Le principe de l’honneur sérieusement entaché

28 mai 2013

Depuis que le scandale du Sénat entourant la saga Duffy a éclaté au grand jour, Stephen Harper, selon sa « bonne » habitude, s’est littéralement « déguisé en courant d’air ». En attendant, telle une couleuvre, notre cher premier ministre canadian continue de se rabattre sur le fait qu’il a été informé de l’affaire Duffy en lisant un journal, un autre prétexte fallacieux pour tuer le temps en espérant que la GRC le sortira de ce merdier le plus vite possible en annonçant la tenue d’une enquête policière sur cette affaire.

Selon la version « officielle », le vérificateur général Michael Ferguson n’aurait pas vérifié les dépenses des sénateurs, dans son rapport de juin 2012, alléguant que « les sénateurs sont menés par le principe de l’honneur » et qu’ils avaient opposé leur veto à une telle enquête en vertu du principe de leur indépendance, des arguments qui auraient satisfait M. Ferguson concernant les règles entourant les déplacements des sénateurs.

Toutefois, dans son rapport, le vérificateur soulève quand même certaines interrogations sur les sénateurs qui sont propriétaires d’une résidence secondaire dans la région d’Ottawa. Par contre, deux des cas passés à la loupe manquaient de preuve, selon le version de M. Ferguson.

Par ailleurs, selon certaines sources, les conservateurs, dans un ultime effort pour écarter la foudre qui s’abat sur eux, proposeront dans les prochains jours une série de changements aux règles d’éthique qui doivent guider les sénateurs, concernant particulièrement les dépenses liées aux résidences secondaires et aux déplacements des sénateurs.

En effet, selon les informations obtenues via un communiqué diffusé le 26 mai, la leader du gouvernement dans la Chambre haute, Marjory LeBreton, proposera une série de modifications dont la première est libellée ainsi : « On ne supposera plus que les sénateurs se conduisent de manière honorable lorsqu’ils demandent à être indemnisés ».

Un « beau » principe qui souffre, malheureusement pour les conservateurs, de toute crédibilité compte tenu de paravents archaïques, tel le principe de l’honneur, qui ont déclenché la crise de confiance qui sévit actuellement envers cette institution tout autant archaïque appelée le Sénat canadien.

En attendant, Stephen Harper va continuer de louvoyer autour du pot dans l’espoir que la GRC prenne le relais, ce qui va lui permettre de répondre aux questions de l’opposition qu’il ne peut pas s’ingérer dans une enquête en cours…et vogue la galère des scandales étouffés par le maître d’œuvre de la diversion !

vigile.net tribune libre 28 mai 2013

Sous le couvert de la prostitution

28 mai 2013

Damien Roberge, un client et compagnon de beuverie, a été tué le 25 mars 2010 dans son logement d'un HLM de la rue du Roi dans le quartier Saint-Roch par Linda Lavoie au moyen d’une dizaine de coups de patte de table et pas moins de 17 coups de couteau.

Le verdict : homicide involontaire coupable, le terme exact de l'infraction. Le jury, composé de sept hommes et cinq femmes, a estimé que l'ex-prostituée de 47 ans, accusée de meurtre au second degré, était tellement intoxiquée par l'alcool qu'elle n'avait pas pu formuler l'intention spécifique de tuer Damien Roberge.

«Les femmes qui font de la prostitution, c'est toute leur personnalité qui s'en trouve changée et ça vient changer sur leur intention coupable, affirme l’avocat de l’accusée, Me Réjean Lavoie. Ma cliente ne pouvait pas être jugée comme monsieur et madame Tout-le-Monde.»

Si on considère tous les cas qui ne peuvent pas être jugés comme monsieur et madame Tout-le-Monde, jusqu’où irons-nous? Sur quels critères, à part son intoxication à l’alcool, se base le jury pour en arriver à la conclusion que l’ex-prostituée de 47 ans, Linda Lavoie, «n'avait pas pu formuler l'intention spécifique de tuer Damien Roberge»?

En ce qui me concerne, indépendamment de ses intentions, Linda Lavoie est coupable de meurtre non-prémédité et elle devrait subir la sentence prévue à la loi.

quebechebdo 28 mai 2013

Congrès de la Convergence nationale – L’appel au dialogue est maintenant lancé

27 mai 2013

Organisé par le Nouveau mouvement pour le Québec (NMQ), le congrès de la Convergence nationale, qui s’est tenu à Montréal les 25 et 26 mai, se voulait «le plus important rassemblement indépendantiste non partisan depuis 1995» tout en espérant répondre à la question «est-il possible de travailler ensemble pour faire du Québec un pays?

Plusieurs panélistes y ont pris la parole pour tenter d’enrichir l’argumentaire autour des enjeux de convergence nationale et de convergence électorale. En ce qui a trait à la convergence nationale, Danic Parenteau, commissaire aux États généraux sur l’indépendance, et Jocelyn Caron, auteur de « Choisir le progrès national », ont présenté des plaidoyers semblables pour une démarche constituante, c’est-à-dire la mise sur pied d’une constitution québécoise émanant d’une consultation populaire. Aux dires de M. Parenteau, «la démarche constituante et le référendum sont deux choses complémentaires. Sur un plan plus stratégique, la démarche constituante pourrait remettre en valeur le projet souverainiste».

Pour ce qui est de la convergence électorale, l’union des partis politiques souverainistes représente une démarche essentielle, à défaut de quoi, selon Philippe Brisson, conseiller à la firme de conseil stratégique Strategeum, le statu quo entraînera des défaites électorales du camp souverainiste «à court, moyen et long terme».

Conséquemment, le Parti québécois, Québec solidaire et Option nationale devraient en venir à réaliser des pactes électoraux dans certaines circonscriptions pour s’assurer que soient élus des candidats souverainistes. Une telle alliance électorale « éphémère » viendrait limiter l'effet négatif de la division des forces souverainistes au moment des élections et par conséquent, éviter le retour au pouvoir des forces fédéralistes de droite.

Toutefois, des antagonismes bien réels existent entre les partis indépendantistes et cela depuis la naissance même de Québec solidaire et d'Option nationale. En fait, ces antagonismes sont, pour les principaux d'entre eux, à l'origine même de la fondation de ces nouveaux partis.

Québec solidaire a été créé par des progressistes déçus des politiques centristes ou trop à droite du Parti québécois qui incarne, à leurs yeux, la dérive néolibérale , bien plus que par des indépendantistes dissidents qui auraient voulu remettre la question nationale au-devant de la scène. En ce qui a trait à Option nationale, pour qui la question nationale subordonne toute autre priorité, le parti de Mme Marois représente la démission nationale.

QS réussit à rassembler des militants issus du milieu communautaire et d’autres d’anciens partis d’extrême gauche. ON attire une certaine jeunesse idéaliste et dynamique, indépendantiste d’abord, de gauche ensuite.

Dans son allocution de clôture, Bernard Landry a invité les forces souverainistes à mettre fin aux divisions et à faire de la souveraineté « le seul objectif à poursuivre », en termes clairs, à « mettre le pays devant les partis ». En point de presse, l’ancien premier ministre a expliqué les timides avancées qui ont émané du congrès en ces termes :« Personne ne s’est avancé sur ce qui pourrait converger dans les plateformes, c’est vrai. On a commencé par les grands principes et par admettre que les indépendantistes ont le devoir de travailler ensemble pour la cause qui les unit. C’était le principal, et les moyens techniques par la suite seront précisés. »

Et, de poursuivre M. Landry, « il y a urgence à faire un pays du Québec, et celui-ci n’a plus le droit à l’erreur…l’indépendance n’est ni à gauche ni à droite, elle est en avant ». Il a même laissé entendre que la souveraineté n’était plus l’apanage du Parti québécois.

« [L’indépendance], ça passe par la solidarité de tous ces millions d’indépendantistes qui, à travers un parti ou l’autre, font avancer cette cause… Il y a d’autres partis indépendantistes que le PQ. Ce qui compte, c’est qu’il y ait convergence pour que les indépendantistes se soutiennent les uns les autres sur la mission fondamentale qu’est l’indépendance. »

L’appel au dialogue est maintenant lancé…À mon sens, le dialogue entre le PQ, ON et QS incarne le pari de la dernière chance. Toutefois, bien que je serais ravi que ces partis puissent établir des ententes sur des pistes de convergence, je doute que cela puisse se produire, considérant les écarts substantiels entre chacun de leur programme concernant les stratégies pour accéder à notre indépendance.

Tout dépendra de la réponse à la question «est-il possible de travailler ensemble pour faire du Québec un pays?» En ce qui me concerne, la meilleure réponse à cette question appartient à Jean-Martin Aussant qui a tenté un léger rapprochement en appelant à mettre la cause souverainiste avant les intérêts du parti lui-même. « Et il faut que cette collaboration se fasse entre partis clairement souverainistes, sinon c’est donner un chèque en blanc à ce qui résultera de ces élections-là comme gouvernement ».

quebechebdo 27 mai 2013

Au sujet du futur livre blanc du PQ sur la jeunesse – La souveraineté semble exclue des débats

26 mai 2013

Le député péquiste de Laval-des-Rapides, Léo Bureau-Blouin lance une vaste consultation pour une politique jeunesse qui débouchera sur l’adoption d’un livre blanc, d’ici la fin de l’année, où les jeunes auront été appelés à « définir le Québec de 2030 ».

Pour sa part, Pauline Marois a fait référence à une future politique qui sera « audacieuse ». Pour l’instant, l’exercice ne propose que de débattre de thèmes fort généraux. Ils vont de la citoyenneté et la mondialisation à l’environnement, en passant par les régions, l’éducation, la santé, la culture et l’entrepreneuriat.

La première ministre a affirmé que ce qu’elle initie « ne s’inscrit pas spécifiquement » dans la foulée de sa « gouvernance souverainiste ». Elle a cependant laissé entendre « qu’un Québec indépendant pourrait mieux relever tous les défis auxquels nous sommes confrontés », y compris le défi de la démographie. À un journaliste qui lui demandait si le vieillissement de la population constituait un obstacle à la souveraineté du Québec, la politicienne a haussé les épaules en répondant, « Pas plus cela qu’une autre raison. »

La protection de la langue et le dossier des accommodements raisonnables feront aussi partie des thèmes discutés, a assuré la première ministre. « La question des valeurs québécoises sera abordée. [...] Aucun sujet ne sera exclu. »

Aucun sujet ?…Vraiment ?…Pourtant, je ne vois aucune allusion à la souveraineté du Québec dans la liste des sujets qu’aborderont les jeunes à l’occasion de cette consultation ! Est-ce un oubli ou une intention ? Dans un cas comme dans l’autre, il semble que le sujet, à savoir l’indépendance du Québec, ne soit pas une priorité pour Pauline Marois !

Par contre, j’espère que les jeunes qui participeront à cet exercice manifesteront leur volonté d’inscrire l’indépendance du Québec à l’ordre du jour des délibérations, à défaut de quoi, ils se contenteront de jouer dans la cour provinciale.

De ce fait, les jeunes répondront à l’objectif des vœux pieux de Pauline Marois, « Demain sera différent de ce que nous avons connu….Nous avons l’intention de nous projeter dans le futur. » Et après, Mme Marois ? Quel chemin avez-vous l’intention d’emprunter pour vous « projeter dans le futur » ?

vigile.net tribune libre 26 mai 2013

Le fantasme du déficit zéro

26 mai 2013

La semaine dernière, l’ancien premier ministre et ex-ministre des Finances dans le cabinet de René Lévesque, Jacques Parizeau, a contesté le message officiel du ministre des Finances du gouvernement péquiste actuel, Nicolas Marceau, sur l’état des finances publiques en affirmant, d’une part, que l’ampleur de la dette actuelle du Québec devait être « dédramatisée » et, d’autre part, que le Québec, loin d’être en déficit budgétaire, était plutôt en surplus d’un milliard de dollars au bilan du budget de cette année.

Sans entrer dans les astuces comptables que seuls les experts sont en mesure de déchiffrer, je suis enclin à me poser la question suivante : les versements annuels au Fonds des générations, créé en 2006 par le gouvernement libéral « dans le but de réduire le fardeau de la dette du Québec », ne sont-ils pas en train de produire un effet boomerang sur les coupures annoncées par le gouvernement péquiste dans les services publics pour atteindre à la date prévue le déficit zéro?

Selon des sources officielles du ministère des Finances et de l’Économie, le Fonds des générations a atteint en mars 2013 la somme de 5,5 milliards de dollars. Conséquemment, pourquoi ne pas puiser dans ce Fonds pour réduire la dette au lieu de marteler les contribuables de coupures dans les services publics qu’ils se paient à gros prix à même leurs impôts?

quebechebdo 26 mai 2013

Le défi de Patrick Roy

25 mai 2013

Personne qui a suivi la carrière de Patrick Roy, que ce soit à titre de gardien de but dans la LNH qu’instructeur des Remparts de Québec dans la LHJMQ, ne peut mettre en doute sa détermination et son désir de vaincre.

Au cours des huit années où le 33 a dirigé les Remparts, soit de 2005 à 2013, l’équipe de Québec a remporté la coupe Mémorial en 2006, emblème du championnat de hockey junior au pays, en plus de maintenir une fiche de 348 victoires contre 196 défaites.

Un palmarès plutôt éloquent!…Toutefois, le véritable défi de Patrick Roy réside, à mon sens, dans ses capacités à réussir à motiver l’Avalanche, une équipe qui se retrouve démotivée après une saison plutôt médiocre qui a laissé les spectateurs de Denver hors séries éliminatoires.

Cependant, une chose m’apparaît sûre…Si la guigne continue de s’acharner sur l’Avalanche, Patrick Roy ne s’obstinera pas longtemps derrière le banc du Colorado, compte tenu qu’il ne tolérera pas la direction d’une équipe perdante. Roy est un gagnant…qu’on se le tienne pour dit dans les bureaux de la direction de l’Avalanche!

quebechebdo 25 mai 2013

Où êtes-vous, M. Brière?

24 mai 2013

Il y a 350 ans cette année, en 1663, le Séminaire de Québec, première désignation de l’Université Laval, voyait le jour…un 350ième qui devrait être souligné en grandes pompes ! Pourtant, aucune commémoration de cet anniversaire historique n’est organisée.

Je présume que le recteur Denis Brière est trop occupé à tenter d’équilibrer son budget en ces temps de difficultés financières. Par ailleurs, un petit coup d’œil du côté de l’histoire aurait apporté un air bénéfique à un climat qui souffre de continuelles perturbations par les temps qui courent, d’autant plus que l’enseignement de l’histoire nationale soulève actuellement de vives passions ! Monseigneur François-Xavier de Montmorency Laval, ça vous dit quelque chose, M. Brière ?

vigile.net tribune libre 24 mai 2013
quebechebdo 25 mai 2013

Le recto et le verso

24 mai 2013

Compte tenu du ralentissement « inégalé » dans l’octroi des contrats publics, l’Association des constructeurs de route et de grands travaux du Québec, déplore une situation qui affecte, selon elle, les échéanciers et augmente le coût des projets.

Il est inévitable que la Loi sur l’intégrité en matière de contrats publics ait des répercussions sur les délais dans le lancement de grands travaux routiers. Toutefois, c’est le prix à payer pour remédier à des années de laxisme du précédent gouvernement libéral et défaire un système érigé au détriment des contribuables québécois. À cet effet, j’incite le gouvernement Marois à garder le cap sur ses objectifs.

Avant de vociférer contre la loi 1, de décrier qu’elle impose des délais supplémentaires dans le lancement de grands travaux et qu’elle peut ainsi entraîner des pénalités, et conséquemment des coûts plus élevés dans le cas où un échéancier est repoussé, nous avons avantage à nous rappeler tout ce que les contribuables québécois ont dû payer en trop, que ce soit en argent ou en réputations entachées parce que des entrepreneurs, des professionnels et des élus ont contourné sans scrupule les règles et les lois.

Des « enveloppes brunes » de 2% à 3% distribuées à profusion ici et là ont fini par coûter très cher aux Québécois, les témoignages à la commission Charbonneau démontrant avec « éloquence » que les contribuables ont à maintes occasions été floués cavalièrement.

Par contre, l’envers de la médaille occasionne des répercussions sur les échéances compte tenu que les entreprises doivent d’abord obtenir l’autorisation de l’Autorité des marchés financiers (AMF) avant de contracter avec les municipalités, le gouvernement et les sociétés d’État, des effets qui peuvent même se faire sentir à l’extérieur du Québec. En effet, qui offrira un contrat à une firme québécoise qui ne passe pas le test de l’AMF ?

Pour pallier ces délais, l’AMF et l’UPAC doivent donc disposer des ressources nécessaires pour procéder rapidement et efficacement aux vérifications qu’impose la nouvelle loi sur l’intégrité. Actuellement, le délai est d’une quarantaine de jours, selon l’AMF, une situation qu’elle juge raisonnable si on considère le fait que le gouvernement doit redonner confiance au public et forcer les entreprises qui veulent faire des affaires avec les organismes publics à assainir leurs pratiques et à se doter d’un véritable code d’éthique.

Face à ces objectifs nécessaires dans le contexte de collusion et de corruption révélé par la commission Charbonneau, autant les entrepreneurs que les utilisateurs devront « prendre leur mal en patience » s’ils désirent que chacune des parties retire sa juste part qualité/prix. 

En terminant, à l’occasion de mon 500ième article paru sur cette tribune, je m’en voudrais de ne pas remercier sincèrement les responsables de vigile.net pour m’avoir ouverte grande leur porte en acceptant de publier mes articles, sans oublier tous les vigiliens qui m’ont suivi dans mon cheminement depuis le 9 janvier 2011.

vigile.net tribune libre 24 mai 2013

Le métèque s’éteint

24 mai 2013

Le chanteur et compositeur Georges Moustaki, auteur de quelque trois cents chansons devenues pour la plupart des classiques est décédé le 23 mai à Nice à l'âge de 79 ans des suites de problèmes d’emphysème, une maladie respiratoire incurable.

En février 2013, sous oxygénation artificielle, il avait confié dans une ultime interview à Nice Matin s'être installé à Nice pour fuir la pollution et le froid de sa chère île Saint-Louis, à Paris, où il s'était installé il y a plus de 40 ans.

"Je regrette de ne pas chanter dans ma salle de bains. Chanter en public, non. J'ai fait le tour. Le tour du monde et le tour des salles, petites ou grandes. J'ai vécu des choses magiques. J'ai appris que ce qu'on croit avoir acquis n'est qu'une partie infime de ce qu'il reste à découvrir."

Toutefois, en ce qui me concerne, Georges Moustaki, demeurera toujours dans ma mémoire comme le métèque de mes vingt ans alors que, les bras posés sur les épaules de mon amoureuse de l’époque, je lui déclarais en même temps que Moustaki, que «nous ferons de chaque jour toute une éternité d’amour».

quebechebdo 24 mai 2013

L’éléphant blanc fédéral

23 mai 2013

« Nous sommes profondément convaincus que le Sénat doit changer. Et s’il ne peut être réformé, je crois que la plupart des Britanno-colombiens, comme d’ailleurs la plupart des Canadiennes et des Canadiens, en viendront finalement à la conclusion qu’il doit être aboli. » Extrait d’un discours de Stephen Harper devant le Vancouver Board of Trade en 2007.

Le Sénat canadien, c’est 105 personnes à la chambre haute du Parlement qui coûtent aux Canadiens 100 millions $ chaque année, 1 milliard $ sur 10 ans, de l’argent chèrement versé par des contribuables surtaxés qu’on diabolise pour une erreur de quelques dizaines de dollars dans leur déclaration de revenus.

C’est ce même Sénat que Harper devait réformer depuis son élection à la tête du pays en 2006. Un Sénat qui devait à terme être élu et non nommé par le premier ministre. Toutes ces promesses sont restées lettres mortes. Au contraire, le chef conservateur s’est plutôt lancé dans la valse des nominations partisanes, tant et si bien qu’aujourd’hui, 60 des 105 sénateurs sont d’allégeance conservatrice, 58 d’entre eux, tous des amis du régime conservateur, ayant été désignés par Stephen Harper.

De plus, les événements des derniers mois ne cessent de fournir des arguments et des munitions à ceux qui réclament son abolition pure et simple. Si le sénateur Mike Duffy et ses 90 000 $ de la discorde ont fait la manchette au cours des derniers jours, il importe de mentionner qu’il est loin d’être le seul. Ainsi, ses collègues Mac Harb, libéral, et Patrick Brazeau, conservateur devenu indépendant, sont également sur la sellette pour de frauduleuses réclamations d’allocations de logement. À cela s’ajoutent le cas de la sénatrice conservatrice Pamela Wallin et ses 321 000 $ de douteuses dépenses de voyage depuis septembre 2010.

Comble de l’embarras pour le gouvernement Harper, la controverse Duffy a forcé la démission de Nigel Wright, le bras droit du premier ministre, le parapluie qui lui sert de couverture dans la tourmente, l’homme qui dicte la stratégie, après qu’il eut tout simplement épongé la dette du sénateur conservateur.

Pourtant, depuis 1874, à peine sept ans après la Confédération, le Sénat a fait l’objet de critiques et d’appels en faveur d’une réforme. En fait, le 12 avril 1874, la Chambre des communes étudiait une motion recommandant « que notre constitution devrait être changée de manière à conférer à chaque province le pouvoir de nommer ses propres sénateurs et de définir leur mode de nomination. » Quelque 140 ans plus tard, le parlement canadian en est encore à débattre de cette question !

À mon sens, cette institution désuète, archaïque, illégitime et non démocratique qu’est le Sénat doit disparaître le plus rapidement possible. Non élus et quasiment irrévocables malgré leurs pires frasques, les sénateurs actuels sont censés représenter les régions du Canada et ont le pouvoir de bloquer les mesures adoptées par la Chambre des communes élue. Le Sénat canadien…un éléphant blanc démocratiquement inadmissible !

vigile.net tribune libre 23 mai 2013