L’Eldorado de J.-M. Fournier
Dans sa lettre publiée dans certains médias, Jean-Marc Fournier déclare par deux fois que « nous ne voulons plus être sur la défensive », tout en demandant s’ « il faut toujours ignorer que nous allons mieux ». Puis, un long panégyrique sur la présence accrue de la langue française au Québec et hors Québec nous est présenté en grandes pompes.
« Nous voulons toujours être maîtres chez nous, sauf que, sortis de la crainte de l'autre, on redécouvre un territoire d'attachement plus large. Nous avons plus d'un chez-nous. » En quoi, M. Fournier, le ROC devrait-il apparaître aux Québécois comme un « deuxième chez-nous »? Qu’est-ce qui fait que le ROC se bat tellement pour conserver le Québec dans le giron canadien hormis sa position géographique privilégiée grâce à son passage sur le Saint-Laurent?
En vous promenant dans les rues de Montréal ou en entrant dans les maisons des anglophones, comment pouvez-vous affirmer sérieusement que « le français a pris sa place » et qu’ « il progresse, [qu’] il est fier et [qu’] il s'affirme? Non, M. Fournier, le Québec n’est pas devenu l’Eldorado que vous nous présentez tant pour la protection de notre territoire, pour nos choix environnementaux, pour la sauvegarde de nos politiques sociales, pour notre économie que pour la défense de notre langue ou de notre culture…
En terminant, aspirer à notre indépendance n’est pas, comme vous l’affirmez, une attitude « défensive », loin de là, Au contraire, c’est la meilleure stratégie « offensive » pour parvenir à notre plein épanouissement.
quebechebdo 6 novembre 2015
Henri Marineau

