Une sage décision

22 juin 2014

Ce n’est pas tous les jours qu’un ministre nous annonce une décision qui tombe sur le gros bon sens. C’est pourtant ce que le ministre de l’Éducation Yves Bolduc vient de faire en rejetant l’idée d’implanter le programme d’anglais intensif à «tous» les élèves de 5e et de 6e années des écoles primaires du Québec. En effet, l’implantation mur à mur d’un tel programme remettait sérieusement en question la réussite des élèves en difficulté d’apprentissage.

Toutefois, à mon sens, le ministre doit pousser davantage sa réflexion dans ce dossier, à savoir qu’il doit s’assurer qu’un tel programme ne vienne pas nuire à l’apprentissage des matières de base, en particulier de la langue maternelle. À ce sujet, je retiens la déclaration du ministre lorsqu’il affirme qu’au Québec, la «priorité» doit être «la promotion du français». L’avenir nous dira si les décisions ultérieures de M. Bolduc suivront ses engagements… À suivre!

quebechebdo 20 juin 2014
vigile.net tribune libre 20 juin 2014 "Une sage décision mais…" (version modifiée)
Le journal de Québec 22 juin 2014

Le Bloc n’a rien à perdre

19 juin 2014

Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’arrivée de Mario Beaulieu à la tête du Bloc ne laisse personne indifférent. D’un côté, les purs et durs jubilent, de l’autre, les modérés fulminent.

Quoi qu’il en soit, la débâcle subie par le Bloc lors du dernier scrutin fédéral avec un «modéré» à sa tête en la personne de Gilles Duceppe ne peut pas donner tort aux intentions des « purs et durs » de Mario Beaulieu de mettre la souveraineté à l’avant-scène…Le Bloc ne pourra pas faire pire figure au prochain scrutin fédéral; au contraire, je crois qu’il ne peut qu’améliorer sa performance.

En passant, qu’est-ce que c’est que cette stratégie défaitiste de cacher le thème de l’indépendance du Québec dans le placard, autant les dirigeants du PQ que la vieille garde du Bloc? Est-ce une maladie contagieuse?

quebechebdo 19 juin 2014

Normandeau s’en lave les mains

19 juin 2014

Depuis les débuts de la Commission Charbonneau, nombreux ont été les témoins qui ont manifesté des trous de mémoire «inquiétants» sur les allégations de collusion et de corruption évoqués par les commissaires et les avocats de la Couronne.

Par contre, la comparution de Nathalie Normandeau révèle un autre type de témoignage, à savoir que l’ex-vice-première ministre du Québec n’a rien vu des magouilles qui auraient pu survenir dans les ministères qu’elle a occupés et qu’elle avait construit tout autour d’elle un «mur» étanche la protégeant de toute influence des firmes de génie-conseil.

Toutefois, parmi les 50 dossiers de subventions qui ont augmenté de 2002 à 2012, 32 l’ont été à la demande de Mme Normandeau, et 15 de ceux-ci ont bénéficié à Roche, et 10 à BPR. Et, de répliquer Mme Normandeau, «Il n’y a là rien d’inhabituel…Le pouvoir discrétionnaire des ministres est là pour être utilisé et pour servir de contrepoids à celui des fonctionnaires».

Et, comme il fallait bien trouver un coupable, Nathalie Normandeau pourfend son ex-chef de cabinet Bruno Lortie en qui elle plaide qu’elle avait pleinement confiance et dont les révélations à la Commission laissent voir qu’elle «a peut-être été trahie»…Et voilà, le tour est joué, Mme Normandeau est blanche comme neige, et que les vrais coupables soient punis!

La question qui demeure sans réponse : comment une ministre aussi intelligente que Nathalie Normandeau ait pu se laisser «trahir» aussi facilement par les retours d’ascenseur dont ont bénéficié les firmes Roche et BPR? Poser la question, c’est y répondre…

quebechebdo 19 juin 2014

Marc Bellemare en remet…

18 juin 2014

«Aussi longtemps que la commission Charbonneau n'aura pas fait toute la lumière sur la corruption qui ronge le Québec, je crois que nous devons faire preuve d'une grande prudence dans nos choix démocratiques», avait écrit Marc Bellemare dans une lettre transmise aux médias à la fin mars 2014. «Il faut éviter de remettre les rênes du pouvoir au Parti libéral du Québec, qui fait actuellement l'objet de nombreuses enquêtes criminelles.»

Eh bien cette fois-ci, l’ex-ministre libéral dans le gouvernement Charest en remet… Selon lui, «le mensonge fait partie de l'ADN des libéraux» qui reculeront quand viendra le temps de prendre des décisions difficiles.

«Ce qu'on a appris, ce qu'on lit dans les pages des quotidiens depuis les élections confirme qu'on ne peut pas leur faire confiance», insiste M. Bellemare. «Quand ce n'est pas Normandeau, Hamad, Boulet, c'est les Bibeau. C'est catastrophique et ils sont là pour quatre ans.»

En effet, l'ex-vice-première ministre du Québec et ancienne libérale Nathalie Normandeau a récemment reçu une assignation à comparaître devant la commission Charbonneau. Le ministre libéral Sam Hamad a dû défendre son intégrité. Quant à l'ancienne ministre libérale Julie Boulet, elle a dû marteler, le mois dernier devant la commission, ne pas s'être occupée de financement politique.

Quant à l'ex-organisateur libéral Pierre Bibeau il a lui aussi fait des vagues à son passage devant la commission Charbonneau, et Marc Bibeau, grand argentier du PLQ sous le gouvernement Charest, est sous la loupe de l'Unité permanente anticorruption.

De récents exemples qui font dire à Marc Bellemare qu'il avait bien raison de remettre l'intégrité du parti de Philippe Couillard en doute avant les élections. «Il ne faut pas se méprendre, c'est un nouveau chef, mais c'est la même équipe. Les piliers du parti demeurent ».

Gageons que Marc Bellemare a raison quand il déclare qu’en plus du manque d’intégrité, «le courage politique n’est pas là» pour les libéraux qui reculeront devant l'adversité des réformes qu'ils proposent depuis leur élection majoritaire!

quebechebdo 18 juin 2014

Le retour aux sources

16 juin 2014

Même si l’élection de Mario Beaulieu à la tête du Bloc québécois suscite des réactions mitigées, je dois reconnaître que son discours résolument indépendantiste apportera un regain de fraîcheur sur l’échiquier de la scène politique fédérale, particulièrement à la suite des deux dernières défaites crève-cœur du Bloc et du PQ lors des derniers scrutins.

S’ajoute à ce contexte la présence, autant à Ottawa qu’à Québec, de deux gouvernements nettement orientés sur les « bienfaits » d’un fédéralisme bilingue et multiculturel pour qui les intérêts particuliers du Québec, tels sa langue et sa culture, ne sont pas leurs priorités.

En choisissant le candidat du « changement de ton » plutôt que celui de la « continuité » en la personne d’André Bellavance, les militants bloquistes ont opté pour le virage nécessaire du Bloc en faveur de son option fondamentale, à savoir la défense des intérêts du Québec axée sur sa  nécessaire souveraineté.

À mon sens, il faut voir d’un bon œil l’arrivée du militant indépendantiste Mario Beaulieu à la tête du Bloc qui ne propose qu’un « recentrage » de la position du Bloc, un retour aux sources nécessaire qui devrait lui permettre de remobiliser ses militants, désabusés depuis plusieurs années par un discours provincialiste attentiste et inopportun à Ottawa.

quebechebdo 16 juin 2014
vigile.net tribune libre 17 juin 2014

Avec une ministre comme ça…

15 juin 2014

En réaction aux prévisions de coupures de 20 % dans les crédits d’impôt destinés à la production culturelle annoncées dans le budget Leitao, la ministre de la Culture et des Communications Hélène David a invité le milieu culturel à venir défendre ses intérêts auprès de la Commission d’examen sur la fiscalité québécoise, ajoutant du même souffle qu’elle n’avait pas l’intention d’intervenir personnellement dans le processus.

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’avec une ministre comme ça, le milieu culturel risque de demeurer l’enfant pauvre du gouvernement Couillard puisque la première responsable annonce à l’avance qu’elle ne lèvera pas le petit doigt pour défendre ses propres commettants…En termes clairs, l’instructeur se retire dans les estrades à côté du directeur général pendant que les joueurs se démènent sur la patinoire au camp d’entrainement pour tenter de se mériter une place sur l’équipe !

quebechebdo 15 juin 2014
vigile.net tribune libre 15 juin 2014
Le journal Métro 16 juin 2014

Le pêcheur

14 juin 2014

C’est bien connu, la plupart des pères de mon époque excellaient davantage par leur qualité de bons pourvoyeurs que par leur présence à la maison, d’autant plus que le mien exerçait le métier de voyageur de commerce.

Toutefois, il arrivait parfois quelques rares occasions où j’avais la chance de vivre quelques moments de rapprochement avec lui. Il en est ainsi des excursions de pêche où il consentait à m’amener avec lui et où nous vivions ensemble des heures inoubliables qui m’ont inspiré ce petit poème :

Partant très tôt le matin
Sa canne à pêche à la main
Il arpente le long sentier
Le menant à son gibier

Tout près d’un arbre géant
Il appâte son guet-apens
Et d’un gracieux mouvement
Dépose sa ligne dans l’étang

Entouré de maringouins
Fouinant ses moindres recoins
Il s’allume une cigarette
Faisant fuir tous ces insectes

Soudain la corde se raidit
Et son poignet réagit
D’un coup sec il sort sa proie
Qui sans succès se débat

Il l’empoigne dans ses mains
La ramène sur sa poitrine
Désamorce sa gueule fine
Et l’ensache avec grand soin

Bien planté sur une roche
Une main dans sa poche
Passe le temps lentement
Tournoie la ligne rondement

Puis au bout de quelques heures
Empli de son élixir
Il reprend son p’tit bonheur
Sur ses lèvres un sourire

Bonne fête à tous les pères du Québec!

quebechebdo 14 juin 2014

Commission Charbonneau: un exercice futile?

13 juin 2014

Le 9 novembre 2011, le gouvernement du Québec crée la Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction sous la présidence de l’honorable France Charbonneau. Le 22 mai 2012, la Commission amorce ses travaux.

Depuis deux ans, nous avons pu entendre les révélations troublantes de centaines de témoins sur la collusion et la corruption entre les représentants et les élus du ministère des transports, et certaines firmes de génie conseil.

D’un autre côté, des millions de dollars ont été engouffrés par les travaux de cette Commission et nous en sommes toujours au point mort concernant les accusations qui auraient dû être portées contre les présumés coupables qui cavalent toujours en pleine liberté.

Un tunnel au bout duquel la lumière semble inexistante, un exercice futile qui aura coûté aux contribuables des sommes astronomiques…

quebechebdo 13 juin 2014

Et vogue la galère des gentlemen cambrioleurs!

13 juin 2014

Depuis le début des travaux de la commission Charbonneau se sont succédé des témoins dont les révélations mettaient en cause une connivence systémique entre des hommes d’affaires et des politiciens de toutes allégeances.

Par ailleurs, nombreuses ont été les occasions où ces témoignages ont été contredits par les personnes visées, la plupart niant catégoriquement les allégations de complicité reprochées.

Devant un tel imbroglio, nous sommes en droit de nous demander qui dit vrai dans toute cette saga qui a pris des allures de chasse aux sorcières dans laquelle nous sommes piégés par des témoignages contradictoires.

D’un côté, les témoins qui se disent prisonniers d’un système de collusion établi depuis longtemps, de l’autre les présumés coupables qui nient toute forme d’activités illégales dans l’exercice de leurs fonctions.

Et si vous ajoutez à ce scénario loufoque le fait que le parjure est, pour certains témoins, aussi important qu’un cheveu sur la soupe, vous obtenez la recette idéale pour une bouillabaisse bien garnie… Et vogue la galère des gentlemen cambrioleurs!

quebechebdo 13 juin 2013

Entre intention et réalité

12 juin 2014

Parmi les arguments évoqués par le président du Conseil du trésor Martin Coiteux pour justifier la création de la nouvelle Commission de révision permanente des programmes (CRPP), j’en retiens un qui risque de poser des problèmes aux commissaires, à savoir que cet exercice en est un « de repositionnement responsable pour être capable d’avoir les ressources pour qu’on puisse financer adéquatement les programmes prioritaires. »

Partant du principe que personne n’est contre la vertu et que l’intention de M. Coiteux est louable, il n’en demeure pas moins que les commissaires devront trancher sur le choix des « programmes prioritaires ». Un choix qui, jusqu’à maintenant, demeure aléatoire puisque aucun critère ne semble régir la priorisation de tel programme plutôt qu’un autre.

Conséquemment, je suis d’avis que l’équipe de Lucienne Robillard devrait d’abord s’entendre sur les programmes qu’elle a l’intention de prioriser avant d’amorcer sa réflexion, à défaut de quoi ses propositions risquent de sabrer dans des programmes essentiels, tels la santé et l’éducation.

Enfin, concernant l’argument de Martin Coiteux à l’effet que cet exercice « n’a rien de politique », j’ai bien hâte de voir comment le gouvernement libéral réagira lorsqu’il s’agira de couper dans les programmes d’infrastructures pour lesquels le PLQ bénéficie des largesses de gros bailleurs de fonds.

De plus, il faut bien constater que cette commission est composée de personnes non élues dont les convictions libérales sont reconnues, une commission qui sera appelée à faire des choix et à établir des priorités parmi les différents programmes gouvernementaux. Difficile de croire, dans ces circonstances, que cette commission pourra se défaire du carcan politique dans lequel elle est issue.

En conséquence, j’émets de sérieuses réserves sur la neutralité « politique » de la commission Robillard. J’ai plutôt l’impression qu’elle démarre avec un boulet au pied, à savoir l’allégeance politique libérale de ses membres…et ça, M. Coiteux, ça relève directement de la politique.

vigile.net tribune libre 12 juin 2014
quebechebdo 12 juin 2014 (version abrégée)