Les voyants sont au rouge chez les libéraux

30 novembre 2025

La foudre se déchaîne sur les partis libéraux autant à Québec qu’à Ottawa. À Québec, le Parti libéral (PLQ) de Pablo Rodriguez est embourbé dans la saga de textos alléguant des sommes d’argent qui auraient été versées à des militants dans la course à la chefferie du PLQ tandis qu’à Ottawa, l’entente signée entre la première ministre de l’Alberta, Daniele Smith, et Mike Carney sur un éventuel pipeline passant par la Colombie britannique a été la goutte d’eau qui a conduit à la démission de Steven Guilbeault du cabinet Carney.

La guigne semble s’acharner sur les partis libéraux. D’un côté, le nouveau chef du PLQ donne de plus en plus des signes d’incapacité à gérer la crise se contentant de répéter inlassablement la même rengaine en ce qui a trait à son ignorance des faits reprochés à son amie, Geneviève Hinse, alors que de l’autre, le chef du Parti libéral du Canada (PLC) entrouvre la porte des énergies polluantes au vu et au su de Steven Guilbeault qui n’en pouvait plus d’avaler des couleuvres dans le dossier sur l’environnement.

Sur un autre plan, les deux chefs démontrent des faiblesses et des lacunes dans la gestion des dossiers pointus. Pablo Rodriguez sème de plus en plus de doute sur son potentiel lié à. la gestion de crise entraînant dans les rangs du PLQ la grogne sur son leadership en tant que nouveau chef du parti. Par ailleurs, à Ottawa, l’ex-financier donne l’impression de gérer une entreprise financière plutôt qu’un gouvernement sans être conscient des répercussions politiques de ses décisions sur la tension de plus en plus palpable dans son caucus.

Les voyants sont au rouge chez les libéraux. Et de surcroît, aux yeux de certains analystes politiques, l’ombre de la commission Charbonneau fait resurgir des fantômes d’un passé pas très lointain qui amplifie la grogne au sein de la députation libérale québécoise. Dans toute cette saga, Pablo Rodriguez réussira-t-il à surmonter les écueils laissés en plan par son ex-cheffe parlementaire, Marwah Rizqy? Et quelles seront les retombées internes de la brèche ouverte par Mark Carney liée à l’entente signée avec l’Aberta?

vigile.quebec tribune libre 29 novembre 2025

Hommage à monsieur Louis Plamondon

30 novembre 2025

Réaction à l’article d’Éric P.J. Ducharme publiée dans la rubrique Point de vue du Soleil du 27 novembre sous le titre Quand la longévité politique devient un enjeu démocratique.

D’entrée de jeu, les premières lignes de l’article de M. Ducharme laissait présager une admiration pour la carrière prolifique de quatre décennies du député bloquiste, M. Louis Plamondon. Or l’article de l’auteur a pris rapidement une toute autre tournure. Les fleurs ont été substituées sans ménagement aux pots. Le politicien décrit d’abord comme un homme public « calme, posé, présent [et que] rien dans son attitude ne trahit autre chose qu’un homme encore solide dans sa fonction », pour se métamorphoser soudainement en un « député de carrière, aussi respectable soit-il, [qui] devient avec le temps un acteur qui gouverne davantage par fidélité que par actualité. Il devient le produit d’un système qui se protège lui-même ».

De toute évidence, l’auteur se prononce contre la complémentarité qui existe entre l’étendue de l’expérience en politique et le « mandat public, qui doit respirer, évoluer, se transformer ». Or la complicité entre le député et ses électeurs d’aujourd’hui n’est-elle pas pourtant la preuve tangible que les quarante ans de carrière de M. Plamondon ont survécu sans contredit au passage du temps et cela, en s’acclimatant aux générations d’électeurs qu’il a rencontrées au cours de sa carrière?

L’âge mur est une richesse qui outrepasse le temps et qui est porteur d’une expérience qui se reflète jusqu’à nos jours. Et le monde de la politique n’y fait pas exception. Au contraire, comme le souligne M. Ducharme, « M. Plamondon n’est plus simplement un élu. Il est devenu un repère affectif dans sa circonscription ». C’est ce que j’appelle la nécessaire complicité d’un député avec ses électeurs, la fonction première de proximité d’un député s’il aspire à les représenter adéquatement au parlement.

Enfin pour répondre à la question de l’auteur : « Et que se passe-t-il lorsque la loyauté envers une personne finit par remplacer le renouvellement naturel de la vie politique? », je répondrai que la loyauté est un rare privilège qui s’acquiert avec les années et qu’elle transcende de loin ce que M. Ducharme qualifie de  « renouvellement naturel de la vie politique ».

Hommage à vous, monsieur Plamondon, puissiez-vous conserver la santé et continuer de servir dignement et fièrement vos électeurs de la circonscription de Bécancour-Nicolet-Saurel-Alnôbak!

Source       vigile.quebec tribune libre 28 novembre 2025

https://www.lesoleil.com/opinions/point-de-vue/2025/11/27/quand-la-longevite-politique-devient-un-enjeu-democratique-EIW2UIRSL5BJ7FWVMQEPCIKSDU/

 vigile.quebec tribune libre 28 novembre 2025

Le lourd silence de Steven Guilbeault (1)

30 novembre 2025

Manifestement, le premier ministre du Canada, Mark Carney, entrouvre la porte à la résurgence des gaz bitumineux en signant une entente avec la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, sur la construction d’un pipeline de l’Alberta vers la Colombie britannique, une brèche importante en lien avec les objectifs de réduction des gaz à effet de serre du gouvernement libéral précédent.

Cette décision suscite quelques réactions discordantes mais discrètes de la part de certains députés du caucus libéral. Et parmi eux, l’ardent défenseur de la lutte aux changements climatiques, l’ex-ministre de l’Environnement, Steven Guilbeault, qui garde un lourd silence sur le changement de cap du Parti libéral de l’ex-premier ministre/ Justin Trudeau. À cet effet, il était stupéfiant d’assister récemment au lourd silence de Steven Guilbault devant les questions des journalistes sur sa réaction au projet d’oléoduc de la part de son premier ministre.

Depuis des décennies, Steven Guilbeault porte avec vigueur et conviction l’étendard de la protection de l’environnement. À son arrivée à Ottawa, le premier ministre Trudeau lui a confié l’Environnement. Or en le dépossédant sans coup férir du motif fondamental pour lequel il s’est présenté en politique fédérale sous la bannière des Libéraux, Mark Carney vient de lui soutirer subrepticement l’énergie nécessaire à accomplir la mission qu’il s’était donnée.

Jusqu’à quand le cofondateur de l'organisation environnementale québécoise Équiterre gardera-t-il le silence sur cette bombe anti-écologique? Nul ne le sait en ce moment. Toutefois je suis plutôt d’avis que Steven Guilbeault ne saura ni ne pourra contenir encore longtemps au fond de lui son amère déception en lien avec l’entente entre son chef et Danielle Smith. À mon avis, l’explosion est imminente, la coupe est pleine. C’est une question de temps avant qu’il ne tire sa révérence et retourne à ses premières amours envers la protection de notre planète contre les énergies fossiles.

(1) Cet article a été écrit le 27 novembre en matinée, soit avant l’annonce de la démission de Steven Guilbeault du cabinet Carney.

vigile.quebec tribune libre 28 novembre 2025

Référendum de 1995: la « p’tite vite » de Jean Chrétien

28 novembre 2025

C’est un secret de polichinelle, le premier ministre du Canada lors du référendum de 1995 au Québec, Jean Chrétien, incarne sans l’ombre d’un doute l’adversaire le plus féroce et le plus coriace des souverainistes québécois. À preuve sa déclaration massue lorsqu’il déclare qu’il n’aurait jamais reconnu une victoire du Oui en raison du caractère nébuleux de la question référendaire.

Or dans cette foulée, lors d’une entrevue réalisée par Le Journal récemment, le ministre fédéral de l’Immigration de cette époque, Sergio Marchi, a confirmé que le premier ministre Jean Chrétien lui avait demandé, dans les mois qui précédaient le référendum, d’accélérer le traitement des demandes de citoyenneté. « Fais de ton mieux pour les faire avancer parce que le référendum approche et les gens veulent voter », lui aurait demandé M. Chrétien, selon M. Marchi, qui reconnaît que ce geste « en faveur du Canada » a « fait une différence » dans le résultat référendaire.

Une déclaration qui a fait réagir à l’Assemblée nationale, entre autres, le député péquiste de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, pour qui cette confirmation provenant d’un ex-ministre de Jean Chrétien « s'ajoute au dossier d'Option Canada quant aux dépenses illégales faites par le camp du Non et tend à démontrer la tricherie organisée » contre l’option du Oui orchestrée en 1995. Et en corollaire, avec près de 200 000 demandeurs d’asile envoyés par Ottawa sur le territoire québécois à l’ère de Trudeau fils, « c'est à se demander si le gouvernement fédéral n’est pas en train de refaire ce qu'il a fait en 1995 », soulève Pascal Bérubé.

On ne refait pas le passé. En revanche, un gouvernement du PQ aurait la possibilité de veiller au grain dans le dossier de l’immigration et maintenir sa capacité d’accueil d’immigrants, notamment dans l’éventualité d’un troisième référendum. C’est une simple question de gestion responsable du flux d’immigration au Québec.

vigile.quebec tribune libre 27 novembre 2025

Vincent Marissal, un parcours politique atypique

28 novembre 2025

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le député de Rosemont élu sous la bannière de Québec solidaire (QS) en 2018, Vincent Marissal, présente un parcours politique atypique. À cette époque, l’ex-chroniqueur politique de La Presse envisage de se porter candidat pour le Parti libéral du Canada avant de bifurquer du côté de QS. En janvier 2025, Vincent Marissal, annonce qu'il créera sa propre formation politique s'il décide de se lancer dans la course à la mairie de Montréal. Or en mars 2025, Vincent Marissal indique finalement qu’il ne briguera pas la mairie de Montréal, mais il ne ferme pas définitivement la porte pour l’avenir. Finalement, coup de théâtre chez les solidaires, le député de Rosemont, qui avait remporté l’élection contre le chef du PQ de l’époque, Jean-François Lisée, en 2018, quitte précipitamment QS le 22 novembre 2025 tout en révélant qu’il a déjà entrepris des discussions avec le chef actuel du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon (PSPP), sur une éventuelle candidature au sein du PQ pour le scrutin d’octobre 2026.

Par ailleurs, lorsque Vincent Marissal s’est porté candidat pour QS en 2018, il avait déclaré à Radio-Canada que « Le PQ est un véhicule encore valable, mais moi, il ne m’attire pas. Il y a eu, notamment, tout le dossier identitaire. Ce qu’on a appelé la “charte des valeurs” ou que sais-je encore. Moi, je ne suis pas de cette école-là, ça ne m’intéresse pas. » Une déclaration compromettante qui a de quoi semer le doute dans l’esprit de PSPP avant leur rencontre en tête-à-tête sur les intentions du député de Rosemont de joindre les rangs du PQ.

De toute évidence, Vincent Marissal semble prédestiné à naviguer politiquement sur une mer houleuse sur laquelle les vents le propulsent dans toutes les directions, du fédéral à QS en passant par le municipal pour finalement amerrir avec le PQ. Avouons-le, un parcours pour le moins peu orthodoxe. Une question surgit maintenant en lien avec le parcours politique tortueux de Vincent Marissal : PSPP acceptera-t-il de prendre le naufragé sous ses ailes? Je suis plutôt d’avis que le député Marissal devra faire un séjour plus ou moins long sur les berges à titre de député indépendant avant de connaître la réponse du capitaine PSPP.

vigile.quebec tribune libre 26 novembre 2025

Où est passée la magie de Noël?

25 novembre 2025

Depuis le début novembre, soit près de deux mois avant la période de festivités du temps des Fêtes, les chansons de Noël du folklore québécois envahissent déjà les ondes des stations radiophoniques, les magasins à grande surface brillent de tout leur éclat et les publicités abondent en rabais exclusifs.

Or il est bien loin le temps où la famille partait à l’aventure en forêt à la recherche du sapin de Noël choisi avec minutie, le paternel le garnissait méticuleusement de lumières scintillantes et de guirlandes dans la soirée du 24 décembre, les plus âgés assistaient religieusement à la messe de minuit, toute la famille se réunissait à la table pour le traditionnel réveillon et le père de famille procédait cérémonieusement à la remise des cadeaux devant le regard ébahi des enfants.

Aujourd’hui, la magie de Noël s’est envolée dans le fatras de la consommation effrénée. Le soin méticuleux mis à la recherche du précieux cadeau a fait place au vendredi fou qui dégénère en une course folle à la conquête du meilleur rabais. Pour plusieurs, l’arbre de Noël artificiel est installé au début décembre si bien que l’émerveillement qu’il suscitait jadis auprès des jeunes et des moins jeunes a perdu sa magie d’antan.

À cette époque bienheureuse où l’enfant incarnait le personnage central des festivités de Noël en compagnie du légendaire Père Noël, le temps s’arrêtait pour faire place à la magie de Noël qui atteignait son apogée au son des douze coups du clocher de la paroisse et au début de la messe de Minuit.

À notre époque dite évoluée où les bienfaits de la chaleur humaine ont cédé leur place sans coup férir à la froideur des avancées technologiques, la magie de Noël a perdu peu à peu de sa magnificence féerique. Peut-être pourrions-nous, avec en toile de fond une belle nostalgie, se la réapproprier et retrouver notre coeur d’enfant à l’occasion de ce Noël 2025!

Le Soleil (version numérique) 25 novembre 2025
vigile.quebec tribune libre 25 novembre 2025

Mark Carney, le beurre et l’argent du beurre

25 novembre 2025

En réaction à l’éditorial de Marie Vastel paru dans Le Devoir du 22 novembre sous le titre La décevante méthode Carney.

Dans son éditorial, Marie Vastel fait ressortir clairement la facette de la froideur de l’ex- gouverneur des banques du Royaume Uni et du Canada lors de son voyage aux Émirats arabes unis « Survenant de surcroît alors que les Émirats arabes unis sont accusés par les Nations unies d’armer l’une des factions de la guerre civile au Soudan, où se multiplient les massacres et s’éternise la pire crise humanitaire de la planète. Mais de tout cela, M. Carney n’a pas dit mot ».

Ce n’est pas la première fois que Mark Carney fait des courbettes devant un dirigeant de pays. À cet effet, on n’a qu’à penser à sa décision d’éliminer la taxe numérique pour plaire aux caprices de Donald Trump, et à ses excuses devant le président américain suite à la publicité de Doug Ford sur les déclarations anti-tarifs de l’ex-président américain Ronald Reagan.

Toutefois, le lourd silence de Carney sur la position des Émirats à l’égard de la violation insidieuse des droits humains outrepasse grandement l’obligation réservée de facto à un chef d’État de condamner ouvertement de tels types de barbaries anti-humanitaires. « Un aplaventrisme désolant. Les secousses géopolitiques ont beau commander une indispensable diversification des marchés, la diplomatie ne peut pour autant se résumer à un seul chantier, économique plutôt que démocratique…Un mutisme regrettable, d’autant que ce virage du premier ministre n’a jamais vraiment été présenté aux Québécois et aux Canadiens, qui ont du mal à le suivre. »

Dans cette foulée, l’éditorialiste aborde à juste titre les pourparlers avec la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, eu égard à « un protocole d’entente énergétique ouvrant la voie à la construction d’un nouvel oléoduc vers la Colombie-Britannique », un revirement catégorique et une brèche outrancière dans la politique canadienne sur la réduction des gaz à effet de serre.

Enfin dans ce contexte essentiellement économique faisant abstraction des enjeux humanitaires engendrés par les politiques déshumanisantes de certains pays, tels les Émirats arabes unis, « Il serait temps pour le premier ministre de saisir qu’il n’est pas à la tête d’une entreprise privée aux intérêts uniquement mercantiles, mais d’un gouvernement redevable envers ses citoyens. Si sa quête de nouvelles avenues d’exportation ne fait pas dissension, la méthode Carney, elle, est loin de faire l’unanimité ». Il y a des limites à s’approprier sans scrupule le beurre et l’argent du beurre.

https://www.ledevoir.com/opinion/editoriaux/935967/decevante-methode-carney

vigile.quebec tribune libre 24 novembre 2025

Crise au PLQ, le chaînon manquant

21 novembre 2025

Beaucoup d’encre a coulé dans un laps de temps très court depuis le congédiement de la chef parlementaire Marwah Rizqy et sa suspension du caucus libéral par le chef du PLQ, Pablo Rodriguez, pour bris de confiance après avoir limogé unilatéralement sa directrice de cabinet, Geneviève Hinse, une amie de longue date du chef du parti. Et, pour ajouter à cette crise interne, selon le Bureau d’enquête du Journal, le PLQ était au courant depuis le printemps dernier d’allégations jugées «vagues» suggérant, dans des textos demeurés confidentiels, que certains membres auraient reçu de l'argent pour appuyer Pablo Rodriguez dans sa course à la chefferie, mais n'avait pas cru bon de déclencher une enquête externe. De son côté, Pablo Rodriguez assure qu'il a été tenu dans l'ignorance et qu'il n'a rien à se reprocher. 

De toute évidence, le PLQ est plongé carrément dans une crise de confiance et de transparence aiguë à moins d’un an des élections d’octobre 2026 et au moment où il se trouve en pleine croissance dans les intentions de vote. Or depuis le début de cette crise, la députée de Saint-Laurent, Marwah Rizqy, à la suite d’une rencontre d’une dizaine minutes avec son chef et en présence de son avocat, est demeurée muette sur les circonstances ayant conduit au congédiement de Geneviève Hinse.

À mon sens, il est urgent que Mme Rizgy révèle au grand jour cette information cruciale pour la compréhension totale et entière des événements déclencheurs et faire taire toutes les spéculations qui ne contribuent qu’à entretenir la confusion et envenimer le débat. Cette révélation incarne ni plus ni moins le chaînon manquant de la charpente. Enfin peut-être y découvrirons-nous un lien entre le congédiement de Mme Hinse et les allégations incriminantes contenues dans les textos laissés en plan par le Parti libéral. Il en va de la crédibilité et de la transparence au sein du PLQ échaudé, il n’y a pas si longtemps, par les délibérations compromettantes de la Commission Charbonneau à son égard.

vigile.quebec tribune libre 20 novembre 2025

Un budget adopté in extremis

20 novembre 2025

Le vote de confiance sur le budget Carney a finalement été accepté de justesse en récoltant l’appui de 170 députés contre 168 qui s’y sont opposés, une infime majorité obtenue suite au vote en faveur du budget de la cheffe du Parti vert, Elizabeth May, après avoir obtenu l’engagement du premier ministre de respecter les objectifs de l’Accord de Paris en matière climatique, et de l’abstention de deux députés conservateurs et de deux néo-démocrates.

Par ailleurs, à entendre l’argumentaire des représentants du Nouveau Parti démocratique (NPD), la députation néo-démocrate était foncièrement contre un budget dont les dépenses en défense dépassent de loin celles prévues pour contrer l’augmentation du coût de la vie des Canadiens mais que, en revanche, il était « irresponsable » de plonger les Canadiens dans une deuxième campagne électorale en six mois. « On n’aime pas ce budget-là, mais ce serait irresponsable d’aller en élections », a lancé le chef adjoint du NPD, Alexandre Boulerice.

Le déficit du budget Carney adopté in extremis le 17 novembre dépasse désormais les 78 milliards de dollars. En contrepartie, les libéraux s’engagent à supprimer 40 000 postes dans la fonction publique dans les prochaines années et à trouver 60 milliards en économies d’ici cinq ans. Des chiffres faramineux qui soulèvent, à juste titre, des interrogations sur la lourdeur du déficit et les répercussions des coupures dans la fonction publique sur la qualité des services publics offerts aux contribuables canadiens.

Lors de la dernière campagne électorale, Mark Carney s’est présenté comme le sauveur qui allait rétablir les contacts avec Donald Trump à l’égard des relations commerciales incluses dans le traité de libre-échange avec les États-Unis. Or en date d’aujourd’hui, rien n’a bougé. Pire encore, le dialogue entre les deux pays est rompu et rien ne laisse présager de quelque retour à la table de négociation. Et de surcroît, Mark Carney a pris sur lui de s’excuser sans succès devant Donald Trump pour la publicité de Doug Ford sur la déclaration de l’ex-président républicain, Ronald Reagan, sur sa position anti-tarifs.

Dans un tel contexte isolationniste relié à la rupture du dialogue avec les États-Unis, le défi de Mark Carney est énorme, à savoir de « bâtir un Canada fort » « Ce soir, la Chambre des communes a voté pour l’adoption du budget 2025. Il faut maintenant travailler ensemble pour mettre en œuvre ce plan, afin de protéger nos communautés, d’offrir de nouvelles possibilités aux Canadiens et aux Canadiennes, et de bâtir un Canada fort », a déclaré Mark Carney après l’issue du vote de confiance envers son budget avec une mince majorité de deux voix. De ce fait, le gouvernement doit naviguer sur une mer houleuse, et l’argument de la stabilité évoqué par les abstentionnistes risque d’être à moyen terme bafoué par une motion de non-confiance envers le gouvernement qui déclencherait de facto une élection générale au pays.

vigile.quebec tribune libre 19 novembre 2025


 

Une école novatrice

19 novembre 2025

Depuis quelques années, la pénurie d’enseignants cause bien des maux de tête aux directions d’école si bien qu’ils doivent faire souvent appel à du personnel non qualifié pour agir en tant que professeur.

Or l’école secondaire des Pionniers, dans la région de Québec, avec la collaboration des enseignantes de français, a mis sur pied il y a cinq ans tout un train de mesures destinées à atténuer les lacunes de certains élèves en écriture, dont une formule de pairs aidants permettant à des élèves plus faibles de recevoir une dizaine de séances d’aide individualisée par année. Pour y arriver, les pairs aidants suivent une formation donnée par les professeurs de français dans le but d’avoir à leur portée les outils nécessaires pour aider les élèves en difficulté à corriger leur texte «en se posant les bonnes questions», explique Mylène Doiron, qui enseigne le français en quatrième secondaire.

La formule plaît aux élèves et donne des résultats surprenants si bien que le résultat moyen à l’épreuve d’écriture de cinquième secondaire du ministère de l’Éducation est passé de 62% à 72% sur une période de seulement cinq ans. Tout un exploit pour cette école publique qui accueille près de 600 élèves dans des concentrations ouvertes à tous, sans aucune sélection.

Chapeau à ces enseignantes qui ont usé d’ingéniosité et de dévouement et contribué de surcroît à la valorisation des talents de certains élèves doués en lien avec les difficultés de leurs camarades de classe. Une école novatrice qui atteint admirablement des cibles de performance remarquables et tout cela, sans investir aucun denier public.

vigile.quebec tribune libre 18 novembre 2025