Félix Leclerc…une histoire d’amour avec le Québec

4 août 2013

Il y a des ces personnages plus grands que nature qui survivent au passage du temps…Félix Leclerc incarne un de ceux-là. De sa naissance à La Tuque le 2 août 1914 jusqu’à sa mort le 8 août 1988, le géant de l’île d’Orléans aura écrit une touchante histoire d’amour avec le Québec.

En plus d’avoir incarné l’instigateur de la tradition des chansonniers québécois, Félix Leclerc fut aussi une voix puissante du nationalisme québécois. Ainsi, au moment où Félix s’installe sur l’Île en 1970 sévit la crise d’octobre au Québec. Durement ébranlé par la loi de Trudeau sur les mesures de guerre, il écrit « L’alouette en colère » dont voici les derniers mots :

« Mon fils est en prison
Et moi je sens en moi
Dans le tréfonds de moi
Malgré moi, malgré moi
Pour la première fois
Malgré moi, malgré moi
Entre la chair et l'os
S'installer la colère »

Le 8 août 2013 marquera le 25ième anniversaire du décès de Félix Leclerc et son œuvre continue de vivre avec vigueur, force et courage. Nombre de jeunes artistes se réclament aujourd’hui de la poésie de Félix et le public plus jeune redécouvre « Le tour de l’île » grâce à Karkwa, « Le p’tit bonheur » avec Mara Tremblay ou « Chant d’un patriote » par Daniel Boucher.

Pour l’occasion, jusqu’au 8 août, on pourra entendre sur Espace.mu, le web musical de Radio-Canada, une relecture du classique « Attends-moi ti-gars » par Bernard Adamus ainsi que des témoignages touchants d’artistes qui ont connu Félix Leclerc ou encore pour lesquels il a été une source d’inspiration. C’est le cas de Fred Pellerin, Robert Charlebois, Monique Leyrac, Alain Souchon, Michel Rivard, Vincent Vallières, François Dompierre, Stéphane Archambault et Martha Wainwright. Toutes ces capsules seront également diffusées le 8 août sur Espace musique.

Monique Giroux a préparé pour sa part un document de 30 minutes intitulé « Les sentiers de Félix », qui sera diffusé le 8 août, d’abord à 14h dans le cadre de l’émission PM sur la Première chaîne (95,1 FM), puis à 15h à « Plaisirs Therrien » sur Espace musique.

Tour à tour auteur-compositeur-interprète, chansonnier, poète, écrivain, acteur et engagé pour la souveraineté du Québec et pour la défense et la survie de la langue française en sol québécois, l’œuvre et la vie de Félix Leclerc sont étroitement liés à l’histoire de notre pays et font partie de notre mémoire collective à tous.

quebechebdo 4 août 2013
vigile.net tribune libre 7 août 2013 (version abrégée)

Affaire Snowden: le soft-power d’Obama compromis

3 août 2013

Dans une vidéo de 9 minutes ayant conduit à la saga entreprise par le gouvernement américain contre Edward Snowden, ce dernier affirme qu’il est « just another guy », un type normal qui veut que « le public décide » dans quelle société il veut vivre. Et non le gouvernement. Sa grande peur, dit-il : que « rien ne change ».

En mai 2013, dans les révélations de l’ex-employé de l’Agence de sécurité nationale publiées dans le Washington Post et The Guardian, deux programmes de la sécurité américaine sont dévoilés : le premier basé sur l’article 215 du Patriot Act qui autorise la surveillance massive des numéros de téléphone des Américains, l’autre référant à l’article 720 qui permet les écoutes électroniques, l’espionnage des messages Facebook et d’autres médias électroniques, exception faite des Américains.

Suite aux divulgations de Snowden, le reste du monde assiste à la démonstration des doubles-standards de l’administration Obama, à savoir que la sécurité américaine peut espionner des milliards de personnes sans mandat judiciaire, mais pas les Américains.

Après l’invasion de l’Irak, il avait fallu l’élection de Barack Obama pour que les États-Unis retrouvent une certaine aura dans le monde. Les révélations d’Edward Snowden risquent de compromettre le soft-power que le président américain avait entrepris de restaurer.

quebechebdo 2 août 2013
vigile.net tribune libre 3 août 2013 "Le soft-power d'Obama compromis"  

Quand les principes l’emportent sur la raison

1 août 2013

Sans être un expert en droit constitutionnel, j’aimerais vous faire part de mes réflexions dans le débat qui oppose actuellement le gouvernement fédéral aux provinces sur les changements prévus au projet de réforme du Sénat des conservateurs. Regardons d’abord les modifications proposées :

- Limiter le mandat des sénateurs à neuf ans, alors qu’ils prennent leur retraite à 75 ans présentement;

- Tenir des consultations publiques menées par les provinces, si elles le souhaitent, pour ensuite soumettre leur liste de candidats à la recommandation du premier ministre;

- Revoir les conditions de propriétés actuellement fixées à 4 000$ de biens.

Enfin, Ottawa demande à la Cour suprême s’il peut abolir le Sénat en se contentant de l’accord de sept des provinces représentant 50 % de la population nationale, à savoir la formule d’amendement constitutionnel du 7/50, tout en spécifiant que le gouvernement privilégie d’abord une réforme.

De son côté, le gouvernement du Québec, dans son propre renvoi en Cour d’appel du Québec, allègue qu’il faut un amendement constitutionnel pour réformer le Sénat comme le veut le gouvernement conservateur, s’appuyant sur l’article 42 de la Constitution, sur lequel se base Ottawa pour plaider l’inverse devant la Cour suprême et la Cour d’appel du Québec, alléguant que les changements proposés requerraient un amendement avec la formule du 7/50.

Il est important de rappeler qu’en novembre 2007, Jack Layton, le chef du NPD, avait proposé de tenir un référendum sur l'abolition du Sénat et qu’il avait obtenu l'appui de Stephen Harper et de Gilles Duceppe du Bloc québécois. Seul Stéphane Dion du PLC s’était opposé à l'idée de tenir un référendum. Cette proposition ne s'est jamais concrétisée et a été relayée aux oubliettes.

Partant du fait que, d’une part, le Québec s’est déclaré en faveur de l’abolition du Sénat et, d’autre part, que les changements proposés par le projet de réforme du Sénat « améliorent » un tant soit peu ses règles de fonctionnement, est-il pertinent d’engager des procédures juridiques qui aboutiront à des coûts astronomiques assumés par les contribuables pour se battre sur des principes au détriment de la raison ?

quebechebdo 1er août 2013
vigile.net tribune libre 2 août 2013

Conditions sine qua non pour l’accession du Québec à son indépendance

31 juillet 2013

Après la défaite amère du référendum de 1980, René Lévesque, le visage déconfit, nous lançait « À la prochaine fois! » Quinze ans plus tard, sous la gouverne de Jacques Parizeau, la « prochaine fois » est venue à un cheveu de devenir réalité…Depuis lors, plus rien! « La prochaine fois » a été reléguée dans le placard aux oubliettes.

Le Parti québécois, porteur du rêve initial, est devenu un parti provincial noyé dans les conditions gagnantes de Lucien Bouchard, continuellement reportées aux calendes grecques, et, plus récemment, dans la gouvernance dite souverainiste de Pauline Marois, version moderne du report à la manière Bouchard.

Il n’en fallait pas plus pour que la base militante du PQ ne s’effrite progressivement et, qui plus est, que les Québécois ne se dépolitisent peu à peu, désillusionnés par un navire-amiral qui demeurait implacablement accosté au quai du pouvoir provincial.

On aura beau invoquer tous les arguments prioritaires au déclic qui allumera la lumière de la mobilisation au processus d’accession du Québec à son indépendance, la flèche ratera inévitablement la cible si elle n’est pas bien équilibrée et si elle n’est pas tirée par un tireur d’élite…Un leader charismatique porteur d’un projet clair et sans détour, en bref, les conditions sine qua non pour l’accession du Québec à son indépendance.

quebechebdo 31 juillet 2013

Bradley Manning, entre l’arbre et l’écorce

31 juillet 2013

Le verdict de violation de la loi sur l’espionnage de 1917 contre le soldat Bradley Manning fait ressortir la dichotomie entre la libre circulation de l’information d’intérêt public et les secrets d’État liés à la fonction de militaire.

Pour le Centre pour les droits constitutionnels, cette loi est une « relique discréditée de la Première Guerre mondiale, créée pour contrer l’opposition politique et le militantisme pacifiste ».

« Il s’agit d’un avertissement adressé aux « donneurs d’alerte » contre lesquels l’administration Obama mène une chasse d’ampleur inédite sans prendre en compte l’intérêt public de leurs révélations », a réagi Reporters sans frontières

Pour sa part, Julian Assange, le cyber-militant australien qui a cofondé Wikileaks, a qualifié Bradley Manning de « source journalistique la plus importante que le monde ait jamais eue » tout en saluant son « héroïsme incontestable » et en dénonçant du même souffle la « trahison » de Barack Obama qui avait, selon lui, soutenu les auteurs de telles révélations pendant sa campagne présidentielle.

À mon sens, le message qui ressort du verdict de culpabilité contre Bradley Manning démontre la suprématie des interventions militaires américaines, peu importe leur atrocité, sur la liberté d’information…en termes clairs, vaut mieux, dans ce haut lieu de la stratégie militaire américaine, ne pas mettre le doigt entre l’arbre et l’écorce!

quebechebdo 31 juillet 2013
vigile.net tribune libre  3 août 2013 "Le soft-power d'Obama compromis" 

Le pape François ébranle les colonnes du temple

30 juillet 2013

«Si une personne est gaie et cherche le Seigneur avec bonne volonté, qui suis-je pour la juger?» a déclaré le pape François à bord de son avion du retour des Journées mondiales de la jeunesse au Brésil.

Toutefois, tôt ou tard, l’approche pastorale de François devra être confrontée à la muraille doctrinaire du Vatican qui condamne l’homosexualité. Le pasteur arrivera-t-il à ébranler les colonnes du temple ou, mieux encore, à le détruire et le relever en trois jours comme l’écrit l’évangile de Jean 2.13?

« La Pâque des Juifs était proche, et Jésus monta à Jérusalem. Il trouva dans le temple les vendeurs de bœufs, de brebis et de pigeons, et les changeurs assis. Ayant fait un fouet avec des cordes, il les chassa tous du temple, ainsi que les brebis et les bœufs ; il dispersa la monnaie des changeurs, et renversa les tables ; et il dit aux vendeurs de pigeons : Ôtez cela d’ici, ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic… Les Juifs, prenant la parole, lui dirent : Quel miracle nous montres–tu, pour agir de la sorte ? Jésus leur répondit: Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai. Les Juifs dirent : Il a fallu quarante–six ans pour bâtir ce temple, et toi, en trois jours tu le relèveras ! Mais il parlait du temple de son corps. »

François incarne sans contredit un vent de fraîcheur dans une Église empoussiérée dans une approche doctrinaire sclérosante…une approche pastorale qui réussira tout au moins à « ébranler les colonnes du temple »!

quebechebdo 30 juillet 2013

Retour aux sources évangéliques

30 juillet 2013

Plus de trois millions de fidèles, en grande majorité des jeunes brésiliens et latino-américains, ont participé le dimanche 28 juillet à la messe finale des Journées mondiales de la jeunesse à Rio de Janeiro célébrée par le pape François, sur la plage de Copacabana, transformée pour l’occasion en une immense nef bondée à pleine capacité.

Pour l’occasion, le souverain pontife a exhorté les fidèles à annoncer « sans peur » leur foi aux « frontières » du monde sans faire de différences, en leur assurant que « l'Évangile est pour tous » et pas seulement pour « les plus accueillants ». « Il n'y a pas de frontières, pas de limites : Jésus nous envoie à tous. Il n'est pas seulement pour ceux qui semblent plus proches, plus réceptifs, plus accueillants ».

À mon sens, le pape François, en revenant aux sources évangéliques du message central du Christ centré sur l’amour de son prochain, et en reprenant la bâton du pèlerin au milieu de ses ouailles, est en train de redonner vie à une Église qui s’était détachée de ses fidèles en se renfermant dans ses églises, prônant un discours intellectuel sans point de repère.

quebechebdo 30 juillet 2013

La libéralisation des femmes depuis la révolution tranquille

29 juillet 2013

« Je me souviens de mon enfance juste avant de commencer l’école en première année. J’étais à la maison et ma mère prenait soin de moi. Je dis que j’ai été chanceux comme enfant, surtout que déjà, ça a été difficile de quitter la maison pour l’école en première année… Un monsieur m’avait dit il y a une quinzaine d’années que le fait qu’il y ait eu à partir des années 1970 une entrée massive des femmes sur le marché du travail avait ôté de l’ouvrage à certains pères de famille. »

Michel Bélisle, L’embrigadement des femmes dans le système, Tribune libre de Vigile, 26 juillet 2013

Je ne sais pas si vous ressentez la même chose que moi en lisant ce passage du billet de Michel Bélisle mais, en ce qui me concerne, j’ai l’impression de retourner au temps de la grande noirceur des années de Duplessis et de l’omniprésence de la religion alors que la place de la femme devait se cantonner entre les quatre murs du foyer familial et que l’homme incarnait le bon pourvoyeur.

Et M. Bélisle de poursuivre : « Si les femmes ont été embrigadées dans le Système pour pouvoir faire ce que le Système demande, c’est à dire "répondre aux besoins du marché" c’est que pour l’élite Système dirigeante, il y avait des avantages à cette situation…À partir de là, se peut-il que le Système cherche aussi à effacer la différence entre homme et femme en niant la dimension féminine qui fait la richesse de l’identité de la femme ? »

Sans vouloir montrer le « Système » actuel comme la panacée à tous les problèmes engendrés par une démocratie où les riches sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus en plus pauvres, il ne faudrait pas non plus demeurer aveugle sur ses avantages, entre autres, dans le cas présent, la « libéralisation » des femmes en leur permettant de s’épanouir sur le marché du travail au même titre que les hommes.

Enfin, en ce qui a trait au fait que le « Système » chercherait « aussi à effacer la différence entre homme et femme en niant la dimension féminine qui fait la richesse de l’identité de la femme », nous nageons en plein drame des années ’40 au moment où la « richesse de l’identité féminine » se réduisait à son rôle de bonne épouse et de bonne mère de famille.

Si M. Bélisle désire à tout prix s’attaquer aux méfaits du « Système » actuel, il devrait plutôt se tourner vers les scandales ignobles dans lesquels ont baigné et baignent sûrement encore les politiciens et hommes d’affaires [pour la plupart des hommes] dans le dossier de corruption et de collusion révélé par la Commission Charbonneau plutôt que de tenter de faire rejaillir des vestiges du passé !

En conclusion, je soulève ces deux questions à Michel Bélisle : se pourrait-il que la femme d’aujourd’hui puisse conserver son identité tout en occupant un poste sur le marché du travail au même titre que les hommes ? Et croyez-vous sincèrement que le « Système » parviendra à « effacer la différence entre homme et femme » ?

vigile.net tribune libre 29 juillet 2013



L’Église de la rue…messagère d’un monde meilleur

29 juillet 2013

« Nous perdons des gens parce qu'ils ne comprennent pas ce que nous disons, parce que nous avons oublié le langage de la simplicité et faisons appel à un intellectualisme qui nous est étranger », d’où la nécessité, pour les prêtres et les jeunes catholiques, de changer le statu quo, de sortir des églises et de tenter de rejoindre les membres les plus marginalisés de la société, ou risquer de les perdre au profit d'Églises rivales.

Tel est, à mon sens, le message central que le pape François souhaite livrer à ses fidèles au cours de son pontificat. Dans son discours, présenté devant près de 300 évêques lors d'un dîner à la résidence de l'archevêque de Rio, le pape a sonné l’alarme en demandant si l'Église catholique moderne était toujours capable de «réchauffer les « coeurs» de ses fidèles, si les prêtres prenaient le temps d'écouter leurs problèmes et de demeurer proches d'eux, et d'agir comme une «mère» qui leur donne non seulement la vie, mais qui prend soin d'eux.

Tout comme ailleurs, à travers le monde occidental, l’Église catholique du Québec est remise en question depuis longtemps pour s’être renfermée dans ses églises tout en prônant un discours « intellectuel » qui a eu pour effet de la déconnecter de ses fidèles. À Rio de Janeiro, le pape est allé jusqu’à inviter des centaines de milliers de jeunes pèlerins qui s’étaient massés pour l’entendre dans le cadre des Journées mondiales de la jeunesse à «brasser la cage» dans leurs diocèses, quitte à provoquer des confrontations avec les prêtres et les évêques.

François a aussi transmis son message d’ouverture aux plus démunis lors d'une rencontre avec l'élite politique, économique et intellectuelle du Brésil, pressant les dignitaires de protéger les plus pauvres et d'utiliser leur pouvoir pour travailler au bien commun tout en les invitant à un meilleur dialogue entre les générations, les religions et les peuples.

Indépendamment de nos croyances religieuses, on ne peut rester insensible au message universel de François qui exhorte autant l’ensemble du clergé que les dirigeants politiques à se sensibiliser aux besoins de leurs commettants et à humaniser leur rapport avec eux…une « Église de la rue », messagère d’un monde meilleur!

quebechebdo 29 juillet 2013

Laissons-les vivre leur deuil!

28 juillet 2013

En scrutant attentivement les visages de quelques Méganticois assistant à la cérémonie commémorative du 27 juillet, apparaissant sur une photo parue dans un quotidien de la presse écrite, je n’ai pu m’empêcher de percevoir dans le regard de ces gens ordinaires, sur qui les caméras du monde entier sont braqués depuis trois semaines, le désarroi et la tristesse. «La période de deuil privé s'amorce maintenant pour les familles des victimes de la tragédie de Lac-Mégantic», a souligné le curé de la paroisse Sainte-Agnès, Luc Lemay.

La nuit du 6 juillet 2013 restera marquée à jamais dans la mémoire et le cœur des 6000 personnes de la communauté de Lac-Mégantic. Les Méganticois ont maintenant besoin de faire la paix avec eux-mêmes et de se retirer dans leur foyer auprès des leurs…En leur nom, qu’on les laisse vivre leur deuil!

quebechebdo 28 juillet 2013