La chasse-gardée des conservateurs

L’article d’Hélène Buzzetti publié dans Le Devoir du 16 octobre 2013 sous le titre Les parlementaires doivent ouvrir leurs livres http://www.ledevoir.com/politique/canada/390064/les-parlementaires-doivent-ouvrir-leurs-livres enfonce davantage le clou sur l’hermétisme éhonté des conservateurs révélé par Suzanne Legault, la commissaire fédérale à l’information, envers le régime d’accès à l’information qui règne en maître absolu dans les couloirs des institutions fédérales.

Des délais exorbitants entre les demandes d’information de la part du public et de professionnels et les réponses le plus souvent évasives identifiées « frais de déplacement », des dépenses non-ventilées qui voilent très souvent des dépenses personnelles partisanes en vertu de la Loi sur l’accès à l’information font actuellement les « délices » des parlementaires et des sénateurs conservateurs sans qu’aucune sanction ne leur soit imputée.

Et toute cette mascarade scandaleuse en arrière-plan d’une politique de réduction des dépenses au moment où plusieurs sénateurs font les manchettes pour leurs dépenses exorbitantes, ce qui fait dire à Mme Legault : « C’est mal placé de la part des parlementaires de dire à tout le monde qu’on doit couper dans les dépenses et de ne pas le faire eux-mêmes, de ne pas être sujets à l’accès à l’information. Il faut commencer par soi-même… Ça fait des années qu’on demande aux Canadiens de se serrer la ceinture, des années qu’on essaye de rétablir l’économie, qu’on regarde de manière plus attentive les dépenses faites par tous les ordres de gouvernement…Les gens veulent avoir un mécanisme d’imputabilité là où il y a des deniers publics qui sont dépensés. Et le Parlement est un de ces endroits. »

S’ajoute à ces écarts de conduite, un phénomène relativement nouveau, à savoir l’utilisation des communications modernes dans la fonction publique et son impact sur l’accès à l’information, tels les téléphones intelligents dont l’utilisation n’est pas prévue dans la Loi adoptée il y a 30 ans. Des outils qui permettent facilement de camoufler des informations pertinentes derrière une réponse telle que « aucun document n’existe », une porte ouverte qui risque d’être utilisée par certains acteurs gouvernementaux friands de « dépenses personnelles ».

Dans un tel contexte permissif ouvrant la voie au côté roublard de Stephen Harper et de ses troupes de gais lurons, je ne peux qu’applaudir à l’initiative de la commissaire à l’information de resserrer la vis à la Loi et de mettre à sac cette chasse-gardée scandaleuse dans laquelle se camouflent depuis des années les loups conservateurs à l’abri de toute imputabilité.

quebechebdo 16 octobre 2013

 

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