Faut-il craindre les avancées de l’IA en 2026?

29 décembre 2025

Dans une lettre d’opinion publiée le 11 décembre dans le prestigieux Time Magazine, Yoshua Bengio, reconnu mondialement comme l'un des plus grands experts en intelligence artificielle (IA), met en garde contre le rythme effréné auquel les outils d’IA sont développés. «Nous avons vu, par exemple, une réaction fortement négative à la mise à jour de ChatGPT 4-o à GPT-5, lorsque plusieurs usagers ont senti qu’ils perdaient un "ami", étant donné que le nouveau modèle était moins chaleureux», avance-t-il. «Dans des cas extrêmes, ces attachements à l’IA peuvent poser un danger à la santé mentale des utilisateurs», ajoute-t-il, tout en spécifiant que de nombreux experts ont aussi mis en garde concernant le risque que les humains perdent le contrôle sur le développement de l’IA. Une déclaration pour le moins inquiétante de la part d’une sommité mondiale sur l’IA qui prête à une sérieuse réflexion sur les avancées vertigineuses de l’IA au cours des dernières années, particulièrement sur « le risque que les humains perdent le contrôle sur le développement de l’IA ».

Nonobstant les bénéfices de ces nouvelles technologies dans plusieurs secteurs comme la santé, la recherche scientifique et plusieurs autres secteurs d’activité, en revanche elles ont aussi contribué à créer de nouveaux dangers, notamment en matière de cybersécurité et de répercussions sociales. C’est pourquoi Yoshua Bengio plaide pour une approche plus prudente, notamment avec son organisme à but non lucratif LawZero, qui se penche sur une façon de développer l’intelligence artificielle qui éviterait les risques de dérives. « En raison de tous ces risques, nous devons user de prudence pour profiter des bénéfices de l’IA, tout en nous protégeant de ses risques.» Aux yeux de Yoshua Bengio, la question est de savoir si nous allons trouver ces solutions à temps afin d’éviter un dénouement catastrophique.

Notre société technologique nous a enseigné depuis des lunes que l’être humain ne peut empêcher le « progrès », les avancées de l’IA n’y échappant pas. En revanche, l’homme devrait garder en tête que c’est le cerveau humain qui a créé l’IA et que de facto, il se doit d’en garder le contrôle. Dans cette foulée, Yoshua Bengio prône à juste titre la vigilance à quelques jours du début de l’année 2026, tout en étant conscient que les robots demeurent un amas de tôle dépourvu de toute manifestation émotionnelle.

vigile.quebec tribune libre 28 décembre 2025

C’est dans l’temps du jour de l’An!

26 décembre 2025

Dès le lendemain de Noël, comme s’ils avaient attendu patiemment leur tour pour lancer les festivités annonçant le début d’une nouvelle année, les « reels » traditionnels du temps des Fêtes envahissent les ondes radiophoniques du Québec. « C'est dans l'temps du jour de l'an, on s'donne la main, on s'embrasse/ C'est l'bon temps d'en profiter, ça arrive rien qu'une fois par année ». En des temps plus chaleureux, comme par un effet magique, la famille reprenait ses droits d’aînesse et se réunissait au centre du salon pour le set carré endiablé animé par la musique à bouche du patriarche de la famille s’accompagnant en tapant gaiement du pied.

Au Québec, malheureusement, les traditions se perdent peu à peu au détriment des gadgets électroniques qui monopolisent souventefois toute l’attention des invités si bien qu’ils en arrivent à oublier le sens de la fête qui les réunit en cette soirée familiale au cours de laquelle la chaleur humaine s’est substituée en douce avec le temps au pitonnage sur le bidule cellulaire.

Or j’ai souvenir encore du « bon vieux temps » où les familles se succédaient à la porte de mon grand-père maternel telle une parade militaire, les parents occupant le devant du peloton suivie de près par la marmaille, les yeux ronds et les timides sourires en coin, ébahie par la foule qui envahissait le salon. J’ai souvenir encore du grincement du vieux « pick up » de ma tante qui veillait à faire tourner les vieilles chansons traditionnelles du temps des fêtes sur lesquelles je dansais avec ma cousine préférée le temps d’une soirée par année. J’ai souvenir encore du copieux repas servi aux convives dans le tintamarre des voix des invités racontant chacun un épisode vécu au cours de l’année qui se terminait.

Les temps ont changé, les aïeux sont allés ad patres et, avec eux, les traditions. Plusieurs familles sont disloquées emportant avec elles la chaleur humaine qu’elles dégageaient dès leur arrivée dans la fête. Les danses folkloriques ont cédé la place aux jasettes souvent oiseuses sur la pluie et le beau temps. Et pourtant, un espoir de chaleur humaine existe toujours, c’est celui d’un sourire gratuit lancé discrètement à une personne isolée parmi les convives. Ça ne coûte rien mais, par contre, c’est tellement bénéfique pour débuter une nouvelle année pour la personne qui le reçoit.

vigile.quebec tribune libre 26 décembre 2025
Le Soleil (version numérique) 27 décembre 2025
Le Devoir 29 décembre 2025

Référendum sur l’avenir constitutionnel de l’Alberta

24 décembre 2025

Le chemin vers une consultation populaire sur l’avenir constitutionnel de l’Alberta a franchi une nouvelle étape par l’adoption de la question référendaire : « Êtes-vous d’accord pour que la province de l’Alberta cesse de faire partie du Canada pour devenir un État indépendant ? ».

Une question claire et précise qui n’est pas sans nous rappeler les contorsions ayant conduit aux questions des deux référendums de 1980 et 1995 au Québec, particulièrement celle du premier référendum précédée d’un interminable préambule (1). Dans un tel contexte et en lien avec la clarté de la question référendaire en Alberta, je suis d’avis que le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, devrait s’inspirer de la question albertaine dans l’éventualité d’un troisième référendum au Québec sur son avenir constitutionnel qui devrait se tenir au cours d’un prochain mandat du PQ. Les Québécois sont en droit de pouvoir s’exprimer clairement sur leur avenir constitutionnel et sans fioriture. À force de diluer à outrance l’objectif visé par la question, cette dernière donne l’impression de ratisser trop grand, voire de cacher l’intention première de la question.

(1) « Le gouvernement du Québec a fait connaître sa proposition d'en arriver, avec le reste du Canada, à une nouvelle entente fondée sur le principe de l'égalité des peuples ; cette entente permettrait au Québec d'acquérir le pouvoir exclusif de faire ses lois, de percevoir ses impôts et d'établir ses relations extérieures, ce qui est la souveraineté et, en même temps, de maintenir avec le Canada une association économique comportant l'utilisation de la même monnaie ; aucun changement de statut politique résultant de ces négociations ne sera réalisé sans l'accord de la population lors d'un autre référendum ; en conséquence, accordez-vous au gouvernement du Québec le mandat de négocier l'entente proposée entre le Québec et le Canada ? »

vigile.quebec tribune libre 23 décembre 2025

Le monde est fou!

24 décembre 2025

« L’homme est un animal raisonnable », prônait Aristote. Or notre monde de consommation débridée a atteint un nouveau sommet de l’incohérence, certains détaillants ayant devancé les soldes après Noël…avant Noël. Ne soyons pas dupes, quoique en théorie, les commerçants évoquent candidement une stratégie privilégiant les clients en leur permettant une plus longue période pour réaliser leurs achats pour Noël, en pratique, ces mêmes commerçants profitent de cette stratégie de marketing pour réaliser de plus grands profits sur les ventes d’avant Noël. Et toute cette mascarade dans un contexte où le consommateur pouvait bénéficier de soldes sur les écoulements de stocks après Noël. Bienvenue dans ce monde de fous dans lequel même les mots ont été dépouillés de leur sens!

vigile.quebec tribune libre 22 décembre 2025
Le Devoir 24 décembre 2025

 

Départ dans la dignité de Pablo Rodriguez

20 décembre 2025

Sans directement faire référence aux allégations visant sa campagne à la direction du Parti libéral du Québec, Pablo Rodriguez a reconnu, devant les médias, être devenu « malgré lui, une distraction ». « Le PLQ mérite qu’on parle de son plan d’avenir, le PLQ mérite qu’on parle de lui, pas de moi ».

Depuis le début de la crise interne qui secoue sérieusement le PLQ, Pablo Rodriguez a fait l’objet de nombreuses critiques liées notamment à son leadership qualifié souvent de déficient. À cet égard, force est de constater que le silence de Marwah Rizqy sur les tenants et aboutissants de la « faute grave » de Geneviève Hinse justifiant son congédiement à l’insu de son chef ne peut d’aucune manière justifier quelque critique sur le leadership de M. Rodriguez.

D’autre part, l’ex-chef du PLQ nie catégoriquement avoir été informé ou avoir contribué aux malversations dénoncées par les enquêtes du Journal autour de sa campagne à la direction du PLQ. Conséquemment, Pablo Rodriguez jouit toujours de la présomption d’innocence tant et aussi longtemps que l’Unité permanente anti-corruption (UPAC) n’aura pas révélé les conclusions de son enquête. Enfin jusqu’à maintenant, tout laisse à croire que Pablo Rodrguez, selon ses dires, est littéralement plongé dans le néant à l’égard des malversations qui seraient liées à sa course à la chefferie du PLQ.

De facto, je ne vois pas comment il aurait pu faire preuve de leadership dans ce brouillard médiatique dans lequel il est plongé hormis ses nombreuse déclarations sur sa méconnaissance liée aux allégations frauduleuses auxquelles il aurait participé. Dans un tel contexte, il faut saluer le départ dans la dignité de Pablo Rodriguez qui, tel un chef qui se tient debout dans la tempête, a privilégié le parti à ses intérêts personnels.

vigile.quebec tribune libre 20 décembre 2025

La démission fracassante de Christian Dubé

20 décembre 2025

Les négociations entre le ministre de la Santé, Christian Dubé, et les fédérations de médecins ont commencé sous le signe d’une déclaration de guerre de la part du gouvernement aux médecins par le dépôt immédiat sur la table du projet de loi 2 qui, dès le départ, s’attaquait de front au mode de rémunération des médecins axé sur des critères de performance liés à des coupures de salaire pouvant atteindre 30% de leur rémunération.

Le bras de fer entre les parties était résolument amorcé. Jour après jour, semaine après semaine, le ton hargneux et provocateur du ministre montait d’un cran si bien, qu’après des mois, les médecins avaient perdu toute confiance dans cette guerre démobilisante qui n’a jamais cessé de dégénérer entre le ministre et les représentants des médecins, Marc-André Amyot pour la FMOQ et Vincent Oliva pour la FMSQ.

Et de surcroît, derrière ce scénario désastreux, le premier ministre, François Legault, se targuait d’être farouchement déterminé à ne pas reculer sur ses objectifs eu égard au mode de rémunération des médecins comme les premiers ministres antérieurs l’avaient fait, un souhait auquel il rêvait depuis 25 ans. En bref, rien pour adoucir le climat et calmer les ardeurs des parties qui s’enfonçaient inéluctablement dans un maelstrom digne d’une guerre de tranchée. Et, pour ajouter à ce bras de fer nettement anti-productif, les représentants des fédérations des médecins ont complètement coupé les ponts avec Christian Dubé, mettant fin de facto au dialogue entre eux.

De ce fait, le ministre de la Santé a été complètement éliminé du décor pour être substitué au premier ministre lui-même en compagnie de la nouvelle présidente du Conseil du trésor, France-Élaine Duranceau. Les négociations ont alors repris jusqu’à ce que François Legault annonce en grandes pompes la signature d’une entente avec les omnipraticiens sur l’épineux dossier du mode de rémunération des médecins de famille.

Une entente qui, en réalité, marquait un net recul sur la Loi 2, notamment sur la disparition des pastilles de couleurs pour évaluer le degré d’urgence des patients et, non le moindre, le retrait de l’article permettant au ministre d’apporter unilatéralement des changements à la loi. En somme, seul le mode de rémunération des médecins a été modifié en fonction du principe de la capitation, un montant forfaitaire versé par patient inscrit, une clause avec laquelle les omnipraticiens étaient de toute façon déjà favorables.

En bref, une entente qui vient saper à la base et édulcorer substantiellement des mois de travail et d’effort de la part de Christian Dubé, et qui a conduit à sa démission fracassante de son titre de ministre de la Santé et à son retrait du caucus caquiste pour siéger dorénavant comme député indépendant. Une décision qui entraîne l’enterrement définitif de la hache de guerre de l’ex-ministre.

vigile.quebec tribune libre 20 décembre 2025

Laissons les enfants s’amuser!

18 décembre 2025

Y-a-t-il quelqu’un parmi nous qui ne s’est pas amusé un jour sur une butte de neige dans la cour d’école aux temps merveilleux de son enfance? Cet instant féerique qui couronnait en l’espace de quelques minutes le roi de la montagne qui devenait de facto le héros du jour.

Or aujourd’hui, notre monde dit moderne via l’Union réciproque d’assurance scolaire du Québec (URASQ), pour des raisons de sécurité, recommande que la hauteur de la butte de neige devra se situer entre 1,8 et 3 mètres, avec une pente d’environ 25%. Imaginons la situation aberrante où le surveillant désigné pour la période de récréation vérifie la « consigne » au moyen d’un gallon à mesurer et d’un compas avant d’autoriser les enfants à escalader la « montagne » en toute sécurité.

À une époque où les médias sociaux inondent le monde des enfants avec ses jeux dans lesquels les héros incarnent des personnages sanguinaires, sommes-nous en train d’assister à une dystrophie d’un passé où on laissait les jeunes s’amuser dehors dans la neige pendant le court laps de temps qui leur était accordé pour se défouler au cours de la journée où ils étaient cantonnés assis en silence sur leur banc d’école? En somme, permettons au personnel surveillant de faire appel à sa jugeote et laissons les instruments de mesure à leur place, soit sur l’établi du personnel d’entretien de l’école.

À ce propos, je laisse le mot de la fin à la ministre de l’Éducation, Sonia Lebel : « J’invite simplement les directions à exercer leur jugement, comme pour toutes les activités extérieures! L’important, c’est que les élèves puissent jouer dehors et profiter de l’hiver dans un environnement adéquat. C’est une question de gros bon sens ». Voilà, tout est dit!

vigile.quebec tribune libre 18 décemmbre 2025

Le « fighter » quitte le ring

18 décembre 2025

Il y a à peine une semaine, Pablo Rodriguez, avec la fougue du batailleur, déclarait : « Ce n’est pas le temps de changer de chef, il vente fort, mais j’ai la couenne dure [...] Je suis un fighter. Si vous pensez une seule seconde que je ne suis pas capable de renverser la vapeur, checkez-moi bien aller ». Or le « fighter » quitte finalement le ring. Le dernier crochet de droite venant du caucus a finalement sonné la fin du combat qui aura finalement duré six rounds, soit six longues semaines.

Un combat marqué par des « jabs » à répétition qui ont eu l’heur d’affaiblir à petit feu Pablo Rodriguez. On assiste d’abord au congédiement controversé de la directrice de cabinet de Marwah Rizqy, Geneviève Hinse, à l’insu du chef et pour motif de « faute grave » dont on ignore toujours la teneure, puis s’ensuivent l’expulsion de Marwah Rizqy du caucus libéral pour son «manque de loyauté», la révélation des brownies, l’entrée fracassante de l’UPAC sur fond d’allégations de prête-nom, l’exclusion de Marwah Rizky du PLQ par le chef, et l’uppercut fatal, la révélation du Bureau d’enquête du Journal eu égard à des enveloppes de 500$ comptant destinées à rembourser les contributions des donateurs à la campagne de Pablo Rodriguez.

Dans les coulisses de l’arène politique du PLQ, la situation était devenue insoutenable. Le néophyte de la scène politique provinciale démontrait de plus en plus de carence ayant trait à son leadership. Et de surcroît, l’arrivée de l’UPAC aux abords du ring faisait ressortir du placard de vieux souvenirs liés à la corruption au sein du PLQ.

L’équipe des Rouges est maintenant confrontée à la tâche ardue de trouver un remplaçant à Pablo Rodriguez dont le règne n’aura duré que six mois. Elle ne dispose que dix mois pour se préparer au combat du 5 octobre 2026. Déjà certains candidats démontrent discrètement des intentions de monter dans l’arène, notamment Charles Milliard et Karl Blackburn ayant terminé respectivement en deuxième et troisième positions lors du dernier congrès à la direction du PLQ.

Le défi est titanesque. Les supporteurs traditionnels du PLQ sont échaudés. Le prochain candidat à la couronne devra être en mesure d’esquiver les coups bas et d’attaquer ses adversaires avec fougue et aplomb. Les Libéraux doivent inévitablement miser sur le renouveau, couper les ponts avec les Libéraux fédéraux et regagner la confiance de leurs troupes. Une histoire à suivre…

vigile.quebec tibune libre 18 décembre 2025
 

PSPP au-delà de la carrière politique

16 décembre 2025

Source : Facebook le 12 décembre 2025
Michel Fortugno

Je partage car il est important que TOUS les Québécois sachent qui est leur futur premier ministre.

Je viens de lire le CV de Paul St-Pierre Plamondon et wow, je ne savais pas qu'il avait eu une carrière aussi remarquable! On sait tous que Carney a été élu grâce à son CV impressionnant, mais pourquoi les médias ne parlent-ils jamais du CV tout aussi impressionnant de Paul St-Pierre Plamondon ?
Il est titulaire d'un diplôme en droit de l'Université McGill et de l'Université de Lund en Suède, et en plus, il a un MBA d'Oxford!

Au début de sa carrière, il a été stagiaire à l'OTAN. Il a aussi œuvré en Bolivie pour défendre les peuples autochtones contre le gouvernement bolivien corrompu et il a gagné! En dehors du travail, il était le gardien de but de l'équipe de hockey d'Oxford, bien qu'il n'ait pas beaucoup d'expérience dans ce sport ici. Il a été présenté au générique d'une pub de chips au Danemark, malgré son absence totale d'expérience d'acteur. Il parle espagnol, anglais, danois et suédois.

En résumé, cet homme possède une riche expérience internationale et, tout au long de sa carrière, il a prouvé qu'il pouvait surmonter tous les obstacles et accomplir des choses incroyables malgré qu’il soit « the underdog ». (Acteur débutant, joueur de hockey débutant, défenseur d’un groupe autochtone contre le gouvernement, David vs Goliath).

Est-il vraiment surprenant que, depuis qu'il est devenu chef du PQ, le parti ait connu une telle renaissance, alors que plusieurs le croyaient disparu il y a quelques années à peine? J'ai hâte de voir cet homme devenir le premier Président d'un Québec indépendant! 

vigile.quebec tribune libre 16 décembre 2025

 

Levée de rideau sur nos personnes âgées

16 décembre 2025

Au Québec, environ 20 % de la population avait 65 ans et plus en 2021. Pour 2025, l'Institut de la statistique du Québec (ISQ) indique que 23,3 % des femmes sont âgées de 65 ans et plus, contre 20,1 % des hommes, un reflet significatif du vieillissement démographique de la population. En bref, plus d’une personne âgée sur 5 occupe le territoire du Québec d’aujourd’hui.

Et pourtant, force est de constater que nos personnes âgées comptent parmi les plus vulnérables dans notre société où l’urgence d’agir s’est subrepticement substituée à la douceur de vivre telle qu’exprimée avec une certaine amertume par la chanteuse Nicole Martin dans sa chanson Il était une fois des gens heureux dont voici un extrait : « Il était une fois des gens heureux/ C'était en des temps plus silencieux/ Parlez à ceux qui s'en souviennent/ Ils savent encore/ Les mots des romances anciennes/ Où ça disait toujours "le monde est beau" ».

Nos personnes âgées sont comme de vieux livres d’images du passé qu’il fait bon regarder avec elles dans un climat de bienveillance et d’accueil chaleureux. À travers leurs paroles parfois hésitantes, elle nous racontent avec leurs grands yeux l’histoire derrière l’image. Elles soufflent la poussière des ans et ressuscitent le passé d’un simple sourire. Le temps n’a plus d’importance, les heures filent à la vitesse de l’éclair. Leur récit les transporte comme par magie dans un temps « où ça disait toujours "le monde est beau" ».

Nos personnes âgées incarnent la courroie de transmission entre nous et leur passé, et nous invitent à le partager généreusement avec elles, Ainsi, lorsqu’elles nous ouvrent leur tiroir secret faut-il les écouter et plonger avec elles dans les profondeurs de leurs souvenirs. À l’aube du nouvel an 2026, peut-être pourrions-nous lever le rideau sur nos personnes âgées et leur faire une place à l’avant-scène. C’est une simple question de reconnaissance envers toutes celles et tous ceux qui ont contribué à la sueur de leur front à la construction du Québec fier et courageux dans lequel nous avons le privilège de vivre.

vigile.quebec tribune libre 16 décembre 2025
Le Soleil (version numérique) 18 décembre 2025 "Lumière sur nos personnes âgées"