Du sang neuf à l’Éducation suscite un espoir de renouveau

22 septembre 2025

 

J’ai éprouvé beaucoup d’intérêt à la lecture de l’article intitulé « Pour une école québécoise à l’abri des vents politiques » mis en ligne sous la rubrique IDÉES du Devoir du 15 septembre et coécrit par Geneviève Carpentier, Stéphane Allaire et Mélanie Paré, tous professeurs d’Universités québécoises.

Dès le départ, les coauteurs font allusion à la nouvelle ministre de l’Éducation, Sonia Lebel, qui, dans une vie antérieure pas si lointaine en tant que présidente du Conseil du trésor, était responsable des budgets et de l'administration du gouvernement québécois. Et, de surcroît, Sonia Lebel apporte avec elle la réputation d’une politicienne déterminée et rigoureuse dans les dossiers qui lui sont confiés, des qualités qui « nous osons espérer… l’amèneront rapidement à constater ce que les milieux éducatifs vivent depuis des années : une précarité budgétaire qui freine l’action, génère de l’inefficacité et épuise les équipes », argue à juste titre les cosignataires.

Ayant moi-même été soumis à de multiples réformes du programme de français au secondaire durant ma carrière de 32 ans dans l’enseignement, je ne peux que souscrire entièrement aux constats des coauteurs: « L’éducation doit bénéficier d’un financement garanti, stable et à l’abri des joutes politiques. Trop souvent, l’école devient un terrain de jeu électoral où les annonces se multiplient à la veille d’un scrutin, sans vision durable ni arrimage avec les besoins réels du terrain ».

L’enseignement du français au Québec souffre à la fois d’un manque de financement et d’une projection à long terme. « Garantir un financement stable et non partisan de l’éducation serait un geste fort et attendu, au service de la justice éducative et de la pérennité des actions », soutiennent à raison les auteurs. Le présent est garant de l’avenir, dit un vieil adage. Aussi est-il prioritaire de disposer de budgets appropriés maintenant et d’amorcer une véritable réflexion sur le long terme eu égard à l’enseignement de notre langue maternelle.

Vous avez le privilège, madame Lebel, de tenir entre vos mains les moyens de recentrer l’enseignement du français sur sa véritable mission, à savoir léguer à la jeunesse québécoise la richesse de notre patrimoine socio-linguistique. Et malgré le peu de temps dont vous disposez pour amener à terme une telle ambition, je demeure persuadé que vous arriverez à jeter les bases d’une réflexion profonde sur l’apprentissage du français avant la fin de votre mandat… pour le plus grand épanouissement de notre jeunesse québécoise. 

https://www.ledevoir.com/opinion/idees/917025/idees-ecole-quebecoise-abri-vents-politiques?utm_source=recirculation&utm_medium=hyperlien&utm_campaign=boite_extra

vigile.quebec tribune libre 22 septembre 2025

François Legault, naïveté ou frime?

22 septembre 2025

Malgré un taux d’insatisfaction à 70% auprès des Québécois dans un récent sondage Léger–Le Journal–TVA Nouvelles, le premier ministre François Legault fait le pari que la CAQ va sortir des bas-fonds dans l’opinion populaire et regagner la confiance des Québécois dans les prochains mois grâce aux priorités qu’il s’est fixées, notamment un «traitement choc pour réduire la bureaucratie», travailler à améliorer la sécurité et à réduire le nombre d’immigrants temporaires.

« Il ne faut rien de moins que sortir du système actuel, de cette camisole de force. Il faut couper profondément dans la bureaucratie. Ça nous prend un traitement choc. Il va falloir que chaque ministère fasse le ménage dans sa bureaucratie », a lancé François Legault sur un ton déterminé lors de la cérémonie d’assermentation de son nouveau cabinet. Or pendant ce temps, un récent sondage de la firme Angus Reid place François Legault avec le plus bas taux d’approbation parmi ses homologues provinciaux à 22% et ce, après avoir longtemps joui du plus haut taux d’approbation au pays.

François Legault joue indéniablement son va-tout, le bateau caquiste montre des signes alarmants de vétusté. À la fin de son deuxième mandat consécutif, la CAQ est victime de la funeste usure du pouvoir que tous les partis politiques sont appelés à vivre dans un monde qui ne tolère pas les écueils du passé, tels l’échec de l’usine de batteries Northvolt, le chaos SAAQclic et les sempiternelles tergiversations eu égard au troisième lien entre Québec et Lévis.

Or malgré un tel climat malsain, le premier ministre s’engage à prendre le taureau par les cornes et redorer l’image de son parti en s’attaquant notamment à la bureaucratie, le même parti qui a augmenté ladite bureaucratie de 24% depuis son arrivée au pouvoir en 2018. Aux yeux des Québécois, François Legault a perdu toute crédibilité et toutes ses paroles ont l’effet d’une goutte d’eau sur le dos d’un canard.

De ce fait, la question se pose : François Legault fait-il preuve de naïveté ou emprunte-t-il la voie de la frime pour masquer son inconfort face à la réalité? Pour ma part, sa longue expérience en politique le condamne à la fatale lucidité. Il sait pertinemment que le bateau coule et qu’il doit tout faire pour éviter le sordide naufrage en empruntant le chemin de la frime pour limiter les dégâts.

vigile.quebec tribune libre 20 septembre 2025

La lente agonie de la CAQ

20 septembre 2025

Une des dernières cartes du premier ministre pour reconquérir le cœur des électeurs a lamentablement échoué. C’est ce que révèle le dernier sondage Léger, la CAQ ne récoltant que 16% d’appuis auprès des Québécois. « C’est la catastrophe pour François Legault. Il a joué son va-tout avec le remaniement, puis les résultats ne sont pas là », argue Jean-Marc Léger. En revanche, le passé nous rappelle qu’un remaniement ministériel a rarement contribué à accorder un nouvel élan à un parti en perte notable de popularité.

Les Québécois ne sont pas dupes, le brassage de cartes de François Legault n’a pas eu l’heur de les leurrer d’autant plus que les nouveaux visages au cabinet du premier ministre se comptent sur les doigts d’une main, que 13 ministres sur 29 conservent leur ministère et que 11 ministres sont conviés à jouer dans le jeu de la chaise musicale.

Par ailleurs, le premier ministre joue le grand jeu en s’attaquant à l’appareil de la fonction publique, créant du même souffle la grogne et la frustration des fonctionnaires. Et de surcroît, en désignant France-Élaine Duranceau au Conseil du trésor, François Legault envoie un signal clair à son caucus à savoir des coupures attendues dans chacun des ministères y compris en environnement, ministère dorénavant sous la responsabilité de Bernard Drainville avec comme mandat de réduire le nombre de projets à l’Environnement. En revanche, François Legault mérite une étoile pour le choix de Sonia Lebel à l’Éducation en remplacement de Bernard Drainville, une décision qui devrait contribuer à recentrer le débat sur les enjeux prioritaires de l’éducation à savoir le positionnement des élèves au centre de l’acte éducatif.

La CAQ craque de partout, sa forteresse s’effrite inéluctablement sous le poids de ses écueils tels le projet Northvolt, le chaos SAAQclic ou les sempiternelles tergiversations sur le troisième lien entre Québec et Lévis. Sa crédibilité est mise à mal. Somme toute, le remaniement ministériel de François Legault n’aura eu d’autre effet qu’un coup d’épée dans l’eau, sa lente agonie est amorcée, et de ce fait, il est à prévoir que la CAQ de François Legault subira une défaite cuisante au scrutin d’octobre 2026.

vigile.quebec tribune libre 19 septembre 2025

 

Quand l’extrémisme politique conduit à l’absurde

17 septembre 2025

L’assassinat de Charley Kirk a soulevé l’indignation et la hargne auprès des militants de l’extrême droite aux États-Unis si bien qu’ils l’ont élevé au rang de « martyr de la liberté d’expression », selon l'historien Romain Huret, directeur d'études à l’École des hautes études de sciences sociales en France. Paradoxalement, des militants de la gauche se retrouvent à la rue, congédiés par leur employeur pour avoir usé de leur propre liberté d’expression en condamnant Charlie Kirk sur les médias sociaux. C'est précisément le cas de Laura Sosh-Lightsy, employée d'une université publique du Tennessee, qui a écrit sur Facebook : «La haine engendre la haine. ZÉRO sympathie. »

La polarisation des allégeances politiques sur la terre de l’oncle Sam a atteint des proportions hors de contrôle et l’extrémisme politique conduit implacablement à l’absurde. Jusqu’où se propagera cette explosion de violence aux États-Unis avant qu’une véritable guerre civile n’éclate laissant derrière elle le sang d’une kyrielle d’innocentes victimes? Vivement un appel au calme de la part du président Trump, il en va de son imputabilité présidentielle!

vigile.quebec tribune libre 15 septembre 2025

Les élèves à besoins particuliers, ces grands oubliés

17 septembre 2025

D’entrée de jeu, mettons les choses au clair : la somme de 540 millions $ injectés en éducation en juillet est un réinvestissement partiel provenant des coupures annoncées en juin de 570 millions $ et non pas un nouvel investissement. Dans ce contexte, la pénurie de ressources spécialisées aptes à venir en aide aux élèves à besoins particuliers en juin perdurent toujours en juillet. Somme toute, c’est le retour à la case départ.

Un scénario catastrophique dans lequel Marie-Julie Lanthier, la mère d’un garçon autiste de sept ans, ayant un trouble sévère du langage et un déficit d’attention accompagnés d’une hypersensibilité sensorielle, a appris que les services d’orthophonie et d’éducation spécialisée dont bénéficiait son garçon l’an dernier ne lui seront plus offerts cette année.

De son côté, le centre de services scolaire affirme qu'il ne peut commenter de cas particulier, mais indique de manière plus générale que «l’organisation des services dans une école appartient à la direction» et «tient compte des besoins de tous ses élèves». «La réévaluation des besoins des élèves et la redistribution des services [...] se font chaque année. Il ne faut pas confondre ce processus annuel avec des coupes budgétaires», indique-t-on dans une réponse envoyée à Mme Lanthier.

À la Coalition des parents d’enfants à besoins particuliers, on rapporte d’autres cas d’élèves dont les services ont été réduits cette année. «On nous a promis qu’il n’y allait avoir aucun service direct à l’élève qui allait être coupé, malheureusement, on fait le constat qu’on s’est vraiment fait mentir en plein visage», lance sa présidente, Bianca Nugent. À l’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire, sa présidente, Kathleen Legault, affirme que ces cas ne représentent que la «pointe de l’iceberg» puisque les besoins de tous les élèves ne sont pas encore identifiés en ce début d’année scolaire.

Enfin au cabinet de la nouvelle ministre de l'Éducation, Sonia Lebel, on refuse de se prononcer sur des cas particuliers tout en ajoutant que les centres de services scolaires doivent «assumer leur rôle et faire les bons choix». L’« investissement » supplémentaire annoncé en juillet sert précisément à financer les services directs aux élèves, précise-t-on dans une déclaration écrite. Et voilà…le tour est joué, et vogue la galère dans laquelle sont laissés-pour-compte les élèves à besoins particuliers!

vigile.quebec tribune libre 15 septembre 2025

Assassinat de Charley Kirk et deuxième amendement

15 septembre 2025

Le deuxième amendement de la Constitution américaine se lit comme suit : «  Une milice bien organisée étant nécessaire à la sécurité d'un État libre, le droit du peuple de détenir et de porter des armes ne doit pas être transgressé. » L’assassinat de l’influenceur d’extrême droite, Charlie Kirk, fait rejaillir, pour une énième fois, le débat politique sur le port des armes à feu aux États-Unis.

Ironie du sort, Charlie Kirk répondait à une question portant sur les armes à feu lorsque le tir fatal a éclaté, tuant sur le coup le père de deux jeunes enfants. «C’est une tragédie pour tout le monde ce décès, autant pour les démocrates que les républicains. [...] Qu’on soit d’accord ou pas avec ses opinions de droite, c’est quelqu’un qui a profondément inspiré et motivé la jeune génération à s’intéresser à la chose politique. C’est un drame qui vient noircir la capacité de débattre», argue Guillaume Lavoie, membre associé à la Chaire Raoul-Dandurand.

Que l’on soit de gauche ou de droite, le meurtre de Charlie Kirk est « le reflet d’une vague de violence politique qui secoue de plus en plus la vie des Américains », affirment des experts. Dans la foulée de cet ignoble assassinat, je retiens que le débat sur le contrôle des armes à feu aux USA doit absolument refaire surface . De ce fait, le meurtre abject de Charlie Kirk n’aura pas été vain mais aura contribué de facto à ouvrir la porte sur la voie d’une saine ouverture à un discours prônant le respect des différences d’opinions sur un sujet aussi crucial.

vigile.quebec tribune libre 14 septembre 2025

Retour vers le futur

15 septembre 2025

Parmi les engagements de la CAQ de François Legault lors de la campagne électorale de 2018 figuraient notamment la réduction à 90 minutes d’ici 4 ans du temps d’attente moyen à l’urgence, la garantie d’avoir un médecin de famille dès la naissance, le dépistage systématique des troubles d’apprentissage chez les 0 à 5 ans et le gel des salaires des médecins spécialistes le temps de renégocier leur entente avec le gouvernement.

Or sept ans plus tard, les fédérations des médecins omnipraticiens et spécialistes du Québec entament des moyens de pression contre le projet de loi 106 du ministre de la Santé, Christian Dubé, dans le but de rétablir le dialogue entre les parties et d’en arriver à une entente négociée.

Tout au long de cette saga sans fin, force est de constater que le ministre Dubé a fait preuve d’une attitude intransigeante, voire provocatrice envers les médecins en persistant implacablement à imposer son projet de loi 106 comme base des négociations. Or à mon sens, il est fort malvenu de démarrer des négociations sur un texte de loi qui impose carrément les conditions de travail de l’autre partie dès le départ d’autant plus que le ministre se garde le droit de le modifier sans l’accord du corps médical, notamment au chapitre des cibles de performance. Et de surcroît, le ministre se montre sourd aux revendication des médecins à l’égard de la pénurie de personnel dans le réseau de la santé, ce qui affecte nécessairement la qualité des soins aux patients ou à ceux qui sont en attente d’un médecin de famille depuis des mois, voire des années.

La tension est à son comble entre les deux parties. Après sept années de purgatoire, les Québécois assistent sans coup férir à un retour vers le futur. Sept années durant lesquelles le gouvernement s’est braqué dans les négociation avec les médecins. L’échéance arrive rapidement. Christian Dubé ne dispose que d’une année pour signer une entente avec les médecins.. Encore faudrait-il que les parties entament autour d’une table une véritable négociation dans laquelle font nécessairement partie des compromis de la part de chacune des parties.

vigile.quebec tribune libre 14 septembre 2025

Jusqu’où ira la déroute de la CAQ?

13 septembre 2025

Que ce soit le fracas lié au fiasco SAAQclic, la fin catastrophique du projet Northvolt, le départ précipité du député d’Abitibi-Est, Pierre Dufour, pour avoir menacé de quitter le parti si un élu de sa région n'obtenait pas une place au Conseil des ministres, la décision de la ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest, de quitter la CAQ pour briguer la mairie de Saguenay, la lenteur de Santé Québec à produire des résultats concrets et significatifs, ou le contexte de restrictions des dépenses lié à un déficit astronomique, à un an du scrutin d’octobre 2026, la forteresse de la CAQ se fissure de partout à la veille d’un remaniement ministériel dont les retombées positives s’annoncent tout au moins incertaines.

En fait, il est bien loin le temps où le chef caquiste voguait sur une vague de sympathie durant la pandémie en 2020. Mais depuis lors, que s’est-il donc passé pour que l’image de François Legault n’exerce plus le charisme qu’il dégageait dans son premier mandat auprès des Québécois? Permettez-moi de risquer quelques éléments de réponses à cette question. À mon avis, le premier ministre s’est éloigné petit à petit de ses engagements, notamment en santé et en éducation, pour se concentrer sur les grands dossiers économiques qui sont vite devenus ses priorités, entre autres, sa rivalité quasi viscérale avec l’Ontario en lien avec le PIB, une guerre de clocher qui ne rejoignait d’aucune façon les besoins des Québécois au quotidien.

Pour ajouter à ce scénario électoraliste, la CAQ a dû faire face à trois élections partielles ravies par le PQ de Paul St-Pierre Plamondon, soit Jean-Talon, Terrebonne et Arthabaska, des résultats crève-coeur qui ont contribué à accroître davantage le désaveu des Québécois envers la CAQ, lequel pourrait s’amplifier avec une quatrième élection partielle dans Chicoutimi avec le départ d’Andrée Laforest. S’ajoute à ces performances faméliques, le sempiternel dossier du troisième lien entre Québec et Lévis qui n’en finit plus d’accoucher, et vous avez la recette idéale pour expliquer la déroute de la CAQ.

Comme tout gouvernement à la fin de son deuxième mandat, la CAQ n’échappe pas à l’usure du pouvoir. Dans un tel contexte, je suis d’avis que les carottes sont cuites dans la marmite caquiste, et que le parti de François Legault subira la pire dégelée de sa courte histoire en octobre 2026.

vigile.quebec tribune libre 8 septembre 2025

 

 

En attente du budget Carney

13 septembre 2025

Le Parti libéral dirigé par Mark Carney remporte le scrutin du 28 mai 2025 avec 169 sièges sur un total de 343 députés à la Chambre des communes du Canada. Or depuis plus de quatre mois, le gouvernement libéral minoritaire de Mark Carney navigue sans budget. Et pourtant, le 9 juin, le premier ministre a annoncé des « investissements » de 9,3 milliards de dollars dans les forces armées canadiennes et de nouveaux équipements dans l’objectif d’atteindre la cible de dépenses militaires de l’OTAN de 2% d’ici avril 2026.

Pour équilibrer tous ces investissements avec moins de revenus, Mark Carney entend s'attaquer en priorité aux dépenses du gouvernement fédéral en citant par exemple que le taux de croissance des dépenses du gouvernement fédéral pendant une décennie a été de plus de 7 % par année. « On doit cesser cette manière de gérer les finances publiques », argue Mark Carney. Quant aux journalistes qui évoquent le mot « austérité » pour décrire cette réduction des dépenses de l'État, M. Carney réplique que son gouvernement va investir simultanément dans l'économie canadienne, et que les deux approches sont réalisables.

En revanche, le gouvernement Carney s’apprête à lancer toute une série de grands projets d’infrastructures destinés à diversifier ses activités en lien notamment avec les ports, les autoroutes, les mines et les pipelines, et, pour y arriver, « notre gouvernement est en voie de débloquer 500 milliards de dollars pour investir dans des infrastructures, entre autres énergétiques et portuaires », avance M. Carney.

Or selon une estimation réalisée cet été par l'institut économique CD Howe, le prochain déficit budgétaire fédéral devrait osciller autour de 92 milliards de dollars, soit 30 milliards de plus que les 62 milliards de déficit de l'exercice financier 2023-2024. En évoquant avec certitude qu’austérité et investissement peuvent aller de pair, Mark Carney propose aux Canadiens, en l’absence des montants encourus pour leurs frais de subsistance, ni plus ni moins de s’empiffrer tout en suivant une diète sévère…

vigile.quebec tribune libre 9 septembre 2025

Des prêts pardonnables…impardonnables

13 septembre 2025

D’entrée de jeu, un « prêt pardonnable » est un prêt, avec ou sans intérêt, dont une portion ou la totalité dans certains cas n’a pas à être remboursée si l’entreprise bénéficiaire atteint les objectifs convenus avec le gouvernement. Une fois pardonnée, la totalité ou une portion d’un tel prêt se transforme donc en subvention. Or le programme de « prêts pardonnables » lancé en 2020 par le gouvernement Legault, pour venir en aide aux entreprises, a surtout profité aux entreprises étrangères. En effet, depuis sa création, Québec a versé 1,43 milliard de dollars sous cette formule, dont près des deux tiers, soit 894,6 millions ont été octroyés à des sociétés étrangères ou à leurs filiales locales.

Nonobstant le mutisme autour duquel gravitent les critères d’obtention d’un tel prêt, les données recueillies démontrent que, depuis cinq, le plus grand bénéficiaire de ce programme aura été, et de loin, le chantier maritime Davie Infrastructure, une propriété de la britannique Maritime Industries Limited, qui a profité en 2023 d’un prêt pardonnable de 325 M$ dans le cadre d’une contribution de Québec totalisant 519,2 M$. En revanche, il est impossible de connaître dans quelle proportion, ni sur quelle base, Davie remboursera ou non le «prêt pardonnable» qui lui a été octroyé. D’où la question soulevée à maintes reprises: ne devrait-on pas plutôt parler de «subvention conditionnelle»?

Parmi les autres grands bénéficiaires de ces «prêts pardonnables», on retrouve la société Volta Energy, une propriété coréenne établie au Luxembourg, spécialisée dans la fabrication de feuilles de cuivre pour batteries de véhicules électriques. Ultium Cam à Bécancour, une copropriété de l’américaine General Motors (GM), la sud-coréenne Posco, la française Alstom Transport Pocatière, la pharmaceutique espagnole Grifols et la danoise LM Wind Power.

De toute évidence, «le gouvernement aurait vraiment avantage à être plus transparent avec ses critères d’octroi de ces aides», estime le professeur de l’UQTR, Frédéric Laurin, spécialisé en économie régionale à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) à défaut de quoi les « prêts pardonnables » risquent d’entraîner des prêts impardonnables subventionnés par les contribuables québécois.

vigile.quebec tribune libre 10 septembre 2025