1970…Le début d’un temps nouveau

21 avril 2013

1970…Le 29 avril, le Parti québécois participe pour la première fois aux élections générales et fait élire sept députés. Octobre de la même année, le Québec est en crise suite aux enlèvements de James Richerd Cross et Pierre Laporte par le FLQ. Toujours en 1970, Rnée Claude interprète pour la premièr fois la chanson "Le début d'un temps nouveau, sur des paroles et une musique de Stéphane Venne. En voici un extrait:

« On connaît les détours des tours du monde
On a les yeux du cinérama
Nos âmes sont devenues des ballons sondes
Et l'infini ne nous effraie pas
Et l'infini ne nous effraie pas
Et l'infini ne nous effraie pas »

À cette époque, le peuple québécois vit une effervescence patriotique qui bouscule les règles établies depuis des siècles…Il y a de cela plus de quarante ans et…nous en sommes toujours là, « effrayés par l’infini »! C’est Victor Hugo qui disait : « Il y a une chose plus forte que toutes les armées du monde, c’est une idée dont le temps est venu. » Alors, quand allons-nous enfin pouvoir proclamer que « le temps est venu » pour le Québec d’accéder à son indépendance?

Une question toujours sans réponse…Une énigme qui nous place devant la résolution de la quadrature du cercle comme si nous étions condamnés à la fatalité de la dépendance à un pays qui n’est même pas le nôtre! Aberrant, non?

Ce qui m’amène à une autre question : pourquoi? Le peuple québécois se complairait-il dans cette soumission aveugle au Canada, dans ce colonialisme qui semble l’avoir stigmatisé à tout jamais? J’avoue que là aussi, la réponse n’est pas aussi claire que deux et deux font quatre!

Pourtant, il y a eu un moment de notre histoire où nous sommes venus bien prêts de répondre à ces questions, à savoir le 30 octobre 1995, lors du second référendum. N’eût été, comme a déclaré ce soir-là Jacques Parizeau, de « l’argent et du vote ethnique » [phrase lapidaire qui a conduit à sa démission], les Québécois auraient franchi un grand pas vers leur indépendance compte tenu que l’écart entre le « oui » et le « non » n’était que de quelque 55 000 voix.

Dix-huit ans plus tard, nous en sommes encore à tourner en rond autour de fioritures désuètes au lieu de nous poser [et surtout de nous faire poser] la vraie question : sommes-nous pour ou contre l’indépendance du Québec? À mon sens, cette question nous révélera une fois pour toutes si « le temps est venu » et si « l’infini ne nous effraie pas ».

quebechebdo 21 avril 2013

La gouvernance souverainiste: une démarche « provinciale »

21 avril 2013

Dans un document gouvernemental public concernant la gouvernance souverainiste, on peut lire qu’elle vise à «freiner et à combattre les ingérences» du gouvernement fédéral, à «assumer tous les pouvoirs» du Québec, à «repousser les limites imposées par l'ordre constitutionnel actuel» ainsi qu’à «acquérir de nouveaux pouvoirs».

Si on porte attention à ces objectifs, tout gouvernement, de toutes allégeances confondues, pourrait les viser dans l’état actuel du statut du Québec. Conséquemment, la gouvernance souverainiste ne représente qu’une démarche « provinciale » sans aucune connotation souverainiste.

quebechebdo 21 avril 2013

Une invitation à la rigueur intellectuelle

20 avril 2013

Ce que j’ai surtout retenu de l’article de Pierre Cloutier publié sur cette tribune le 18 avril sous le titre « À qui profite le crime ? », et qui peut s’appliquer particulièrement dans le domaine politique, c’est le dernier item de son argumentaire, à savoir : « Notre premier devoir comme citoyen est d’avoir le courage minimal et la rigueur intellectuelle de ne pas gober automatiquement tout ce qu’on essaie de nous présenter comme des vérités incontestables. »

Une rigueur intellectuelle qui nous ramène au « cogito ergo sum » [je pense donc je suis] de Descartes qui, ayant entrepris de repenser entièrement la philosophie sur des bases solides, met en œuvre un « doute méthodique », consistant à éliminer tout ce qui n’est pas absolument certain.

Le dernier exemple de la liste des « vérités incontestables » qu’un certain politicien manipulateur essaie de faire « gober » aux Québécois réside dans le débat suscité par Frédéric Bastien sur le rapatriement de la Constitution dans son livre « La bataille de Londres ».

Et la liste pourrait se poursuivre indéfiniment…Toutefois, là où le bât blesse avec acuité, c’est que les Québécois ont souvent tendance à se laisser envoûter par les « beaux parleurs » maniant la langue avec beaucoup de bagou, tel le père de l’autre auquel je réfère dans le paragraphe précédent. À titre d’exemples, je vous reporte à ces deux extraits du « célèbre » discours de Pierre-Elliott Trudeau prononcé au Centre Paul-Sauvé le 14 mai 1980 : « Je sais que je peux prendre l’engagement le plus solennel qu’à la suite d’un NON, nous allons mettre en marche immédiatement le mécanisme de renouvellement de la Constitution et nous n’arrêterons pas avant que ça soit fait. » Curieux comme l’histoire se répète d’une génération à l’autre dans la famille Trudeau, non ?

« Si je m’adresse solennellement à tous les Canadiens des autres provinces, nous mettons notre tête en jeu, nous, députés québécois, parce que nous le disons aux Québécois de voter NON, et nous vous disons à vous des autres provinces que nous n’accepterons pas ensuite que ce NON soit interprété par vous comme une indication que tout va bien puis que tout peut rester comme c’était auparavant. Nous voulons du changement, nous mettons nos sièges en jeu pour avoir du changement ». Remarquez l’utilisation des mots « l’engagement solennel » et « je m’adresse solennellement… » Des termes qui s’adressent aux émotions des spectateurs… Et le changement promis, certains Québécois l’attendent encore !

Enfin, pour revenir à la conclusion de l’article de Pierre Cloutier, je la perçois comme une sage mise en garde contre les « apparences » de vérités dans lesquelles excellent de nombreux politiciens, et une invitation à développer le sens critique nécessaire à toute prise de décision à laquelle nous sommes confrontés, particulièrement quand l’avenir de notre nation est en jeu.

vigile.net tribune libre 20 avril 2013

Usage du français: des dérives inquiétantes

20 avril 2013

L’Université Laval, la plus vieille université francophone en Amérique du Nord, dérogerait à sa Politique sur l’usage du français. C’est du moins ce que prétend, preuves à l’appui, Dominique Beaulieu, doctorant en génie électrique, qui vient de créer la branche lavalloise du Mouvement Québec français.

Adoptée par le conseil d'administration de l'Université Laval en 2004, la Politique s'inscrit dans le prolongement des travaux réalisés par la Commission des États généraux sur la situation et l'avenir de la langue française au Québec. Elle est partie prenante d'une volonté de valorisation et de promotion de la langue française comme moyen de production, de diffusion et de rayonnement de la culture scientifique, artistique, littéraire et professionnelle.

Dans ce document tenant sur moins de deux pages, on précise que «le français est la langue d'usage à l'Université Laval. Il est la langue normale d'enseignement et d'apprentissage, la langue de communication et la langue de travail».

On y précise, entre autres, que les enseignants et les chercheurs ont la responsabilité de s'exprimer dans un français de qualité. Ceux-ci doivent également privilégier, «à qualité scientifique et pédagogiques égales, l'utilisation de manuels, de recueils de texte et d'outils didactiques en français», tout comme ils doivent utiliser, «à qualité scientifique et à portées égales, les canaux francophones pour la diffusion des résultats de leurs travaux scientifiques». Idem pour les étudiants, qui, de surcroît, doivent rédiger leur essai, leur mémoire ou leur thèse en français «à moins d'une autorisation spéciale de leur direction de programme».

À titre d’exemples de dérives notées par M. Beaulieu, il cite des sites Internet internes, tel celui d'ArcticNet – un réseau de scientifiques et de gestionnaires étudiant les impacts des changements climatiques dans l'Arctique canadien côtier – dont certaines sections ne sont disponibles qu'en anglais, certains travaux, dirigés par les professeurs lavallois Louis Fortier et Steeve Côté, par exemple, ne présentent que des résumés en anglais, la publication d'articles rédigés en anglais dans des revues acceptant autant les propositions anglophones que francophones. C'est le cas notamment de Richard Marcoux et Mamadou Kani Konaté, de la Faculté des sciences sociales, qui ont publié dans la langue de Shakespeare un article portant sur la francophonie en Afrique dans la revue bilingue African Population Studies, acceptant aussi des textes en français et une courte présentation de l'Université Laval, accompagnée d'une photo du recteur Denis Brière, écrite uniquement en anglais sur le site de Rio+20.

Des dérives inquiétantes qui dénotent un laxisme inacceptable de la part de la direction de l’Université qui, en raison de son prestige comme première université francophone créée en 1852, devrait démontrer un comportement exemplaire dans la défense et la promotion du français, particulièrement à cause de sa position géographique, à savoir la plus vieille ville francophone en Amérique du Nord.

quebechebdo 20 avril 2013 

L’ara beau parleur du Canada

19 avril 2013

Comme je l’ai déjà mentionné à plusieurs occasions sur cette tribune, je porte toujours une attention spéciale aux diverses pensées qui apparaissent régulièrement en haut de la page d’accueil de la tribune libre de Vigile. Cette fois-ci, elle provient de Claude Rifat El-Sayed :

« Le plus haut degré de tyrannie dans une société n’est pas l’exercice du pouvoir par les armes. Il réside dans la manipulation psychologique de la conscience, qui débouche sur le fait que la réalité est définie de telle façon que ceux qui la vivent, ne se rendent même pas compte qu’ils sont dans une prison. »

Ces citations, en plus d’être imprégnées d’une grande sagesse, ont souvent la qualité d’être encore d’actualité. À preuve celle de Rifat El-Sayed qui m’a tout de suite allumé sur l’arrivée du nouvel « ara beau parleur du Canada » sur la scène politique fédérale, à savoir Justin Trudeau.

Pour les profanes en ornithologie, sachez que l’ara est un perroquet recherché pour ses couleurs vives, son bec fort et crochu et sa capacité à répéter, d’où l’expression bien connue « répéter comme un perroquet ».

Ce n’est donc pas surprenant qu’après son tout premier caucus à titre de nouveau chef libéral le 17 avril, Justin Trudeau ait laissé entendre que la raison pour laquelle le Québec n’avait pas signé la Constitution de 1982 résidait dans le fait que son premier ministre de l’époque, René Lévesque, était souverainiste…Notre ara national « répétait » de la sorte le raisonnement de son illustre père, un argument qui ne tient pas la route puisque aucun des premiers ministres qui ont succédé à M. Lévesque, y compris les fédéralistes, n’a jamais voulu signer cette Constitution, estimant que le Québec n’en tirait pas son compte.

Par ailleurs, de passage à Québec le 18 avril, le fils de l’autre a déclaré qu’il faut « prendre au sérieux » la motion de Québec concernant les événements préjudiciables qui entoureraient le rapatriement de la Constitution tout en ajoutant du même souffle qu’il n’a pas l’intention d’y donner suite. De toute façon, l’ara beau parleur du Canada ne cesse de « répéter » qu’il n’a pas l’intention de faire resurgir les « vieilles chicanes » mais plutôt de travailler sur les dossiers importants, tels l’éducation et la santé, deux domaines, soit dit en passant, de juridiction provinciale.

Honnêtement, comment Justin Trudeau peut-il demander sérieusement aux Québécois de lui accorder leur confiance aveugle, alléguant qu’il était allé à la bonne école, à savoir celle de son père ? Comment le fils de l’homme qui a berné, voire trahi le peuple du Québec, peut-il demander, sans honte, l’allégeance de ces mêmes personnes qui ont vécu douloureusement la Nuit des longs couteaux qu’il s’efforce par tous les moyens de laisser dans le placard ?

Qu’on le veuille ou non, Justin Trudeau est bel et bien de la race de son père…un manipulateur psychologique de la conscience, « le plus haut degré de tyrannie dans une société », dans le corps d’un beau parleur. Il reste maintenant à voir s’il possède la qualité du « ramage » du paternel et s’il ira jusqu’à « répéter » sa célèbre boutade à un journaliste durant la crise d’octobre ‘70… « Just watch me » !

vigile.net tribune libre 19 avril 2013



Attentats aux États-Unis: malédiction ou vengeance?

19 avril 2013

Le terrible attentat survenu le 15 avril au marathon de Boston nous rappelle, une fois de plus, l’omniprésence de la violence et des tragédies meurtrières chez nos voisins du Sud. Dans la foulée du drame, des dizaines de médias francophones ont repris une dépêche de l’Agence France-Presse relatant les dix principaux attentats survenus aux États-Unis depuis 1970. Si on tient compte des victimes des attentats du 11 septembre 2001, le total des personnes décédées s’élève à quelque 3200 sans compter les blessés.

Quand on jette un coup d’œil sur les groupes ou individus qui ont revendiqué ces attentats, on constate que la plupart sont des ressortissants étrangers liés aux politiques d’ingérence des États-Unis dans leur pays. Conséquemment, il y a lieu, à mon sens, de se demander si ces actes terroristes sont le fruit de la malédiction ou de la vengeance!

quebechebdo 19 avril 2012

Un argument qui ne tient pas la route

19 avril 2013

Après son tout premier caucus à titre de nouveau chef libéral le 17 avril, Justin Trudeau a laissé entendre que la raison pour laquelle le Québec n’avait pas signé la Constitution de 1982 résidait dans le fait que son premier ministre de l’époque, René Lévesque, était souverainiste… Un argument qui ne tient pas la route puisqu’aucun des premiers ministres qui ont succédé à monsieur Lévesque, y compris les fédéralistes, n’a jamais voulu signer cette Constitution, estimant que le Québec n’en tirait pas son compte.

Le Devoir 19 avril 2013

Lucien Bouchard, un homme au parcours tortueux

18 avril 2013

D’entrée de jeu, je vous cite un extrait d’un article de Lucien Bouchard paru dans Le Devoir du 26 juin 1990 sous le titre « Le vrai pays » à l’époque où il a été chroniqueur au Devoir pendant quelques mois. Abordant l’échec du lac Meech, Lucien Bouchard déclare :

« Ce qu’on vient de nous dire en clair, c’est que nous ne pouvons avoir qu’un seul pays. Nos partenaires ont choisi le leur, c’est le Canada auquel ils subordonnent toute appartenance provinciale. Ils nous demandent de faire de même. C’est brutal, cela peut même être déchirant, pour certains, mais c’est net. Eux aussi, ils en ont assez de l’ambiguïté. Du coup, nous sommes envoyés à nous-mêmes, à nos racines, à nos fidélités profondes, au vrai pays que nous n’avons jamais cessé de porter en nous, au Québec… Combien de vilenies nous faut-il essuyer pour comprendre qu’ils ne veulent pas de nous ? Apparemment, il nous en fallait une de plus. Acceptant de nous faire demandeurs – et encore pour un minimum délayé en cours de route – après avoir subi le rejet de 1981, nous avons à nouveau tendu la main. Mais cette main fraternelle, un peu naïve et qui avait, à la fin, quelque chose d’un peu trop suppliant, à mon goût, on vient de la repousser. »

Il s’en est coulé de l’eau sous les ponts depuis cette époque et même bien avant 1990…La relation de Lucien Bouchard avec la politique est complexe, s’affiliant au cours des années avec différents partis politiques prônant des idéologies fort différentes. En effet, il songe d’abord à travailler pour le Parti libéral du Québec lors de la campagne de 1970, mais est profondément ébranlé par les événements de la Crise d’octobre, surtout par l’imposition par Pierre Elliott Trudeau de la Loi sur les mesures de guerre, une action demandée par Robert Bourassa. En même temps, il est un grand admirateur de René Lévesque qu’il prendra l’habitude de citer souvent dans ses discours.

Lucien Bouchard travaille pour l’option du « Oui » lors du référendum de 1980. En 1985, il est nommé ambassadeur du Canada en France par Brian Mulroney, un ami proche qu’il avait rencontré à l’Université Laval. Il se joint au gouvernement progressiste-conservateur de Mulroney en 1988 à titre de Secrétaire d’État et plus tard ministre de l’Environnement, et quittera ce poste le 22 mai 1990. Tout en demeurant un nationaliste québécois, il croit que l’accord du lac Meech proposé par Mulroney serait suffisant pour que le Québec demeure dans la confédération canadienne.

Après l’échec de Meech, Lucien Bouchard est rejoint par plusieurs collègues conservateurs et libéraux du Québec qui fondent avec lui le Bloc québécois. Le Parti québécois fait campagne pour le Bloc lors de l’élection fédérale de 1993, afin de préparer le Québec pour la souveraineté. Lors de cette élection, le Bloc québécois remporte 54 des 75 circonscriptions québécoises. Le Bloc ayant remporté le deuxième plus grand nombre de sièges dans cette élection, Lucien Bouchard devient le premier Chef de l’Opposition indépendantiste québécoise à Ottawa.

Le 12 juin 1995, Lucien Bouchard signe, en tant que leader du Bloc québécois, une entente tripartite avec le chef du Parti québécois, Jacques Parizeau, et le chef de l’Action démocratique du Québec, Mario Dumont. Cette entente établit le chemin du référendum sur une « offre de souveraineté assortie d’un partenariat ». Fidèle aux convictions de René Lévesque, Bouchard convainc Parizeau d’inclure un plan d’association avec le Canada dans la question référendaire.

Après la défaite de l’option souverainiste lors du référendum de 1995, Jacques Parizeau démissionne aussitôt de son poste de Premier ministre du Québec. Lucien Bouchard démissionne quant à lui de son siège aux communes en 1996 et devient chef du Parti québécois le 27 janvier 1996.

Sur la question de la souveraineté, Lucien Bouchard déclare qu’en raison de l’absence de « conditions gagnantes », dont il ne précise pas la nature, aucun référendum ne sera déclenché, une des principales préoccupations du gouvernement Bouchard et considérée comme faisant partie des conditions gagnantes, étant la récupération économique à travers le « déficit zéro ».

Finalement, Lucien Bouchard se retire de la vie politique le 8 mars 2001 en démissionnant de son poste de Premier ministre en déclarant que son échec à ranimer la flamme souverainiste est une cause de son départ, et il en prend la responsabilité dans son discours d’adieu. Lucien Bouchard, considéré comme plus modéré sur la question de la souveraineté que les Premiers ministres péquistes précédents, faisait également face aux critiques des radicaux de son parti, pour ne pas avoir engagé la province dans un troisième référendum sur la souveraineté dans le cours de son mandat.

Un parcours pour le moins tortueux, à l’image des allégeances politiques de Lucien Bouchard qui a nagé du fédéral au provincial comme un poisson dans l’eau. Il est un de ses personnages publics dont nous ne connaîtrons probablement jamais le vrai visage…une énigme que je qualifierais de nuisible, voire même nocive, dans un monde où la transparence et la congruence devraient être des qualités essentielles si l’on souhaite obtenir quelque crédibilité auprès de l’électorat.

vigile.net tribune libre 17 avril 2013

Dans l’étau du pouvoir « provincial »

18 avril 2013

L’article qui suit ne se veut nullement une étude approfondie de l’histoire du mouvement souverainiste au Québec mais plutôt l’étalage d’une modeste réflexion sur les raisons qui le contraignent depuis des décennies à stagner, telle une « mare à grenouilles » sans issue dans laquelle je vous invite à plonger avec moi…

Historiquement, les événements, depuis 1837 jusqu’à nos jours, qui ont marqué les étapes du mouvement d’affirmation nationale québécoise sont nombreux. Toutefois, politiquement, c’est le début des années ’60, avec le « maître chez nous » de Lesage, qui donne naissance à un véritable éveil du nationalisme québécois.

Fin des années ’60, soit le 14 octobre 1968, le Parti québécois naît de la fusion du Mouvement Souveraineté Association, du Ralliement national et, à la suite d’intenses négociations entre René Lévesque et Pierre Bourgault, du Rassemblement pour l’indépendance nationale.

Dès lors, le mouvement souverainiste prend son essor, un élan nationaliste qui aboutit aux événements d’octobre ’70 et à l’élection d’un premier gouvernement souverainiste aux élections du 15 novembre 1976, à savoir le Parti québécois, qui obtient 41% des voix et fait élire 71 députés.

À mon avis, c’est à partir de ce moment-là que le mouvement souverainiste commence à battre de l’aile, particulièrement avec la stratégie de l’étapisme qui conduit au premier référendum de 1980 et à la question pour le moins alambiquée à laquelle les Québécois sont invités à répondre…on connaît les résultats !

Par la suite, les gouvernements libéral et péquiste se succèdent au gré des fluctuations politiques entre le fédéralisme et le souverainisme jusqu’au référendum de 1995 où, grâce à la détermination de Jacques Parizeau, le Québec passe à un cheveu de la majorité. Arrive alors la période des timides stratégies des conditions gagnantes jusqu’au dernier-né, la gouvernance souverainiste.

Toutefois, à la décharge de tous les chefs péquistes qui se sont succédés à titre de premier ministre du Québec, on se doit d’admettre que « l’étau du pouvoir provincial » dans lequel ils étaient, et sont encore, cantonnés, ne leur laisse pas beaucoup d’espace pour manœuvrer une véritable stratégie d’accession à notre indépendance, compte tenu particulièrement des contraintes de gestion des affaires courantes de la « province » et des limites des pouvoirs qui leur sont « consentis » dans un État fédéral.

Il ne faut donc pas se surprendre si, dans cette conjoncture en spirale, certains « purs et durs » se sont dissociés du PQ pour créer leur propre parti et tenter leur chance dans une voie qui les conduirait enfin à l’accession du Québec à son indépendance, une situation qui, il faut bien l’admettre, a pour effet de diviser les forces souverainistes.

Alors, me direz-vous, quelle est la solution ? Sans prétendre avoir une réponse certaine à cette question, j’oserai quand même vous la soumettre. À mon sens, la réponse tient à quatre conditions qui s’imbriquent l’une dans l’autre : d’abord, procéder dans les meilleurs délais à l’unification des partis d’allégeance souverainiste, ensuite mettre sur pied une campagne de promotion articulée de l’indépendance auprès de l’électorat québécois, rédiger une constitution québécoise une fois au pouvoir, et finalement consulter les Québécois par voie référendaire sur une question claire, à savoir pour ou contre l’indépendance du Québec.

Dans l’hypothèse où nous obtenons un « oui », le Québec sera enfin libéré de « l’étau du pouvoir provincial »…sinon, le nouveau parti indépendantisme devra retourner faire ses devoirs et marteler sans répit, auprès de la population, à la fois les avantages de l’indépendance et les inconvénients d’un fédéralisme outrancier et avilissant.

vigile.net tribune libre 17 avril 2013
quebechebdo 18 avril 2013

Le Renard, le Lion et le Paon

16 avril 2013

C’est en ces termes que nous pourrions intituler le scénario qui va occuper la scène fédérale d’ici les élections de 2015…aussi ai-je eu l’idée d’en tirer cette petite fable :

Recroquevillé dans son antre,
Le Renard mijote secrètement
Quelque plan diabolique
Pour s’approprier quelques victuailles

De son côté, le Lion déambulant à pas de tortue
Dans son territoire réservé,
Rumine dans sa tête
La possibilité d’agrandir son royaume

Quant au Paon, nouvellement arrivé
Dans ce territoire étranger,
Il se fait beau, déployant sa queue multicolore
Tout en lançant quelques criaillements cacophoniques

Puis, vient un jour où des événements conflictuels
Placent nos trois compères en des lieux
Où ils doivent s’affronter âprement
Dans des batailles aux allures de combats de coqs

Le Renard multiplie les entourloupettes
Le Lion réagit par des attaques vindicatives
Alors que le Paon s’ingénie
À en faire voir de toutes les couleurs à ses adversaires

À bout de souffle, les trois belligérants
Décident de signer une trêve dans le but de se présenter
Devant leurs confrères pour connaître
Lequel se verra remettre les rennes du pouvoir

L’histoire ne dit pas qui l’emporta…
Toutefois, certaines rumeurs circulent
À l’effet que la gent animale aurait décidé
De choisir le Paon à cause de ces multiples couleurs

Comme disait George Sand :
« La cupidité ou la vanité sont toujours juges
On a tant d’exemples de succès autour de soi ! »

vigile.net tribune libre 16 avril 2012