Recours aux travailleurs étrangers: préjudice ou réalité?

16 avril 2013

Pendant qu’Ottawa serre la vis à la main-d’œuvre étrangère dans son projet de réformes du Programme des travailleurs étrangers temporaires, le directeur général de la Fondation des entreprises en recrutement de main-d’œuvre agricole étrangère, Denis Hamel, s'inquiète du fait qu'au moins 350 Guatémaltèques, qui devraient être déjà arrivés au Québec, sont toujours retenus dans leur pays, des retards qu’il juge suffisamment inquiétants pour faire craindre un mauvais début de saison dans certaines fermes du Québec.

D’un autre côté, certains commentaires, que je qualifierais de préjudiciables, allèguent que la main d’œuvre québécoise ne montrerait pas beaucoup d’intérêt pour les emplois temporaires. Pourtant, Kathleen Côté, une Québécoise de 36 ans du quartier Limoilou, qui cueillait des pommes pendant la saison automnale chez un cultivateur de l'île d'Orléans ces 12 dernières années, a été remplacée par des travailleurs étrangers d'origine guatémaltèque l’automne dernier.

Ainsi, quand Mme Côté entend les agriculteurs dire qu'ils embauchent toujours les Québécois qui sont prêts à travailler dans les champs, elle se pose de sérieuses questions. Elle a plutôt l'impression qu’elle ne servira qu'à «boucher les trous» quand son employeur en aura besoin si elle retourne à ses anciennes occupations.

Loin d’être un défenseur habituel des politiques du gouvernement Harper, je dois lui donner raison dans le cas de son projet de réformes du Programme des travailleurs étrangers temporaires visant à favoriser en priorité les travailleurs canadiens. Quant à M. Hamel et tous ceux qui appuient ses doléances envers les effets négatifs potentiels de ce programme, je serais porté à leur conseiller de faire leur petite enquête du côté des Québécois qui seraient intéressés par ces emplois temporaires. Peut-être trouveraient-ils la main-d’œuvre nécessaire pour combler leurs besoins!

quebechebdo 16 avril 2013

La leçon d’humilité

15 avril 2013

Il y a de ces gens à qui la notoriété semble leur procurer tous les avantages, y compris celui de s’enorgueillir des privilèges que leur confère un poste important, voir même de développer un art pour la mesquinerie. À mon sens, Régis Labeaume correspond parfaitement à ce type de personne et je crois que notre maire tirerait avantage à méditer sur cette pensée de Montaigne: « Si haut que l’on soit placé, on n’est jamais assis que sur son cul »… Une leçon d’humilité qui pourrait permettre au « maître de céans » de descendre de son siège de maire et de devenir un citoyen apprécié pour ce qu’il est et non pas pour ce qu’il fait.

quebechebdo 15 avril 2013

L’art de pelleter par en arrière

15 avril 2013

Au moment où la légitimité du rapatriement de la Constitution de 1982, dirigé habilement par Pierre-Elliot Trudeau, est remise en question par les révélations troublantes de l’historien Frédéric Bastien dans son livre intitulé « La bataille de Londres », le fils de l’ancien premier ministre libéral, Justin, sans surprise, est élu chef du PLC, soit 45 ans après que son père soit désigné au même titre.

Rappelons d’abord que l’ouvrage de M. Bastien jette un éclairage nouveau sur les manoeuvres du gouvernement fédéral lors du rapatriement de la Constitution, particulièrement sur le fait qu’il y a eu ingérence du pouvoir judiciaire dans les affaires politiques, alors que le juge en chef de la Cour suprême du Canada, Bora Laskin, aurait transmis de l’information sur l’état des délibérations des juges aux gouvernements canadien et britannique dans les mois précédant le rapatriement de la Constitution, ce geste constituant une atteinte sérieuse au principe de la séparation des pouvoirs dans le système parlementaire de type britannique.

Qu’à cela ne tienne, le nouveau dauphin à la tête du PLC, s’adressant directement aux Québécois qui, soit dit en passant représentent seulement 12% des votes reçus par Justin Trudeau, clame qu’il faut « laisser de côté les chicanes et les débats qui alimentent la grogne » en plus d’ajouter, pour étendre un peu de glaçage sur le gâteau, qu’il « souhaite que les Québécois deviennent, à nouveau, des bâtisseurs du Canada…[qui] veulent travailler avec les Canadiens qui partagent leurs valeurs pour bâtir un pays meilleur pour nos enfants », sans oublier d’ajouter un peu d’émotion à la pâte en lançant langoureusement avoir été touché par les conversations qu’il a eues dans la province au cours des derniers mois.

Et, pour agrémenter son gâteau, le fils de l’autre, de qui il a très bien appris la leçon de la « petite séduction », y ajoute la cerise en lançant candidement : « Je ne prends rien pour acquis. Je sais que la confiance, ça doit se mériter. Et je compte bien mériter la vôtre… Le Canada est un grand projet inachevé. Et c’est à nous, avec tous les autres Canadiens, d’en faire le pays que nous voulons. Le temps est venu pour nous d’écrire un nouveau chapitre dans l’histoire de notre pays ».

Enfin, puisqu’il faut bien parler un peu politique, Justin Trudeau soutient que la « politique positive » qu’il présentera, par opposition à celle, négative, du PC et du NPD, aidera le PLC à regagner le pouvoir…un appel au ralliement des troupes dont la vacuité n’a d’égale que le reste de son discours.

Eh bien, M. Trudeau, bienvenue à table…Maintenant que le gâteau des anges est servi, nous attendons le contenu de la recette et nous sommes suspendus aux lèvres des convives pour connaître leur opinion sur le goût qu’il laisse dans leur bouche !

vigile.net tribune libre 15 avril 2013
quebechebdo 15 avril 2013 "Justin Trudeau – L'art de pelleter par en arrière"



Une découverte généalogique inattendue

14 avril 2013

Justin Trudeau et Thomas Mulcair sont « cousins » de neuvième génération, selon des historiens qui se sont penchés sur les arbres généalogiques du chef du NPD, Thomas Mulcair, et du meneur dans la course à la chefferie du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau.

Le principal site canadien de recherche généalogique, Ancestry.ca, partenaire de Bibliothèque et Archives Canada, en a fait l’annonce mercredi le 10 avril , alors que, par un fruit du hasard, la nomination du nouveau chef du PLC et le congrès annuel du NPD se tiennent tous les deux cette fin de semaine.

« C’est toujours intéressant de trouver un lien de parenté entre deux personnes qui sont étroitement liées par leur travail, a déclaré Lesley Anderson, historienne et spécialiste du contenu chez Ancestry.ca. Ce l’est d’autant plus lorsqu’ils sont rivaux, que ce soit dans les affaires ou en politique. »

« C’est incroyable de penser qu’un mariage célébré il y a près de 400 ans est à l’origine de l’ascension de deux des trois principaux acteurs politiques du pays aujourd’hui, alors que le Canada, sous sa forme actuelle, n’existait même pas à l’époque où ce mariage a eu lieu », a poursuivi Mme Anderson.

Selon les experts d’Ancestry.ca, Thomas Mulcair et Justin Trudeau sont unis par des ancêtres canadiens-français communs dont les racines familiales remontent à quatre siècles, un lien qui débute avec leurs grands-parents de la huitième génération, à savoir Mathieu Amiot et Marie Miville.

Dans toute cette histoire, il est intéressant, d’une part, de constater que les deux cousins fédéraux ont des ancêtres francophones et d’autre part, que tous les deux héritent de personnages qui ont laissé leur « marque » sur la scène politique canadienne, à savoir Pierre-Elliot Trudeau et Jack Layton, lesquels ont suscité, chacun à son époque, la trudeaumanie pour l’un et la vague orange pour l’autre.

Toutefois, les deux cousins aspirants au trône de la monarchie constitutionnelle canadienne ont du boulot sur la table avant de déloger le dinosaure du 24 promenade Sussex …à moins que les cousins ne s’entendent sur des alliances stratégiques, compte tenu que le NPD se doit d’étendre son électorat hors du Québec et que le PLC, lui, se doit de réintégrer le territoire québécois.

Enfin, on ne sait jamais ce qui peut trotter dans la tête des « grands personnages » mais une chose est sûre, ils auront tous les deux de nombreux appuis au Québec provenant d’autres grands personnages issus, ceux-là, de la presse partisane et du milieu des affaires pour encenser à grands coups de palabres les « vertus bénéfiques » d’un Canada uni !

quebechebdo 14 avril 2013
vigile.net tribune libre 14 avril 2013

Les forces et les limites de la convergence

13 avril 2013

L’un des sujets qui a retenu le plus l’attention des participants au grand rassemblement des États généraux sur la souveraineté du Québec qui s’est tenu dans la Capitale nationale le 6 avril 2013 est sans contredit la notion de convergence des idées de laquelle les 650 souverainistes présents ont été invités à discuter.

Comme moyen de parvenir à cette convergence, les partisans présents ont mis sur pied trois chantiers dont, entre autres, celui de la préparation d’une constituante qui sera appelée à devenir la future constitution d’un Québec indépendant. À mon avis, la convergence, que le dictionnaire définit comme « le fait de tendre vers un même but ou un même résultat », citant en exemple « la convergence des efforts », représente un atout majeur dans l’élaboration d’une constituante qui servira de pierre angulaire pour les étapes ultérieures.

Toutefois, je ne crois pas que cette convergence d’idées réussira à elle seule à mobiliser les souverainistes à la réalisation d’un Québec indépendant…et c’est là qu’elle atteint ses limites. Selon moi, il faudra aller au-delà d’une convergence idéologique et parvenir à bâtir des alliances stratégiques entre les partis souverainistes.

À cet effet, même si les représentants de ces divers partis ont répété leur détermination et leur volonté à travailler ensemble à la promotion de la cause de l’indépendance du Québec, j’apporterais un bémol important à cet engagement, en ce sens que le représentant du PQ, Alexandre Cloutier, ajoute du même souffle que c’est en se ralliant au Parti québécois que la cause de l’indépendance atteindra son objectif.

En résumé, je dis oui à la convergence des idées tout en ajoutant que cette démarche devra inclure une démarche qui englobe des alliances stratégiques entre les partis, ce à quoi le PQ, pour l’instant, de toute évidence, ne semble pas disposé…C’est à suivre !

vigile.net tribune libre 13 avril 2013
quebechebdo 17 avril 2013



Pourquoi vous irriter, M, Labeaume?

13 avril 2013

On ne compte plus les occasions où le maire de Québec, Régis Labeaume, s’attaque aux instances gouvernementales. Cette fois-ci, il vilipende le ministère des Affaires municipales relativement au projet de loi 26 sur le financement des partis municipaux.

Quoique en accord avec le resserrement des règles de financement des partis municipaux, Régis Labeaume s’en prend au gouvernement concernant ce qu’il qualifie de « festival du contrôle » sur les municipalités dans une liste de mesures pour resserrer les moeurs des municipalités.

«À Québec, on pense qu'on est honnêtes, qu'on gère bien. Mais il y a comme un festival de restrictions, de nouvelles règles et de nouvelles lois pour les villes que tu sois bon, pas bon, honnête, pas honnête», lance le maire de Québec.

Eh bien, M. Labeaume, si, à Québec, l’administration municipale est honnête, pourquoi vous irriter contre ces mesures de contrôle puisqu’elles ne vous concernent pas et que vous n’en subirez aucun inconvénient?

quebechebdo 13 avril 2013
vigile.net tribune libre 16 avril 2013

Aller au-delà de la sémantique et passer au vrai travail

12 avril 2013

Dans son opinion intitulée « Indépendance : le sens et la vérité d’un mot » publiée dans Le Devoir du 10 avril, M. Jocelyn Coulon, directeur exécutif de l’Idée fédérale, y va d’une attaque en règle contre ceux qui se montrent timides sur l’utilisation du mot « indépendance », écorchant au passage Jean-Martin Aussant : « Ainsi, l’ex-député péquiste Jean-Martin Aussant a créé un parti “ souverainiste ”, mais il n’utilise pas le mot “ indépendance ”. »

Le 11 avril, toujours dans Le Devoir, le chef d’Option nationale réplique à M. Coulon dans un article portant le titre « Le choix d’un mot – Souveraineté ou indépendance ? » : « Pour ma part, j’ai toujours trouvé inutile de perdre de l’énergie à s’entredéchirer sur le choix du mot à utiliser, d’autant plus que ça semble assez futile du point de vue d’un indécis qui se demande si le projet lui-même est fondé ou pas… Mais le choix du mot appartient bel et bien à chacun. Qu’on me dise être indépendantiste ou souverainiste, je saurai qu’on veut la même chose que moi. Si on me dit être fédéraliste, provincialiste ou monarchiste, je saurai alors qu’il reste des gens à convaincre, que nous ne serons jamais si bien servis que par nous-mêmes et qu’il est grand temps que nous y voyions, bien au-delà de la sémantique. Au travail. »

Ce n’est pas d’hier qu’une telle saga sur le choix du mot à utiliser pour désigner notre allégeance fait couler beaucoup d’encre. À cet effet, JMA pointe l’ancien premier ministre du Canada, Jean Chrétien qui « prenait grand soin d’utiliser le mot séparatiste. Étrangement, je n’ai pas vu M. Coulon le critiquer à cet égard et lui reprocher de ne pas avoir parlé d’indépendance. Sans doute M. Chrétien trouvait-il que la connotation quelque peu négative et péjorative du mot séparatiste, surtout dans sa bouche, pouvait donner mauvaise image à ceux qui veulent simplement faire en sorte que le Québec possède la capacité de choisir son propre destin ».

À toutes fins pratiques, il me semble que ce sempiternel débat a assez duré et qu’il est temps d’aller au-delà de la sémantique et de passer au vrai travail, à savoir, comme l’exprime si justement JMA, de « convaincre les Québécois des avantages pour le Québec d’être un pays qui contrôle tous ses leviers décisionnels ».

vigile.net 12 avril 2013
quebechebdo 12 avril 2013

Les mots, toujours les mots

12 avril 2013

Décidément, par les temps qui courent, les Québécois semblent se complaire à participer à une guéguerre de mots. En effet, après toute la saga qui a entouré le débat sur les notions de souveraineté et d’indépendance au cours des derniers jours sur la scène provinciale, c’est maintenant au tour de la scène municipale de Montréal de faire la manchette en voulant changer le nom de Fondation du maire par Fondation Montréal inc.

Selon Nicolas Boileau, «ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément»… Il appert que les Québécois éprouvent beaucoup de difficultés à trouver les mots qui énoncent clairement ce qu’ils conçoivent et, par le fait même, à découvrir aisément les mots pour le dire!

quebechebdo 12 avril 2012
vigile.net tribune libre 12 avril 2013

Il est temps de ranger le bonhomme sept-heures dans le placard

11 avril 2013

Au départ, laissons la parole à Josée Boileau dans son éditorial du 10 avril 2013 paru dans Le Devoir sous le titre « Reconnaissance du Québec – Finies les peurs! » « Même si certains obnubilés du présent voudraient qu’on oublie les « vieilles chicanes », l’histoire a toujours des choses à nous apprendre, et des leçons magistrales à nous donner. Entre dans cette catégorie le fait que l’indépendance du Québec n’a finalement jamais fait peur au reste du monde. Une autre tromperie démasquée ! »

Par la suite, son article consiste à énumérer une liste de faits historiques qui ont contribué à créer des peurs et des déceptions amères chez les Québécois, tels que les fausses promesses de renouvellement du fédéralisme de Pierre Elliott Trudeau, la mascarade du « love-in » de 1995, l’acceptation massive de nouveaux citoyens canadiens aux moments référendaires, le scandale des commandites, l’interventionnisme politique du juge en chef de la Cour suprême lors du rapatriement de la Constitution en 1982, les arguments de fond que les fédéralistes servent aux Québécois depuis des décennies pour les convaincre de leur petitesse, les peurs concernant la non-viabilité économique d’un Québec indépendant, le fait que le nouveau statut du Québec n’aurait que la France comme appui alors que les recherches historiques à ce sujet prouvent que les Américains comme les Britanniques reconnaîtraient un Québec indépendant.

« Les grandes puissances ne se laissent pas dicter par leurs émotions mais par leurs intérêts, et elles ont le sens de l’histoire. C’est la réalité qui compte pour elles, pas les élucubrations », poursuit Josée Boileau, une assertion à laquelle je me rallie aisément.

Toutefois, peut-on appliquer cette dernière observation au Québec actuel? En d’autres termes, peut-on considérer le Québec comme une « grande puissance »? Le peuple du Québec a-t-il le « sens de l’histoire »? À mon sens, je répondrais par la négative à ces deux dernières interrogations.

Conséquemment, il est urgent que le cours d’histoire nationale, dont le contenu actuel est remis en question, autant par certains historiens que par certains enseignants, soient mis au diapason des faits historiques marquants du Québec si on souhaite inculquer à notre jeunesse ce sens de l’histoire, indispensable au développement de notre fierté nationale. « …ce pays bancal a besoin d’être redressé, et pas, n’en déplaise à François Legault, sur le plan économique, mais sur celui de son histoire, dont il est dépossédé », conclut Josée Boileau.

À mon sens, le bonhomme sept-heures, encore présent dans la tête de nombreux Québécois, ne sera définitivement rangé dans le placard que le jour où ce « pays bancal » qu’est le Québec retrouvera sa fierté nationale. Alors, nous pourrons commencer à qualifier ce Québec de « grande puissance » en émergence!

quebechebdo 11 avril 2013

À la recherche d’une sortie de secours pour le PQ

10 avril 2013

D’entrée de jeu, avant que quelqu’un puisse penser que je m’acharne sur Bernard Landry, le politicien, compte tenu de ses propos sur certaines de ses positions sur lesquels j’ai exposé mon point de vue dans deux de mes derniers articles, je tiens à vous confirmer mon admiration pour celui que Michel Vastel a qualifié de « grand dérangeant » dans le titre de sa biographie.

Toutefois, il faut bien admettre que le parcours qu’il a utilisé depuis quelques mois est souvent soumis à des méandres difficilement explicables. Regardons les faits.

Le 24 janvier 2012, Bernard Landry publie dans les médias une lettre acerbe dans les grands quotidiens québécois, critiquant vertement la gouvernance souverainiste prônée par Pauline Marois, alléguant, entre autres, que cette stratégie envoie un message « très néfaste » à la population. En voici quelques extraits :

« On ne peut faire comme si on était souverain quand on est une simple province, ni agir comme si on était aux Nations unies quand on siège tout bêtement au Conseil de la fédération », assène M. Landry dans sa lettre. « Une telle doctrine envoie le message que si l’on peut agir en État souverain sans l’être, la souveraineté n’est donc pas indispensable… Si on peut gouverner souverainiste sans l’être, pourquoi se battre pour la souveraineté ?… En tout respect pour ceux et celles qui, de bonne foi, ont concocté ce contenu inapproprié dénommé « gouvernance souverainiste », celui-ci, à l’examen, paraît largement à l’origine de nos difficultés ».

Quinze mois plus tard, alléguant le sacro-saint argument du gouvernement minoritaire péquiste, M. Landry sacrifie son enthousiasme au profit du pragmatisme en se ralliant à la gouvernance souverainiste. Pour expliquer son revirement, il invoque le fait qu’il avait espoir de voir le PQ prendre le pouvoir de façon majoritaire.

Enfin, le 6 avril dernier, en clôture des États généraux sur la souveraineté du Québec, Bernard Landry se fait le porte-étendard de la notion d’indépendance en clamant haut et fort : « Regardons les choses en face, utilisons les bons mots, nous voulons l’indépendance ! »

Comment, en toute logique, M. Landry peut-il se rallier à la gouvernance souverainiste du PQ-Marois qui lui paraît largement à l’origine des difficultés du Parti québécois tout en se faisant un fier défenseur du concept d’indépendance alors qu’il y a un peu plus d’un an, il décriait cette même gouvernance souverainiste en la qualifiant de stratégie qui envoie un message très néfaste à la population en ce sens « qu’une telle doctrine envoie le message que si l’on peut agir en État souverain sans l’être,[que] la souveraineté n’est donc pas indispensable ».

À mon avis, Bernard Landry, sans présumer d’aucune mauvaise intention de sa part, cherche une sortie de secours pour le PQ, un parti pour lequel il s’est battu pendant toute sa carrière politique, une sortie de secours qui, malheureusement, risque de ne pas profiter au PQ mais plutôt de le cantonner dans le repère de sa gouvernance souverainiste.

vigile.net tribune libre 10 avril 2013