Remaniement ministériel, survol

13 septembre 2025

Depuis trois mois, le premier ministre François Legault nous annonce un remaniement ministériel, son premier depuis 2021, qui doit insuffler à la CAQ un élan nouveau et ressusciter la confiance de la population envers son parti qui ne récolte aujourd’hui, selon un récent sondage Pallas Data/L'actualité/Qc125, qu’un maigre 11% des intentions de vote, soit le pire score de sa courte histoire.

Le mercredi 10 septembre 14h, le voile se lève enfin sur le résultat final de ce remaniement ministériel qui avait déjà préalablement été considérablement ébruité. François Bonnardel, fier et fidèle soldat de la première cohorte caquiste, est expulsé du cabinet et devient par le fait même l’agneau sacrifié dans l’épineux dossier SAAQclic. De son côté, Geneviève Guilbault est rescapée du chaos et devient ministre des Affaires municipales à la veille d’une campagne électorale municipale qui risque d’aboutir à la réélection du maire de Québec, Bruno Marchand, avec qui la nouvelle ministre a vécu précédemment des situations conflictuelles notamment sur le chaotique dossier du tramway.

Bernard Drainville hérite du ministère de l’Environnement non sans nous rappeler sa sortie remarquée sur sa défense en faveur du troisième lien alors qu'il avait lancé: «Lâchez-moi avec les GES ». De surcroît, il reçoit comme mandat d’épurer les règles administratives ayant trait aux dossiers environnementaux pour libérer plus d’espace aux dossiers économiques. Sonia Lebel passe à l’Éducation où elle retrouvera les mêmes enseignants qu’elle a affrontés lors de la dernière négociation à titre de responsable du Conseil du trésor. En revanche, France-Élaine Duranceau, reconnue pour son franc parler et sa froideur, est nommée au Conseil du Trésor, un poste qui devrait lui seoir parfaitement.

Par ailleurs, le nouveau cabinet sera composé de 29 ministres, soit un de plus que le précédent. Parmi ceux-ci, 13 gardent le même poste, 11 changent de ministère et 5 font leur entrée au Saint des saints, soit 17% du conseil des ministres, une situation qui peut tout au moins laisser perplexe sur le renouveau promis par le premier ministre.

Enfin dans un contexte où le fondateur de la CAQ, selon un récent sondage de la firme Angus Reid, est de loin le premier ministre le plus impopulaire parmi ses homologues provinciaux, le défi est immense, notamment eu égard à la situation lourdement déficitaire des finances de l’État qui doit gérer dans un climat d’austérité. Quoi qu’il en soit, François Legault a l’intention de se battre jusqu’au bout pour sauver son « bébé » en replongeant son caucus dans son ADN de départ, soit la priorité sur l’économie, l’efficacité, la sécurité et l’identité, le plus redoutable adversaire qui se dresse devant lui étant le court laps de temps avant le déclenchement de la prochaine campagne électorale.

vigile.quebec tribune libre le 11 septembre 2025

Les conditions gagnantes

6 septembre 2025

Depuis des décennies, Lucien Bouchard nous rabâche les oreilles avec les mots qui sont devenus son leitmotiv, « les conditions gagnantes », attendre les conditions gagnantes avant de consulter la population du Québec par référendum sur son accession à l’indépendance. Mais dans les faits, quelles sont ces conditions gagnantes? Aux yeux de Lucien Bouchard,

les « conditions gagnantes » font référence à l'absence de conditions favorables pour un éventuel référendum sur la souveraineté du Québec, lequel serait déclenché lorsque le Québec aurait atteint ses objectifs de rétablissement économique, notamment le « déficit zéro », un objectif économique prioritaire de Lucien Bouchard, sa réalisation étant considérée comme une condition gagnante pour l'avenir politique du Québec. 

Dans cette foulée, lors d’une récente entrevue radiophonique, l’ex-premier ministre péquiste a invité Paul St-Pierre Plamondon à revoir son engagement de tenir un référendum dans le premier mandat d’un gouvernement du PQ. « Il n’y a pas beaucoup de partis, de formations politiques québécoises, qui ont été élus avec l’engagement de faire un référendum. Parce que ça devient un enjeu électoral », a soutenu M. Bouchard tout en ajoutant du même souffle le caractère « dramatique » d’une troisième défaite.

Dans les circonstance où le gouvernement du Québec prévoit un déficit de 7,3 milliards de dollars pour l'exercice financier 2024-2025, il devient utopique d’espérer atteindre le déficit zéro dans un avenir rapproché, tout au moins dans un contexte politique où le gouvernement du Québec se retrouve souvent empêtré dans les restrictions imposées par le gouvernement fédéral dans ses propres juridictions.

Enfin par delà les conditions gagnantes qui s’érigent tel un épouvantail référendaire, il m’apparaîtrait pertinent, voire essentiel de se tourner avec confiance et lucidité vers la pensée de Sénèque, philosophe de l'école stoïcienne, dramaturge et homme d'État romain du premier siècle : « Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n’osons pas, c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur ».

vigile.quebec tribune libre 5 septembre 2025

RIP Northvolt

6 septembre 2025

Le torchon brûle dans les hautes sphères du gouvernement Legault. En effet, le jour même où le premier ministre témoignait devant la commission Gallant sur le fiasco SAAQclic, la ministre de l’Économie, Christine Fréchette, mettait fin au projet d’usine de batteries de 7G$ de Northvolt, lequel devait être «le plus grand investissement privé de l’histoire récente du Québec», selon le premier ministre François Legault lors de la signature du contrat avec la firme suédoise.

«Non seulement c’est un gâchis, mais un gâchis évitable», argue Nicolas Gagnon, directeur Québec de la Fédération canadienne des contribuables (FCC). «Cette catastrophe est un énième rappel que l’argent des contribuables ne devrait jamais servir à financer des entreprises, peu importe leur niveau de développement et les projections qu’elles font miroiter», plaide-t-il. Montant de la facture? 510 millions $ de fonds publics, soit 240 millions $ pour l’achat du terrain et un investissement de 270 millions $ dans la maison mère en Suède.

Et pourtant, dès le départ des négociations entre Northvolt et le gouvernement du Québec, la firme suédoise montrait des signes de fragilité financière, la compagnie suédoise faisant face à une grave crise financière la conduisant à déclarer faillite en Suède en mars 2025 en raison de multiples dettes.

François Legault n’a jamais caché sa propension viscérale pour les projets à saveur économique. De ce fait, il a tendance à s’emballer devant les opportunités de rendement suscité par les projets supposément porteurs de richesses financières pour les Québécois et d’emplois bien rémunérés dans l’échelle sociale.

Or à l’aube du déclenchement d’une campagne électorale à l’automne 2026, les tuiles ne cessent de s’accumuler sur le parcours cahoteux du gouvernement Legault. Conséquemment, je suis d’avis que les militants caquistes vont tourner le dos au parti et cela, peu importe le remaniement ministériel annoncé. Car c’est bien connu, on ne fait pas du neuf avec du vieux…

vigile.quebec tribune libre 5 septembre 2025

Commission Gallant, gouvernance de l’État mise à mal

6 septembre 2025

Les témoignages d’Éric Caire, de François Bonardel et de Geneviève Guilbault devant la commission Gallant ont démontré hors de tout doute à quel point la gouvernance de l’État de la part du gouvernement Legault a été sérieusement malmenée eu égard au chaos suscité par la saga du dossier SAAQclic, révélant notamment des manques flagrants de communication entre les fonctionnaires et le cabinet des ministres. Ou l’information aux ministres ne se rendaient pas à leur cabinet ou ils ne jugeaient pas opportun de les révéler au grand jour, arguant, dans la foulée des membres du CA de la SAAQ, qu’il était « normal » qu’un projet d’une telle ampleur subisse des dépassements de coûts en cours de réalisation.

Par ailleurs, la comparution de l’ex-président du Conseil du Trésor de 2018 à 2020, Christian Dubé n’a rien révélé sinon qu’à son arrivée en poste, le projet CASA/SAAQclic ne figurait pas dans le cahier de breffage. Pour sa part, la présidente du Conseil du trésor actuelle, Sonia LeBel, aurait été informée dès 2020 que le projet SAAQclic ne livrerait pas d’économies pour l’État comme prévu en raison d’un report important tout en arguant que les pleins pouvoirs de surveillance relevaient de son collègue responsable du Numérique, Éric Caire, et qu’elle ne connaissait pas les coûts du projet ni les économies attendues. Enfin tout au long de son témoignage, la présidente du Conseil du trésor s’est déresponsabilisée du fiasco, tout en se défendant d’avoir été «passive» en plaidant que son rôle se limitait à une vue d’ensemble et «globale» des programmes.

Le témoignage du premier ministre, François Legault, était bien sûr fort attendu. D’entrée de jeu, le premier ministre s’est dissocié de toute imputabilité en lien avec le chaos SAAQclic n’étant informé des coûts et dépassements de 500 millions qu’au moment du rapport de la vérificatrice générale en février 2025, écorchant au passage le gouvernement Couillard pour son laxisme lors de la signature du contrat en 2017 eu égard à son silence sur les pénalités encourues dans le cas de dépassements de coûts, ce que M. Legault a qualifié de « pas normal ». L’interrogatoire s’est ensuite étendue sur les distinctions à apporter entre le contrat de 458 millions$ et le projet de 682 millions$, ce qui vient contrecarrer à raison une augmentation des coûts de 224 millions. Enfin François Legault a admis que les premiers imputables dans ce dossier étaient les ministres des Transports (sans les nommer), François Bonardel et Geneviève Guilbault, pour ne pas s’être informés suffisamment de la situation financière du projet, et ne pas l’avoir informé de ce fiasco à la SAAQ, une société d’État dont ils sont ou étaient responsables.

Tout au long de cette saga, le commissaire et les procureurs ont tenté d’obtenir ce que les témoins savaient qu’ils n’ont pas révélé et ce qu’ils ignoraient ce qu’on ne leur a pas révélé. Or un dénominateur commun a prédominé au fur et à mesure des témoignages des ministres ayant été appelés à témoigner à la commission, à savoir l’opacité des communications entre les fonctionnaires et les ministres ou clairement une absence de communication entre les différents intervenants sur l’état des dossiers, notamment sur les coûts de dépassements et les reports des échéances. En termes clairs, il ressort des travaux de cette commission jusqu’à maintenant que la gouvernance de l’État dans le dossier SAAQclic a été durement mise à mal. Des solutions de redressement doivent être mises de l’avant dans les meilleurs délais à l’égard des sociétés d’État. Il en va de la crédibilité et de l’imputabilité de ce gouvernement durement entachées par son laxisme, voire sa nonchalance dans le suivi du chaos SAAQclic.

vigile.quebec tribune libre 4 septembre 2025

Enseignement du français ancré dans la culture québécoise

1 septembre 2025

Je ne peux qu’applaudir au nouveau programme de français présenté par le ministre de l’Éducation, Bernard Drainville, au primaire et au secondaire. Ce programme marque un tournant important dans l'enseignement de la langue au Québec en prenant soin de la rendre vivante et attrayante tout en puisant dans la richesse de la culture québécoise. Je salue aussi l’approche préconisée dans le programme, à savoir une approche basée sur la lecture et l’écriture qui sont présentées comme la courroie de transmission de l’apprentissage du français.

Toutefois je mets en garde le ministère contre certains facteurs d’ordre financier qui pourraient mettre à mal la démarche pédagogique, notamment l’achat de livres devenu nécessaire par l’obligation de lire dix volumes par année, et les sommes nécessaires à la réalisation d’activités culturelles dans un contexte de restrictions budgétaires.

En ce qui a trait à l’écriture systématique d’un court texte quotidiennement, nonobstant l’intention louable du ministre, je suis d’avis qu’un tel type d’exercice devrait être suivi obligatoirement d’une rétroaction de la part de l’enseignant à défaut de quoi l’apprentissage de la langue écrite raterait complètement sa cible eu égard aux règles grammaticales et syntaxiques inhérentes à la langue française.

Le nouveau programme recommande aussi de favoriser la communication orale, laquelle est indissociable de la communication écrite. À ce sujet, je verrais d’un bon œil l’extension de cette mesure à toutes les disciplines, la langue française constituant la trame de fond commune dans l’ensemble du curriculum de l’élève
Enfin le cas des élèves à besoins particuliers est absent du contenu du nouveau programme. De ce fait, il m’apparaît opportun de s’interroger sur les effets collatéraux auxquels ils seront soumis, notamment dans un contexte de pénurie de main d’oeuvre au sein du personnel spécialisé, une lacune qui persiste à contribuer grandement à la lourdeur de la tâche des enseignants.

vigile.quebec tribune libre 31 août 2025

Des balises pour encadrer la laïcité

31 août 2025

La séparation de l’Église et de l’État a dû passer de nombreux écueils au Québec avant que pointent les premières lueurs d’une ébauche de laïcité. Aussi aura-t-il fallu attendre le 16 juin 2019 pour que soit adoptée par le Parlement du Québec la Loi 21 dite la «  Loi sur la laïcité de l'État ». Par ailleurs aujourd’hui, cette loi fait l'objet de contestations judiciaires devant la Cour suprême du Canada, les opposants invoquant des atteintes à la Charte canadienne des droits et libertés, le gouvernement, pour sa part, affirmant que la loi assure la neutralité de l'État et l'égalité de tous ses citoyens. 

Or dans la foulée de ce débat, un comité d’experts mené par Christiane Pelchat, ex-présidente du Conseil du statut de la femme et Guillaume Rousseau, professeur à la Faculté de droit de l’Université de Sherbrooke, formule, dans un rapport, 50 recommandations visant à renforcer la laïcité au Québec en balisant les principes qui régissent la Loi 21. Inspirés par le chaos vécu à l’école Bedford, notamment l’entrisme religieux qui proliférait depuis des années, les coprésidents recommandent entre autres d’étendre l’interdiction des signes religieux au personnel des centres de la petite enfance et des garderies subventionnées, comme c’est déjà le cas pour les enseignants et les employés de l’État en position d’autorité. Dans ce mouvement, les éducatrices et autres membres du personnel devraient également garder le visage découvert en tout temps.

Au cours de leurs travaux, les deux experts ont été informés de plusieurs cas où la religion est venue interférer avec le caractère laïc de la société québécoise. À titre d’exemples, de plus en plus d’enfants jeûnent à l’école durant le ramadan, au cégep, des professeurs doivent enseigner à des étudiantes au visage couvert, des enfants sont retirés des classes lors des cours de sexualité, la pression est forte, dans les cégeps et les universités, pour convertir des locaux en salles de prières, le grand nombre d’absents lors de congés religieux crée de nombreux conflits d’horaire, etc.

La Loi 21 détermine les principes dans lesquels doit évoluer la laïcité québécoise. Le temps est maintenant venu d’y ajouter des balises claires lui permettant de parvenir à ses fins. En somme, les recommandations des deux coprésidents du comité spécial viennent apporter de l’eau au moulin en ciblant concrètement les pans de société touchés par des comportements réfractaires à une laïcité assumée… C’est une simple question de gros bon sens.

vigile.quebec tribune libre 29 août 2025

Devoirs à la maison au primaire, pour ou contre?

29 août 2025

De plus en plus de voix s’élèvent parmi les enseignants du primaire pour abolir les devoirs à la maison. Les motifs évoqués? La fatigue du jeune après une journée soumis à de nouveaux apprentissages durant la journée de classe, l’incompréhension des jeunes eu égard aux exercices proposés et, ce qui n’est pas banal, la méconnaissance des nouvelles terminologies dans certaines matières de la part des parents, notamment en français.

Dans ces conditions, de plus en plus d’enseignants planifient quotidiennement une séance d’exercices d’une trentaine de minutes en classe au début de la journée, lesquels sont immédiatement corrigés par l’enseignant en présence des élèves qui peuvent lui poser des questions sur place le cas échéant. Parallèlement à cette stratégie pédagogique, plusieurs enseignants utilisent les leçons qui permettent de réviser des notions vues en classe tels l’orthographe de certains mots ou les tables de multiplication sans que cet exercice ne mène à un travail écrit.

Par ailleurs, certains enseignants poussent encore plus loin la collaboration des parents en leur faisant parvenir par le biais de leur enfant un plan de cours hebdomadaire des notions abordées en classe durant la semaine à venir. Enfin je verrais d’un bon œil un enseignant donner un devoir le jeudi à remettre le lundi suivant, une solution qui permettrait d’éviter la course quotidienne effrénée reliée aux devoirs et à laquelle sont soumis les jeunes…et leurs parents.

Somme toute, pour quelles raisons des enfants, ayant passé des heures en silence sur un banc d’école, devraient-ils être contraints de prolonger leur temps d’apprentissage à la maison? Et de surcroît, pourquoi demander à des enfants ce dont sont exemptés la plupart des parents?

vigile.quebec tribune libre 27 août 2025

L’IA s’Invite dans les salles de classes

29 août 2025

Le système d’éducation québécois vit depuis des années une grande instabilité : pénurie de personnel qualifié en enseignement et de personnel spécialisé, lourdeur excessive de la tâche chez les enseignants causé notamment par l’augmentation croissante des élèves à besoins particuliers, violence chez le étudiants auprès du personnel et entre eux, démission prématurée d’enseignants expérimentés due à la complexité de la tâche, etc.

En revanche, dans un contexte aussi fragilisé, l’intelligence artificielle (IA) s’invite progressivement dans les salles de classes, entraînant avec elle une déstabilisation du personnel enseignant. À cet effet, les enseignants et responsables en éducation du Manitoba s’interrogent sur les façons d’intégrer ces outils de façon responsable.

Dans cette foulée, le chercheur et enseignant ontarien Myke Healy, souligne que l’usage de l’IA dans les écoles évolue, mais demeure inégal. « Il existe tout un spectre d’opinions, allant de « Je ne veux pas du tout l’utiliser. Elle devrait être interdite. Les élèves ne devraient pas y avoir accès » jusqu’à « Non, non, nous avons une responsabilité claire qui est de permettre aux élèves de comprendre ces outils, car ils les utiliseront dans le monde du travail ». Le chercheur ajoute qu’il est essentiel que « les enseignants comprennent la puissance des outils d’IA tout en précisant que « distinguer précisément le travail authentique des élèves de celui produit par l’IA revient souvent à tirer à pile ou face ». Enfin pour sa part, Chloe Heidinger, nouvelle enseignante à Winnipeg, voit dans l’IA un outil de mentorat utile pour aider les élèves à structurer leurs idées et à développer leur pensée critique, à condition d’en encadrer l’usage. « L’important, c’est de montrer aux élèves comment utiliser ces outils de façon réfléchie et responsable, pas de les interdire sans discussion », affirme-t-elle.

L’IA est là pour rester. Alors aussi bien en tirer les avantages tout en en évitant les écueils. En somme, l’école demeurera toujours un lieu d’apprentissage faisant appel à l’intelligence des élèves et de facto, l’IA se doit d’être encadrée adéquatement à défaut de quoi les activités d’apprentissage risquent d’être reléguées sans coup férir dans le tiroir aux oubliettes.

vigile.quebec tribune libre 27 août 2025

L’impasse

29 août 2025

Les négociations entre le ministre de la Santé, Christian Dubé, et les fédérations de médecins omnipraticiens et spécialistes du Québec sont au point mort, le ministre martelant que leur rémunération sera liée au projet de loi 106 qui vise à relier jusqu’à 25% de leur rémunération à des critères de performance, même s’il devait les imposer par son projet de loi. «Je n’ai rien contre les médecins, c’est pour les patients [...] Trop de Québécois attendent trop longtemps et j’ai l’intention de faire tout ce qu’il faut pour que les patients passent en premier», a déclaré M. Dubé lors d’un point de presse le 19 août.

En relations de travail, toute négociation est assise sur une base de discussion commune établie entre les parties, et est susceptible d’entraîner des concessions pour en arriver à une entente négociée. Or, dans le conflit actuel, Christian Dubé se base sur le projet de loi 106 comme base des négociations entraînant dans son sillon un refus catégorique de la part des médecins de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) qui s’objectent à négocier sous la menace d’une épée de Damoclès au-dessus de la tête.

Du côté de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), l’ancien premier ministre du Québec, Lucien Bouchard, un fin négociateur expérimenté, pousse davantage sur le bouchon en traitant ouvertement le ministre de « trop autoritaire » tout en ajoutant qu’il « aime mieux décréter » que négocier. En somme, rien pour détendre l’ambiance au sein des négociations.

Au fil des derniers ministres de la Santé s’étant succédé au Québec, les gouvernements ont toujours cédé aux revendications des médecins. Or dans les négociations actuelles, Christian Dubé a fermement l’intention de tenir son bout coûte que coûte en imposant le projet de loi 106 aux médecins comme base des négociations, une stratégie qui, à mon avis, incite à la provocation plutôt qu’à une saine négociation.

De toute évidence, le ministre de la Santé et les Fédérations de médecins se doivent de trouver un terrain d’entente servant de base aux négociations et excluant le projet de loi 106 qui donne l’impression aux médecins que tout est coulé dans le béton avant même que les négociations s’amorcent. C’est une simple question de respect et de diplomatie élémentaires entre les parties en cause.

vigile.quebec tribune libre 27 août 2025

Errare humanum est

29 août 2025

En septembre 2021, Pierre E Rodrigue, ex-sous-ministre de la Cybersécurité et du Numérique, assiste à une réunion où Karl Malenfant détaille le budget du projet CASA, qui est de 682 millions de dollars, comparativement aux 458,4 millions préalablement communiqués. Une note de service transférée au bureau du premier ministre Legault à la suite de cette rencontre indique que le budget total du projet était de 458 millions de dollars. « C’était une erreur », a sans hésiter confirmé M. Rodrigue, indiquant qu’on aurait dû y lire que le budget du contrat était de 682 millions de dollars et que l’intention n’était pas de berner M. Legault.

Une erreur de 224 millions! Ce n’est quand même pas une banalité…Mais comment un sous-ministre peut-il en arriver à justifier une telle « distraction »? Or comme le dit l’adage, « l’erreur est humaine ». Et vogue la galère dans le merveilleux monde de la SAAQ, une société d’État relevant à l’époque du ministre des Transports en la personne de François Bonnardel et dont les contribuables québécois assument les dépenses de leurs propres goussets…

vigile.quebec tribune libre 27 août 2025