Le sénateur Mike Duffy, dindon de la farce

22 octobre 2013

Les dernières révélations de Me Donald Bayne, l’avocat du sénateur Mike Duffy, apportent un éclairage nouveau sur les faits entourant les indemnités de logement réclamés par le sénateur.

En effet, selon Me Bayne, le bureau du premier ministre aurait d’abord, dans un premier temps, approuvé les indemnités de logement de Mike Duffy via un courriel de Nigel Wright datant de décembre 2012 puis, face à la controverse publique suscitée par le dévoilement de ces dépenses, le bureau du premier ministre serait revenu sur sa décision et aurait essayé d’embrigader le sénateur dans un scénario monté de toutes pièces pour étouffer discrètement une affaire qui prenait des proportions alarmantes.

« Il était devenu une patate chaude. Il est passé du statut de l’un de leurs meilleurs atouts politiques à l’un de leurs pires boulets », allègue Me Bayne.

Dans ce contexte plutôt gênant, M. Wright, alléguant que ce dossier « déplaisait à la base électorale des conservateurs », aurait rencontré Mike Duffy pour lui présenter des réponses toutes faites aux médias en plus de lui offrir les 90 000 $ nécessaires au remboursement au Sénat des allocations auxquelles il n’avait pas droit.

Quoique le sénateur Mike Duffy ait sûrement des torts dans toute cette saga, il apparaît de plus en plus en plus évident qu’il en ressort comme le dindon de la farce après s’être fait confirmer à maintes occasions que les règles à l’effet de déclarer une résidence principale à l’Île-du-Prince-Édouard tout en résidant à Ottawa n’étaient pas « définies », que ce soit auprès de la leader du gouvernement au Sénat de l’époque, Majory LeBreton, ou du sénateur conservateur, John Wallace, du comité sur l’éthique.

De son côté, fidèle à son flegme habituel, Stephen Harper, devant la kyrielle de questions soulevées par l’opposition relativement aux récentes allégations de l’avocat de M. Duffy, s’est contenté de répondre que « nous avons été clairs à l’effet que nous nous attendons à ce que tous les parlementaires respectent la lettre et l’esprit de toutes les règles visant les dépenses. Et s’ils ne les respectent pas, ils peuvent s’attendre à ce qu’il y ait des conséquences », tout en clamant que Nigel Wright « avait agi seul » dans cette affaire.

Et voilà, la couleuvre Harper vient de se faufiler élégamment dans les méandres du magouillage marécageux de la petite politique partisane dont il est devenu un habile utilisateur depuis des années à titre de « digne » représentant du régime fédéral canadien !

vigile.net tribune libre 22 octobre 2013

Le flèche de Mélanie Joly

22 octobre 2013

Dans la petite saga entourant le retrait de l’appui de Mélanie Joly à la candidature de Bibiane Bovet dans le district De Lorimier, découlant de la confirmation, par l'Autorité des marchés financiers, que Mme Bovet faisait l'objet d'une enquête de l'agence québécoise, je retiens la flèche de l’aspirante-mairesse, la chef de la formation Vrai changement pour Montréal envers ses adversaires Marcel Côté et Denis Coderre, qui ont recruté d'anciens élus d'Union Montréal, le défunt parti de l'ex-maire Gérald Tremblay :

«Je préfère me tromper sur le passé d'une candidate que je ne connaissais pas suffisamment alors qu'il y a, dans d'autres partis, des candidats dont le passé est connu de tous.»…Et vlan, en plein dans le mille! Le moins qu’on puisse dire, c’est que Mélanie Joly, qui se situe en deuxième place dans le sondage publié récemment par Radio-Canada, démontre qu’elle a l’étoffe d’une politicienne qui a le sens de la réplique!

quebechebdo 22 octobre 2013
Le journal Métro 22 octobre 2013

Le coup de couteau dans la plaie

21 octobre 2013

La décision du gouvernement fédéral de se prononcer sur la vieille contestation de la loi 99, qui affirme la règle d’une majorité simple pour trancher un référendum, a eu l’heur de relancer un vieux débat qui date de 2000 et dont les retombées judiciaires sont encore depuis lors entre les mains de la Cour supérieure.

Une énième stratégie de Stephen Harper qui démontre le mépris viscéral du premier ministre envers les intérêts légitimes du Québec, voire les règles fondamentales de toute démocratie qui se doit de respecter la voix majoritaire de ses citoyens par la voie d’un processus référendaire.

Un coup de couteau mesquin dans une plaie qui tarde à se refermer en raison de la mauvaise foi du fédéral, appuyée par…un Québécois, en la personne de Stéphane Dion!

quebechebdo 21 octobre 2013 
Le Journal de Québec 22 octobre 2013 "Coup de couteau dans la plaie"

Un exemple d’intégration

21 octobre 2013

Dans la foulée des débats suscités par le projet de Charte des valeurs québécoises du ministre Drainville, j’ai lu avec beaucoup d’intérêt la chronique de Mylène Moisan parue dans Le Soleil du 18 octobre 2013 sous le titre Quand on immigre, il faut laisser aller…

http://www.lapresse.ca/le-soleil/opinions/chroniqueurs/201310/17/01-4700751-quand-on-immigre-il-faut-laisser-aller.php

C’est l’histoire de Vesta Wagener Jobidon dont voici quelques extraits :

« 
La dame naît en 1934 à Berlin, Hitler vient de prendre le pouvoir. Elle vit la guerre aux premières loges, se souvient des bombardements, des corps en flammes, des éléphants qui s'enfuient du zoo. C'est son quotidien de petite fille, elle prend le tramway pour aller quelque part, ce quelque part n'existe plus…

Elle est arrivée au Canada en 1952, pour suivre son père, comptable, SS, qui s'était engagé comme bûcheron pour trois ans. Elle a abouti dans le nord de l'Ontario, à Hearst, à 18 ans. Elle est vite partie pour Toronto, a été embauchée chez Bell Canada, a rencontré le charmant Laurent. Ils se sont mariés à Québec en 1958, «un 18 octobre à son plus mauvais : de la grosse pluie et de très fortes bourrasques»…

Nous sommes en 1983, son mariage prend l'eau et sa fille sombre dans la schizophrénie. Vesta a l'habitude des bombardements. Au lieu de se mettre aux abris, elle monte au front. Elle se rend vite compte que le Québec accuse un énorme retard en santé mentale, les ressources qui existent font bande à part. Elle fonde Le Pavois en février 1989, une coopérative où chaque personne a son intervenant…

Au-delà de tout ça, l'histoire de Vesta est un admirable exemple d'intégration. Partie à reculons d'Allemagne, catapultée dans le rôle de la bonne mère de famille québécoise, Vesta a adopté le Québec au point de vouloir le rendre meilleur. Elle souhaite même qu'il devienne un pays. «On est une belle petite nation. Avec toutes les horreurs qui se font autour de nous, c'est sûr qu'on ne fera pas pire. Il y a plein de petites nations comme nous qui se débrouillent très bien toutes seules.»

Elle a dit «nous».

Pour que les «eux» parlent au «nous», Vesta a sa théorie. «Les immigrants qui arrivent, s'ils veulent s'intégrer, ils doivent laisser aller. La patente de l'interculturalisme, c'est bien beau, mais il faut que ça soit donnant-donnant. Il faut que l'autre donne, pas juste les Québécois…»

Elle me raconte une amitié avec «une Marocaine, une scientifique. Elle ne portait pas le voile par respect pour les Québécois, mais elle avait quand même intériorisé l'infériorité de la femme. C'était en elle… »

Une histoire vraie, un exemple d'intégration qui s'est faite sans heurt, dans le respect des coutumes des gens de sa terre d'accueil…un fait vécu dont les partisans anti-charte devraient prendre connaissance pour le plus grand bien des débats actuels!

quebechebdo 21 octobre 2013

Fromage québécois en danger!

20 octobre 2013

Le dés sont jetés…l’Union européenne et le Canada ont signé l’entente de principe de libre-échange sur l’Accord économique et commercial global (AECG) qui devrait entraîner, selon le ministre des Finances et de l’Économie du Québec, Nicolas Marceau, une hausse des exportations québécoises vers les 28 pays de l’Union européenne à hauteur de 2,3 milliards de dollars par année, en plus de créer plus de 15 000 emplois permanents à l’intérieur des frontières québécoises.

« Nous ne pouvons pas laisser passer cette occasion….Nous avons accordé [notre appui au projet] après avoir obtenu des garanties formelles du fédéral selon lesquelles il compenserait les pertes encourues par les producteurs de lait et de fromage à la suite de l’entrée en vigueur de l’AECG », a déclaré M. Marceau, une compensation fondée sur l’expectative de l’importation de 17 500 tonnes supplémentaires de fromage européen en territoire canadien.

Quoique Québec ait obtenu la confirmation du fédéral sur le « principe » des mesures compensatoires, aucun critère d’admissibilité à ces mesures ni modalité d’application ne font encore partie de l’entente de principe qui doit être ratifiée par toutes les parties prenantes, y compris le gouvernement du Québec.

À cet effet, il m’apparaît essentiel que le gouvernement québécois ne signe cette entente qu’à la condition que les dites mesures compensatoires soient explicitement détaillées dans le texte final de l’entente, à défaut de quoi, le fromage québécois risque de se faire dévorer par la souris européenne!

quebechebdo 19 octobre 2013
Le Journal de Québec 21 octobre 2013 "Fromages en danger"

 

Marc Nadon, persona non grata

18 octobre 2013

Persona non grata, signifiant littéralement personne n’étant pas la bienvenue, est une locution utilisée en diplomatie avec un sens juridique précis aussi en usage dans le langage courant avec le sens d’ostracisme.

Vous avez tous les éléments dans ces définitions pour qualifier la nomination de Marc Nadon à la Cour suprême. En plaçant cavalièrement un pur inconnu des milieux juridiques québécois au plus haut tribunal du pays pour occuper l’une des trois places réservées aux juges québécois alors qu’il n’a jamais siégé comme juge à une cour québécoise, Stephen Harper vient de démontrer encore une fois son mépris rebutant envers les intérêts légitimes du Québec.

Conséquemment, une attitude aussi désinvolte de la part du premier ministre canadien devrait lui mériter de facto le camouflet de la honte de la part des juges de la Cour suprême.

quebechebdo 18 octobre 2013

Janette s’en va t’en guerre

17 octobre 2013

La croisade entreprise par les « Janette » à la défense du projet de Charte des valeurs québécoises a eu l’heur de susciter beaucoup de commentaires, voire son lot d’émotion. Ce n’est pas la première fois que Janette Bertrand monte aux barricades pour défendre son point de vue et empoigner le bâton du pèlerin.

Toutefois, pour cette occasion, j’ai l’impression que Mme Bertrand et ses « Janette » se sont lancées sur le champ de bataille impulsivement, sans préparation ni armement. Peut-être serait-il pertinent que nous délaissions le terrain miné de l’émotivité et que nous revenions au message central de l’instigatrice de cette croisade, à savoir la défense du principe de l'égalité entre les hommes et les femmes, principe qui lui semble compromis au nom de la liberté de religion.

quebechebdo 17 octobre 2013
Le Journal de Québec 18 octobre 2013
Journal Métro 21 octobre 2013
cyberpresse.ca "Vos réactions au projet de charte des valeurs québécoises (15)"

Un indispensable contrepoids aux mass-médias

17 octobre 2013

« Quelle est au juste l’influence des médias alternatifs ? C’est une question que les artisans du site Vigile.net se posent tous les jours lorsqu’ils écrivent des textes ou en mettent en ligne »…Une question à laquelle Michel Dion répond avec force arguments en commentaire à l’article de Richard Le Hir publié sur cette tribune en date du 15 octobre sous le titre Madame Bertrand monte au front :

« L’influence des médias alternatifs, tel Vigile, n’est pas négligeable, car cela permet de contrer le mass-média, le 4è pouvoir, et surtout de stigmatiser et de recentrer l’opinion sur les vrais débats, les vraies questions, qui interpellent monsieur et madame tout le monde, même si ces sujets sont jugés « à l’index » par les médias traditionnels, et ce, tout en préservant et protégeant l’opinion du citoyen face à l’opinion d’un petit groupe d’élites, cette opinion que l’on voudrait bien nous imposer..! (excusez ma longue phrase)

Donc, les médias alternatifs permettent au peuple de prendre part à un débat interactivement, c’est-à-dire, pas seulement en mode récepteur, mais aussi en mode émetteur. Ce qui permet de se forger une opinion juste et rapide sur un sujet donné, à coup d’échanges d’idées. C’est du même coup un outil d’apprentissage et d’information merveilleux qui éveille la conscience des gens, permettant de se créer des réseaux et de se donner une force de groupe ».

Depuis bientôt trois ans, je participe à ce débat interactif sur la tribune libre de Vigile et je dois vous avouer que, n’eût été de cette tribune, je serais à mille lieues des débats politiques qui couvrent la scène québécoise.

Combien de fois les thèmes abordés sur cette tribune m’ont permis de faire la lumière sur des zones d’ombre qui inondaient mes pensées ! Combien de fois ai-je dû changer ma perception sur un sujet quelconque à la suite d’articles ou de commentaires ! Combien de fois me suis-je senti réconforté dans mes propos par un commentaire à un de mes articles !

Dans mon livre à moi, les médias alternatifs sont aux mass-médias ce que les épices sont à un repas…ils en rehaussent le goût ! Dans mon esprit, l’influence des médias alternatifs incarne l’indispensable contrepoids aux mass-médias dont les retombées médiatiques sont incalculables.

En termes clairs, sans la présence des médias alternatifs, le citoyen recevrait un portrait monolithique des événements qui font l’actualité, une situation démagogique qui conduirait carrément à l’anarchie et à la manipulation de masse.

vigile.net tribune libre 17 octobre 2013

Les bienfaits de l’écriture, crayon à la main

16 octobre 2013

Au gré de mes petits voyages sur internet, je suis tombé sur un article louant les bienfaits de l’écriture sur papier comme moyen thérapeutique. En voici quelques extraits…

« Aussi bizarre que cela puisse paraître, j’ai vraiment l’impression de me confier à un ami quand j’écris mes peines, mes joies, mes questionnements ou juste le déroulement de ma journée normale. Le simple fait de coucher mes pensées sur papier me libère d’une partie de mon anxiété et, pour moi, l’écriture à la main a encore toute son importance quand j’ai besoin de me libérer…Le temps d’écrire un mot, de formuler une phrase, je réfléchis, je trouve des solutions et je me sens ensuite apaisée. Me relire quelques jours plus tard est une véritable thérapie puisque j’ai l’impression de prendre du recul par rapport à la situation, il m’est alors plus facile de trancher, de faire des choix ou simplement de laisser couler. J’ai bien essayé d’écrire à l’ordinateur, mais la sensation n’est pas la même. Le crayon dans ma main, le papier sous la pointe, tous ces éléments contribuent à me rendre zen ».

 

La chasse-gardée des conservateurs

16 octobre 2013

L’article d’Hélène Buzzetti publié dans Le Devoir du 16 octobre 2013 sous le titre Les parlementaires doivent ouvrir leurs livres http://www.ledevoir.com/politique/canada/390064/les-parlementaires-doivent-ouvrir-leurs-livres enfonce davantage le clou sur l’hermétisme éhonté des conservateurs révélé par Suzanne Legault, la commissaire fédérale à l’information, envers le régime d’accès à l’information qui règne en maître absolu dans les couloirs des institutions fédérales.

Des délais exorbitants entre les demandes d’information de la part du public et de professionnels et les réponses le plus souvent évasives identifiées « frais de déplacement », des dépenses non-ventilées qui voilent très souvent des dépenses personnelles partisanes en vertu de la Loi sur l’accès à l’information font actuellement les « délices » des parlementaires et des sénateurs conservateurs sans qu’aucune sanction ne leur soit imputée.

Et toute cette mascarade scandaleuse en arrière-plan d’une politique de réduction des dépenses au moment où plusieurs sénateurs font les manchettes pour leurs dépenses exorbitantes, ce qui fait dire à Mme Legault : « C’est mal placé de la part des parlementaires de dire à tout le monde qu’on doit couper dans les dépenses et de ne pas le faire eux-mêmes, de ne pas être sujets à l’accès à l’information. Il faut commencer par soi-même… Ça fait des années qu’on demande aux Canadiens de se serrer la ceinture, des années qu’on essaye de rétablir l’économie, qu’on regarde de manière plus attentive les dépenses faites par tous les ordres de gouvernement…Les gens veulent avoir un mécanisme d’imputabilité là où il y a des deniers publics qui sont dépensés. Et le Parlement est un de ces endroits. »

S’ajoute à ces écarts de conduite, un phénomène relativement nouveau, à savoir l’utilisation des communications modernes dans la fonction publique et son impact sur l’accès à l’information, tels les téléphones intelligents dont l’utilisation n’est pas prévue dans la Loi adoptée il y a 30 ans. Des outils qui permettent facilement de camoufler des informations pertinentes derrière une réponse telle que « aucun document n’existe », une porte ouverte qui risque d’être utilisée par certains acteurs gouvernementaux friands de « dépenses personnelles ».

Dans un tel contexte permissif ouvrant la voie au côté roublard de Stephen Harper et de ses troupes de gais lurons, je ne peux qu’applaudir à l’initiative de la commissaire à l’information de resserrer la vis à la Loi et de mettre à sac cette chasse-gardée scandaleuse dans laquelle se camouflent depuis des années les loups conservateurs à l’abri de toute imputabilité.

quebechebdo 16 octobre 2013