Rapport Gallant, zoom sur l’imputabilité ministérielle

19 février 2026

« Quand le mensonge prend l'ascenseur, la vérité prend l'escalier….mais finit toujours par se révéler » dit un proverbe attribué à la sagesse africaine qui s’applique mutatis mutandis au rapport du commissaire Denis Gallant sur le fiasco SAAQclic.

Lors de leur comparution devant la Commission Gallant, et la ministre des Transports Geneviève Guilbault et le premier ministre François Legault ont affirmé haut et fort qu’ils n’avaient pas été informés de la hausse des coûts du projet SAAQclic qui avaient doublé depuis le début des opérations. Or le rapport confirme que le PDG Éric Ducharme, nommé au printemps 2023 après le lancement catastrophique de SAAQclic, a informé la ministre des Transports en juin et le bureau du premier ministre au mois d’août que les coûts de SAAQclic étaient devenus hors de contrôle. Ou le PDG ment ou Geneviève Guilbault et François Legault mentent, et si tel est le cas, en vertu de l’imputabilité ministérielle qui leur incombe, ils auraient dû mettre illico le projet sur pause et sont, de facto redevables du fiasco SAAQclic..

Un différentiel d’un demi million de dollars entre les projections de départ et la réalité après des années de mensonges éhontés de la part des hauts dirigeants de la SAAQ sur l’évolution chaotique du projet puisé dans les poches des contribuables ne doit pas être relégué impunément aux oubliettes. François Legault aura beau invoquer son intention de poursuivre les dirigeants de la SAAQ en justice, il ne pourra justifier son laxisme dans le fiasco SAAQclic, notamment son silence inadmissible lorsqu’il a été mis au courant en 2023 des dépassements de coût faramineux liés au projet. Idem pour Geneviève Guilbault.

Nous ne connaîtrons probablement jamais toute la vérité sur ce bordel informatique. En revanche, l’imputabilité ministérielle de Geneviève Guilbault et de Franôis Legault est désormais grandement entachée. D’un côté, le premier ministre laisse derrière lui une tache indélébile sur son héritage politique, de l’autre l’ex-ministre des Transports devra renoncer à court et à moyen terme à toute velléité d’occuper un jour le poste de première ministre.

vigile.quebec tribune libre 18 février 2026

Charles Milliard, le remède aux maux du PLQ?

17 février 2026

C’est maintenant officiel, c’est sans grande surprise que le néophyte en politique, Charles Milliard, a été couronné chef du Parti libéral du Québec (PLQ). Ses défis sont titanesques à commencer par la conquête du vote francophone au Québec et de la confiance envers un PLQ qui ne s’est pas encore remis des scandales révélés par la Commission Charbonneau.

En sus de ces écueils, dans le sillon de la saga ayant abouti à la démission de l’ex-chef du PLQ, Pablo Rodriguez, Charles Milliard devra trancher sur le retour ou non de la députée de Saint-Laurent, Marwah Rizqy, au sein de l’équipe libérale, un dossier chaud qui suscite notamment la hargne de bon nombre de députés rouges qui n’ont pas accepté son « manque de solidarité » en refusant de divulguer la « faute grave » de son ex-cheffe de cabinet Geneviève Hinse. De surcroît plane toujours l’ombre des « brownies » sur l’achat allégué de votes durant la dernière course à la chefferie de Pablo Rodriguez et qui est toujours sous enquêtes de l’UPAC et du DGEQ. Enfin il faut remettre en contexte le fait que Charles Milliard est arrivé en deuxième position derrière Pablo Rodriguez lors de la course à la direction du PLQ et que, par conséquent, il n’était pas le premier choix de la majorité des délégués.

Celui qui a occupé le poste de président-directeur général de la Fédération des chambres de commerce du Québec de 2020 à 2024 s’en est tenu jusqu’à maintenant au silence ou à des propos vagues et sans engagement de sa part sur les dossiers chauds de l’actualité politique, tels le troisième lien entre Québec et Lévis, l’abolition du PEQ et ses effets collatéraux, le projet de loi 1 sur la Constitution du Québec, le dossier encore actif sur les négociations entre les médecins spécialistes affiliés à la FMSQ et le conseil du Trésor, etc.

Le pharmacien de formation réussira-t-il à découvrir le remède idoine qui guérira les maux maléfiques qui s’acharnent sur le PLQ depuis des années? Le sort du « patient » est maintenant entre les mains du nouveau chef, Charles Milliard. Le rideau se lève sur une nouvelle ère. Reste à voir si Charles Milliard saura naviguer dans les méandres de la scène politique tout en étant à la tête d’un parti ébranlé fortement par les séquelles d’un passé lointain qui a laissé des cicatrices et d’un passé récent dont les plaies sont toujours vives.

vigile.quebec tribune libre 16 février 2026

Des chiffres, des chiffres et des chiffres…

16 février 2026

Au cours de l’émission Tout peut arriver diffusée le 14 février à 19h sur les ondes de Ici RDI, une chaîne de Radio-Canada, nous avons assisté à une guerre de chiffres digne d’un combat de coqs à n’en plus finir entre les députés Alex Boissonneault du Parti québécois (PQ) et Guillaume Cliche-Rivard de Québec solidaire (QS) portant sur la teneur des effets collatéraux de l’abandon du Programme d’expérience québécoise (PEQ) du ministre de l’Immigration, Jean-François Roberge. À tel point que l’animatrice de l’émission, Marie-Louis Ardemault, a dû intervenir à plusieurs reprises pour ramener les deux « belligérants » à l’ordre en les incitant à laisser tomber les chiffres pour parler du fond du problème, à savoir le sort inhumain vécu par les immigrants pris en otages par la décision du ministre Roberge de changer les règles du jeu en cours de route.

À ce sujet, force est de constater que le député de QS a répondu avec ardeur à l’invitation de l’animatrice et en faisant preuve d’humanité envers les immigrants floués par la fin du PEQ. Toutefois, le député péquiste n’a obtempéré à aucun moment dans ce Capharnaüm de chiffres, à l’invitation de Marie-Louise Arsenault, persistant implacablement à étaler son déluge de chiffres, à la recherche continuelle du chiffre « révélateur » derrière sa pile de notes étalées devant lui.

En somme, une entrevue qui met clairement en lumière la facette pragmatique du PQ dans l’épineux dossier de l’immigration en faisant carrément abstraction de l’aspect humanitaire, une stratégie qui, de toute évidence, porte sérieusement atteinte à sa crédibilité. D’ailleurs à ce sujet, le PQ, sous la gouverne de Paul St-Pierre Plamondon, devra tamiser la lumière sur les chiffres et diriger davantage les projecteurs sur les immigrants touchés de plein fouet par l’abolition du PEQ. Ces hommes et ces femmes sont des êtres humains avant tout, M. St-Pierre Plamondon, et non pas des rangées de chiffres qu’on aligne à partir de critères exclusivement quantitatifs.

vigile.quebec trinune libre 15 février 2026

Hommage aux enseignants

15 février 2026

Il fut un temps pas si lointain où la profession d’enseignant avait acquis ses lettres de noblesse dans la société québécoise. C’était aux temps glorieux où l’école était considérée comme le temple du savoir destiné à former la société de demain.

Or aujourd’hui, l’école est malade, elle souffre du mal d’amour. Ses murs s’effritent sous le poids des ans, les enseignants sont laissés à eux-mêmes avec les élèves à besoins particuliers, la pénurie d’enseignants qualifiés est patente, plusieurs parents délaissent leurs responsabilités envers leurs enfants, les médias sociaux et la violence qu’ils colportent sont omniprésents et l’arrivée de l’intelligence artificielle (IA) vient chambouler les approches pédagogiques, notamment au chapitre du plagiat potentiel.

Pourtant, dans ce paysage sombre et déprimant, les enseignants, pour la plupart, assurent courageusement la défense de la forteresse. Ils incarnent l’héritage légué par leurs maîtres, à savoir permettre à leurs élèves d’accéder à l’autonomie nécessaire pour devenir les adultes demain. Aujourd’hui comme hier, on ne naît pas enseignant, on le devient. En revanche, l’enseignant doit être imprégné de l’amour du jeune à qui il enseigne s’il aspire faire carrière en éducation. Il doit incarner le respect et respecter ses élèves dans un climat propice à la communication des connaissances.

Les jeunes d’aujourd’hui n’ont pas changé, c’est leur environnement qui a changé. Dans un contexte fragilisé par les médias sociaux et l’appât de la réussite sans effort axée autour d’une utopique performance, je ne peux qu’applaudir les enseignants qui, malgré les écueils qui se dressent quotidiennement devant eux, persistent à garder contact avec leurs élèves, peu importe les difficultés auxquelles ils sont confrontés. Hommage à vous, chers enseignants, pour votre détermination et votre sens du devoir! Vous représentez encore aujourd’hui le fil conducteur essentiel à la formation des adultes à venir.

vigile.quebec tribune libre 14 février 2026

François Legault, l’éléphant dans la pièce

15 février 2026

Le 14 janvier 2026, François Legault annonce sa démission comme premier ministre, effective à partir du 12 avril 2026, soit la date de la nomination du nouveau chef de la CAQ et, de facto, du premier ministre du Québec jusqu’au scrutin du 5 octobre 2026.

À ce moment-là, François Legault fait le choix de privilégier son statut de premier ministre. En revanche, deux autres alternatives s’offrent devant lui, soit proroger la session parlementaire ou de laisser l’intendance à un chef intérimaire le temps que son successeur soit désigné.

Or pendant ce temps, une course à la direction de la CAQ est bel et bien engagée, les deux candidats, Christine Fréchette et Bernard Drainville, se coltaillant « gentiment », notamment sur leur position ou absence de position sur le troisième lien entre Québec et Lévis ou sur leur recommandation à l’égard de l’abolition du Programme de l’expérience québécoise (PEQ).

Au même moment, le gouvernement continue de siéger dans une ambiance d’encan public où les partis d’opposition prennent un malin plaisir à augmenter les critiques sur un gouvernement dont la valeur « marchande » a atteint son plus bas niveau depuis sa création. Et de surcroît, en répondant également aux questions des médias et des partis d’opposition sur des politiques appelées à être modifiées par sa ou son successeur, parfois même en lançant des informations inexactes telle l’unanimité du caucus en faveur du troisième lien, François Legault déstabilise la course à la chefferie.

« Le Québec a besoin de changement », a lancé François Legault lors de sa déclaration annonçant officiellement sa décision de démissionner de son poste de premier ministre du Québec. Encore eût-il fallu que les bottines suivent les babines et que le chef démissionnaire se retire du paysage politique au lieu d’intervenir inopinément dans l’épineux dossier de l’immigration en arguant le chiffre fallacieux du 350 000 immigrants acceptés par le Québec tout en omettant de spécifier que ce chiffre désignait les immigrants acceptés au Québec depuis les débuts de l’explosion migratoire.

vigile.quebec tribune libre 13 février 2026

Abolition de l’exposé oral en français

12 février 2026

L’application du nouveau programme de français au primaire et au secondaire est reportée en 2027-2028, répondant ainsi à une préoccupation des enseignants de disposer de trop peu de temps pour se l’approprier d’ici le début de l’année scolaire 2026-2027.

Or parmi les changements proposés, le nouveau programme de français prévoit notamment remplacer l’exposé oral devant la classe par des débats, discussions et jeux de rôle. À mon avis, c’est bien peu faire de cas des nombreux objectifs de l’exposé oral lesquels visent à développer la compétence à communiquer de façon claire, structurée et cohérente. De surcroît, ils font appel à la recherche d'informations, la structuration d'un raisonnement, l'utilisation d'un vocabulaire précis, la maîtrise de la prosodie et la capacité à s'adresser à un public. 

À ce sujet, j’ai souvenir encore du silence respectueux des élèves au moment où le locuteur se présentait devant la classe pour présenter son exposé, et, phénomène tout à fait naturel voire formateur, de la nervosité qui l’accompagnait. Les sujets proposés étaient variés, passant de la critique d’un livre ou d’un film, d’une chanson à l’analyse d’un fait vécu et cela, en l’espace de 2 à 3 minutes. Pendant la présentation de l’élève, je me tenais au fond de la classe et cotais le degré d’atteinte des critères précédemment retenus et divulgués aux élèves sur une échelle de 1 à 10.

De remplacer les exposés oraux par des débats, discussions ou jeux de rôle tient, à mon sens, de l’aberration, les objectifs visés par les deux modes d’expression étant totalement différents, les débats faisant appel notamment au pouvoir de persuasion d’un participant à l’intérieur d’un groupe. Et s’ajoute à cette différence la difficulté, voire l’impossibilité de noter la performance de l’élève dans les échanges avec le reste du groupe.

À toutes fins pratiques, débats et exposés oraux sont inconciliables quoique complémentaires, la capacité d’un élève à exprimer sa perception sur un sujet faisant partie des objectifs qui y sont inhérents. C’est pourquoi, il serait pertinent, à mon sens, de mener de front les deux exercices pédagogiques au lieu de déshabiller Pierre pour habiller Paul.

vigile.quebec tribune libre 12 février 2026

Christine Fréchette, la voix de la raison

11 février 2026

L’ex-ministre de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie et candidate à la succession de François Legault à titre de chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) et de première ministre du Québec, Christine Fréchette, a choisi délibérément, selon ses propres dires, la voix de la raison plutôt que celle de l’émotivité. Une flèche à l’endroit de son adversaire, Bernard Drainville, pour qui les réflexions sur la pertinence du troisième lien entre Québec et Lévis ont duré assez longtemps, qu’il est temps de prendre position et d’aller de l’avant dans le dossier du troisième lien entre Québec et Lévis.

Un investissement de « 11 mille millions$ » [une image qui vaut mille mots] mérite qu’on prenne le temps d’y réfléchir sérieusement avant de se lancer à corps perdu dans l’ampleur d’un tel projet, argue-t-elle. Une approche difficilement contestable dans un contexte où les besoins sur l’accessibilité à un logement abordable, le prix croissant du panier d’épicerie et l’augmentation inquiétante du nombre d’itinérants au Québec sont criants.

Or la CAQ, reconnue comme un parti axé sur la solidarité ministérielle autour du fondateur du parti, François Legault, se fissure de plus en plus, le caucus exprimant à voix haute sa position sur le projet et ce, malgré la déclaration récente de François Legault sur l’unanimité des députés de la CAQ en faveur du troisième lien, y compris les deux candidats à la direction du parti.

En revanche, Christine Fréchette a entrouvert la porte récemment en déclarant qu’il existe un réel problème de congestion routière dans la grande région de Québec, notamment sur l’axe nord-sud reliant Québec à Lévis et vice versa sans toutefois spécifier la teneur de la solution ni du tracé qu’il devrait emprunter.

Par ailleurs du côté de la population de la grande région de Québec, le dernier sondage SOM-Le Soleil indique qu’à peine plus d’un électeur sur quatre croit encore que le troisième lien se réalisera et qu’un maigre 7% se montre très confiant. Or plus des deux tiers des 1054 répondants sondés ne sont que «peu» voire «pas du tout» confiants.

Enfin quelle que soit la position finale retenue par Mme Fréchette, tout indique que le troisième lien risque de jouer un rôle déterminant dans la course à la direction de la CAQ, et qu’il fera l’objet de la question de l’urne lors de la nomination du prochaine chef de la CAQ le 12 avril. Je gagerais un vieux 2$ sur la voix de la raison.

vigile.quebec tribune libre 11 février 2026

Les « critiqueux »

9 février 2026

Pour mettre les choses au clair dès le départ, je respecte le droit à la liberté expression, il est fondamental dans une saine démocratie. Toutefois là où j’émets certaines réserves concerne les propos souvent incendiaires de certains individus dont le métier est de critiquer certaines œuvres littéraires ou cinématographiques, et que je qualifierais de « critiqueux ». J’en ai pour exemple la présence régulière de deux critiques invités hebdomadairement à l’émission Tout peut arriver animée par Marie-Louise Arsenault sur les ondes de Ici RDI le samedi à 19 h.

Le scénario est le suivant : un auteur invité est interrogé par l’animatrice sur l’oeuvre qui constitue le nœud de la discussion qui se déroule entre eux sous la forme d’entrevue généralement tenue dans la bonne entente. Par la suite, entrent en jeu les deux critiques invités qui émettent leurs opinions sur l’oeuvre de l’auteur qui, rappelons-le, assiste tant bien que mal aux propos des critiques.

Or là où le bât blesse, c’est lorsque les « critiqueux » attaquent un aspect du scénario du film ou d’un passage du livre soumis à la critique après qu’ils eurent encensé comme il se doit l’ensemble de l’oeuvre. À ce moment-là, les flèches qu’on pourrait qualifier d’empoisonnées, fusent en direction de l’auteur qui n’a d’autre choix que de les subir. « Moi, j’aurais aimé que tel ou tel personnage soit plus…ou moins… » [remarquer l’utilisation dominante du « moi »] , lancent sans coup férir les « critiqueux », esquissant même à l’occasion un petit sourire narquois. Après tout, il faut bien que leur présence à l’émission soit justifiée, une critique entièrement positive n’aurait tout simplement pas l’heur de satisfaire leur soif de pouvoir sur le « condamné ». Tout simplement pathétique!

vigile.quebec tribune libre 9 février 2026

Formation en enseignement à rabais

9 février 2026

Le baccalauréat conduisant à l’obtention d’un permis permanent d’enseigner au primaire et au secondaire exige trois années universitaires, soit 90 crédits. Or devant la pénurie de main d’oeuvre chez les enseignants, le ministère de l’Éducation (MEQ) a écourté cette autorisation d’enseigner à une année, soit 30 crédits, une solution qui, à mon avis, comporte de nombreux désavantages.

Enseigner est un art qui nécessite l’apprentissage de notions élémentaires visant la communication de connaissances à des jeunes. C’est ce qu’il est convenu d’appeler la didactique, laquelle doit être nécessairement accompagnée de stages sous la gouverne d’un enseignant qualifié. De toute évidence, cet outil indispensable à la formation des maîtres sera amputé de la formation à rabais des futurs enseignants.

En corollaire, ce sont les enseignants qualifiés, déjà submergés par la lourdeur de leur tâche due à la croissance d’élèves à besoins particuliers pour qui le personnel spécialisé est en pénurie qui écoperont de facto des carences des enseignants soumis au nouveau programme de formation écourté.

C’est sans compter la connaissance approfondie de la matière enseignée qui ne peut que souffrir du laps de temps très court dédié à son contenu pédagogique, un effet négatif direct sur la qualité de la formation des jeunes dans leur curriculum.

Enfin, cette formation atrophiée, destinée au départ à combler rapidement la pénurie de personnel enseignant à moyen terme, risque d’avoir pour effet d’aggraver la situation sur la qualité de l’enseignement auprès des élèves et la surcharge des enseignants appelés à dépanner les nouveaux venus, un scénario qui risque de dégénérer en départs précipités des enseignants plus anciens. Somme toute, à vouloir tenter de résoudre un problème en en déplaçant les difficultés, le MEQ n’aura que déshabiller Pierre pour habiller Paul.

vigile.quebec tribune libre 9 février 2026


 

À l’école des parents

8 février 2026

L’école est malade, elle souffre du mal d’amour. Elle baigne dans un monde malsain où l’élève est pris en otage dans des infrastructures dont la charpente tombe en décrépitude, son personnel enseignant est surchargé et les parents brillent malheureusement trop souvent par leur absence.

Dans ces piètres conditions de travail, il n’est donc pas surprenant que près de la moitié des nouveaux enseignants quittent la profession après cinq ans. Alors que le nombre d’élèves éprouvant des difficultés particulières ne cessent de croître, le personnel spécialisé manque cruellement à l’appel si bien que l’enseignant peine à accomplir la tâche pour laquelle il s’est engagé, à savoir communiquer des connaissances à ses élèves.

Autre irritant de taille, le désengagement de plusieurs parents eu égard au suivi et à une étroite collaboration qui doit s’établir entre le personnel scolaire et les parents. Une approche essentielle pour éviter que le jeune soit continuellement ballotté entre deux mondes malencontreusement distincts et fatalement contre-productifs. À cet effet, permettez-moi de vous relater un événement fort révélateur. À cette époque, j’étais directeur d’une école secondaire. Or ce matin-là, je rencontrais une mère et son garçon qui avait été impliqué dans une histoire de vente de drogue à l’école, une faute qui, selon nos règlements, conduisait à l’exclusion. Toutefois, j’avais planifié de le garder à l’école pour autant que la mère m’assure de sa collaboration. Or après lui avoir fait part de mes intentions, elle me répondit à peu près en ces termes : « Écoutez, monsieur, je préfère tirer un joint avec mon garçon le samedi soir à la maison plutôt qu’il se mette à boire de l‘alcool avec ses copains et qu’il devienne alcoolique! » Inutile de vous dire que j’ai dû renvoyer l’élève de l’école devant le manque évident de collaboration de la mère.

La communication entre le personnel scolaire et les parents représente une courroie de transmission essentielle à la formation continue du jeune particulièrement dans un monde où les médias sociaux l’envahissent de phénomènes de violence exacerbés par la somme astronomique d’heures passées devant son écran. Aussi est-il impérieux de maintenir et de favoriser le lien entre les parents et le milieu scolaire. Il en va de l’avenir des futurs adultes appelés à former la société de demain.

vigile.quebec tribune libre 8 février 2026