raison à cet adage. En fait, il s’agit d’un Grec, vêtu aux couleurs du drapeau de la Grèce, en train de se noyer, et recevant, d’un paquebot grec, en guise de moyen de sauvetage, une bouée attachée à une ancre.

Grosso modo, les conditions d’entente acceptées par le gouvernement Tsipras sont sensiblement les mêmes que les Grecs ont refusées à 61 % le 5 juillet par voie de référendum, mais en plus exigeantes. À titre d'exemples, une hausse de la taxe de vente de 1 % du PIB, un resserrement des règles de pension de retraite dans le but d’économiser un autre 1 % du PIB, l’adoption d’un système de coupes budgétaires automatiques en cas de non-respect des cibles budgétaires, une réforme plus profonde des retraites, une réforme du marché intérieur, une privatisation du réseau de transport électrique, un assouplissement des règles du marché du travail, l’ouverture des secteurs d’activités protégés, et un renforcement du secteur financier.

Un prix chèrement payé pour éviter la Grexit, et que certains observateurs ont qualifié de « reddition complète » et d’ « humiliation ». Une entente qui fait fi complètement des velléités exprimées par les Grecs lors du référendum « bidon », excluant la volonté de demeurer dans la zone euro…Bref, les Grecs viennent de recevoir un cadeau de Grec en guise d’entente avec l’Union européenne qui a gagné sa bataille sur l’austérité décriée pourtant avec véhémence par une forte majorité de Grecs!

quebechebdo 14 juillet 2015

Des tableaux blancs…aucunement interactifs

13 juillet 2015

Une étude, réalisée par un centre de recherche de l’Université de Montréal et effectuée auprès de 6000 élèves et 400 professeurs, révèle que l’achat des tableaux blancs interactifs (TBI) au coût de 240 millions, soit entre 7000 $ et 8000 $ l’unité, n’était « aucunement une décision réfléchie », et que l’achat de projecteurs électroniques à 600 $ aurait été préférable pour la grande majorité des enseignants.

Rappelons que cette initiative remonte en 2011 sous le gouvernement Charest alors que des coupures étaient déjà enclenchées en éducation et qu’une enquête du quotidien La Presse avait révélé que la grande majorité des achats de tableaux avait été effectuée auprès d’un fournisseur, Smart Technologies, dont le lobbyiste était un ancien membre du cabinet de M. Charest.

En réalité, ces tableaux blancs dont l’objectif était de créer une interactivité auprès des élèves s’avère inutilisable, compte tenu que les enseignants n’ont reçu aucune formation pour accéder à cette fonction. Pour Josée Scalabrini, présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement, « on est allé de l’avant avec une mesure populaire, populiste, qui paraissait bien. »

240 millions pour des tableaux blancs aucunement interactifs lancés dans la mare aux oubliettes par des enseignants qui n’y voient aucune utilité pédagogique…Rien de nouveau sous le soleil des libéraux qui ont toujours excellé à favoriser le paraître au détriment de l’être !

quebechebdo 13 juillet 2015
Le journal Métro 14 juillet 2015 "Des tableaux aucunement interactifs"