Le « nationalisme » de la CAQ

8 novembre 2015

Stigmatisée en position centriste entre la droite du PLQ et la gauche du PQ, la CAQ de François Legault se cherche désespérément une voie qui pourrait rallier l’électorat québécois. Il n’est donc pas surprenant qu’elle opte pour une stratégie « nationaliste », celle-là même qui avait permis à la défunte ADQ de devenir l’Opposition officielle à l’Assemblée nationale pour un certain temps.

Aux yeux de François Legault, ce nationalisme «plus pragmatique et rassembleur», comprenant des rapatriements de pouvoirs, se construira à l'intérieur du cadre fédéral. Une recette, admettons-le, qui est loin d’être nouvelle et sur laquelle de nombreux gouvernements provinciaux se sont échoués au cours des dernières décennies. Et je ne crois pas que ce soit l’arrivée de Justin Trudeau à la tête du gouvernement canadien qui changera la donne, le chef du PLC étant déjà inhibé depuis son jeune âge par son père de l’importance d’un gouvernement centralisateur fort à Ottawa.

À mon sens, l’ère d’une position mi-chair mi-poisson est passée date. Les Québécois ne veulent plus être assis entre deux chaises. La débâcle de la CAQ lors du dernier scrutin en fait foi. L’appel au « nationalisme caquiste » de François Legault résonnera comme une voix dans le désert…Un retour vers le futur raté!

Quelques demandes de Legault

Langue et culture
Rapatriement des budgets fédéraux en culture et application de la loi 101 aux entreprises fédérales

Immigration
Québec sélectionne près de 70 % des immigrants. La CAQ vise 100 %, à l’exception des réfugiés

Autonomie fiscale
Transfert de points d’impôt du gouvernement fédéral au Québec, déclaration de revenus unique et encadrement du pouvoir fédéral de dépenser

Environnement 
Politique unique du Québec sur le développement durable

Infrastructure
Transfert en bloc des budgets provenant du Fonds Chantiers Canada pour que le Québec soit maître d’œuvre dans le choix des priorités en matière d’infrastructure

Reconnaissance du Québec
Sélection des trois juges de la Cour suprême issus du Québec.

On nage en pleine utopie…

quebechebdo 8 novembre 2015 (version abrégée)
Le Journal de Québec 9 novembre 2015 (version abrégée)
vigile.net tribune libre 11 novembre 2015
 

L’Eldorado de J.-M. Fournier

6 novembre 2015

Dans sa lettre publiée dans certains médias, Jean-Marc Fournier déclare par deux fois que « nous ne voulons plus être sur la défensive », tout en demandant s’ « il faut toujours ignorer que nous allons mieux ». Puis, un long panégyrique sur la présence accrue de la langue française au Québec et hors Québec nous est présenté en grandes pompes.

« Nous voulons toujours être maîtres chez nous, sauf que, sortis de la crainte de l'autre, on redécouvre un territoire d'attachement plus large. Nous avons plus d'un chez-nous. » En quoi, M. Fournier, le ROC devrait-il apparaître aux Québécois comme un « deuxième chez-nous »? Qu’est-ce qui fait que le ROC se bat tellement pour conserver le Québec dans le giron canadien hormis sa position géographique privilégiée grâce à son passage sur le Saint-Laurent?

En vous promenant dans les rues de Montréal ou en entrant dans les maisons des anglophones, comment pouvez-vous affirmer sérieusement que « le français a pris sa place » et qu’ «  il progresse, [qu’] il est fier et [qu’] il s'affirme? Non, M. Fournier, le Québec n’est pas devenu l’Eldorado que vous nous présentez tant pour la protection de notre territoire, pour nos choix environnementaux, pour la sauvegarde de nos politiques sociales, pour notre économie que pour la défense de notre langue ou de notre culture…

En terminant, aspirer à notre indépendance n’est pas, comme vous l’affirmez, une attitude « défensive », loin de là, Au contraire, c’est la meilleure stratégie « offensive » pour parvenir à notre plein épanouissement.

quebechebdo 6 novembre 2015 
 

Un vent de fraîcheur à Ottawa

5 novembre 2015

Que l’on soit fédéraliste ou non, partisan ou non du Parti Libéral du Canada, on ne peut nier le contraste frappant entre le ton austère de l’ère Harper et les sourires qui se lisaient sur les visages des nouveaux ministres libéraux lors de leur cérémonie d’assermentation.

Fait important aussi à noter, la proximité entre les ministres désignés et la foule de curieux qui s’étaient déplacés pour assister à ce que certains ont appelé un « rendez-vous avec l’histoire ».

Certes la lune de miel connaîtra son terme lorsque viendra le temps des décisions qui pourront choquer certains chauds partisans de la première rencontre avec ceux et celles qui ont été appelés à gérer le Canada.

Toutefois, un vent de fraîcheur vient de souffler sur la colline parlementaire pour le plus grand bien du climat politique fédéral et interprovincial, le Québec s’étant approprié au surplus six ministères, soit 20 % du cabinet de Justin Trudeau…Il ne reste plus qu’à laisser la chance aux coureurs. Pour le reste, je suis convaincu que les observateurs se manifesteront bien assez tôt!

quebechebdo 5 novembre 2015
 

Haro sur le poste de gouverneur-général

4 novembre 2015

Pour une énième fois, la pertinence du poste de lieutenant-gouverneur revient sur la liste des sujets d’actualité. Et, pour une énième fois, le représentant officiel de la Reine d’Angleterre au Québec fait les frais de critiques acerbes dans les médias.

Cette fois-ci, c’est l’agenda plutôt « clairsemé » du lieutenant-gouverneur sortant Pierre Duchesne qui est la cible de ses détracteurs, certains mois n’indiquant que quelques activités protocolaires au menu, pour la plupart la ratification de décrets et la sanction de projets de loi.

Pour leur part, les tenants de la pertinence du poste allèguent que le lieutenant-gouverneur joue un peu le rôle d’un « pompier » qui doit être au poste même s’il n’y a pas d’urgence. Mais à quelles urgences réfèrent-ils exactement, sinon pour signer des bouts de papier qui pourraient recevoir le sceau du juge en chef de la Cour d’appel qui assume déjà cette fonction lorsque le poste devient vacant selon la constitution.

En bref, 750 000 $ annuellement pour un pompier qui n’est jamais appelé au feu constitue, à mes yeux, une comparaison pour le moins « boiteuse »…Jusqu’à quand allons-nous tolérer le maintien d’un poste aussi archaïque et aussi désuet?

Fonctions du lieutenant-gouverneur (source : Wikipédia)

Le lieutenant-gouverneur est l’une des composantes de la sphère législative (avec l’Assemblée nationale du Québec) et de la sphère exécutive (avec le Conseil des ministres du Québec). Au niveau législatif, il est responsable de sanctionner les lois de l’ANQ.

Le lieutenant-gouverneur possède deux pouvoirs particuliers : Le pouvoir de réserve et le pouvoir de désaveu.

Le pouvoir de désaveu consiste en la possibilité pour le lieutenant-gouverneur de transmettre toute loi provinciale adoptée par l’Assemblée nationale au gouvernement fédéral qui peut en vertu de ses pouvoirs, annuler la loi en question. Le gouvernement fédéral a utilisé le pouvoir de désaveu 112 fois depuis 1867 et pour la dernière fois en 1943. La dernière loi québécoise désavouée l’a été en 1910.

Le pouvoir de réserve s’applique lorsque le lieutenant-gouverneur refuse de sanctionner une loi adoptée par l’Assemblée nationale. Cela a comme impact de la transmettre au gouvernement fédéral pour que celui-ci se prononce à son sujet. Les lieutenants-gouverneurs canadiens ont utilisé ce pouvoir 70 fois, la dernière fois, sans succès, en 1961. Le dernier projet réservé au Québec l’a été en 1914.

Aujourd’hui, le lieutenant-gouverneur exerce la partie « administrative et protocolaire » du pouvoir exécutif au Québec, le rôle « politique » étant l’apanage du Premier ministre. Bien que nommé par le gouvernement fédéral du Canada, le lieutenant-gouverneur n’est pas un fonctionnaire relevant de son autorité. Il est le représentant de la personne du monarque en titre (actuellement la reine Élisabeth II) pour la province, à l’image du gouverneur général du Canada au niveau fédéral.

vigile.net tribune libre 6 nouvembre 2015
quebechebdo 4 novembre 2015 "Le pompier, une comparaison boiteuse" (version abrégée) 
 

Blais, le ministre « sans portefeuille »

3 novembre 2015

À regarder le ministre de d’Éducation, François Blais, agir tel l’envoyé spécial de Martin Coiteux, j’ai peine à croire que ce « colporteur de l’austérité » assumera le leadership nécessaire pour lancer le projet de loi qui mettra à jour l’école québécoise du 21e siècle à la mi-novembre.

En réalité, chaque apparition du ministre contient son lot de coupures qui minent à petit feu les ressources nécessaires au bon fonctionnement des écoles dont il devrait assumer le leadership. Mais, tout au contraire, le bras droit de Coiteux ne présente aucune vision de l’école du 21e siècle. En bref, au lieu d’un quart-arrière, il agit tel le porteur d’eau de l’équipe.

Soyons sérieux…Quelqu’un croit-il sérieusement que ce pantin incarne le type de leader pouvant mener à bien la réforme annoncée? Quelqu’un peut-il me nommer un élément d’une vision de l’école québécoise annoncée par François Blais depuis le début de son mandat?

Dans les faits, notre ministre de l’Éducation incarne à mes yeux le type idéal d’un ministre « sans portefeuille » dont la mission consiste à jeter un baume sur les coupures annoncées, avec en toile de fond, le mirage d’un bouffon qui allègue que les services ne seront pas affectés…Et vous voulez me faire croire, M. Couillard, que cet olibrius incarné a la crédibilité pour bâtir l’école québécoise de demain? Foutaise!…

À titre indicatif, voici quelques fonctions que doit remplir le ministre de l’Éducation:

Loi sur le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (Éditeur officiel du Québec) (extrait)

1.2. Le ministre élabore et propose au gouvernement des politiques relatives aux domaines de sa compétence, en vue notamment:

 1° de promouvoir l'éducation, le loisir et le sport;

 2° de contribuer, par la promotion, le développement et le soutien de ces domaines, à l'élévation du niveau scientifique, culturel et professionnel ainsi que du niveau de la pratique récréative et sportive de la population québécoise et des personnes qui la composent;

 3° de mener des actions concertées avec le ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie afin de favoriser la continuité, le développement et l'intégration des parcours éducatifs;

 4° de contribuer à l'harmonisation des orientations et des activités avec l'ensemble des politiques gouvernementales et avec les besoins économiques, sociaux et culturels.

Il dirige et coordonne l'application de ces politiques.

Le ministre a également charge de l'application des lois confiées à sa responsabilité.

vigile.net tribune libre 3 novembre 2015
quebechebdo 3 novembre 2015 (version abrégée)
 

Hillary, première femme présidente?

2 novembre 2015

Traditionnellement, la coutume veut que les Américains respectent l’alternance entre les démocrates et les républicains d’une élection à l’autre. Toutefois, l’élection de 2016 risque de déroger à la règle.

En effet, la candidate démocrate pour la Maison-Blanche Hillary Clinton surpasse de loin tous les autres candidats de son parti. À cela s’ajoute la bisbille au sein des républicains entretenue par le mastodonte dévastateur en la personne de Donald Trump et la chute vertigineuse de Jeb Bush dans les sondages auprès de l’électorat.

« Je suis candidate pour que l'économie soit au service de vous et de chaque Américain », clame Hillary Clinton dans ses discours. « La prospérité ne peut pas être seulement pour les dirigeants d'entreprises et les patrons de fonds d'investissement. La démocratie ne peut pas être seulement au service des milliardaires », tout en multipliant les critiques contre Wall Street, relevant que les 25 premiers gestionnaires de fonds d'investissement gagnaient plus que tous les enseignants de maternelle du pays.

Enfin, Hillary Clinton tranche considérablement avec le discours des républicains en invoquant d’une part sa volonté de faire des États-Unis « la superpuissance des énergies propres du 21e siècle » et d’autre part, son intention de prioriser les droits des enfants et des femmes en affirmant que « notre pays ne sera pas compétitif ou équitable tant que nous n'aiderons pas les familles à donner à leurs enfants le meilleur départ dans la vie ».

Considérant que le discours d’Hillary Clinton incarne un virage important dans la politique intérieure des USA, il est fort à parier qu’elle deviendra en 2016 la première femme à diriger la terre de l’oncle Sam…

quebechebdo 2 novembre 2015
 

Stéphane Dion, l’arnaqueur

1 novembre 2015

On aura tout vu…Le père de la Loi sur la clarté référendaire s’insurge dans la stratégie que doivent adopter les souverainistes pour parvenir à leur fin, à savoir l’indépendance du Québec. À cette fin, Stéphane Dion propose d’engager des fonds publics pour faire la promotion d’une campagne référendaire en plus de remettre la tenue d’un référendum à un deuxième mandat.

Mais de quoi je me mêle comme dirait l’autre? De quel droit et surtout avec quelle crédibilité un fédéraliste viscéral comme lui ose-t-il proposer une telle arnaque aux tenants de la souveraineté? Ne croyez-vous pas que l’engagement de fonds publics dans une campagne référendaire émane une odeur nauséabonde qui rappelle le scandale des commandites dans lequel son parti a trempé outrancièrement?

En termes clairs, l’intrusion inappropriée de Stéphane Dion dans le processus d’accession du Québec à son indépendance sonne aussi faux qu’un éléphant dans le frigo…Il faudrait être bien aveugle pour ne pas apercevoir le pachyderme en ouvrant la porte!


Petit rappel historique (Source : Wikipédia)

En 1997, le gouvernement Chrétien confie à son ministre des affaires intergouvernementales Stéphane Dion le soin de gérer ce dossier, afin de déterminer les actions à prendre au cas où un autre référendum sortirait gagnant. La solution choisie est de demander l'avis de la Cour suprême sur trois questions :
« 1. L’Assemblée nationale, la législature, ou le gouvernement du Québec peut-il, en vertu de la Constitution du Canada, procéder unilatéralement à la sécession du Québec du Canada? »
« 2. L’Assemblée nationale, la législature, ou le gouvernement du Québec possède-t-il, en vertu du droit international, le droit de procéder unilatéralement à la sécession du Québec du Canada? À cet égard, en vertu du droit international, existe-t-il un droit à l’autodétermination qui procurerait à l’Assemblée nationale, la législature, ou le gouvernement du Québec le droit de procéder unilatéralement à la sécession du Québec du Canada? »
« 3. Lequel du droit interne ou du droit international aurait préséance au Canada dans l’éventualité d’un conflit entre eux quant au droit de l’Assemblée nationale, de la législature ou du gouvernement du Québec de procéder unilatéralement à la sécession du Québec du Canada? »

Le 20 août 1998, la Cour suprême dépose le Renvoi relatif à la sécession du Québec, en réponse à ces questions. Selon la Cour, la Constitution repose sur des principes — le fédéralisme, la démocratie, la primauté du droit, et le respect des minorités — qui permettent d'affirmer qu'il y a obligation pour le Canada de négocier. Le Québec ne peut cependant pas invoquer le droit des peuples à l’autodétermination, car il « ne constitue pas un peuple colonisé ou opprimé ». Toutefois, lorsqu'une province exprime par référendum la volonté de se séparer, le gouvernement fédéral et les autres provinces ont l'obligation constitutionnelle de négocier avec elle. La Cour pose deux conditions à cette obligation : la question posée au référendum doit être claire et le résultat du référendum doit être clair. Les parties ont en outre l'obligation de négocier de bonne foi. « Ainsi, un Québec qui aurait négocié dans le respect des principes et valeurs constitutionnels face à l'intransigeance injustifiée d'autres participants au niveau fédéral ou provincial aurait probablement plus de chances d'être reconnu qu'un Québec qui n'aurait pas lui même agi conformément aux principes constitutionnels au cours du processus de négociation. » La question de l'intégrité du territoire et de sa partition éventuelle est considérée comme une matière négociable, avec une prépondérance accordée à l'État fédéral : « le droit international attache une grande importance à l'intégrité territoriale des États Nations et, de manière générale, laisse le droit interne de l'État existant dont l'entité sécessionniste fait toujours partie décider de la création ou non d'un nouvel État ».

À la suite de ce jugement, Stéphane Dion élabore le projet de loi C-20 qui porte uniquement sur les conditions de « clarté » préalables à toute négociation. Cette loi sur la clarté sera adoptée le 29 juin 2000.

En ce qui a trait à la question posée, la loi prévoit que, dès divulgation de la question posée au référendum, la Chambre des communes du Canda l'examine et détermine si elle est claire et permet à la population de la province de déclarer clairement sa volonté de cesser de faire partie du Canada et devenir un État indépendant. Une question portant uniquement sur l'ouverture de négociations ne serait pas acceptable.

En ce qui concerne une majorité claire, la Chambre des communes doit considérer plusieurs facteurs : « a) l’importance de la majorité des voix validement exprimées en faveur de la proposition de sécession; b) le pourcentage des électeurs admissibles ayant voté au référendum; c) tous autres facteurs ou circonstances qu’elle estime pertinents. » Elle prend en compte les avis exprimés par les partis politiques de la province, les peuples autochtones et les diverses entités gouvernementales du Canada.

En vertu de cette loi, une question référendaire claire et une majorité claire constituent des conditions sine qua non afin que le Canada accepte de négocier bilatéralement les modalités de sécession de l'une de ses provinces.

vigile.ner tribune libre 1er novembre 2015
quebechebdo 1er novembre (version abrégée)

Le syndrome des cancérogènes

31 octobre 2015

Le moins qu’on puisse dire, c’est que la publication de l’article faisant mention des quelque 800 études alléguant que la consommation de viande rouge et de charcuterie pouvait être « probablement cancérogène » a eu l’effet d’une bombe sur les réseaux sociaux.

Il n’en fallait pas davantage pour que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ne s’empresse de mettre un bémol sur l’étude publiée par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), attestant que cette publication « ne demande pas aux gens d’arrêter de manger de la viande transformée, mais indique que réduire la consommation de ces produits peut réduire le risque de cancer colorectal ».

Mais que s’est-il donc passé entre la publication des données du CIRC et la mise au point de l’OMS? À mes yeux, la presse, principalement via ses titres sensationnalistes, a contribué grandement à installer un sentiment de panique auprès de la population, comme il est malheureusement souvent question lorsqu’un sujet aussi explosif se présente.

Peut-être serait-il opportun de filtrer davantage l’information avant de la publier sous des allures « mercantiles » qui ont pour effet de contribuer à susciter la vente des quotidiens impliqués dans la propagation de syndromes pour la plupart issus d’une information incomplète!

quebechebdo 31 octobre 2015
 

Couillard donne d’une main et coupe de l’autre

30 octobre 2015

D’entrée de jeu, il aurait été malvenu que le gouvernement du Québec ne vienne pas en aide à un fleuron de l’industrie aéronautique québécoise, notamment le C-Series de Bombardier qui peine à « prendre son envol ». Toutefois, à mes yeux, là où le bât blesse dangereusement réside dans le fait que l’investissement de 1,3 milliard de dollars provient des contribuables qui en assument 49,5 %  de risques…Une affaire qui fait dire aux deux chefs d’opposition que le gouvernement Couillard s’est  fait avoir comme un « enfant d’école » en « culottes courtes ».

Sur un autre plan, c’est sans surprise que les Syndicats sont montés aux barricades, alléguant, à juste titre, que M. Couillard et ses deux acolytes financiers ne semblent pas avoir éprouvé de difficulté à ressortir de leur coffre aux trésors le milliard de dollars pour injecter cette somme chez Bombardier alors que, d’un autre côté, ils coupent drastiquement dans les services publics, alléguant le nécessaire régime d’austérité.

Peut-être me répliquerez-vous que les deux situations ne se comparent pas. À cela, je vous répondrai que, l’une comme l’autre, ces deux conjonctures interpellent un « investissement », le premier financier, le second sur la qualité des services aux contribuables et, à ce titre, tout aussi important, sinon davantage, que le sauvetage du C-Series.

quebechebdo 30 octobre 2015 

Le « pont du CN » à Québec en lambeaux

29 octobre 2015

Le pont de Québec, considéré aujourd'hui comme une œuvre majeure d'ingénierie, a été désigné lieu historique national du Canada en 1995. Propriété de la compagnie ferroviaire Canadien National, le torchon brûle depuis des années entre le CN et les élus des divers paliers de gouvernements relativement aux responsabilités qui incombent à chacun concernant sa réparation, le CN s’étant refusé jusqu’à maintenant à toute forme de contribution monétaire.

Par ailleurs, les dernières données financières du CN révèlent des profits nets de un milliard de dollars pour le dernier trimestre seulement. Quand les derniers travaux ont cessé sur le pont en 2005, le président du CN avait gagné cette année-là 56,2 millions de dollars. Aujourd’hui, les coûts estimés pour la rénovation du pont sont de l’ordre de 400 à 500 millions de dollars.

Lors de la dernière campagne électorale, Justin Trudeau s’est engagé à susciter une rencontre entre les dirigeants du CN et les représentants des trois paliers de gouvernements pour tenter de dénouer l’impasse d’ici le 30 juin 2016, à défaut de quoi Ottawa « va prendre ses responsabilités ».

Le pont de Québec, en plus de constituer une entrée privilégiée dans la Capitale nationale, représente un joyau d’architecture sans pareil qui s’effrite à vue d’œil depuis des années face à l’inertie scandaleuse du CN dont les profits mirobolants ne cessent pourtant d’augmenter. Il est minuit mois quart…À vous de jouer M. Trudeau, il est temps de mettre votre promesse à exécution!

vigile.net tribune libre 29 octobre 20015
quebechebdo 29 octobre 2015