Richard Desjardins à la défense des aires protégées

4 septembre 2013

« Si les claims [titres miniers] restent tout-puissants, ce ne sera pas une avancée. C’est la pierre d’achoppement de tout le régime minier. Si la société doit encore endurer le pouvoir excessif des compagnies minières, ce ne sera pas une avancée…L’empire des mines fait en sorte qu’aucun nouveau projet d’aire protégée ne peut y être instauré. »
Richard Desjardins lors de son passage devant la commission parlementaire qui étudie le projet de loi 43

À titre d’exemple pour le moins percutant, Richard Desjardins a illustré, au moyen d’une carte, l’omniprésence de titres miniers à l’ouest de Rouyn-Noranda, ce qui a pour effet de bloquer un projet d’aire protégée de 1200 kilomètres carrés sur le magnifique territoire de Kanasuta, alors qu’il n’a jamais été démontré que ce secteur à haute valeur écologique renfermerait un gisement minier exploitable.

Une situation jugée scandaleuse par l’artiste et militant : « On passe pour des extrémistes parce qu’on veut protéger une partie du territoire de la forêt boréale. L’industrie minière contrôle 40 % du territoire de l’Abitibi, elle en a fait une aire protégée minière. »

Pour contrer cette invasion des compagnies minières, le gouvernement Marois a prévu de donner aux municipalités régionales de comté le droit de délimiter tout territoire « incompatible » ou alors « compatible sous conditions » avec l’exploitation minière, le ministère des Ressources naturelles comptant s’octroyer un droit de regard sur la définition de telles zones. Et, comble de laxisme, les claims déjà accordés sur ces zones demeureraient actifs pour autant qu’elle font l’objet de travaux d’exploration.

Aux yeux de Richard Desjardins, il émet de sérieuses réserves sur la possibilité de voir le gouvernement accoucher d’une réforme minière qui mettrait fin à la préséance du droit minier. « Pour le moment, on ne le sait pas. Ça discute beaucoup, ça tourne autour du pot. Il ne faut pas oublier qu’il y a une centaine de lobbyistes de l’industrie qui sont très actifs. Jusqu’à quel point les élus vont résister à leur influence ? On ne le sait pas encore. »

« Les minières ne changeront jamais d’elles-mêmes, a-t-il poursuivi. Tout ce qu’elles ont fait, c’est engager du monde pour s’occuper de leurs relations publiques. Ce sont seulement les lois qui vont les forcer à changer. Pour ça, il faut que le gouvernement mette ses culottes et que les partis d’opposition soient conciliants. On va tout de même pas se présenter une quatrième fois en commission parlementaire. On a autre chose à faire. »

Le dossier de la réforme de la loi 101 est mort au feuilleton devant la situation d’un gouvernement minoritaire, la réforme de l’assurance-emploi est de juridiction fédérale…Et maintenant, que va invoquer le gouvernement Marois pour justifier sa valse-hésitation concernant l’occupation démesurée des compagnies minières sur le territoire québécois?…La puissance du lobby minier?

quebechebdo 4 septembre 2013
vigile.net tribune libre 4 septembre 2013

Un autre pied de nez de Harper au Québec

4 septembre 2013

La plus récente réforme de l'assurance-emploi est entrée en vigueur en janvier 2013. Elle faisait partie du projet de loi omnibus C-38 adopté en juin 2012 par le gouvernement Harper. Avec la réforme, il existe maintenant trois catégories de prestataires, pour lesquelles la recherche d'un emploi convenable n'a pas les mêmes caractéristiques, la plus critiquée de ces catégories étant celle du « prestataire fréquent », se définissant comme « prestataire pendant trois périodes totalisant au moins 60 semaines au cours des cinq dernières années. »

L'opposition à cette catégorie s'est surtout manifestée dans l'Est du pays, où la proportion de travailleurs saisonniers est plus élevée, ces travailleurs étant plus susceptibles de devenir des prestataires fréquents de l'assurance-emploi. Il s'agit par exemple des travailleurs des pêcheries, de l'agriculture et de la foresterie, mais aussi du tourisme, du transport scolaire, des services de garde en milieu scolaire, de la construction, du cinéma et de la télévision, etc.

Le gouvernement du Québec a d'ailleurs été un des plus fervents critiques des nouvelles modalités. « On demande d'en suspendre l'application, d'autant plus qu'on commence à en mesurer les impacts sur le Québec », a affirmé le ministre des Affaires gouvernementales, Alexandre Cloutier. En effet, 40 % des travailleurs saisonniers qui bénéficient de l'assurance-emploi au Canada sont des Québécois.

À cet effet, le gouvernement du Québec a mis sur pied une Commission nationale d'examen sur l'assurance-emploi, chargée de faire des recommandations sur l'impact de la réforme sur le recrutement, l'embauche et la rétention. La Commission a reçu jusqu'à maintenant plus d'une soixantaine de mémoires, dont 17 en provenance des trois régions de l'Est du Québec, tous défavorables à la réforme.

Le coprésident de la Commission, Gilles Duceppe a de son côté insisté sur l'importance de mener une étude d'impact avant tout projet public de cette envergure, un travail qui n'a pas été fait, selon lui. « C'est nécessaire de faire cette étude d'impact dans le cadre de la réforme de l'assurance-emploi… Il faut essayer de prévoir, voir ce qu'il en est pour développer les politiques les plus correctes possible ».

Par ailleurs, fidèle à sa prudence « légendaire », l'ancien chef du Bloc québécois s'est engagé à ne parler que d'assurance-emploi à titre de coprésident de cette Commission et a refusé de dire, en réponse à un journaliste, si la question de l'assurance-emploi pourrait faire partie d'une éventuelle campagne référendaire au Québec. « Être fédéraliste ou souverainiste, ce n'est pas une question qu'on se pose, ce n'est pas notre mandat ».

Le rapatriement de l’assurance-emploi est inscrit au programme du Parti québécois et Pauline Marois en a fait une promesse lors de la dernière campagne électorale, avançant même l’idée de faire un « opting out » dans le cas d’une fin de non-recevoir de la part du fédéral, ce qui est déjà confirmé.

De plus, si la tendance se maintient, la Commission nationale d’examen sur l’assurance-emploi ne fera que confirmer le désaveu des Québécois vis-à-vis la réforme-Harper. En conséquence, nous assistons encore une fois à pied de nez mesquin de Harper au Québec, cette fois en direction des milliers de travailleurs saisonniers québécois !

quebechebdo 4 septembre 2013

Marijuana ou assurance-emploi?

3 septembre 2013

À la même période où une réforme fédérale de l’assurance-emploi est critiquée sévèrement de partout au Canada, particulièrement en ce qui a trait aux prestataires « fréquents » qui touchent 40 % des travailleurs saisonniers québécois au Canada, un récent sondage Léger-Le Devoir montre que 70 % des Québécois jugent « acceptable » qu’un « député comme Justin Trudeau ait fumé de la marijuana » alors qu’il était élu.

Décidément, la firme de sondages Léger Marketing a raté une belle occasion de viser la bonne cible!

quebechebdo 3 septembre 2013

Gérard Paradis (1921-2013)

3 septembre 2013

Les gens de ma génération se souviendront avec une certaine nostalgie de l’émission radiophonique Les Joyeux Troubadours de la Société Radio-Canada, diffusée du 13 octobre 1941 au 2 septembre 1977, ce qui en fait l'une des émissions de la Société d'État qui a connu la plus longue période de radiodiffusion.

La formule de l'émission a peu varié au cours des années. Elle débutait par des bruits de coups frappés à la porte – toc-toc-toc –, une voix, de l'intérieur, demandait : « Qui est là? », et toute l'équipe répondait : « Les Joyeux Troubadours », puis la voix enchaînait : « Mais entrez, voyons ! »

Parmi les voix qui animaient Les Joyeux Troubadours se trouvait celle de Gérard Paradis qui a succombé à une maladie cardiaque le 2 septembre 2013 à l’âge de 92 ans, une voix de ténor dont la chaleur légendaire est venue réchauffer l’atmosphère des foyers québécois pendant 26 ans.

Par un effet du hasard, Gérard Paradis s’est éteint un 2 septembre, soit la même date que la fin des Joyeux Troubadours…Désormais, Gérard Paradis ne frappera plus à la porte…il est maintenant passé de l’autre côté !

quebechebdo 3 septembre 2013

Surtout ne pas oublier

2 septembre 2013

Deux mois se sont déjà écoulés depuis que les Méganticois furent éveillés brusquement par un fracas de métal en furie en cette nuit du 6 juillet 2013 qui s’annonçait pourtant paisible comme d’habitude…

Depuis lors, beaucoup d’encre a coulé sur les pages des médias, louant tantôt le courage et la solidarité des Méganticois, dénonçant tantôt le désengagement des dirigeants de la compagnie ferroviaire, tantôt le laxisme des autorités fédérales en matière de transport ferroviaire.

Deux mois plus tard, la vie tente de reprendre un cours normal malgré les cicatrices encore vives des pertes humaines que plusieurs Méganticois ont dû subir et le décor apocalyptique que leur offre encore le centre-ville de leur municipalité.

Le temps demeure toujours le meilleur remède à la guérison de ces plaies…Toutefois, ce temps bénéfique ne doit surtout pas nous permettre d’oublier les causes d’une telle tragédie qui doivent être élucidées si nous ne voulons pas que d’autres catastrophes semblables ne se reproduisent.

quebechebdo 2 septembre 2013

Dans les méandres interminables du concept de l’indépendance

2 septembre 2013

« Je n’ai jamais compris pourquoi le nationalisme "canadian" de Pierre Trudeau était plus valable ou plus défendable que mon nationalisme québécois. Je n’ai jamais compris pourquoi le Canada devait être séparé des autres pays du monde pendant que le Québec devait, d’autorité, rester attaché au Canada. » Pierre Bourgault

Si nous parcourions tous les méandres interminables qu’a dû emprunter le concept de l’indépendance du Québec depuis l’option claire du RIN jusqu’à la gouvernance dite souverainiste du PQ, nous arriverions à comprendre pourquoi les Québécois, majoritairement, désirent encore demeurés au sein du Canada.

Question existentielle s’il en est une, pourquoi le Québec doit-il, d’autorité, rester attaché au Canada? Si vous le voulez bien, permettez-moi d’avancer deux hypothèses. D’abord, les questions emberlificotées des deux référendums qui, à elles seules, demandaient une gymnastique intellectuelle pour arriver à les déchiffrer. Alors, aussi bien répondre « non » plutôt que de s’embarquer dans quelque chose de nébuleux!

Ensuite et surtout, le concept même de l’indépendance qui est devenu, avec les années, mi-figue mi-raisin, ni chair ni poisson, se transformant rapidement et pernicieusement en concept flou de souveraineté-association, soumis par la suite aux caprices maladifs de l’étapisme, puis aux attentes interminables des conditions gagnantes, pour finalement être confronté à l’attentisme utopique de la gouvernance souverainiste.

Quarante ans de pérégrinations fastidieuses dans les corridors parlementaires ont finalement métamorphosé radicalement le concept de départ de l’indépendance en une espèce de rengaine à consonance de bruit de fond de scène politique à laquelle nos oreilles se sont habituées.

Et, tout cet arrière-scène sans que les Québécois n’aient rien à changer du scénario principal orchestré magistralement dans l’illusion d’un certain confort fédéraliste insidieux. Voilà, à mon sens, pourquoi le concept d’indépendance à l’état pur de Pierre Bourgault s’en est allé gros jean comme devant, cédant la place à la souveraineté-association de la « chèvre et du chou » de René Lévesque.

L’indépendance est en quelque sorte devenu un concept fade, incolore et inodore, auquel il nous faut redonner, avec conviction, son éclat, sa limpidité et sa saveur d’origine en remisant dans le placard les vieilles stratégies de petits pas et d’aplaventrisme sclérosant pour lui conférer enfin toute la place sur la scène politique du Québec.

Alors seulement le nationalisme québécois deviendra « plus valable ou plus défendable » que le nationalisme canadian de Pierre Trudeau!

quebechebdo 2 septembre 2013
vigile.net tribune libre 2 septembre 2013 "Les méandres interminables de l'indépendance"

Vous avez la mémoire courte, Dr Couillard!

1 septembre 2013

C’était à l’automne 2002…Les libéraux de Jean Charest étaient réunis dans une salle aux abords de la chute Montmorency devant un paysage splendide, propice aux élucubrations sur la fiscalité, une période pré-electorale étant toujours privilégiée pour promettre des baisses d’impôt aux contribuables les plus taxés d’Amérique du Nord.

Finalement, après plusieurs heures de « mûres réflexions », l’intelligentia libérale accoucha d’un document qui proclamait que l’État québécois était « obèse » et qu’il fallait y remédier par une réingénierie, une réduction des effectifs et une révision des programmes.

Des mesures qui permettraient au futur gouvernement libéral une réduction de l’impôt sur le revenu des particuliers d’un milliard $ par année et ce, pendant cinq ans. On connaît la suite…Aussitôt élus, les libéraux constatèrent [comme à chaque fois qu’un nouveau gouvernement prend le pouvoir] le mauvais état des finances publiques et il aura fallu mettre à profit les talents de certains « magiciens » des Finances pour donner l’illusion d’une paye nette regarnie aux contribuables alors que, dans les faits, les règles de la fiscalité demeurèrent inchangées.

Onze ans plus tard, le « digne » successeur de Jean Charest, ce bon vieux docteur Couillard, suppute à qui veut l’entendre que l’État est « gras comme un voleur » et qu’il faut le dégrossir pour réduire le fardeau fiscal des contribuables les moins fortunés, alléguant que le « nouveau » PLQ doit entreprendre un virage vers une meilleure répartition de la richesse collective par la mise sur pied d’une « réforme majeure de la fiscalité ».

Qu’on ne se leurre pas… Philippe Couillard, si jamais il prenait le pouvoir, comme tous ses prédécesseurs, de toutes allégeances politiques confondues, se mettra à l’écoute des mandarins du ministère des Finances pour apprendre « avec stupéfaction » que le gouvernement précédent a laissé les finances de l’État dans un piètre état et que, par conséquent, son gouvernement devra se résoudre à augmenter les taxes et les impôts au lieu de les diminuer.

De toute façon, les contribuables québécois devraient savoir qu’au Québec, c’est une tradition établie depuis fort longtemps…le taxage!

vigile.net tribune libre 1er septembre 2013
quebechebdo 1er septembre 2013

Un vieux débat

1 septembre 2013

J’aimerais revenir sur un extrait de l’article de la présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec, Mme Josée Bouchard, paru dans le Journal de Québec du 1er septembre 2013 sous le titre « Un signal clair en faveur de l’école publique » :

« Ce signal est d’autant plus important que le réseau des établissements privés a davantage été épargné par les plus récentes compressions et qu’il continue de bénéficier d’un généreux financement public à la hauteur de 60% en plus de demander un financement additionnel pour accueillir les élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage. La Fédération demande au gouvernement de revoir le financement de l’enseignement privé depuis plusieurs années, mais c’est un sujet qui semble tabou au Québec. Il est temps de faire le débat sur cette question et ce sera donc un enjeu important de la prochaine année. »

Premièrement, en ce qui a trait au financement des établissements privés, il m’apparaît important de signaler que chaque élève qui migrerait de l’école privée à l’école publique advenant une diminution du financement du réseau privé, voire son abolition, loin d’amener des économies, engendrerait des coûts supplémentaires au réseau public.

Deuxièmement, pour avoir œuvré plus de trente ans dans le réseau privé et, par conséquent, avoir pu vivre ce vieux débat pendant toutes ces années, j’ai pu constater l’effet positif de la saine compétitivité entre les deux réseaux de l’éducation, particulièrement au niveau des structures d’encadrement des élèves.

quebechebdo 1er septembre 2013

Pour une véritable commission d’enquête

31 août 2013

Le 30 août, Le Devoir rapportait que la Commission spéciale d’examen des événements du printemps 2012 éprouvait des difficultés à trouver des témoins civils. Selon la source du quotidien, « les trois commissaires, Serge Ménard, Bernard Grenier et Claudette Carbonneau, ont passé l’été à faire des appels téléphoniques sans grand succès. »

Le même jour, les commissaires niaient avoir du mal à recruter des témoins, affirmant que les travaux avaient progressé « considérablement », tout en défendant la légitimité de la commission. Selon Serge Ménard, peu de gens ont refusé de témoigner et, jusqu’ici, 36 entrevues de fond ont été menées et 18 seront réalisées la semaine prochaine.

Par ailleurs, l’Association des policiers provinciaux du Québec, la Fédération des policiers municipaux du Québec, les Fraternités à Québec et à Montréal et une trentaine d’associations et syndicats, dont la Ligue des droits et libertés, ont déjà annoncé leur intention de boycotter la commission.

Face à une telle toile de fond pour le moins nébuleuse sur laquelle certains personnages principaux « brillent par leur absence », je crois que le gouvernement devrait instituer une véritable commission d’enquête, pleinement indépendante, avec le pouvoir de contraindre des témoins, si son intention est vraiment de faire la lumière sur les événements entourant les interventions policières et les manifestations étudiantes lors du printemps érable 2012…

vigile.net tribune libre 31 août 2013
quebechebdo 31 août 2013

Lettre ouverte aux candidats à la chefferie d’Option nationale

30 août 2013

Dans son édition du 11 juillet 2013, Le Devoir publiait un article de Catherine Dorion sous le titre « Le défaitisme, notre principal adversaire » dont voici un extrait :

« Nous avons entre les mains un parti qui ose affirmer sans ambages ni hésitation que le Québec doit être indépendant, et qui croit au potentiel de l’authenticité dans un monde où le citoyen-consommateur est plus qu’écoeuré de se faire bullshiter pour son vote ou pour son argent. …Mais si Jean-Martin a pogné, c’est justement parce qu’il y a au Québec à la fois ce paysage politique extrêmement morne au milieu duquel la sincérité ne peut que briller très fortement par contraste, et à la fois, cette nouvelle vague qui débarque à la recherche de cette sincérité-là précisément, à la recherche d’un sens qui ne découle pas d’un économisme aveugle ou d’un individualisme indéfectible, dogmes de notre temps. »

Deux mots-clés ressortent du discours de Catherine Dorion, à savoir « authenticité » et « sincérité », deux vocables qui m’apparaissent être la bougie d’allumage de « cette nouvelle vague qui débarque à la recherche de cette sincérité-là précisément », particulièrement de cette jeunesse québécoise qui découvre dans l’affirmation « sans ambages ni hésitation que le Québec doit être indépendant » un leitmotiv mobilisateur et rassembleur.

C’est Saint-Exupéry qui disait : « Si tu veux construire un bateau, ne rassemble pas tes hommes et femmes pour leur donner des ordres, pour expliquer chaque détail, pour leur dire où trouver chaque chose… Si tu veux construire un bateau, fais naître dans le coeur de tes hommes et femmes le désir de la mer. »

À vous, candidats à la chefferie d’Option nationale, qui aspirez à prendre la gouverne de ce magnifique paquebot au mât duquel flotte le drapeau fleurdelisée du pays du Québec, je vous invite à faire naître dans le cœur des militantes et des militants d’ON le désir de l’indépendance.

Hormis l’argumentaire rationnel inhérent au contenu du programme d’Option nationale, le seul parti qui prône la primauté de la cause indépendantiste du Québec sur le parti et sur lequel vous devez tabler, j’attire votre attention sur un fait qui m’apparaît incontournable, à savoir que vous devez provoquer l’électrochoc mobilisateur qui viendra toucher les cordes sensibles des militants, les mots qui frappent au cœur du patriotisme, les mots qui appellent au rassemblement autour de la cause.

Des mots simples, des mots qui émergent de vos convictions profondes, des mots qui rejoignent les Québécoises et les Québécois « à la recherche d’un sens qui ne découle pas d’un économisme aveugle ou d’un individualisme indéfectible, dogmes de notre temps. »

quebechebdo 30 août 2013
vigile.net tribune libre 30 août 2013 "Provoquer l'électrochoc mobilisateur"