Richard Desjardins à la défense des aires protégées

« Si les claims [titres miniers] restent tout-puissants, ce ne sera pas une avancée. C’est la pierre d’achoppement de tout le régime minier. Si la société doit encore endurer le pouvoir excessif des compagnies minières, ce ne sera pas une avancée…L’empire des mines fait en sorte qu’aucun nouveau projet d’aire protégée ne peut y être instauré. »
Richard Desjardins lors de son passage devant la commission parlementaire qui étudie le projet de loi 43

À titre d’exemple pour le moins percutant, Richard Desjardins a illustré, au moyen d’une carte, l’omniprésence de titres miniers à l’ouest de Rouyn-Noranda, ce qui a pour effet de bloquer un projet d’aire protégée de 1200 kilomètres carrés sur le magnifique territoire de Kanasuta, alors qu’il n’a jamais été démontré que ce secteur à haute valeur écologique renfermerait un gisement minier exploitable.

Une situation jugée scandaleuse par l’artiste et militant : « On passe pour des extrémistes parce qu’on veut protéger une partie du territoire de la forêt boréale. L’industrie minière contrôle 40 % du territoire de l’Abitibi, elle en a fait une aire protégée minière. »

Pour contrer cette invasion des compagnies minières, le gouvernement Marois a prévu de donner aux municipalités régionales de comté le droit de délimiter tout territoire « incompatible » ou alors « compatible sous conditions » avec l’exploitation minière, le ministère des Ressources naturelles comptant s’octroyer un droit de regard sur la définition de telles zones. Et, comble de laxisme, les claims déjà accordés sur ces zones demeureraient actifs pour autant qu’elle font l’objet de travaux d’exploration.

Aux yeux de Richard Desjardins, il émet de sérieuses réserves sur la possibilité de voir le gouvernement accoucher d’une réforme minière qui mettrait fin à la préséance du droit minier. « Pour le moment, on ne le sait pas. Ça discute beaucoup, ça tourne autour du pot. Il ne faut pas oublier qu’il y a une centaine de lobbyistes de l’industrie qui sont très actifs. Jusqu’à quel point les élus vont résister à leur influence ? On ne le sait pas encore. »

« Les minières ne changeront jamais d’elles-mêmes, a-t-il poursuivi. Tout ce qu’elles ont fait, c’est engager du monde pour s’occuper de leurs relations publiques. Ce sont seulement les lois qui vont les forcer à changer. Pour ça, il faut que le gouvernement mette ses culottes et que les partis d’opposition soient conciliants. On va tout de même pas se présenter une quatrième fois en commission parlementaire. On a autre chose à faire. »

Le dossier de la réforme de la loi 101 est mort au feuilleton devant la situation d’un gouvernement minoritaire, la réforme de l’assurance-emploi est de juridiction fédérale…Et maintenant, que va invoquer le gouvernement Marois pour justifier sa valse-hésitation concernant l’occupation démesurée des compagnies minières sur le territoire québécois?…La puissance du lobby minier?

quebechebdo 4 septembre 2013
vigile.net tribune libre 4 septembre 2013

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