L’autorité, cet archaïsme
Dans son billet du 19 juillet intitulé « Une journée à Bozoland », Richard Martineau s’arrête sur cette question pertinente, voire même existentielle : « Comment la pyramide des âges s’est-elle inversée de la sorte, avec les adultes au bas de la chaîne de l’autorité et les enfants tout en haut…? »
À mes yeux, la réponse se trouve dans la question et porte sur le mot « autorité ». Si vous le permettez, je vais transposer le problème soulevé par M. Martineau dans le monde de l’éducation où plusieurs jeunes professeurs débutant leur carrière adoptent l’attitude du « bon gars » envers leurs élèves, faisant fi de toute notion d’autorité, alléguant qu’elle pourrait nuire à la relation avec leurs élèves.
Et immanquablement, avec le temps, les élèves prennent petit à petit le contrôle de la classe si bien que l’enseignant devient incapable de communiquer ses connaissances, à savoir la raison d’être de sa profession. Eh bien, le même problème se produit avec les jeunes parents qui placent leurs enfants sur un piédestal, si bien qu’ils perdent le contrôle sur eux et deviennent eux aussi incapables de jouer leur rôle premier, à savoir l’éducation de leurs enfants.
Par expérience, autant comme parent que comme enseignant, j’ai pu constater que les jeunes ont besoin d’une personne « en autorité » pour les guider sur le chemin du vivre ensemble, la preuve étant que mes anciens élèves tout comme mes enfants devenus des adultes me remercient aujourd’hui d’avoir agi envers eux en adulte responsable.
quebechebdo 20 juillet 2015
vigile.net tribune libre 22 juillet 2015
Henri Marineau

