Insécurité publique

11 juin 2014

À entendre les déclarations contradictoires de la ministre de la Sécurité publique Lise Thériault dans l’affaire de l’évasion héliportée de trois criminels notoires, on a l’impression qu’elle a complètement perdu le contrôle de la situation.

Doit-on attribuer ces écarts d’opinions au rodage de la nouvelle ministre, aux failles au niveau de la sécurité dans le système carcéral, au manque de communication des divers intervenants, ou à un amalgame de ces divers éléments?

Quoiqu’il en soit, un fait ressort de cette évasion pour le moins aberrante, c’est que nous nageons en pleine insécurité publique devant les dangers que représentent ces trois malfrats toujours en cavale.

En attendant de leur mettre la main au collet, agissez donc en ministre responsable, Mme Thériault, et faites en sorte que de telles situations inacceptables ne se reproduisent plus au lieu de chercher des coupables dans toutes les directions…

quebechebdo 11 huin 2014

La transparence, M. Couillard?

10 juin 2014

Curieux comme les engagements électoraux ne suivent pas l’exercice du pouvoir et cela, même auprès du nouveau premier ministre qui clamait sur tous les toits durant la campagne électorale qu’un gouvernement libéral serait le «premier gouvernement véritablement ouvert» du Québec.

À titre d’exemple, deux mois après la prise du pouvoir par le PLQ Couillard, dix-huit ministères sur dix-neuf imposent un refus catégorique de répondre à des demandes d’accès à l’information visant à obtenir les cahiers de briefing des nouveaux ministres, se targuant d’invoquer pas moins d’une quinzaine d’articles de la Loi d’accès à l’information.

Et pourtant, «il faut que la transparence soit la plus entière possible et qu’elle ne trouve comme limite que la protection de la vie privée», avait lancé haut et fort Philippe Couillard lors de son discours inaugural… Eh bien, M. Couillard, pour la transparence, on repassera!

quebechebdo 10 juin 2014
Le journal Métro 11 juin 2014 "La transparence"

L’illuminé de Saguenay

10 juin 2014

À chaque fois que le maire de Saguenay Jean Tremblay y va de déclarations fracassantes à l’endroit de personnes publiques ou de citoyens ne partageant pas ses croyances religieuses, je me demande comment les Saguenéens peuvent encore lui faire confiance pour gérer leur ville.

Quand, du haut de sa chaire, l’illuminé de Saguenay prêche qu’il «se sent fort [puisque] le Saint-Esprit l’accompagne», il se couvre carrément d’un ridicule frôlant le délire mystique qui remet en cause, à mon sens, l’équilibre dont un maire doit faire preuve pour s’occuper adéquatement des intérêts de ses contribuables.

En traitant les journalistes et les athées de «cruches», Jean Tremblay, qui se proclame chrétien, outrepasse outrageusement le premier commandement, à savoir l’amour et la charité envers les fidèles du christianisme.

quebechebdo 10 juin 2014
Le journal de Québec 18 juin 2014

Le poing gauche de Lise Payette

9 juin 2014

En brandissant son poing gauche dans les airs au cours de son témoignage à l’occasion de l’hommage à Pauline Marois, Lise Payette a voulu «rétablir les choses», faisant allusion au poing droit de Pierre Karl Péladeau, tout en ajoutant que, dans la longue marche vers le pays, «on n’aura pas trop des deux bras de tout le monde».

Nul doute que son appel à l’aile gauche sociale-démocrate traditionnelle du PQ a été entendu par les militants présents, ce qui est en soi souhaitable. Toutefois, à mon sens, le PQ se doit de rallier aussi des militants de droite issus du monde des affaires pour aspirer à mobiliser un plus vaste bassin de partisans à la cause souverainiste. C’est une question d’équilibre et de gros bon sens !

D’autant plus que le volet économique, souvent malheureusement écarté des débats à l’intérieur de la base militante péquiste, représente aujourd’hui un incontournable auprès de la jeunesse québécoise, une partie de l’électorat que le PQ aurait nettement avantage à courtiser davantage.

quebechebdo 9 juin 2014
Le Journal de Québec 10 juin 2014
cyberpresse.ca 10 juin 2014

Les dessous du Grand Prix

8 juin 2014

Au même moment où le Fédéral dépose son projet de loi sur la prostitution, se tient à Montréal le Grand Prix de Formule I, un événement fort couru par les amateurs de course automobile…et les adeptes de la prostitution.

En effet, derrière le gratin officiel qui se pavane sur le tapis rouge, les Centres jeunesse subissent un exode massif des jeunes filles à la faveur d’un tourisme sexuel saisonnier qui se manifeste sans encombre au profit d’un proxénétisme à outrance.

À mon sens, notre société québécoise, via ses politiciens, aurait avantage à s’interroger sur les diverses facettes des « retombées économiques » d’un tel événement, d’autant plus que ses contribuables déboursent de leurs poches la « jolie somme » de 15 millions de dollars pour y avoir droit…

quebechebdo 8 juin 2014
Le Journal de Québec 9 juin 2014

Une mère et son fils

7 juin 2014

En écoutant l’entrevue réalisée avec Hélène Rousseau, la mère de Dave Ross, l’une des victimes de la fusillade de Moncton, je n’ai pu m’empêcher d’éprouver une profonde sympathie et une grande admiration devant le courage de cette mère.

Malgré la douleur atroce qui s’est installée dans le cœur d’Hélène Rousseau, ce sont ses paroles pleines de compassion que je retiens : « C’est injuste, c’est cruel. Dans ce monde, il se passe toutes sortes de choses, on peut voir tout ce qui se passe à la télévision. Par contre, ils ont retrouvé le tueur, alors mon fils, il n’a pas été épargné, mais ils ont retrouvé le tueur, alors d’autres vies ont probablement été épargnées dans tout ça. »

Le « justicier dans l’âme » est tombé sous les tirs d’un tueur fou. Un fils, un mari et un père ne sont plus. Mais la vie continue et bientôt l’épouse de Dave Ross donnera naissance à un deuxième enfant. Aux yeux d’Hélène Rousseau, elle se doit de demeurer forte et courageuse pour appuyer sa belle-fille…

quebechebdo 7 juin 2014

Partir dans la dignité

7 juin 2014

Dans une entrevue réalisée avec Le Devoir, Pauline Marois qualifie de « brutal » le choc de la cuisante défaite de son parti au scrutin du 7 avril 2014. Du même souffle, l’ex-première ministre « assume pleinement » les décisions prises au cours des 33 jours de la campagne ainsi que leurs conséquences.

En lisant les arguments évoqués par la chef démissionnaire du Parti québécois et la conviction du devoir accompli qui en ressort, je ne peux que qu’éprouver une certaine sympathie envers la première femme à avoir brisé le « plafond de verre » en accédant à la plus haute fonction de l’État.

En rendant hommage à Pauline Marois en fin de semaine, c’est une carrière de plus de trente ans sur la scène politique québécoise à titre de titulaire de nombreux ministères que les militants souligneront la détermination avec laquelle elle a su gravir les échelons pour parvenir au sommet de la pyramide.

En ce qui a trait au « flou » du PQ concernant son option fondamentale, à savoir l’indépendance du Québec, Pauline Marois admet avec justesse qu’il a contribué à donner de l’élan au PLQ de Philippe Couillard qui n’a pas hésité à en faire ses choux gras et à mobiliser une partie importante de l’électorat québécois.

Toutefois, malgré les chemins tortueux empruntés par une gouvernance souverainiste de petits pas, je me dois de reconnaître en Pauline Marois ses convictions manifestes envers le projet d’indépendance du Québec. « La souveraineté est aussi moderne aujourd’hui qu’elle l’était il y a 30, 40 ans. Ce n’est pas un concept dépassé. Au contraire ! » Enfin, c’est vers l’avenir que se tourne Pauline Marois en se disant « fière de laisser un parti en santé », mais surtout rassurée par la présence d’une « relève » forte.

Indépendamment des opinions que nous pouvons avoir sur sa stratégie de gouvernance souverainiste, il m’apparaît équitable de reconnaître la détermination de Pauline Marois dans les dossiers qu’elle a pilotés tout au cours de sa carrière politique. Conséquemment, elle a droit à l’hommage qui lui est rendu et elle peut partir dans la dignité du devoir accompli.

quebechebdo 7 juin 2014
vigile.net tribune libre 9 juin 2014
Le Devoir 10 juin 2014

La flamme du souvenir

6 juin 2014

Parmi les motifs évoqués par Philippe Zeller, ambassadeur de France au Canada, pour commémorer le 70e anniversaire du Débarquement allié en France le 6 juin 1944, je retiens particulièrement celui qui s’adresse à notre jeunesse qui souffre malheureusement trop souvent d’une incurie dramatique face aux racines qui les relient à leurs ancêtres:

«Commémorer le Débarquement, c’est enfin s’adresser à la nouvelle génération. À travers ces célébrations, je souhaite que nous saisissions l’occasion de lui transmettre la flamme du souvenir. À ces jeunes qui n’ont connu que la paix et la démocratie, je veux dire: souvenez-vous combien elles sont fragiles! Souvenez-vous combien elles sont précieuses!»

Les jeunes d’aujourd’hui manquent souvent de repères qui les identifient au passé… Souhaitons que le 6 juin 2014 leur permette d’entretenir cette «flamme du souvenir» et de la porter dans leur mémoire collective afin qu’ils puissent promouvoir et défendre à leur tour les valeurs démocratiques dans lesquelles ils baignent.

quebechebdo 6 juin 2014
cyberpresse.ca 11 juin 2014

On a mis quelqu’un au monde…

5 juin 2014

J’ai lu avec beaucoup d’intérêt le billet de Denise Bombardier paru dans Le Journal du 5 juin sous le titre Le début d’un temps nouveau… un texte empreint d’une véracité parfois inquiétante sur notre jeunesse d’aujourd’hui.

Un portrait réaliste sur une jeunesse qui «n’a plus les moyens de rêver», une jeunesse en déroute face à «une société vieillie, engoncée dans les privilèges des classes d’âge», une jeunesse grugée par l’inquiétude «constamment en train de s’adapter», des enfants-rois «mais d’un royaume où on les abandonne à eux-mêmes».

Dans la foulée de Denise Bombardier qui s’est inspirée de la chanson de Renée Claude écrite par Stéphane Venne, je ne peux m’empêcher d’associer le constat alarmant de Mme Bombardier à une autre chanson, à savoir celle de Serge Fiori, Un musicien parmi tant d’autres dont voici les derniers mots : «On a mis quelqu'un au monde, on devrait peut-être l'écouter.»

quebechebdo 5 juin 2014

Le trou béant

5 juin 2014

Le dernier rapport du vérificateur général laisse voir un écart de 4 milliards de dollars entre ses prévisions budgétaires et celles présentées par l’ex-ministre des Finances Nicolas Marceau avant le scrutin d’avril 2014.

Devant ce trou béant, chacun des deux intervenants y va de sa savante analyse, tentant tant bien que mal de justifier ses projections. Et les contribuables profanes que nous sommes en matière budgétaire gouvernementale ne savent plus à quel saint se vouer, complètement perdus dans cette guerre de chiffres à n’en plus finir.

Un vieil adage m’a appris que l’on peut faire dire n’importe quoi aux chiffres…Eh bien, force est de constater qu’il se confirme avec virulence dans ce débat mathématique qui confine les contribuables à un statut d’otages sans défense.

Par ailleurs, le camp Couillard ne manquera sûrement pas de ressortir le rapport du VG au moment des débats sur la présentation du budget Leitao pour attaquer les chiffres de Nicolas Marceau et justifier les coupures qu’il propose, notamment dans des services aussi essentiels que la santé et l’éducation… Et vogue la galère de la partisanerie libérale traditionnelle !

Quant au vérificateur général par intérim Michel Samson, gageons qu’il vient de se dénicher un poste permanent avec la parution de ce veau d’or offert en cadeau au clan Couillard.

quebechebdo 5 juin 2014