La « transparence » de Stephen Harper

3 août 2015

Officiellement, Stephen Harper allègue qu’une campagne électorale de 79 jours permet aux contribuables d’épargner de l’argent puisque les partis politiques ne pourront pas détourner les ressources gouvernementales ou parlementaires pour faire officieusement campagne. Conséquemment, si j’interprète correctement le premier ministre, il prétend ainsi faire preuve de transparence.

Une « transparence » qui, pourtant, laisse derrière le rideau des partis nationaux qui pourront dépenser 53 millions de dollars, au lieu de 25 millions, et des candidats qui pourront dépenser 213 000 $, au lieu de 100 000 $, des dépenses remboursables à 50 % ou 60 % par l’État, donc par les contribuables. Et, c’est sans compter sur les salaires qu’Élections Canada devra verser plus longtemps à ses travailleurs d’élection, ce qui pourrait faire gonfler la facture au-delà du demi-milliard, comparativement à une moyenne de 375 millions de dollars, une hausse de 125 millions, toujours assumée par les contribuables.

Et, la cerise sur le sundae, les sénateurs Mike Duffy, Patrick Brazeau et Pamela Wallin, qui avaient cessé de toucher leur salaire au moment de leur suspension, se voient éligibles pour recevoir à nouveau leur salaire à la dissolution du parlement… Transparent, M. Harper? Foutaise!

quebechebdo 3 août 2015
Le Journal de Québec 4 août 2015

L’austérité dans les fonds de tiroirs

2 août 2015

Décidément le gouvernement Couillard aura grugé dans tous les recoins du budget pour pousser au maximum ses mesures d’austérité. Cette fois-ci, il a décidé de ne pas assumer les dépenses de personnel et de fonctionnement des établissements de santé le 29 février 2016, laissant de la sorte les p.-d.g avec un manque à gagner de 45 à 64 millions [selon les versions]…une mesure qui s’ajoute à des compressions énormes déjà annoncées.

Et, pour banaliser cette mesure, Joanne Beauvais, l’attachée de presse du ministre de la Santé, allègue que ce n’est pas tant une compression qu’une «  opération comptable virtuelle  » qui consiste à répartir le budget annuel sur 366 jours plutôt que sur 365, alors que dans les faits, les salaires des employés et les autres coûts d’entretien liés à l’ajout d’une journée sont bien réels et que les coûts pour une journée supplémentaire n’ont rien de virtuel.

En réalité, Martin Coiteux agit comme si la vie dans les hôpitaux cessait de tourner le 29 février alors que notre ratoureux président du Conseil du Trésor sait très bien qu’il gruge dans les fonds de tiroirs pour aller récupérer des économies de bouts de chandelles dans l’ensemble du budget de la santé…Désolant et minable!

quebechebdo 31 juillet 2015
 

Responsables de négligence criminelle

30 juillet 2015

Ils s’étaient enrôlés dans les Forces armées canadiennes à titre de cadets dans le but de défendre plus tard leur pays. En cette journée de juillet 1974, une soixantaine de cadets étaient rassemblés dans un baraquement de Valcartier dans le but de suivre un exercice de formation sur la sécurité des explosifs. Puis, tout à coup une grenade active, qui s’était retrouvée parmi des grenades inertes, explose entre les mains d’un cadet…C’est le carnage! Six cadets périssent dans l’explosion et une soixante d’autres sont blessés.

Et, quarante et un ans plus tard, on ne sait toujours pas pourquoi un tel drame s’est produit. Avouez qu’il y a de quoi s’interroger sur les motifs de l’omerta gardés aussi longtemps par les Forces armées canadiennes et le ministère de la Défense nationale. La version officielle : une série d'erreurs et de négligences humaines…Et voilà, le dossier est clos!

Toutefois, plus de quarante ans après cette catastrophe atroce, un rapport dévoilé par l'ombudsman de la Défense nationale et des Forces armées canadiennes, Gary Walbourne, met en lumière l'injustice commise envers les ex-cadets victimes du drame de Valcartier. Il recommande que chaque ancien cadet affecté physiquement ou psychologiquement ait droit à une évaluation et bénéficie de l'aide requise, et qu’une « indemnité financière immédiate et raisonnable » soit versée à chacun des cadets touchés par les effets négatifs de ce drame…

Mince consolation si l’on considère que, dans cette affaire, les responsables de cette « série d’erreurs » auraient dû être poursuivis pour « négligence criminelle »!

quebechebo 30 juillet 2015
cyberpresse.ca 3 août 2015

Ce n’est plus comme dans l’temps!

29 juillet 2015

L’autre jour, nous parlions ensemble, un ami et moi, et notre conversation est tombée sur les changements rapides qui se sont produits dans notre société québécoise au cours des dernières décennies. Entre autres, nous avons abordé la chute de l’ardeur religieuse, le vide qu’elle a créé dans les églises jusqu’à la piètre apparence que ces monuments historiques offrent aux passants.

Bien sûr, nous avons aussi discuté de la percée fulgurante des médias sociaux qui ont bouleversé la chaîne des communications à tel point qu’il devient impossible pour le profane de décoder les messages que s’envoient nos jeunes. Et, tout en parlant de nos jeunes, l’éclatement de la famille traditionnelle [les dernières statistiques démontrent qu’un couple sur deux se sépare] et ses conséquences sur l’éducation des enfants, ballotés entre deux résidences familiales, ont pris le plancher.

Ce qui a fait dire à mon copain qu’auparavant les parents avaient beaucoup d’enfants mais qu’aujourd’hui ce sont les enfants qui ont beaucoup de parents et…de grands-parents. Le monde à l’envers quoi! Une prolifération de parents qui a fait dire à un jeune qu’il était chanceux d’avoir beaucoup de parents parce que ses cadeaux de Noël et d’anniversaires étaient plus nombreux…

Pas facile de parler de valeurs avec de tels raisonnements, vous savez ces valeurs, telles l’esprit de famille et les liens qu’il permet de créer entre les membres d’une même famille, lorsque cette dernière a vécu l’éclatement…Enfin, nous nous sommes laissés sur ce sujet en nous disant que, si nos jeunes reçoivent toute l’attention désirée de la part des adultes qui les entourent, ils réussiront à faire leur bout de chemin malgré un monde souvent bouleversé par le rythme effarant de la vie!

quebechebdo 29 juillet 2015
Le Journal de Québec 31 juillet 2015 

Le mépris de Bettman envers Québec

28 juillet 2015

La dernière déclaration pour le moins loufoque de Gary Bettman selon laquelle les Nordiques, s’ils devaient revenir au sein de la LNH, pourraient évoluer dans l’Association Ouest de la ligue démontre, à mon sens, le mépris éhonté de Bettman envers les partisans de la capitale nationale.

Lorsque le président de la LNH évoque le déséquilibre actuel entre les Associations, à savoir 16 équipes dans l’Est et 14 dans l’Ouest, il ne fait qu’ajouter de la confiture sur la rôtie pour qu’elle présente un aspect plus alléchant. En réalité, la plupart des analystes connaissent fort bien l’engouement quasi maladif de Bettman pour une expansion en terre étasunienne.

À titre d’exemple, selon un stratège en communication corporative, Jean Gosselin, «ce n’est que la continuité de la façon dont M. Bettman traite le dossier de Québec. Il est excellent à cet égard-là, il ne perd pas le nord. Il est toujours fixé sur son cap de ramener des équipes dans le nord-ouest des États-Unis. »  Et de poursuivre M. Gosselin relativement au déséquilibre entre les deux Associations, « c’est une autre façon, selon moi, de jeter le souffle froid sur Québec, question de s’éliminer un peu de pression. Il faut se rappeler que l’objectif de M. Bettman n’est pas nécessairement de faire plaisir aux partisans, mais de développer son marché. Dans le plan d’affaires de la LNH, la valeur ajoutée doit d’abord passer par les États-Unis. »

M. Bettman, au lieu de jouer au fin finaud  avec les partisans de Québec, mettez donc cartes sur table. De cette façon, la discussion avec les représentants de Québecor portera sur les vraies affaires et peut-être qu’alors vous n’aurez pas d’autre choix que de vous rallier aux arguments moussant la candidature de Québec…tout au moins pour la défense de votre crédibilité, pour l’instant sérieusement entachée!

quebechebdo 28 juillet 2015
 

Une fonction essentiellement symbolique

27 juillet 2015

La nomination récente du nouveau lieutenant-gouverneur du Québec a relancé le débat sur la pertinence ou non de ce poste au sein du système parlementaire québécois. Selon la Constitution du Canada, le monarque du Canada est le chef de l’État, poste occupé depuis 1952 par la reine Élisabeth II en tant que reine du Canada. Le monarque canadien possède des pouvoirs qui lui sont propres et d'autres qui sont exercés par le biais de ses représentants : le gouverneur-général et les lieutenants-gouverneurs provinciaux.

Le lieutenant-gouverneur du Québec est donc le représentant de la reine du Canada au Québec. Il assume des responsabilités équivalentes à celles qu'exerce le gouverneur-général dans l'État fédéral. Malgré ses pouvoirs officiels, le lieutenant-gouverneur occupe actuellement une fonction essentiellement symbolique pour laquelle il reçoit un salaire annuel de l’ordre de 120 000 $.

Si vous ajoutez à cette farce monumentale le fait qu’au Québec les députés nouvellement élus prêtent le serment d’allégeance à la reine du Canada, vous obtenez la recette idéale d’une soumission avilissante et rétrograde dont le ridicule n’a d’égal que l’anachronisme qu’il véhicule depuis des décennies…Foutaise !

De deux choses l’une, ou le Québec persiste à jouer un rôle de figurant dans son système parlementaire, ou il abolit le poste de lieutenant-gouverneur et, par ricochet, le serment d’allégeance à la reine du Canada.

quebechebdo 27 juillet 2015 
Le Devoir 28 juillet 2015

La flamme est maintenant ravivée

23 juillet 2015

Si on exclut les quatre chefs intérimaires, à savoir Guy Chevrette, Louise Harel, François Gendron et Stéphane Bédard, le Parti Québécois a vu huit chefs se succéder à sa tête entre 1968 et 2015 :

1968-1985 René Lévesque
1885-1987 Pierre Marc Johnson
1988-1995 Jacques Parizeau
1995-2001 Lucien Bouchard
2001-2005 Bernard Landry
2005-2007 André Boisclair
2007-2014 Pauline Marois
2015-         Pierre Karl Péladeau

Huit chefs en 47 ans d’existence, soit une moyenne de quelque 6 ans de chefferie par chef. Par contre, si on laisse de côté le fondateur du Parti, René Lévesque, qui a occupé la chefferie de son parti pendant 17 ans, et l’arrivée récente de Pierre Karl Péladeau, la moyenne tombe à  4,8 années, soit 29 ans pour les 6  autres chefs. Enfin, abstraction faite de Pierre Marc Johnson et André Boisclair « qui n’ont fait que passer »,  on arrive avec un peloton de tête composé de Jacques Parizeau, Lucien Bouchard, Bernard Landry et Pauline Marois.

Par contre, parmi ces quatre chefs, à mon avis, seul Jacques Parizeau (7ans de chefferie) avait les convictions nécessaires pour viser l’indépendance du Québec, ce qu’il vint à un cheveu de réussir en 1995. De son côté, il faut concéder à René Lévesque (17 ans à la chefferie) qu’il a eu le courage de fonder un parti qui visait la souveraineté politique du Québec.

Il aura donc fallu 20 ans, soit depuis le départ de Jacques Parizeau de la scène politique active du Québec, pour que le PQ se donne enfin un chef qui manifeste clairement qu’il veut faire du Québec un pays en la personne de Pierre Karl Péladeau…et 47 ans depuis la création du parti!

C’est extrêmement long 47 ans dans la vie d’un partisan de la première heure d’autant plus que les méandres empruntés par certains chefs du PQ ont laissé des traces douloureuses dans le cœur de plusieurs de ces partisans.

Il n’est donc pas surprenant que l’arrivée de PKP suscite un tel engouement compte tenu de ses convictions profondes en l’accession du Québec à son indépendance, le premier chef depuis 20 ans qui ose affirmer haut et fort qu’il est venu en politique pour faire du Québec un pays.

La flamme de René Lévesque, après des décennies de tergiversations partisanes, est maintenant ravivée…à nous d’accompagner PKP dans son ascension vers l’indépendance du Québec! Une telle occasion risque de ne jamais plus se reproduire…

quebechebdo 23 juillet 2015
vigile.net tribune libre 28 juillet 2015

Vieillir dans la dignité

22 juillet 2015

Par les temps qui courent, nombreux sont les incidents où nous assistons à des situations dramatiques dans lesquelles les personnes âgées sont impliquées. D’entrée de jeu, mon intention n’est pas du tout de blâmer le personnel soignant des établissements où se sont passés ces incidents mais plutôt de sensibiliser le gouvernement sur l’urgence de doter ces établissements du personnel adéquat pour répondre aux besoins des personnes en perte d’autonomie.

En tant que société responsable de ces personnes âgées qui ont bâti de leurs mains cette société dans laquelle nous vivons, nous devons leur accorder toute l’attention et le respect qu’ils méritent. Et, pour y parvenir, les intervenants ont besoin de temps, ce temps précieux qui leur permet d’écouter les personnes âgées et de leur prodiguer les soins dont ils ont besoin pour vieillir dans la dignité.

En terminant, je vous laisse sur ces paroles touchantes de la chanson "Les vieux" de Jacques Brel : "Est-ce d'avoir trop ri que leur voix se lézarde quand ils parlent d'hier? Et d'avoir trop pleuré que des larmes encore leur perlent les paupières?"

quebechebdo 22 juillet 2015
 

Une course à deux

22 juillet 2015

«Nous pouvons confirmer que nous avons reçu deux candidatures : une de la part de Bill Foley, qui souhaite implanter une équipe à Las Vegas, au Nevada, et une de la part de Québecor pour une équipe dans la ville de Québec», écrit la LNH dans un communiqué publié en fin d'avant-midi mardi le 21 juillet. Eh bien voilà, c’est officiel, nous assisterons à  une course à deux. Un scénario qui me rappelle la fable bien connue de La Fontaine, « Le lièvre et la tortue » dont la morale nous enseigne que rien ne sert de courir mais qu’il faut partir à point.

Ainsi, Las Vegas, la capitale du jeu et de tous les vices, venue de nulle part, arrive au fil de départ ornée de son clinquant habituel de ville où l’argent règne en maître, un amphithéâtre en construction qui verrait le jour au printemps 2016. D’autre part, Québec, une des destinations touristiques les plus courues en Amérique du Nord, laborieusement, prépare depuis longtemps, cette course, un amphithéâtre ultra-moderne prêt à y accueillir des partisans chauffés à bloc.

Tout comme le lièvre, Las Vegas croit qu’elle remportera facilement la victoire compte tenu de ses qualités de rapide coureur lorsqu’il est temps d’échapper à ses détracteurs. Par contre, à l’exemple de la tortue, Québec est bien installée au fil de départ, prête à affronter le défi. Vous connaissez le reste de la fable; pendant que le lièvre s’évertue à errer dans toutes les directions, la tortue, patiemment, respecte le trajet et remporte fièrement la victoire…

quebechebdo 22 juillet 2015
 

La langue française, de la bouillabaisse

21 juillet 2015

Les résultats des dernières études sur le décrochage scolaire pointent du doigt régulièrement le français comme la discipline qui cause le plus de difficultés aux élèves, particulièrement au secondaire. De nos jours, l’enseignante et l’enseignant sont confrontés à toutes sortes de situations qu’exige la société moderne. Bien sûr, comme toujours, il doit s’assurer que les contenus du programme sont bien assimilés et ce, tout en favorisant un climat propice à l’apprentissage.

Par ailleurs, les grands changements sociaux des trente dernières années ont suscité, chez les jeunes, toute une panoplie de comportements qu’on ne connaissait pas au début des années soixante-dix, que ce soit l’éclatement des familles jusqu’aux nouvelles approches pédagogiques en passant par les nouvelles technologies de l’information (NTIC). Et comme si ce n’était pas suffisant, tous ces nouveaux concepts ont eu pour effet, entre autres, de créer toute une génération de jeunes dont on arrive difficilement à capter l’attention, l’enseignement du français n’y échappant pas.

Voilà pourquoi tout au cours de mes années d’enseignement, j’ai été amené à modifier plusieurs de mes stratégies pédagogiques, particulièrement lorsque j’ai constaté, avec le temps, que je «prêchais» de plus en plus fréquemment «dans le désert», conscient que toute forme d’apprentissage nécessitait tout au moins un minimum d’attention et de concentration. Mes expériences en ce sens m’ont conduit à développer des stratégies orientées sur la «compréhension» des phénomènes liés à la langue et à la «pertinence» des notions enseignées.

C’est ainsi que le «comment» et le «pourquoi» sont devenus petit à petit les pierres angulaires de ma démarche auprès de mes élèves et, progressivement, j’ai senti que leur attention s’éveillait dans la mesure où ils comprenaient les raisons qui justifiaient tel phénomène linguistique et son à-propos dans leur vie courante. En effet aucun jeune, même de nos jours, ne peut nier l’importance d’être clair dans sa façon de communiquer avec son voisin. Alors pourquoi ne pas le doter des outils qui lui permettront d’atteindre cette clarté dans sa communication?

quebechebdo 21 juillet 2015